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Pour bâtir un Congo plus beau

De
200 pages
Cet ouvrage publie les actes d'une édition spéciale du cycle de conférences universitaires organisées à Bukavu par l'Université officielle de Bukavu (UOB) à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de la République démocratique du Congo. De nombreux thèmes sont abordés : les ressources minérales, la santé, les droits de l'homme, la parité, etc.
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Pour bâtir unCongo plus beau

Points de vue
Collection dirigée parDenis Pryen
et
François Manga-Akoa

Déjà parus
Nguila MOUNGOUNGA-NKOMBO,Mon combat politique
(entretiens avec Jean SaturninBoungou), 2011.
Gaston M’bemba-Ndoumba,L’école d’expression française en
Afrique, 2011.
ErickCésaire QUENUM et OSWALDPADONOU,LeBénin et
les opérations de paix. Pour une capitalisation des expériences,
2011.
RogerDémosthèneCASANOVA,Putsch enCôte d’Ivoire,
2011.
IsmaëlAboubacar YENIKOYE,Intelligence des individus et
intelligence des sociétés, 2011.
Pierre N’DION,Quête démocratique enAfrique tropicale,
2011.
EmmanuelEBEN-MOUSSI,Le médicament aujourd’hui.
Nouveaux développements, nouveaux questionnements, 2011.
Koffi SOUZA,Le Togo de l’Union : 2009-2010, 2011.
Lucien PAMBOU,Conseil Représentatif desAssociations
Noires. LeCRAN, de l’espérance à l’utopie, 2011.
DavidGAKUNZI,Côte d’Ivoire : le crime parfait,2011.
DjiéAHOUE,Et si Ouattara n’avait pas gagné les élections ?,
2011.
Emmanuel KIGESAKANOBANA,Dipenda, Témoignage d’un
Zaïrois plein d’illusions, 2011.
Joseph NELBE-ETOO,L’Héritage des damnés de l’histoire,
2011.
Marcel PINEY,Coopération sportive français enAfrique,
2010.
Cyriaque Magloire MONGODZON,Pour une modernité
politique enAfrique, 2010.

Actes du cycle de conférences universitaires deBukavu
28-29 juin 2010

Pour bâtir unCongo plus beau

L’HARMATTAN

© L'HARMATTAN, 2012
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-96314-6
EAN : 9782296963146

Sommaire

Allocution de la cérémonie d’ouverture de l’édition spéciale du cycle
de conférences universitaires................................................................ 9

Introduction :Une édition spéciale du cycle de conférences
universitaires.C................................ 13ontexte, organisation et finalité

L’Université Officielle deBukavu pour la construction d’unCongo
plus beau qu’avant.............................................................................. 17

Des ressources minérales pour leCongo cinquantenaire.Etat des lieux
et perspectives .................................................................................... 23

L’endettement extérieur de la République démocratique duCongo :
Origine de la dette, contraintes fondamentales, rééchelonnement en
série et stratégies nouvelles................................................................ 41

L’institutionnalisation du système de confiance en République
démocratique duCongo...................................................................... 57

Des pratiques clientélistes : Pour quel avenir politique en République
démocratique duCongo ?................................................................... 67

La laïcité constitutionnelle en République démocratique duCongo (30
juin 1960 – 30 juin 2010).Bilan et Perspectives................................ 77

Les droits de l’homme en République démocratique duCongo. Quel
bilan cinquante ans après ?................................................................. 97

Le passé comme source d’inspiration pour le présent et pour l’avenir :
Une analyse appliquée aux mutations et aux rôles de laFonction
Publique en RDC, de Léopold II à nos jours.................................... 109

La Santé en République démocratique duCongo de l’indépendance à
nos jours.Bilan et perspectives........................................................ 125

Le contrôle de la qualité des médicaments et des aliments en
République démocratique duCongo à partir du vécu dans la ville de
Bukavu (Sud-Kivu) .......................................................................... 133

Dimensions de l’environnement physique dans la reconstruction de la
République démocratique duC157ongo ................................................

