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Privatisation - L'art et les manières

192 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 0001
Lecture(s) : 316
EAN13 : 9782296361676
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PRIVATISATION

L'art et les manières

(Centre

Collection du COPS d'observation et de prospective

sociales)

PRIVATISATION
L'art et les manières

sous la direction d'Edouard COINTREAU

Editions L'Harmattan 7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris COPS 10, rue du Mont-Thabor 75001 Paris

@

L'Harmattan, 1986
2-85802-651-3

ISBN:

SOMMAIRE

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Avant-propos Introduction
I PRIVATISATION: LE PANORAMA GENERAL

1. L'importance du secteur public dans le monde: bilan en 1980 2. Les secteurs concernés 3. La vague mondiale de privatisation 4. Panorama par pays
II L'ART ET LES MANIERES 10 ETUDES DE CAS

le

1. BCRIC (Colombie britannique): «La privatisation collective» 2. Banca Nazionale deI Lavoro (Italie) : « L'audace à peu
de frais»

3. British Telecom (Royaume-Uni):
succès» 4. CONRAIL 5. Immobilier vée » (USA) : «Les managers en GB (Royaume-Uni)

«

Les moyens

du

contre l'Etat» : «Vive la vie pri-

6. Lufthansa, VAG et VEBA (RFA) : « L'Etat se fait tout petit» 7. Médiamétrie (France): «Matignon modernise» 5

8. SAQ (Québec): «L'improvisation» 9. Telefonica (Espagne) : «A l'assaut du monde» 10. US West (USA): «L'explosion du monopole»

. .

Check list de la Privatisation Annexes

6

A V ANT-PROPOS

Dans ce livre, sont rassemblés et synthétisés les travaux d'une équipe d'experts financiers et de la communication, réunie à l'initiative du COPS. Ils ont collecté les informations et les ont analysées au cours de nombreuses réunions de travail avec les responsables et dirigeants des sociétés étudiées: nous les remercions particulièrement de leur accueil et du temps qu'ils nous ont consacré et de la documentation abondante qu'ils nous ont confiés pour permettre la réalisation de ce livre. y ont aussi collaborés Mme. Hsiu-Lan CHANG,Evelyne HUNEAU, Chiara FANTIG, Maria-Luisa MULLER, Caroline OLCHANSKI t MM. Seymur BERTMAN, hristian DEPRETe C
BIXIO, Patrick JACQUEMIN.

7

LES AUTEURS

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.

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Edouard Cointreau, 39 ans, français, président-fondateur du Centre d'observation et de prospective sociales (COPS), ancien élève de la Sloan School of Management du Massachussets Institut of Technology ; Andrew Dewar, 37 ans, anglais, vice-président et directeur du Développement international du c~ps, ancien élève de la London School of Economics; Dietmar Hannebohn, 37 ans, allemand, co-gérant de c~ps Gmbh en RFA, ancien élève de l'université de Francfort; Bruno de Kerviler, 38 ans, français, vice-président du c~ps, ancien administrateur directeur général d'une banque privée; Henri-André Léon, 52 ans, français, président-fondateur de la société Différence, conseil en études d'image et marketing produit; Dominique H. Perrin, 46 ans, français, directeur général du c~ps; Philippe Schwebig, 44 ans, français, directeur-fondateur de Sycomore, Hec, Harvard, conseil en stratégie et communication corporate. Bruno Vernier, 37 ans, français, président-fondateur de l'agence Vernier et Associés, agence en communication corporate et financière;

8

INTRODUCTION

Ce livre n'est pas un livre de réflexion mais un manuel de travail appliqué. Les théories sur la propriété, l'action de l'Etat et les privatisations sont des sujets apparemment inépuisables, tant est abondante la littérature qui en parle. L'équipe qui a écrit ce livre veut témoigner de son expérience et, plus modestement, montrer ce qui a été fait et ce qui est envisagé dans le monde en matière de privatisation. Sans prendre parti par rapport aux faits, et contrairement à certaines idées reçues, il faut constater que les privatisations sont aujourd'hui un phénomène mondial majeur, par leur ampleur:

- La vague de privatisation touche tous les pays industriels quelle que soit leur taille, ou leur stade de développement: les USA, le Canada, les pays européens, le Mexique, le Brésil, les pays d'Asie du Sud-Est sont parmi les pays concernés;
le nombre de sociétés dans chaque pays et l'éventail des secteurs concernés sont très importants; on y trouve des sociétés de toutes tailles dans des secteurs comme le transport, les télécommunications, l'électroménager ou encore la banque;

- la taille de ces activités dans les budgets de ces pays est très importante en terme de nombre d'employés concernés ainsi qu'en terme de masses financières proposées sous forme d'actions nouvelles: les émissions récentes d'actions à Londres, Tokyo, Copenhague ont battu tous les records.
9

