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Pour un nouveau partenariat euro-méditerranéen

De
200 pages
Dans les pays du sud de la Méditerranée, l'élargissement a suscité la crainte que l'Union Européenne ne délaisse ses voisins et s'attache exclusivement au renforcement de sa sécurité ainsi qu'à la défense de sa prospérité. Le mythe d'une Europe "forteresse" peine à être dissipée par les généreux discours sur une "politique de voisinage" aux contours encore assez flous.
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POUR UN NOUVEAU PARTENARIAT EURO-MÉDITERRANÉEN

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www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan] @wanadoo.fr
(Ç)L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-9654-0 EAN: 9782747596541

Hervé de CHARETTE

POUR UN NOUVEAU PARTENARIA T EURO-MÉDITERRANÉEN

L'Harmattan 5-7, me de l'École-Polytechnique;

75005 Paris

FRANCE
L'Harmattan Hongrie Espace L'Harmattan Sc. Sociales, Kinshasa Pol. et KIN XI - ROC Fac..des

Konyvesbolt Kossuth L. u. 14-16

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

L'Harmattan Bnrkina Faso 1200 logements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12

Adm. ; BP243, Université

1053 Budapest

de Kinshasa

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OUVERTURE PAR MONSIEUR HERVÉ DE CHARETTE Ancien Ministre desAffaires étrangères Député du Maine et Loire Président de l'Institut Euro-Méditerranéen

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Je remercie ceux qui sont là ce matin relativement tôt, et je me rends compte que cela n'est pas toujours facile, mais vous verrez que cette journée de travail sera une journée très dense, très riche et je crois, très intéressante. Hier, je le dis pour celles et ceux qui n'ont pas pu être présents, notre après-midi a été consacrée à faire le bilan de cette décennie du partenariat Euro-Méditerranéen. Créé en 1995, à l'initiative de l'Union européenne, en partenariat et en dialogue avec dix pays du sud de la Méditerranée, nous avons créé le processus de Barcelone. Le bilan que nous avons fait hier était un bilan mitigé, contrasté, avec ses parts de lumière et d'ombre. Côté lumière, il y a ce que nous avons fait ensemble sur le plan économique, les accords d'associations passés entre l'Union européenne et les pays du sud de la Méditerranée, les sommes investies par l'Union européenne en faveur du développement de ces pays. Côté ombre (une part assez abondante) : échec dans le domaine de la sécurité, puisque les conflits sont aujourd'hui plus nombreux et plus difficiles,

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et la situation plus dégradée dans le domaine de la sécurité dix ans après que dix ans avant; dans le domaine des échanges culturels on a certes créé, il y a un an, la fondation ** Analynt basée au Caire *, (ce qui est, en soi, une initiative et une idée heureuse), mais il ne s'est encore rien passé. Nous restons dans l'attente de quelque chose de très important parce que, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire et j'aurai sûrement l'occasion de le répéter, la Méditerranée est notre source de civilisation. C'est de là que part notre Histoire, aux uns et aux autres, sous beaucoup d'aspects. C'est la raison pour laquelle, au-delà des tensions et des conflits que l'on peut vivre aujourd'hui, nous devons attacher beaucoup d'importance à la politique humaine, de développement humain et à la politique culturelle. Et enfin, nous avons aussi constaté que, dans les domaines de l'éducation et de l'économie, les efforts étaient certes là, mais les résultats n'étaient pas forcément au rendez-vous. Le rythme de développement économique de la zone en question est en fait un rythme faible, l'un des rythmes les plus faibles du monde, qui lui, s'est mis en mouvement de façon très intense et très remarquable. L'Asie explose; l'Amérique latine est en transformation; l'Afrique, je n'en sais trop rien; la Méditerranée, en tous cas, est pratiquement à l'arrêt. Tout ceci mérite donc notre réflexion et notre travail. Aujourd'hui, ayant tiré ce bilan que je viens de rappeler sommairement, notre objectif est de travailler pour rechercher ce que nous pouvons suggérer aux gouvernants qui se penchent, en cette fin 2004 début 2005, sur le renouveau du partenariat Euro-méditerranéen. Les Espagnols, fondateurs du processus, ont proposé pour l'anniversaire de la conférence de Barcelone 2004, 6