La réalisation de la parité: un processus obligé pour atteindre les
objectifs de millénaire ...................................................................... 171

Profil de l’homme politique congolais cinquante après l’indépendance:
crise de confiance et possibilité de régénérescence.......................... 181

La lutte contre l’impunité de violences sexuelles dans unCongo
cinquantenaire : Innovations légales introduites depuis le 20 juillet
2006 ..................................................................................................189

Allocution de la cérémonie de clôture de l’édition spéciale du cycle
des conférences universitaires.......................................................... 195

Présentation des contributeurs.......................................................... 197

Allocutionde lacérémonie d’ouverture de l’édition
spécialeducyclede conférences universitaires

Jean deDieuBYAMUNGUBin-RUSANGIZA
Recteur de l’UniversitéOfficielle deBukavu

ExcellenceMonsieur leGouverneur deProvince,

HonorablePrésident de l’Assemblée provinciale,

HonorablesDéputés provinciaux,

Madame etMessieurs lesMinistres provinciaux,

Messieurs les membres duComité de sécurité de la Province duSud-
Kivu,

Madame leMaire de la Ville deBukavu,
MonseigneurArchevêque,
Monseigneur etMessieurs lesRecteurs, etDirecteursGénéraux des
Institutions d’Enseignement supérieur etUniversitaire,
Mesdames etMessieurs les membres des corpsacadémiques,
scientifiques,administratifs et techniques,
Distingués invités, en vos titres et qualités respectifs,
Chères étudiantes etChers étudiants,
Mesdames,Mesdemoiselles etMessieurs,

Qu’il me soit permis,avant toute chose, de rendre grâce àDieu qui
arendu possible latenue en ce jour de cette manifestation scientifique
qui constitue une édition spéciale du cycle de conférences universitaires
9

de l’UOBprogrammée depuis le 10Février dernier par leConseil de
l’UniversitéOfficielle deBukavu.

En ce jour mémorable où notreAlma Mater célèbreavec les
moyens qui sont les siens leCinquantenaire de l’accession de notre pays
la République démocratique duCongo à lasouveraineté nationale et
internationale, c’est pour moi un insigne honneur et unagréable devoir
que de prendre laparole, pour vous souhaiter une cordiale bienvenue
dans cette magnifique salleConcordiade l’Archevêché deBukavu.

Et puisque l’occasion m’en est fournie, mon premier souhait est de
rendre un hommage mérité àSonExcellenceMASHAKO MAMBA,
Ministre de l’EnseignementSupérieur etUniversitaire qui consacre
beaucoup de temps et d’effort à larefondation de nos institutions de
l’EnseignementSupérieur etUniversitaire et quiaencouragé latenue de
cesassises.

En second lieu, il m’est particulièrementagréable d’exprimer mes
sentiments de gratitude àSonExcellenceJean-ClaudeKIBALA,Vice-
Gouverneur etGouverneur intérimaire de la Province duSud-Kivu pour
le soutien constant de l’Administration provincialeau développement de
cetteUniversité que l’Etat congolaisaérigé àBukavu.Que son
ExcellenceMarcellinCISHAMBO,Gouverneur éluainsi que vous-
même daignent en plusaccepter nos félicitations pouravoir mérité la
confiance de nos députés provinciaux.

Qu’il me soit permis de remercier également les éminentes
personnalités de laprovince et de laville qui honorentaujourd’hui notre
Université, qui estaussi laleur, par leur présence à cette cérémonie et qui
en dépit de leurs multiples occupationsauront choisi de prendre une part
active à cette célébration singulière de l’œuvre glorieuse et indestructible
de 1960.

