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Pratiques en santé mentale numéro 2 - 2015 : Nouvelles formes de précarités sociales

De

Quels dispositifs sociaux/médico-sociaux et quelles politiques permettent la réinsertion d'un public extrêmement fragilisé ? La question peut se poser de l'inadéquation d'une logique de l'insertion et de la réinsertion sociale, face à des publics tellement précarisés (psychiquement et économiquement), que la fonction de mise à l'abri et de protection dans la durée devient la préoccupation de l'action, tout en devant composer avec une diminution des moyens affectés à l'aide sociale.


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Nouvelles formes de précarités sociales
Réflexions actuelles

Revue Pratiques en santé mentale

Numéro 2

Présentation du numéro : Quels dispositifs sociaux/médico-sociaux et quelles politiques permettent la réinsertion d'un public extrêmement fragilisé ? La question peut se poser de l'inadéquation d'une logique de l'insertion et de la réinsertion sociale, face à des publics tellement précarisés (psychiquement et économiquement), que la fonction de mise à l'abri et de protection dans la durée devient la préoccupation de l'action, tout en devant composer avec une diminution des moyens affectés à l'aide sociale.

 

Auteur : Collectif d’auteurs de la santé mentale. Directeur de la publication : Jean-Luc BRIÈRE, pédopsychiatre et président de la FASM.

Table des matières

Nouvelles formes de précarités sociales Réflexions actuelles

Table des matières

Editorial / Nouvelles formes de précarités sociales.

Avant-propos / Nouvelles formes de précarités sociales.

Dossier / Nouvelles formes de précarités sociales.

Prendre soin ensemble des personnes en demande d’asile

Parler et penser autour des effets de l’exclusion sociale : Rencontre avec un collectif de psychologues

Penser une clinique des précarités

Un collectif au travail

Cadre malléable et temps pré- thérapeutique

Regards partagés

Stratégie de survie et idéal éthique : Diogène de Sinope

Approche psycho dynamique du syndrome de Diogène

Du cadre classique à une démarche proactive : éthique et pratique de la rencontre avec Diogène

Psychodynamique de l’habiter

Conclusion

L’Éthique : de l’angoisse à la méthode

Conclusion

Témoignage : « Une traversée pleine d’impasses »

SIAO : l’objet du fantasme

Retour au pays natal : réflexions sur les écueils de la relation d’aide

En guise de conclusion

Actualités dossiers

CHARLIE : « Les fantômes de la liberté ».

« Lettre ouverte à mon ami qui n’est pas Charlie et à quelques autres qui pourraient la lire… »

Le Conseil d’Etat annule certaines recommandations de la HAS concernant l’autisme et les TED

La création d’un mémorial en hommage aux personnes handicapées victimes du régime nazi et de Vichy

Rapport de François Chérèque du 3 décembre 2014 : « Les liens entre handicap et pauvreté ; les difficultés dans l’accès aux droits et aux ressources »

Actualités / à propos

Réseaux, métamorphoses et accompagnements

Actualités / lectures

22 grandes notions de psychologie clinique et de psychopathologie

Handicap et accompagnement

L’Aliénation. Psychose et psychothérapie institutionnelle

Laissez parler les fous. Ou comment accompagner les psychotiques

La légalisation des drogues. Une mesure de salut public

Dossier : « Comment supporter la prison ? »

Nouvelles fédérales

 

Editorial / Nouvelles formes de précarités sociales.

Réflexions actuelles

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Jean-Luc Brière

Président de la FASM Croix-Marine

Paris (75)

 

Il y avait les « nouveaux riches ». Dans les années 1980, suite à la libéralisation de l’économie, à l’émergence d’un chômage de masse et d’emplois précaires, aux mutations de la société, on a commencé à parler d’ « exclusion sociale » et de « nouveaux pauvres ». Depuis, et surtout à partir des années 2000, la pauvreté n’a cessé de gagner du terrain en France. Selon les données statistiques de l’Insee on estime à un peu moins de 4 millions les personnes qui disposent de très faibles ressources correspondant aux minima sociaux et qui ne peuvent vivre sans dépendre d’aides extérieures : institutions, associations, familles, amis. D’après les données de 2012, 140 000 n’ont pas de domicile et un peu plus de 10 000 dorment dans la rue. Pauvreté et grande précarité se rejoignent alors.

La précarité, liée parfois à un affaiblissement, sinon une disparition des liens sociaux, peut développer le sentiment de ne pas avoir ou de ne plus avoir la maîtrise de son existence actuelle et future. Cela peut être source d’une souffrance psychique, « une souffrance qu’on ne peut plus cacher » selon l’intitulé du rapport déjà ancien (1995) d’Antoine Lazarus. Ce rapport s’appuyait largement sur les témoignages de travailleurs sociaux, enseignants, intervenants de terrain ayant rencontré des difficultés avec des personnes en souffrance psychique.

Y a-t-il un risque de « psychiatrisation de la société » et d’un mélange des genres, la pauvreté n’étant pas en soi du ressort de la psychiatrie ? Les personnes précarisées et les professionnels sociaux qui ont pour mission de les accompagner sont présents et on ne peut regretter que la psychiatrie prenne en compte les problématiques de notre société. Une clinique de la souffrance psychique résultant de l’exclusion sociale et de la précarité s’est développée surtout à partir des années 2000. C’est ainsi qu’ont été initiés des travaux sur la notion « d’auto-exclusion », fermeture à soi et aux autres quand tout espoir a disparu, sous l’égide de Jean Furtos. Les personnes sans domicile, les étrangers demandeurs d’asile, sont particulièrement concernés.