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qu'en novembre 2005 il y ait une conférence des chefs d'Etat et de gouvernements pour relancer le processus de Barcelone. y mettre quoi? Que va-t-on faire? Se réunir? Sûrement, c'est une bonne idée. Mais de quoi vont-ils parler et que vont-ils décider? Et bien notre but aujourd'hui est de lancer des idées, d'apporter des contributions, peut-être de faire des propositions pour que la relance du processus de Barcelone soit chargée de signification et que la décennie suivante soit meilleure que la décennie précédente. Voilà l'objet de cette journée. Elle comprend plusieurs éléments, plusieurs parties. Ce matin, nous allons travailler ensemble sur deux aspects de la question: l'investissement en Méditerranée -question évidemment centrale-, parce que les pays du sud de la Méditerranée se plaignent que, certes les pays du nord de la Méditerranée dont les Européens, veulent bien faire du commerce avec eux, mais qu'ils ne veulent pas investir chez eux, d'une part ; et d'autre part, nous parlerons du développement humain, dans ses aspects éducation, formation, etc. Ce sera la deuxième table ronde de la matinée. Deux tables rondes tout à fait passionnantes je pense, avec des orateurs de très haut niveau. Cette matinée est sous la responsabilité de M. Jean-Claude Guibal, député des Alpes Maritimes et maire de Menton. Il est personnellement, professionnellement et complètement tourné vers la Méditerranée, au bord de laquelle, il a le bonheur de vivre et d'être né. C'est pourquoi je le remercie d'être parmi nous pour diriger le débat. Je lui passe donc immédiatement la parole. Merci beaucoup et bonne matinée. 7

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INTERVENTON DE MONSIEUR JEAN-CLAUDE GlliBAL
Modérateur Député des Alpes-Maritimes

Merci Monsieur le Ministre. Mesdames et Messieurs, Monsieur Hervé de Charette vient de vous indiquer le programme de cette matinée. Je vais vous exposer rapidement une présentation des différents intervenants de chacune des deux Tables rondes qui vont occuper cette matinée. La première consacrée à l'investissement, la seconde concernant le développement au service des hommes.

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Préalablement, je voudrais signaler que chacun des intervenants aura environ une dizaine de minutes et qu'un débat pourra avoir lieu après chaque Table ronde. Juste quelques questions que je vous demande de bien vouloir préparer au fur et à mesure que vous entendrez les interventions qui vous seront présentées. Auparavant, je voudrais vous dire comment, de façon très subjective, j'aborde personnellement ces problèmes. Vous savez que les gens de la Méditerranée sont, par définition, chauvins et claniques. Dans des problèmes comme ceux que nous abordons aujourd'hui, et en gros l'ensemble des problèmes de développement et de ceux qui concernent la scène internationale, il me semble qu'il n'est pas assez pris en compte les données de l'ethnologie avec ce que cela implique de dimension culturelle. La

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tendance est, aujourd'hui en particulier, à plaquer les mêmes schémas de développement sur l'ensemble des régions, des territoires et des peuples et des cultures et que, dans bien des cas, il semble que cela puisse expliquer les échecs que rencontrent ces politiques de développement. Ce qui semble être caractéristique de la Méditerranée est le fait qu'elle nourrisse la culture du conflit. La Méditerranée, c'est la confrontation. Un Méditerranéen, que ce soit un individu ou un peuple, n'existe que s'il a un adversaire. Et son adversaire doit être le plus proche de lui. Pour ceux qui ont lu «La violence et le sacré» de Mme Martinez et M. Seknadjé-Askénazi, c'est un superbe exemple et la plus belle application de la rivalité mimétique de la culture méditerranéenne. On a besoin de l'autre, non seulement pour exister, mais aussi parce qu'il y a une telle impatience dans le rapport avec l'autre, un tel goût de l'autre, que cette relation s'établit toujours avec une violence un peu particulière. Ce qui n'est pas toujours bien compris par le reste du monde, et en particulier par les Anglo-saxons. La Méditerranée, vous le savez tous, c'est aussi toutes ces banalités importantes à rappeler: - C'est la mer au milieu des terres, - Ce sont trois continents qui s'y retrouvent, ce sont des montagnes, car les terres sont des montagnes en Méditerranée avec une sociologie qui est très souvent à l'image de la topographie, - Ce sont des communications difficiles au niveau des terres, plus faciles par la mer, qui est donc un lieu d'échanges et de rencontres, - Ce sont des confrontations, mais des enrichissements en même temps.