Mes remerciements vontaussi à tous les conférenciers qui ont
spontanémentadhéré à cette initiative citoyenneainsi qu’à l’équipe de
l’UniversitéOfficielle deBukavu quiapréparé,avec professionnalisme,
cette édition spéciale de nos conférences.
Enfin, merci à vous tous, pour votre présence fidèle etattentive qui
récompense les efforts du comité d’organisation de cesassises.
10

Le thème de cette édition spéciale du cycle deConférences
universitaires de l’UniversitéOfficielle deBukavu«Bâtir unCongo
plus beau qu’avant »constitue en lui-même une interpellation forte
adressée à l’ensemble de nos concitoyens et plus particulièrement à
l’élite nationale dont nous faisons tous partie.
Atravers une série de conférences programmées pour célébrer ce
cinquantième 30 juin de notre fête nationale, chaque participant pourra
trouver, nous l’espérons, suffisamment de ressource pour pouvoir scruter
saconscience face à laquestion du devenir de ceCongo qui sera
décortiqué dans toute sacomplexité.On ne peut en fait transformer la
réalité que si on laconnaît ; si elle est complexe, il faut laconnaître dans
toute sacomplexité.C’est le défi de cette manifestation dont les résultats
devront nourrir une grande réflexion prospective et jeter les bases d’une
série d’engagements pour la République démocratique duCongo.
Permettez-moi à ce stade de vous dire quelques mots sur ce qu’est
notreUniversité.Créée par leGlouvernement dea République en 1993,
dans le cadre de l’essaimage des institutions d’enseignement supérieur et
universitaire, à travers le pays, ce fut d’abord unCentre universitaire
placé sous latutelleacadémique de l’Université deKisangani.Son
autonomisation intervient seulement le 7 février 2006, sous sa
dénominationactuelle d’UniversitéOfficielle deBukavu.
Notre université compte à ce jour sixFacultés structurées en
Départements, à savoir :
LaFaculté desSciencesSociales,Politiques etAdministratives
(Sociologie,SciencePolitique, scienceAdministrative etRelations
Internationales) ;
LaFaculté deDroit(Droit public,Droit privé et judiciaire etDroit
économique et social);
LaFaculté desSciencesEconomiques et deGestion(Economie publique
etGestion financière) ;

LaFaculté desLettres etSciencesHumaines(Philosophie,Lettres et
civilisation françaises etLettres et civilisationanglaises) ;

11

LaFaculté deMédecine etPharmacie(Médecine,Santé publique et
Pharmacie) ;

LaFaculté desSciences etSciencesAppliquées(Botanique,
Hydrobiologie,Exploration et géologie minière et bientôtGénie minier).

Sur ce je déclare,au nom deSonExcellenceMonsieur leMinistre de
l’EnseignementSupérieur etUniversitaire, ouverte l’édition spéciale des
conférences organisée par l’UniversitéOfficielle deBukavu pour
célébrer leCinquantenaire de l’indépendance nationale.

Que vive l’UOB,

Que vive la Province duSud-Kivu et notreVille deBukavu,aujourd’hui
Centenaire,

Que vive la République démocratique duCongo,

Je vous remercie.

Introduction :Une édition spéciale du cycle de
conférencesuniversitaires.Contexte, organisation
et finalité

Gyavira MUSHIZIBARHAGERANYA

Plus qu’elle n’étonne, lanature des débats, globalement
manichéistes, que nous offrent les médias en cette veille du
cinquantenaire de l’indépendance nationale, devrait nous interpeller.En
effet, lesavis radicaux des uns, qui veulent que l’indépendance soit un
évènement significatif de notre histoire et mérite à ce titre d’être fêté
avec faste, et desautres, qui ne discernentaucun bon sens à vouloir se
réjouir de cinquanteans d’échecs sociaux et sociétaux criants ; nous
enjoignent de porter, humblement mais en toute lucidité, notre regard sur
le fait en cause : celui même de l’indépendance.

