POUR UN CHANGEMENT DE LEADERSHIP EN R.D. CONGO

Publié par

Depuis les années 90, une "démocratie de façade" a davantage exacerbé les clivages tribaux, géographiques, linguistiques ou religieux sans pour autant mettre fin au népotisme, à la corruption et à la mégestion institutionnalisées. Pour les auteurs, il y a nécessité et urgence de procéder à un changement radical de la manière de gouverner parce qu'il faut présenter, d'ici 2015-2020, un Congo tout à fait différent.
Publié le : mercredi 1 octobre 2008
Lecture(s) : 96
EAN13 : 9782296207561
Nombre de pages : 85
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

POUR

UN CHANGEMENT DE LEADERSHIP EN R.D. CONGO

Etudes Africaines Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa Dernières parutions
Stéphanie NKOGHE, Éléments d'anthropologie gabonaise, 2008. Daouda GARY-TOUNKARA, Migrants soudanais/maliens et conscience ivoirienne. Les étrangers en Côte d'Ivoire (19031980), 2008.

Karamo KABA et Idrissa BARRY (dir.), La Guinée face à la mondialisation, 2008. Jean Marie NZEKOUE, Afrique: faux débats et vrais défis, 2008. F. BIYOUDI-MAMPOUY A, Penser l'Afrique au XXle siècle, 2008. Marcel KOUFINKANA, Les esclaves noirs en France sous l'Ancien Régime (XVIe-XVIIIe siècles), 2008. Ephrem LIBATU LA MBONGA, Quelle diplomatie pour la République démocratique du Congo ?, 2008. Jean BRUYAS, Les institutions de l'Afrique noire moderne, 2008. Marie-Rose ABOMO MAURIN, La littérature orale: genres, fictions, 2008. Michèle CROS, Julien BONHOMME (dir.), Déjouer la mort en Afrique, 2008. Aimé Félix AVENOT, La décentralisation territoriale au
Gabon, 2008. Jean-Claude OLOMBI, La profession d'Huissier de Justice au Congo, 2008. Dominique DIETERLE, Ani Sara, Lettres aux enfants du Togo, 2008. Mamadou KOULIBAL Y, Leadership et développement africain,. les défis, les modèles et les principes, 2008. Sylvie BREDELOUP, Brigitte BERTONCELLO, Jérôme LOMBARD (éds), Abidjan, Dakar: des villes à vendre? La privatisation made in Africa des services urbains, 2008. Gansa NDOMBASI, Le cinéma du Congo démocratique. Petitesse d'un géant, 2008. René MANIRAKIZA, Population et développement au Burundi, 2008.

ASSOCIATION DES ANCIENS ETUDIANTS DE L'UNIVERSITE CATHOLIQUE LOY ANIUM, DE L'UNIVERSITE NATIONALE DU ZAIRE CAMPUS DE KINSHASA, DE L'UNIVERSITE DE KINSHASA ET DES AMIS DU MONT AMBA

POUR UN CHANGEMENT DE LEADERSHIP EN R.D. CONGO

Stratégie et mode opératoire de la nouvelle gouvernance

Préface de Mwayila TSHIYEMBE

LJHARMATTAN

cgL'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-06482-9 EAN : 9782296064829

Préface
Que les Anciens de l'Université Lovanium, de l'Université Nationale du Zaïre campus de Kinshasa, de l'Université de Kinshasa et du Mont Amba soient sortis du bois pour mettre en débat, au milieu du village, une stratégie et un mode opératoire de changement radical du leadership congolais, deux ans à peine après la mise en œuvre des institutions de la 3ème République, est un évènement. Car, depuis bien longtemps, l'on est habitué à la prostitution des élites congolaises au pouvoir et à l'argent, voire à leur démission en rase campagne à cause de la clochardisation rampante dont elles sont victimes et leur exil forcé dans l'autocensure et le refus de penser la société dans laquelle elles vivent. S'il en est ainsi, c'est que ces «Anciens », à l'instar des «Anciens d'autrefois », ont considéré en âme et conscience qu'il y a péril en la demeure. Et ce, à cause d'un manque criant de projet de société démocratique et de développement durable, de gouvernement pour tenir la barre du navire et fixer le cap, de gouvernance pour réveiller les intelligences et rassembler les dévouements. Sans nul doute, ce livre est un cri d'alarme sinon un SOS lancé, telle une bouteille à la mer, contre vents et marées, par ces « Anciens », après la dissipation de la lueur blafarde du changement subséquent aux élections de 2006. Sans attendre qu'un naufrage annoncé ne transforme à nouveau cet immense pays en une mine à ciel ouvert où tous les vautours du monde viennent se servir sauf les Congolais, ces «Anciens» ont décidé de ne plus se taire et d'oser penser à haute voix, collectivement, pour la première fois depuis bien longtemps, afin de livrer, urbi et orbi, leur stratégie de changement radical