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On a donc toutes les ambiguïtés en Méditerranée, donc tout le potentiel de richesses des confrontations positives ou moins positives entre les hommes. La Méditerranée n'est pas simplement à quelque une heure d'avion: deux côtes qui se situent l'une au sud et l'autre au nord -et je ne parle pas des deux autres points cardinaux-, c'est aussi l'endroit où se situe probablement la limite entre ce qu'on appelait les pays en développement, le Sud, et les pays développés, aujourd'hui le Nord. C'est en même temps, le lieu de contact entre les grandes religions monothéistes: le judaïsme, l'islam et la chrétienté. Tout cela fait un bouillon de culture d'une extrême intensité. Concernant l'investissement, il était question hier des politiques de coopération publique à travers les différentes institutions mises en place par le Processus de Barcelone, Dialogue 5 + 5, les forums Euro-méditerranéens... Notez, au passage, la multiplication peut être excessive, de structures de toute nature, mais qui, d'une certaine manière, illustre aussi cette diversité de la Méditerranée. La Méditerranée est un tout complexe, mais il est clair que la Méditerranée orientale ne répond pas aux même problématiques que la Méditerranée occidentale. Il est une question qu'il serait bon de se poser: faudrait-il d'avantage d'uniformité dans la manière d'aborder les problèmes Euro-Méditerranéens? Mais je n'aime pas trop «Euro-Méditerranéen », car l'Europe est aussi méditerranéenne. Ne mettons pas la Méditerranée trop au sud. L'intérêt est qu'elle appartient à la fois au continent africain et au continent européen. Elle baigne ces deux continents-là.

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Floraison de structures et de lieux de rencontre divers qui exprime la prise de conscience de la nécessité de faire quelque chose, et en même temps le résultat décevant de la coopération publique. Décevant, avec des raisons qui amènent chacun à pouvoir jeter un des partenaires, de pouvoir en faire le reproche à l'autre. Il est certain qu'il y a, au niveau de la rive sud, des facteurs structurels pénalisants pour le développement économique. Les investisseurs qui sont à cette Table ronde en parleront. Les pays de l'Union européenne n'ont pas, à l'égard de la Méditerranée, le même enthousiasme qu'ils ont avec d'autres régions du monde. Et je dirais même que pour beaucoup de pays de la rive sud, l'élargissement de l'Union européenne est apparu comme une menace: que l'Europe se replie sur elle-même et se consacre à ses problèmes plutôt que de se préoccuper des pays du Sud.

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Enfin, je voudrais dire que les politiques de l'Union ont souvent été perçues comme contradictoires et posent de vraies questions qu'il convient d'évoquer: le libre échange à l'horizon de 20i 0 est-ilia formule pour aider au développement des pays du sud? Sur un plan plus général que j'aborde avec infiniment de précautions, l'affirmation de ce que nous considérons comme étant les valeurs de l'Europe et les droits de l'homme, la démocratie sous une forme très formelle: Faut-il fixer des calendriers pour cela? N'y a-t-il pas des formes d'organisations politiques spécifiques à ces pays? Je me souviens, pour revenir à la Méditerranée, qu'à la fin de l'Empire romain, la manière dont les hommes se sont organisés sur la rive nord et la rive sud, n'ont pas obéi aux mêmes schémas. D'une part, ce sont des tribus qui se 12

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sont emparées des terres et qui les ont conservées. D'autre part, au Nord, c'étaient des paysans individualistes qui ont été organisés par des féodaux. Cela a donné lieu à une organisation de l'appropriation du foncier fondamentalement différente et donc aujourd'hui encore, probablement, à des organisations politiques elles-mêmes distinctes. Donc, juste pour être un peu provocant: libre échange, démocratie, liberté, droits de l'homme sont les grands objectifs autres qu'économiques du Processus de Barcelone. Faut-il avancer comme si tout le monde avait la même aptitude et disposait des mêmes marges de manœuvre? Ou faut-il y aller de manière déterminée, mais en respectant peut-être davantage les situations spécifiques de chaque pays?