Qu’en dire objectivement?Toutes les conférences programmées
toutau long de ceCycle de conférences universitaires ont certes pour
mission de démêler l’écheveau d’une telle interrogation.

Je m’en voudrais cependant de ne pas souligner d’emblée pour ma
part le caractèreabsolument exceptionnel de ladate du 30 juin
(postérieure à 1960, celas’entend), pour toute fille et pour tout fils de la
République démocratique duCongo.J’en veux pour preuve le fait que,
caressée (par les membres de l’Alliance de la MajoritéPrésidentielle
essentiellement) ou honnie (par ceux de l’opposition surtout) dans le
contexte des débatsactuels ; cette date ne laisse personne indifférente, et
surtout pas lagrande masse silencieuse et spectatrice des citoyens qui
essayent en vain de se faire une opinion propre sur lachose du fait d’une
discussion qui tourne de plus en plusau passionnel.

Lapreuve est doncainsi faite que cette date n’est guère ordinaire.
Bien plus, à en juger les débatsautour, une sorte de consensus se dégage,
voire.Elle consiste non pas tant dans laremise en cause de cette halte
historique capitale à l’occasion duquel nous devrions être bien tenus de
faire le point sur notre évolution sociopolitique, comme celaest bel et

13

bien le casactuellement, que dans lareconnaissance partagée du fait que
nous ne méritons guère ce présent frustrant qui est le nôtre et dont nous
ne partageons pas moins laresponsabilitéavec les ennemis de notre
bonheur commun – à supposer que nous nous en reconnaissions.

Si l’analyse précédente est correcte, c’est qu’il yapour nous
congolaisaujourd’hui une leçon à tirer.Elle consiste à comprendre, ce en
toute urgence, que réduire lacommémoration de notre indépendanceaux
activités plates de laseule jouissance, c’est mal mesurer notre
responsabilité passée et future dans notre présent qui ne s’améliore
toujours pas.En effet, bien comprise l’indépendance n’est guère et ne
peut jamais être légitimement considérée comme unacquis.Ne pas le
savoir, c’est, plus que se condamnerau débat stérileauquel nous
assistonsactuellement, se condamner à une dépendance sans fin.

Autant dire que l’essence profonde de l’indépendance, c’est d’être
une tâche exigea; si tnte et infinieant est que sans volonté
d’affranchissement et de liberté, en somme sans lutte incessible et
soutenue pour l’indépendance, lavie humaine ne saurait différer de celle
de tous lesautresanimaux.L’insigne prestige de l’homme et sa
supériorité sur labête proviennentainsi non pas seulement de savolonté
naturelle d’indépendance, maisaussi de laréalisation des paliers concrets
qui empêchent à celle-ci de n’être qu’un mot creux et désolant comme
cela atendance à être manifestement le cas chez nous et presque partout
enAfrique noireactuellement.

Sauf erreur de mapart, je crois donc que lalutte pour lalibération
individuelle et collective constitue le seul contenu congru d’une existence
éprise d’indépendance.Il yalà un paradoxe certes.Mais ce paradoxe
ressortit de toutes les grandes valeurs humaines et sociales qui n’ont
jamais été tout données d’une part et dont lacapacité humaine à s’en
approcher signe lagrandeur de notre genre d’autre part.
Là est ce que nous croyonsavoir bien perçu à l’Université
Officielle deBukavu quand, sous l’impulsion deMonsieur leProfesseur
ByamunguBin-Rusangiza,Recteur de l’UOBet duComité de gestion de
l’Université qu’il préside ; nousavons décidé de fêter notre indépendance
non pas dans le vacarme de ladanse, par laquelle l’on n’adésormais
souvent tendance à nous caricaturer, mais dans l’ascèse de lapensée,
dont nul ne nousajamais contesté laforce non plus.
14