de la gouvernance ainsi que son mode opératoire par une réforme en profondeur des mentalités. Pour qu'il en soit ainsi, ces « observateurs engagés» ont été obligés, à leur corps défendant, d'opérer une double rupture: D'une part, rupture avec la tradition tenace de cette «montagne sacrée », assimilée à tort ou à raison, depuis la Conférence nationale souveraine (1991-1992), à l'enfer d'où sont sortis les premiers cannibales politiques congolais qui, des Commissaires généraux (liquidateurs du gouvernement Lumumba avec la complicité de Mobutu, de Kasa-Vubu et de leurs alliés étrangers), aux ministres, secrétaires d'Etat, hauts fonctionnaires et cadres du MPR (Mouvement populaire de la révolution, parti unique et parti-Etat) ont ruiné le pays et engendré le chaos dans lequel végète la RDC depuis plusieurs décennies. D'autre part, rupture avec la naïveté ambiante d'après laquelle, il suffisait de mener à terme la phase de transition, c'est-à-dire rédiger la Constitution, voter les lois correspondantes, organiser les élections, proclamer les résultats, installer les nouvelles institutions et les nouvelles autorités de la 3èmeRépublique, pour assister ex nihilo, à l'émergence d'une gouvernance, dans un pays sans Etat, sans culture de gouvernement, sans culture de l'intérêt général ou du bien public depuis 1885, date de la création de l'EIC (l'Etat indépendant du Congo). C'est tout à l'honneur de ces «Anciens» d'avoir placé le débat là où il aurait dû être, afin d'extirper la gouvernance des fourches caudines de l'ignorance, de l'incompétence, de l'irresponsabilité et de la médiocrité obscurcissant encore I'horizon du paysage politique congolais. De ce fait, ils n'ont pas commis l'impair de se vautrer dans la critique facile des acteurs et des institutions post-transition dont on connaît par ailleurs les qualités et les défauts. En dénonçant la médiocratie érigée depuis l'indépendance, en système de spoliation et d'appauvrissement des citoyens, fondé sur l'incompétence, l'irresponsabilité, la privatisation des biens publics, la destruction systématique de l'intérêt général, ces «Anciens» ont mis en exergue l'urgence de conduire une 6

«bataille d'idées» qui n'a pas eu lieu durant la période de transition et des élections générales, afin d'éclairer tant soit peu les lanternes des acteurs politiques congolais, aussi bien au niveau central, provincial que local, ainsi que celles de la société civile en gestation. Autrement dit, l'enjeu de cet essai est d'inviter l'ensemble des forces vives de la République Démocratique du Congo, à participer qualitativement à « une bataille d'idées» dont le but est de changer radicalement le leadership congolais. Et ce, en positivant les acquis de la transition, par la réforme. Car, la « bataille d'hommes» à laquelle tout le monde a assisté durant la période de transition (2002-2005) et des élections (2006), a privé la République Démocratique du Congo de projet de société démocratique et de développement durable, porté par les hommes et les femmes compétents, dévoués, rassemblés autour des alliances politiques clairement définies et identifiées, mis en débat et validé par les élections. Ce vide idéel explique pourquoi la demande sociale de paix civile, notamment dans les provinces ravagées par la guerre et transformées en zones de non-droit, d'impunité, de massacres, de vio Is et de pillages de ressources, a été le seul paramètre mesurable de la mobilisation des Congolais lors du référendum constitutionnel, des élections présidentielles et législatives. Comme nous le suggérions ailleurs, l'occasion a été manquée de créer les conditions de refondation de l'Etatl de plusieurs peuples, de l'armée républicaine, de la nation2 constituée des peuples et des citoyens, de la démocratie de proximité et de la gouvernance, c'est-à-dire doter la République Démocratique du Congo d'une volonté inébranlable et d'une capacité d'anticipation, d'innovation et de compétitivité des politiques publiques.

1 Mwayila Tshiyembe, Le défi de l'armée républicaine en République Démocratique du Congo, Paris, L'Harmattan, 2005; Lire également La transition en République Démocratique du Congo: bilan, enjeux et perspectives, Paris, L'Harmattan, 2005. 2 Mwayila Tshiyembe,Refondation de la nation et nationalité en République Démocratique du Congo, Paris, L'Harmattan, 2007.

7

Faute de ce réarmement intellectuel et moral, la République Démocratique du Congo s'enfonce dans la décadence depuis des décennies. Si l'on n'y prend garde, ce grand pays, piloté par un équipage qui n'a que sa bonne foi, sa témérité et sa compassion à offrir, serait comparable à un bateau ivre, prêt à chavirer, à la moindre bourrasque. Moralité! Briser ce système infernal qui tue la compétence, broie le dévouement patriotique, est un devoir sacré de tous les Congolais. Car, les hommes et les femmes exerçant les fonctions politiques dans une telle jungle, ne peuvent échapper à la cruauté de la médiocratie, abandonnés qu'ils sont, à leur triste sort, par les nouvelles institutions et les nouvelles normes juridiques, qui roulent sur le corps social sans jamais le pénétrer, parce que dépourvues de sens pour la majorité des Congolais. Il suffit, pour s'en convaincre, de souligner la stupidité d'une proposition de loi soumise à l'Assemblée nationale au cours de la session de septembre 2007, soutenue par 310 députés et portant modification de la nouvelle Constitution du 18 février 2006 notamment l'article 152, afin que le Président de la République et le Ministre de la justice intègrent le Conseil supérieur de la magistrature, comme à l'époque du mobutisme triomphant, alors que dans la nouvelle Constitution, « le Conseil supérieur de la magistrature est l'organe de gestion du pouvoir judiciaire » (article 152) d'une part; le pouvoir judiciaire dont il est question, est «indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif» (article 149) d'autre part. Si bien qu'agissant comme si ces garde-fous n'existaient pas, ces parlementaires «apprentis sorciers », exigent toute honte bue, une violation caractérisée de la Constitution du 18 février 2006 alors que celle-ci, en son article 220, interdit toute révision touchant les matières telles que: «La forme républicaine de l'Etat, le principe de suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l'indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ». Etant donné que le ridicule ne tue pas, il a fallu attendre le discours du Président de la République sur l'Etat de la nation, le 8

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.