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Pour une sécurité de gauche

De
172 pages
La gauche est couramment taxée de laxisme en matière de sécurité, reproche invoqué pour expliquer bien des défaites électorales. Au contraire, la droite serait, elle, compétente dans le domaine répressif. Comme si, naturellement, la gauche était facteur d'aggravation, et la droite porteuse de solutions. La sécurité est une préoccupation située au coeur des valeurs de la gauche, les plus défavorisés étant toujours les premiers menacés.
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Pour une sécurité

de gauche!

Questions Contemporaines Collection dirigée par J.P. Chagnollaud, B. Péquignot et D. Rolland
Chômage, exclusion, globalisation... Jamais les « questions contemporaines» n'ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines» est d'offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective.

Dernières parutions
Joachim de DREUX-BREZE, Femme, ta féminité fout le camp! Sur une lecture masculine du Deuxième Sexe, 2006. Lazare BEULLAC (sous la direction de), Armes légères: Syndrome d'un monde en crise, 2006. Jean-Loup CHAPPELET, Les politiques publiques d'accueil d'événements sportifs, 2006. Bernard SALENGRO, Le management par la manipulation mentale, 2006. Yves MONTENA Y, Retraites, familles et immigration en France et en Europe, 2006. Jacques MYARD, La France dans la guerre de l'information, 2006. Daniel IAGOLNITZER, Lydie KOCH-MIRAMOND, Vincent RIV AS SEAU (dir.), La science et la guerre, la responsabilité des scientifiques, 2006. Mohammed REBZANI, L'aide aux victimes de la discrimination ethnique, 2006 Jean-Jacques LAFA YB, La Marche de l'homme, 2006. Jean-Jacques LAFA YB, L'Offrande perpétuelle, 2006. Emile JALLEY, Wallon et Piaget, 2006. Alice LANDAU, Théorie et pratique de la politique internationale, 2006. Cyril DI MEO, Laface cachée de la décroissance, 2006. Florence SAMSON, Outreau et après? La Justice bousculée par la Commission d'enquête parlementaire, 2006.

Roger Vicot

Pour une sécurité de gauche!
Une sécurité républicaine contre la République sécuritaire

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique;75005 Paris FRANCE
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http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr (Ç)L'Harmattan, 2006 ISBN: 2-296-01692-8 EAN : 9782296016927

A Antoine et Thomas

Mille mercis à Fatima Descamps

SECURITE ET GAUCHE

Printemps 2002. Lionel Jospin annonce en direct à la télévisiop., devant un parterre de militants médusés, qu'il renonce à la vie politique. Le Pen vient d'accéder au second tour de l'élection présidentielle, scellant l'inévitable victoire de Jacques Chirac le week-end suivant. Analyses et commentaires iront bon train dans les mois qui suivirent: la faute à qui? la faute à quoi? Certes, Jospin n'eut jamais l'image d'un homme accessible (mais Mitterrand cultivait soigneusement cet aspect de sa personnalité, sans que cela lui nuise). Certes, l'annonce pendant la campagne qu'il avait « brisé l'armure» n'eut aucun effet sur sa supposée nouvelle proximité avec les électeurs. Certes les, thèmes de la campagne ont pu parfois paraître éloignés des préoccupations réelles des Français (l'ancien Premier ministre Pierre Mauroy ne dut-il pas tonner pour rappeler au candidat «qu'ouvrier, ce

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n'est pas un gros mot» ?). Certes la communication du candidat Jospin ne fut pas toujours marquée du sceau de l'enthousiasme et de la clarté (même si les premiers meetings furent réellement « porteurs » pour lui). Certes, du projet qui «n'est pas socialiste» au «Président usé, vieilli », toutes les formules du candidat ne furent pas des plus heureuses. Certes quelques erreurs furent commises. Mais le bilan des socialistes était impressionnant. Impressionnant dans ses conséquences directes sur la vie quotidienne des Français: 35 heures, emplois jeunes, couverture maladie universelle (CMU), baisse du chômage, résorption du déficit de la sécurité sociale, etc. Un vrai projet, un vrai bilan déclinant la solidarité sous toutes ses formes. Mais c'est l'irrationnel qui a éloigné les socialistes d'une victoire qui était largement méritée. L'irrationnel qui fait perdre tout repère, qui pousse les passions, les réflexes, les instincts au-devant de la scène. L'irrationnel qui fait peur. Le temps d'une campagne électorale, quelques mois tout au plus, l'insécurité était devenue l'affaire du siècle, le cancer de la société française, une vraie maladie censée ronger le socle de toutes nos valeurs. Pendant ces quelques mois, ces quelques semaines, la campagne électorale s'était transportée dans les journaux, transformée en campagne médiatique. Le moment clef du débat républicain, ce moment où des hommes s'affrontent sur un projet de société, à la rencontre d'un peuple entier, était devenu une foire aux bestiaux. Avec ses hurleurs, ses rabatteurs. Avec ses 10