Il s’agirapour nous toutau long de ce cycle de conférences
universitaires de revisiter sans complaisance l’effectuation concrète de
notre indépendance de 1960 etau-delà si nécessaire jusqu’à nos jours,
afin d’en définir à nouveau frais l’idéalité et les modalités.Exposées dans
un ouvrage projeté dès à présent, nos conclusions, espérons-nous,
servirons dans le meilleur cas de guide des décisions déterminantes de
notreavenir et dans le pire de témoignage qu’il y en eutau moins qui
refusèrent de mourir sans coup férir.Nous vous sommes reconnaissants à
vous tous qui, ici présents,avez décidé de vous joindre à cette sorte
atypique de fête où lajoie d’un entendement mobilisateur et partagé
prend le pas sur l’abrutissement égoïste de labombance dont nous ne
connaissons que très bien les retombées sur notre destin collectif et
personnel.

Cette première édition des cycles de conférences universitaires est
organisée dans un contexte festif, historique et national particulier, que se
trouve être le cinquantenaire de l’accession de la République
démocratique duCongo à lasouveraineté nationale et internationale.
Gageons cependant que l’UOByaurarecours à chaque occasion où il
seraquestion d’un évènement significatif relatif à la République,
l’Université n’ayant de sens que par les lumières qu’elle peut et doit
apporter à lasociété ou, si l’on veut, par sacapacité à reculer toutes
sortes d’obscurantismesauxquels celle-ciasouvent tendance à être en
proie dans lanaïveté de samarche laplus ordinaire.

Ancrées dans ladémarche scientifique laplus rigoureuse, les
conférences qui se dérouleront ici puiseront également un grandavantage
dans l’interdisciplinarité qui les suturent et les structurent à lafois.Aussi,
en revisitant notre passé commun,armé chacun desacquis
méthodologiques et scientifiques spécifiques à son domaine, l’objectif
déterminant ne seraguère ici de nous complaireavec nos célébrités
passées ni, encore moins, de faire le deuil de nos ratés réputés multiples.
Ces deuxattitudes demeurent infécondes et puériles.
C’est donc qu’il est temps que nous décidions finalement de voir et
de placer l’enjeu désormaisailleurs, c’est-à-dire dans notre projection
collective dans unavenir dont nous n’ayons plus à rougir d’abord et qui
soit source ensuite d’un présent renouvelé d’épanouissement pour nous et
pour toutes les générationsappelées à subsister sur cet espace qui fut
15

celui de nosancêtres.Il s’agit là d’un défi qui heureusement ne nous
concerne pas que nous.Etant à égalitéavec tout le monde là-dessus, nous
avons intérêt à commencer donc lamarche en nousassurant cette fois de
partir du bon pied, le défi se moquant de tout résonnement théorique et
n’obéissant qu’à lalogique de l’action sensée et efficace.

Voilà donc, distingués invités, lamanière dont nousavons décidé
comme institution d’enseignementet de recherche :
- de commémorer cette indépendance qui s’accommode encore si
malavec nos nations mal gérées et néo-colonisées,
- de jouer notre rôled’uniqueuniversité officielle dans une zone
exigeant une pensée sévère vu son utilisationabusive contre les intérêts
de la Nation et de larégion,
- de réaliser notre mission d’éduquer les consciences et les
intelligences pour «bâtir unCongo plus beau qu’avant » -tel étant le
thème sous lequel se dérouleront lesprésentesassises.

En manière d’atterrissage, permettez-moi de clôturer ce mot
d’introduction par le souhait renouvelé d’une fête nationale heureuse et
porteuse d’une nouvelle détermination pour nous tous les congolais :
celle d’unir nos efforts pour bâtir uneNation digne et prospère qui ne soit
pas seulementau cœur de l’Afrique, mais qui en soit également le cœur.