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Je voudrais maintenant vous présenter très rapidement les intervenants de cette Table ronde consacrée à cette nécessité vitale qu'est l'investissement en Méditerranée. Chacun d'eux a un Curriculum vitae impressionnant et ce serait un colloque entier que de vous les présenter, donc je résumerai: );> M. Jean-Louis Chaussade, Président de Suez Environnement, est ingénieur des Travaux publics, détient un MEA de Havard Business school et une maîtrise d'économie, diplômé de l'Institut politique de Paris. Il est aujourd'hui PDG d'une filiale du groupe Suez et ceci depuis 2000. Il est membre du Comité exécutif, Directeur général chargé des finances de Suez et Directeur général exécutif de Suez Environnement, depuis 2004. En matière d'investissement d'un grand groupe privé dans des secteurs qui concernent plus particulièrement et plus

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stratégiquement que d'autres encore les pays méditerranéens, M. Chaussade est l'homme qu'il faut. ~ M. Aldo Kaslowski, est vice-président du Conseil de surveillance du Tusiad et Président du Tusiad International. Tusiad est une association du patronat turc qui est chargée de mener du loobing en faveur de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. C'est une organisation non gouvernementale, représentant plus de 60 % de l'économie privée turque, qui, parallèlement à ses actions pour convaincre des pays de l'Union Européenne d'accueillir la Turquie au sein de l'Union, s'est engagée auprès des entreprises et des pouvoirs publics turcs à promouvoir, tant la croissance économique que la démocratie en Turquie. Tusiad a ouvert un bureau de liaison à Paris début 2004 et est représentée également à Berlin, Bruxelles, Washington et Ankara.

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~ M. Khalid Oudghiri, Président directeur général de la Banque commerciale du Maroc et Président directeur de la Attijariwaffa Bank, ingénieur diplômé de l'Ecole centrale de Paris en 1981, a entamé sa carrière au sein de l'Office national de Recherche et d'exploitation pétrolière qu'il représentait auprès du groupe Elf. Par la suite, il a intégré la Compagnie financière d'investissements créée par Indosuez et par deux banques marocaines. Il a exercé plusieurs responsabilités au sein de ces structures financières pour en arriver, printemps 2002, à accéder à la direction de la région Proche et Moyen-Orient du groupe BNP~Paribas. Membre du Comité exécutif pour le pôle Banque de détail à l'international, en 2003, il a été nommé Président directeur général de la Banque commerciale du Maroc et c'est à ce titre qu'il a été le promoteur du projet de fusion entre la BCM et WAFA Bank qui a donné naissance à ce 14

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plus grand groupe bancaire du Maghreb: la Attijariwaffa Ban1e M. Khalid Oudghiri est par ailleurs Vice-président du Groupement professionnel des banques du Maroc et membre du Conseil national de la Monnaie et de l'épargne, administrateur de l'Université Al Akhawayn. ~ M. Jean-Michel Debrat, est Directeur général adjoint de l'Agence française de développement dont vous avez entendu parler hier. C'est un établissement public qui appartient au dispositif français d'Aide publique au développement. Il exerce ses actions sous la double tutelle du ministère de l'Economie et des finances et du ministère des Affaires étrangères. L'AFD dispose d'un réseau de quarante-cinq agences et bureaux et exerce ses missions à la fois pour le compte de l'Etat et pour son propre compte. Cette agence s'intéresse plus particulièrement à la zone Méditerranée et intervient au Maghreb dès 1992 et au Moyen-Orient en 1998. Depuis 2003, elle est autorisée à opérer aussi bien en Jordanie, en Egypte qu'en Turquie. L'un des secteurs dans lesquels elle intervient le plus volontiers est, bien évidemment, la problématique de l'eau qui représente 45 % de ses financements. Par ailleurs, elle s'intéresse notamment à la modernisation des infrastructures pour améliorer l'état des vies des populations tant urbaines que rurales. Voici donc les quatre intervenants de cette première Table ronde et sans plus tarder, je laisse la parole à Monsieur Jean-Louis Chaussade.