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baratineurs de bas niveau, ses agitateurs de chiffons, dont la mauvaise fQi n'a d'égale que l'incroyable culot. Avec une certaine presse, aussi. Le Pen aurait très bien pu ne rien dire et ne rien faire. Cette presse là était présente, chaque jour, consciencieuse, appliquée. Saisissant chaque fait divers pour en faire un symbole de 1'« insécurité grandissante»; multipliant des reportages et des enquêtes qu'elle n'avait jamais éprouvé le besoin de réaliser auparavant avec une telle constance dans la répétition... et qu'elle n'a plus jugé utile de refaire depuis. Exhibant les ,victimes au soleil des projecteurs et des studios jusqu'à la veille du scrutin. Braquant les lumières sur les «banlieues », les «cités ». Ah les banlieues! Autant dire l'enfer: là où rien ne peut pousser, là où l'initiative, le dynamisme, les idées généreuses, et la simple tranquillité sont exclus. Un territoire conquis par le Mal! C'est bien une véritable campagne, d'intoxication, de manipulation, qui a éloigné la gauche de la victoire en 2002. Comme si cette gauche cautionnait la délinquance, voire la protégeait! Comme si la sécurité était, décidément, une affaire que seule la droite sait gérer. Comme si la gauche était porteuse d'aggravation, face à une droite porteuse' de solutions. Comme si la nature avait fait la gauche laxiste et la droite efficace. Et pourtant. La sécurité est une préoccupation qui prend place au cœur des valeurs de gauche. Les révolutionnaires de 1789, inspirés par les Lumières, Il

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ne s'y étaient pas trompés, définissant la «sureté» comme l'un des droits de l'homme. Article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen: «Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l 'homme; ces droits sont la liberté, la propriété, la suretéI et la résistance à l'oppression ». Imprescriptible et naturel, c'est-à-dire dû à jamais à tout homme. Un droit de l'homme inscrit dans le marbre d'un texte qui fait référence dans le monde entier et qui fait de la France, encore aujourd'hui, la patrie éternelle des aspirations les plus profondes de l'humanité. Il suffit d'intelToger sur leurs motivations les candidats à l'émigration en France, chassés de chez eux par les dictatures de tout poils, la misère, la faim, les guelTes civiles ou les telTorismes. Et ils avaient bien compris, les rédacteurs de ce texte, que la sécurité est un principe fondamental de l'égalité entre les hommes. Parce que l'insécurité, de tout temps, a frappé plus rudement les plus fragiles. Parce que de tout temps elle a constitué une profonde inégalité, corollaire à la pauvreté et à la précarité. Parce que ce sont les plus aisés qui, toujours, ont pu se donner les moyens d'une vie plus sûre. Jadis derrière les épaisses parois des châteaux qui parsemaient le pays de leur ombre tutélaire, hier à l'abri des cossues maisons de maîtres, aujourd'hui au-delà des grillages surveillés, « vigilés» et «alarmés» des cités-ghettos de riches qui commencent à se développer dans notre pays, à la
J Sans accent circonflexe à l'époque

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suite des Etats-Unis, ou encore dans le confort ouaté des quartiers aux hautes grilles. Le combat pour la sécurité est un combat de gauche, parce que la crainte et l'angoisse restent majoritairement le lot des plus faibles, des plus défavorisés. Au cœur des problématiques de sécurité se situe bien entendu la police. La notion de police de proximité a été de fait abandonnée par la droite, même si elle continue à le nier. Mais les faits sont têtus. Or il n'est pas naïf de penser que seuls les rapports humains peuvent contribuer à la paix sociale et à la tranquillité publique. C'est bien sûr une des clefs de la solution. Rien n'est possible sans cette proximité qui n'est pas un dogme, mais une évidence pour tous ceux qui travaillent au quotidien dans les quartiers les plus exposés aux difficultés sociales. Rien n'est possible sans cette proximité qui permet de créer le minimum de dialogue nécessaire. Rien n'est possible sans cette proximité qui permet de comprendre et de construire ensemble. Sans cette proximité qui permet de se parler. C'est vrai, y compris et surtout, en matière de sécurité. Comment la police pourrait-elle être ,acceptée de quelque manière que ce soit lorsqu'elle ne se manifeste que lors de missions de maintien de l'ordre? Ces missions sont bien entendu nécessaires, mais sûrement pas suffisantes. La sécurité ne doit pas être uniquement perçue comme un élément de contrainte, voire d'inégalité. Elle constitue un droit, dont les policiers sont les porteurs et les acteurs. Un droit pour tous les citoyens, quels 13