L’Université Officielle deBukavu pour la
construction d’unCongo plus beau qu’avant

EmmanuelNYABYENDA-Wa-TABURA

Un universitaireCongolais, leProfesseurKAUMBALUFUNDA
avait intitulé l’allocution prononcée à l’occasion de lacérémonie de son
investiture commeRecteur, et d’installation officielle duComité de
Gestion de l’Université deLubumbashi «UNILU», nous citons: «En
dehors de l’Université point de salut pour lacommunauté nationale ».

C’était en 2002.Ldéveloppé à tre proposavers ce thème
prolongeait celui véhiculé par l’allocution d’une éminente personnalité
de l’UniversitéCongolaise desannées 70 à nos jours,MgrTharcisse
TSHIBANGU TSHISHIKU, venu, en saqualité dePrésident duConseil
d’Administration desUniversités duCongo, investir leRecteur et
installer lesautres membres duComité deGestion de l’Université de
Lubumbashi.

Dans son discours d’investiture dont le thème était : «L’Université
Congolaise face à ses grandes responsabilités nationales »,Mgr
TSHIBANGU avait dit notamment, nous le citonsaussi :«Chacun de
nous, là où il est, et suivant le rôle qu’il est censé jouerau sein de la
Na:tion, s’interrogeOù en sommes-nousaujourd’hui ?Que devons-
nous être ?Que devons-nous faire pour l’avenir d’unPays à renouveler
et même à refonder en vue d’un nouveau départ généralisé etassuré ? »

Excipant de notre qualité d’un de ceux qui ont répondu à l’appel du
Gouvernement de la République, il ya17ans, pour l’implantation d’une
université de l’Etat enProvince duSud-Kivu, précisément àBukavu,
nousavons été heureux du choix tombé sur notre modeste personne en
vue de parlerainsi de laplace de cette université parmi les établissements
éducatifs supérieurs duPays et du rôle qu’elle estappelée à jouer dans les
limites de samission « pour bâtir unCongo plus beau qu’avant ».

17

Initiative gouvernementale datée de 1993, l’UniversitéOfficielle de
Bukavu, «UOB»,avu le jour sous ladénomination deCentre
Universitaire duSud-Kivu àBukavu, «CUB. ».Ce centre universitaire
faisait partie de huit établissements d’enseignement supérieur du même
genre, créés dans les régions (aujourd’hui provinces) dépourvues
d’université publique.

Mus sans doute par le même leitmotiv des thèmes desallocutions
prononcées neufans plus tard par les personnalités ci-haut nommées,
certains fils duPays s’engagèrent à donner une existence effective à
l’institutionainsi créée par l’EtatCongolais.

Dans les lignes qui suivent, l’essentiel de notre propos se trouve
condensé en deux parties : lapremière qui toucheau passé etau présent
de l’UniversitéOfficielle deBukalvu ;adeuxième qui tente de sonder
son devenir, de rêver pour elle, solidairementavec lesautres institutions
d’enseignement supérieur et universitaire du pays quiauront embarqué et
seront demeurées à bord du bateau de l’excellence, d’être un outil
incontournable pour laconstruction d’une nation prospère et épanouie.

1. L’Université Officielle deBukavu hier et aujourd’hui, ou
lorsque les crises jouent un rôle initiatique.
L’UOBn’est pas une génération spontanée.Socialement, elle est
l’expression d’un besoin longtemps ressenti par lapopulation, et
publiquement exprimé en 1992, à travers le message de la SociétéCivile
duSud-Kivu à laConférenceNationaleSouveraine (CNS).Les délégués
desautres régions (provinces) à laCNSsuivirent l’exemple, en réclamant
à l’Etat une politique de répartition équitable et équilibrée des
établissements d’enseignement supérieur et universitaire.Politiquement
et mêmephilosophiquement, ladécision duGouvernement de l’époque
de créer une institution universitaire publique dans chaque province où il
n’en existait pas, était une reconnaissance de lalégitimité de cette
réclamation fondée sur un constat de crise, sinon de faillite de
l’organisation de l’enseignement supérieur et universitaire en vigueur à
l’époque.Crise de l’enseignement supérieur et universitaire dans une
crise plus générale de la Société tout entière justifiant précisément la
tenue de laConférenceNationaleSouveraine dont les mérites et les
limites sont connues, et qui, dialectiquement, conduiront à d’autres
18

crises, voire fourniront une explication,au moins partielle, à des guerres
dites de libération.