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LES CONDITIONS D'UN DÉVELOPPEMENT HARMONIEUX EN MEDITERRANEE Table ronde N°l Investir en Méditerranée, une nécessité vitale

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Cette table ronde est animée par M. Jean-Claude GUIBAL, Député des Alpes-Maritimes Participent à cette table ronde: M. Jean-Louis CHAUSSADE, Président de Suez Environnement. M. Aldo KASLOWSKI, Président du TUSIAD International. M. Khalid OUDGHIRI, Président Directeur Général de la Banque Commerciale du Maroc. M. Jean-Michel DEBRAT, Directeur Général Adjoint de l'Agence Française de Développement.

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INVESTIR EN MÉDITERRANÉE, UNE NÉCESSITÉ VITALE INTERVENTION DE MONSIEUR JEAN-CLAUDE CHAUSSADE
Président de Suez Environnement

Je vais essayer en une dizaine de minutes de vous expliquer ce qu'une société comme Suez Environnement fait dans le pourtour méditerranéen et quels sont ses axes de développement et aussi ses réussites, car nous avons des partenariats depuis un certain nombre d'années dans cette région.

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Tout d'abord, rappelons qu'il n'y a pas de développement possible dans le monde et dans la Méditerranée, en particulier, s'il n'y a pas développement des infrastructures. Nous sommes, à Suez Environnement, au cœur des infrastructures qui touchent au développement, à travers, bien entendu, l'alimentation en eau à la fois des populations, tout en gardant un œil sur ce qui se passe dans le domaine de l'agriculture, et aussi dans tout ce qui touche à la protection de l'environnement, que ,ce soit dans le domaine de l'assainissement ou celui de la collecte et des traitements des déchets. Nous sommes donc des partenaires des autorités publiques pour le développement de leur pays. Je reviendrais plus en détail sur les enjeux dans le domaine de l'eau en Méditerranée.

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L'un des problèmes majeurs du pourtour méditerranéen, en particulier dans son pourtour sud, c'est évidemment le problème de la ressource. Autour de la Méditerranée se concentrent à peu près 60 % de la population dont on peut dire qu'elle se trouve en stress hydrique, c'est-à-dire qu'elle dispose, en termes de disponibilité de ressources, de moins de I 000 m3 par an et par habitant, alors que la moyenne dans la planète est plutôt de 6 000 m3 par an. La manière dont on va gérer cette ressource et la distribuer est un élément essentiel du progrès dans les pays de la Méditerranée. Un exemple très significatif: aujourd'hui, en Libye, certes un pays peu peuplé, on consomme quatre fois plus que ce que la nature reconstitue en termes de ressources en eau. La Libye est peut-être l'exemple le plus typique car nous savons qu'il faudra trouver d'autres solutions pour assurer le développement de ce pays dans un horizon qui n'est sans doute pas immédiat, mais qui se rapproche. Quels sont donc, face à cette problématique de l'eau, les axes d'action possibles et de développement? J'en citerai trois qui me paraissent essentiels: Le premier est la lutte contre la déperdition de l'eau. Déperdition qui prend plusieurs formes. Bien entendu, dans mon domaine qui est celui de l'alimentation en eau: cela consiste à s'assurer que les réseaux de distribution, au sens large du terme, ont des pertes en eau les plus limitées possibles. Il y a des villes du Maghreb où l'on estime que les pertes en eau sont de l'ordre de 70 % ou 75 %, ce qui est considérable. En exemple, la perte annuelle de la distribution en eau des villes les plus vertueuses, est de 20

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