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qu'ils soient. A nous de recréer, de repenser la notion de police de proximité. A nous d'imaginer une nouvelle police mieux adaptée, d'inventer ce que pourraient être les équivalents modernes et urbains, jouant finalement le même rôle que celui des gardeschampêtres d'antan. L'image peut faire sourire, mais ceux-là connaissaient tout le monde et étaient acceptés par tous. Ils étaient non pas le bras armé de la République, mais les porteurs des valeurs et des messages républicains. Ayant fait de la police une simple machine à réprimer, la droite l'a coupée des Français, l'a détournée de son rôle. Or, ce rôle est majeur. Cette ambition passe à la fois par la formation et par le recrutement des policiers. Une nouvelle politique de recrutement doit être mise en place. La gestion des ressources humaines de la police ne doit pas être une simple gestion de stocks de personnels. Elle doit prendre en c'ompte cette ambition en recrutant des policiers qui sont issus des territoires dans lesquels ils devront s'impliquer. Qui sont issus des milieux avec lesquels ils seront en contact. Qui seront fiers de la mission républicaine qui leur sera confiée. Qui seront les porteurs de valeurs fortes. .. y compris la nécessaire et légitime tranquillité publique due à tous. II ne s'agit pas de faire des policiers des gentils animateurs de quartier, mais bien de véritables acteurs des quartiers, connaissant parents et enfants, associations et commerçants, totalement imprégnés des réalités quotidiennes, présents en permanence. II ne s'agit pas non plus de réduire la police à la 14

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proximité. Mais de faire de la proximité une dimension de police, et une dimension de base. La fonnation est un élément fondamental dans cette optique. Elle devra vraisemblablement intégrer une dimension psychologique, sociale, sociologique, économique, outre bien entendu les aspects juridiques qui en constituent le socle. Faisons de la police un acteur, un partenaire reconnu, et non une structure subie. La question des fameuses statistiques de la sécurité mérite ici d'être posée. Car à ce jour, bien peu nombreux sont ceux qui savent exactement de quoi l'on parle en la matière... et notamment ceux qui en parlent le plus. L'outil statistique qui fonde tous les commentaires et toutes les analyses date de 1972. On peu affinner sans crainte d'erreur qu'il ne correspond plus tout à fait à la réalité. Vaste magma de références qui n'ont rien à voir entre elles, 1'« état 4001» - puisque c'est le nom de ce baromètre officiel mélange allègrement, dans une moyenne aléatoire, des éléments comme les non-présentations d'enfants, les défauts de pennis de chasse, la délinquance de voie publique, les agressions, les fraudes fiscales, les faillites frauduleuses... 107 rubriques dont le chiffre global ne signifie rien d'exact, et qui surtout ne prend pas en compte l'essentiel, c'est à dire les «mains courantes » des commissariats de police, les contraventions, ou encore les délits recensés par les autres structures comme les bailleurs sociaux ou les sociétés de transports en commun. Inutile d'insister 15