Les personnes désignées ou nommées pour sortir leCentre
Universitaire duSud-Kivu àBukavu,aujourd’huiUniversitéOfficielle de
Bukavu, des entrailles intentionnelles duPouvoir initiateur, pour veiller
sur le nouveau-né et participer éventuellement à sacroissance, ces cadres
universitaires proviennent d’établissements dotés de traditions
académiques, scientifiques etadministrativesainsi que des conditions
matérielles leur reconnues de longue date par l’Etat et la Nation.

Acoup sûr, les crises sociales, politiques, philosophiques,
systémiques ci-haut épinglées,exercent une influence initiatique sur ces
pionniers et les façonnent dans leur propre rôle d’accoucheur d’autres
cadres universitaires pour larelève interne et pour d’autres missions qui
lesattendent dans lasociété.

En témoignent l’adoption, forcée il est vrai, d’une vie
professionnelle et sociale d’austérité voire de maquis, qui les fait passer
pour d’insolitesaventuriers dans une société, et surtout dans un milieu
éducatif habitués à lier laqualité et laréussite d’une formation scolaire
ouacadémiqueaux signesapparents de confort et de prestigeaussi bien
des établissements que des dirigeants et des formateurs eux-mêmes.

Témoignage vivant également les jeunes qui,au début, sollicitent
leur inscription dans cette institution, et qui sont soit regardés de travers
par leurs congénères qui fréquententailleurs, soit considérés comme
particulièrement courageux !
Et lorsque l’ouverture et le fonctionnement de l’établissement,
public de surcroît, survient dans une conjoncture de panne de l’Etat et de
désengagement remarqué de celui-ci par rapport à ses servitudes
naturelles en matière éducative, l’endurance des uns et desautres ne peut
être que davantage sollicitée.

Dans cetteambiance de crises multiformeset
multidimensionnelles, et en dépit d’elles, s’est ouverteau fil desans une
demi-douzaine deFacultés qui n’organisent pas encore, certes, toutes les
filières prévuesaux programmes officiels.Et comme l’indiquent les
données chiffrées suivantes, près d’un millier de diplômes de deuxième

19

et de troisième cycles ont été délivrés, depuis 10ans, dans une dizaine de
domaines de formation.
Tableau statistique des diplômes du second cycle
(1999-2000à2008-2009)
NN°FILIERESD’ETUDES NOMBRE DES
DIPLOMES
01Biologie (Bota37nique ;
Hydrobiologie)
02Géologie (Exploration 70
etGéologie minière)
03Droit (Public,Privé et392
Judiciaire)
04E40conomie publique
05Gestion financière 19
06Médecine générale 57
07Sciences 17
pharmaceutiques
08Sociologie 102
09Sciences politiques et168
administratives
10Langue et littérature 05
françaises
11P25hilosophie et société
Total 932

Cette moisson qui fait l’orgueil, certes mesuré mais légitime, de
tous les intervenants dans laformation à l’UOB, ex-CUB, s’apprécie non
seulement en termes d’effectifs ou de listes des lauréats, maisaussi et
surtout du point de vue qualitatif.
Là où celapeut se vérifier, en commençant par les milieux
académiques locaux et extérieurs où certains poursuivent leur formation
post universitaire, les diplômés de l’UOBont latête bien sur les épaules.
Habitués àaffronter les difficultés dans le travail et lavie tout court pour
nombreux d’entre eux; initiés à lalutte pour réussir dans des situations
de crise, il ne faitaucun doute que la Nation peut compter sur eux pour
redresser le front.

20