Si les situations d’exclusion sont susceptibles de contribuer à l’apparition de troubles psychiques, il est avéré que les pathologies telles que les troubles de la personnalité ou les psychoses comptent parmi les facteurs de précarisation des personnes. Selon l’étude Samenta de 2010 sur la santé mentale et les addictions des personnes sans logement en Ile-de- France, la population concernée de 22 000 personnes comprend un tiers de personnes souffrant de troubles psychiatriques sévères. Dans un avis du Comité national d’éthique de 2006, il est indiqué que le nombre de personnes en prison souffrant de pathologies psychiatriques est vingt fois plus important qu’en population générale.

Les difficultés d’accès aux soins des personnes précarisées ont été souvent décrites : absence de demande de soins, inadaptation de l’offre ou offre insuffisante, image négative de la psychiatrie. De leur côté, les travailleurs sociaux se sentent peu formés et démunis face à la détresse psychologique et on ne rappellera jamais assez l’importance d’un travail en partenariat. Beaucoup reste à faire pour mettre à bas les cloisonnements sanitaire-social. La création à partir de 2005 d’équipes mobiles psychiatrie précarité a constitué une avancée importante (près de 130 aujourd’hui). La réalisation d’un bilan de leur fonctionnement a été annoncée par le ministère.

Les contributions figurant dans la revue sont éclairantes (grâce à Diogène ?) sur les problématiques des usagers et des professionnels tant sanitaires que sociaux. Ce mélange de textes de réflexions théoriques et pratiques et de témoignages constitue une façon vivante et intelligente d’aborder la question.

Les personnes connaissant des troubles psychiques graves, d’abord celles qui n’ont pas un entourage familial ou amical, sont en risque de précarité. Les adhérents de Croix-Marine et d’Agapsy ont démontré et démontrent tous les jours leur volonté et leur capacité à développer des dispositifs qui répondent aux besoins des personnes dans les différents aspects de leur vie. Réunis dans Santé Mentale France, il nous appartient de trouver les moyens pour que les conditions d’une amélioration de la vie et d’une insertion des personnes handicapées psychiques soient réunies. Nous nous appuierons notamment sur le rapport de Christine Abrossimov et de François Chérèque de novembre 2014 sur les « Liens entre handicap et pauvreté ».

 

Avant-propos / Nouvelles formes de précarités sociales.

Réflexions actuelles

 

Coordinateurs du numéro :

Marine Mazel

Psychologue clinicienne, Equipe mobile

Aurore, Paris (75)

 

Alexandre Pédron

Assistant social, EMPP-ASM13 et Vice-Président de l’Association Régionale d’Aide à la Santé Mentale Croix- Marine Ile-de-France, Paris (75)

 

Au cours des 40 dernières années, une crise économique mondiale a fait des dégâts considérables, transformant l’équilibre financier des États, mais aussi les mentalités, les façons de travailler, de penser et de mettre en œuvre les solidarités. On est passé du paradigme de l’inclusion sociale à celui d’une lutte contre les exclusions au cours des années 1980.

Les précarités se sont révélées sous des aspects très différents, amenant les professionnels des champs sanitaire et social à s’interroger sur les possibilités de nouveaux dispositifs sociaux et pratiques thérapeutiques pouvant répondre à ces mutations. La psychiatrie de secteur et le monde associatif se sont donc trouvés impactés de manière structurelle par ces évolutions.

Comment se traduisent ces changements ? Quels dispositifs sociaux/médico-sociaux et quelles politiques permettent la réinsertion d’un public extrêmement fragilisé ? La question peut se poser d’une logique de l’insertion et de réinsertion sociale à long terme, face à des publics dans une telle précarité (psychique et économique). La fonction de mise à l’abri et de protection immédiate devient alors la préoccupation prioritaire de l’action, qui, de plus, doit composer avec une diminution des moyens affectés à l’aide sociale.

Il semble alors opportun de préciser : public précaire ne signifie pas uniquement personnes à la rue. Le champ des précarités s’étend jusque dans les foyers, dans les campagnes, dans les esprits, … autrement dit, il est à aborder à partir de multiples échelles, et s’inscrit dans une temporalité singulière.

Du point de vue plus spécifique du travail social, un certain nombre d’éléments résistent aux seuls dispositifs d’aides et de prises en charge sociale déjà existantes. Les réponses en termes de politiques sociales sectorielles ou catégorielles ont montré des limites dès lors qu’à partir des années 2010 l’offre a été amplement dépassée par la demande (qui n’émane pas toujours des personnes concernées...), surtout dans les régions à forte densité de population.

De cette double contrainte sont nées des pratiques innovantes, parfois expérimentales, situées entre les soins, la réinsertion sociale et la lutte contre les exclusions. Ces approches sont souvent le produit d’initiatives isolées qui tentent de répondre à des symptômes souvent méconnus.

Il est donc nécessaire, pour comprendre ces pratiques, de connaître les pathologies, les signaux, éventuellement leur inscription dans l’histoire afin d’appréhender des phénomènes qui dépassent le seul champ de la psychiatrie ou de l’aide sociale.

 

Dossier / Nouvelles formes de précarités sociales.

Réflexions actuelles

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Prendre soin ensemble des personnes en demande d’asile

Trois équipes du Havre racontent la mise en place d’un partenariat de travail autour de personnes en situation de demande d’asile. Les difficultés existentielles extrêmes de celles-ci entraînant difficultés sociales et mal-être psychologique, nécessitaient ce partenariat fonctionnel indispensable. Cet article écrit par les intervenants des différentes structures parties-prenantes est le reflet de ce travail en commun.

 

CADA COALLIA

du Havre

CADA

Fondation Armée du Salut du Havre

EMPSM

(Equipe Mobile Précarité Santé Mentale)

Pôle de psychiatrie

Groupe Hospitalier du Havre*

 

Mots-clés :

Accompagnement

Demande de soins

Exilé

Partenariat

Travail en équipe