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sur les risques de manipulation inhérents à ce genre de système. Le dépoussiérage, pour ne pas dire la refonte, est de mise dans ce domaine. La gauche s'est souvent démarquée, volontairement, des questions liées à la sécurité. Parce que dans l'imaginaire des militants de gauche, une terrible équation - paralysante autant qu'erronée - s'impose dès que le sujet est abordé: sécurité répression la droite. Il y a d'ailleurs là une véritable victoire sémantique et intellectuelle de la droite, que d'avoir réussi à faire croire ,que sécurité et ordre public sont synonymes, que répression et tranquillité publique sont indissociables. Cette victoire génère depuis longtemps une sorte de mauvaise conscience à gauche, qui y voit à tort un problème de valeurs, ou plutôt l'opposition de valeurs différentes. Terrible malentendu qui fait de la gauche et qe ses militants les. tenants d'une prévention ignorant, ou voulant ignorer la question de la répression, et de la droite les « vrais » défenseurs de l'ordre républicain et de la sécurité des braves gens. Il est grand temps, pour tous ceux qui se disent de gauche et qui s'identifient aux valeurs de gauche, de dépasser cette équivoque et, toute honte, toute fausse honte bue, d'assumer enfin quelques réalités qui sont bonnes à dire. Oui la répression est nécessaire. Oui l'emprisonnement peut l'être aussi. Non la prévention n'est pas le laxisme. Non, prévention et répression ne sont pas incompatibles. Non, se dire attentif à l'une ne signifie pas que l'on est rétif à l'autre. Oui la loi est la
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rp.ême pour tous. Oui le maintien de l'ordre est également nécessaire, mais ne peut pas constituer une politique en soi. Oui, la courte vue consiste à penser que l'emprisonnement est la solution à tout. Séparer les délinquants de la société est une chose; faire en 'sorte qu'ils y reviennent pour reprendre leur place d'homme en est une autre qui se prépare, qui s'organise. Encore faut-il en avoir la volonté. Mais surtout, la prévention ne consiste pas à envoyer quelques éducateurs à la rencontre des jeunes des cités, pour «voir » ou pour sentir l'ambiance. Elle demande rigueur, patience et professionnalisme, parce qu'il s'agit d'appréhender les phénomènes de délinquance globalement et de manière approfondie. En accompagnant ceux qui s'engagent sur une mauvaise pente, en tendant les mains, en travaillant avec les familles, en orientant vers des structures adéquates dont beaucoup ignorent jusqu'à l'existence (en matière d'emploi, de santé, de formation, de loisirs...). En tentant de comprendre ce qui motive, ce qui génère certains comportements. En un mot, en travaillant avec les hommes. Parce que les hommes écoutent, comprennent, et sont perfectibles. Parce qu'une main tendue au cours d'une vie permet parfois d'éviter les pires dérives. Parce qu'il vaut mieux aider les hommes à s'en sortir avant qu'il ne soit trop tard, plutôt que de laisser le temps passer, puis d'ouvrir en grand les portes des prisons.

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Voilà une vision humaine de la sécurité. Elle est humaine, mais elle est aussi républicaine parce qu'équitable. Il ne s'agit pas en effet de porter tous les efforts sur ceux dont on pense qu'ils sont susceptibles de verser dans la délinquance. Les Français en général, doivent être mieux accompagnés et entourés, et notamment les victimes. C'est là que la prévention situationnelle doit jouer tout son rôle. Les médiateurs sociaux, notamment, ont prouvé depuis quelques années à quel point les missions qu'ils remplissent sont utiles à la société. Conflits de voisinage, tensions intergénérationnelles, transports en communs, établissements scolaires, entrées d'immeubles... ils gèrent désormais ce que personne ne faisait, en « démineurs» qui sont aussi des interlocuteurs permanents et immédiats. Bien sûr qu'ils. ne représentent pas la panacée! Mais ils ont su constituer un maillon nouveau et solide de la sécurité et de la prévention de la délinquance. C'est d'ailleurs toute l'utilité de cette présence humaine, de ce véritable lien, dans et avec la population, qui doit nous amener à prendre la vidéosurveillance pour ce qu'elle est, et le dire: un outil technique très coûteux et parfois utile... mais dans des circonstances qui ne sont pas celles où on attend que les fameuses caméras jouent leur rôle. Sachons résister à la pression grandissante qui voudrait nous culpabiliser - y compris dans certaines villes de gauche - de ne pas céder au chant envoûtant de la «caméramania ». La vidéosurveillance sur 18

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l'espace public, cela ne marche pas. Il faut l'affirmer clairement et s'appuyer pour cela sur les études étrangères dont nous disposons (car il n'existe rien, ou presque en France, sur le sujet, sauf des synthèses d'études... étrangères). Elles sont sérieuses, elles sont argumentées, elles sont indépendantes, elles portent sur des systèmes nombreux, variés, installés dans des lieux et circonstances différentes, elles portent sur de longues périodes, et elles concluent toutes la même chose, et ce depuis des années: la vidéosurveillance peut avoir un effet sur la délinquance dans des zones fermées (parkings par exemple), peu étendues en superficies, dans le métro (mais à condition que les stations équipées ne soient pas complexes dans leur organisation, avec par exemple des sorties et couloirs nombreux), mais n'apporte rien sur l'espace public. En revanche, quand la vidéosurveillance fonctionne, elle est toujours accompagnée d'un renforcement de la présence humaine, et de l'éclairage, élément qu'on oublie souvent de prendre en compte. Il est d'ailleurs parfois difficile d'évaluer lequel de ces apports est le plus efficace du cocktail. Pourquoi, alors que l'on dispose de données précises et éprouvées, continuer à agiter ce mythe comme un panaché auquel devraient se rallier les Français enthousiastes? Pourquoi si ce n'est par pure démagogie? On a du mal, vraiment, à trouver une autre réponse, et ceci est d'autant plus grave que le débat sur la vidéosurveillance ne peut pas se limiter à une évaluation des possibilités techniques de l'outil. Car l'outil en question pose un vrai problème de liberté publique, qui est trop souvent 19