Nous ne sous-estimons pas l'impact de ces privatisations sur les entreprises et leurs salariés qui sont les premiers concernés. Nous avons voulu cantonner notre exposé à ce que nous pouvons le mieux mesurer par notre expérience dans notre domaine de compétence: l'impact sur les marchés financiers, les opportunités pour les investisseurs, les problèmes de communication posés. Notre recherche a donc porté sur le comportement des acteurs extérieurs à l'organisme faisant l'objet d'une privatisation. Nous avons donc mené une étude cas par cas, pays par pays, pour comprendre, à travers les discours des représentants de l'Etat et la communication effectuée autour de chaque privatisation, le rôle des acteurs, et notamment comment leurs intérêts, parfois opposés, étaient respectés: Ainsi, par exemple, les contribuables, par l'intermédiaire de l'Etat qui vend, sont actionnaires et attendent de celui-ci qu'il obtienne le meilleur et juste prix; les investisseurs, petits et gros épargnants, institutionnels nationaux et internationaux qui achètent les actions des sociétés, recherchent un placement sûr et rentable. Mais aussi les employés, salariés, cadres et les managers qui revendiquent un traitement spécial leur permettant de participer aux fruits financiers de leurs efforts passés, cherchent, en fait, des compensations qualitatives ou quantitatives face à un changement de statut qui pourrait menacer les acquis notamment liés au statut public de l'emploi. Les concurrents nationaux et internationaux s'inquiètent de voir soudain arriver une institution sur leurs marchés et exercent des pressions en vue de défendre leur position de marchés. Enfin les consommateurs des biens ou services attendent souvent du changement du statut public des sociétés en statut privé, des satisfactions nouvelles de leurs besoins. L'équipe de rédaction de ce manuel s'est donc attachée à décrire et analyser les communications effectivement réalisées par les gouvernements et par les entreprises pour exposer leur programme global. Les cas concrets ont été choisis en vue de couvrir le champ de la problématique et des argumentations contradictoires. 10

Quelques chiffres permettent de mesurer l'importance de cette réflexion et l'enjeu pour les entreprises et les gouvernements. A titre d'exemple, pour «récolter» les 40 milliards de francs de l'émission d'actions nouvelles de British Telecom, les experts britanniques ont estimé à plus de 90 millions de livres sterling (= 1 milliard de francs) les investissements en communication de BT. M. Ivor Mills a pu dire qu'il pensait que cette communication avait permis d'obtenir à elle seule une hausse de 5 % au moins du prix d'émission, soit 2 milliards de

francs.

.

Ainsi, lors d'une privatisation, non seulement la communication est nécessaire pour expliquer le bien-fondé de l'opération, mais en plus cette communication peut être rentable. En France l'éventualité des dénationalisations, ou plutôt des privatisations - puisqu'il est possible que des organisations qui n'ont jamais été privées soient incluses - intéresse beaucoup de monde. D'après notre recherche, les intermédiaires financiers recevront à titre de commission de placement et de constitution de «pool» de garantie de 1,5 à 3,5 % du total des émissions. Pour un programme proche de 120 milliards de francs il est donc raisonnable de prévoir 400 à 800 millions de francs par an sur 5 ans pour l'intermédiation financière. Pour l'industrie de la communication, le chiffre d'affaires supplémentaire serait de 300 à 600 millions de francs par an, soit l'équivalent de 60 % du chiffre d'affaires total actuel de la communication financière. L'impact peut être important pour les chaînes de télévision ellesmêmes, si les émissions de titres de privatisation peuvent être promues sur ce média. Pour compléter ce bilan, il faut aussi compter avec le travail supplémentaire que les experts-comptables et autres professions libérales experts en évaluation, recherche, etc. - pourront réaliser. Mener à bien des opérations de privatisation nécessite au moins 6 mois pour des sociétés qui ont déjà été privées et jusqu'à 5 ou 6 ans pour d'autres. Ce délai est utilisé à l'intérieur de l'entreprise pour «nettoyer », dérégle-

-

11

menter, restructurer et à l'extérieur pour communiquer et présenter une image qui rassure tous les acteurs. A l'expérience, cette communication doit être longtemps; préparée à l'avance et pilotée progressivement. Communiquer est donc un besoin pour les privatisations. C'est un travail à mener - sur un à deux ans par des professionnels expérimentés et internationaux. En effet, la plupart du temps, la taille des sociétés concernées impose des communications sur les principaux marchés financiers: Londres, New York, Tokyo, Francfort, Zurich.

-

12

I PRIV A TISA TION Panorama général

1
L'importance

du secteur public

dans le monde: le bilan en 1980
L'importance du secteur public varie fortement d'un pays à l'autre. Le poids de ce secteur est le plus souvent difficile à cerner avec précision, car les institutions semi ou para-publiques qui couvrent des secteurs économiques importants font écran. La part du secteur public dans l'économie est ainsi devenue un sujet de polémique entre les partisans des différentes thèses sur les rapports de l'Etat et de l'économie. Le Centre d'observation et de prospective sociales a établi une méthode de classement des pays en fonction de l'emprise de l'Etat dans les secteurs suivants:

-

Energie: électricité, gaz, pétrole, charbon; Transports: chemin de fer, compagnies d'aviation; - Industrie de base: acier, automobile, construction navale; - Communications: Postes, Télécommunications. limitée, elle vise à donner

Cette liste est volontairement

pour chaque pays un « indice d'emprise de l'Etat» en
données comparables. L'indice global par pays est la somme des indices de chaque secteur. Dans chaque secteur, cet indice est une mesure de l'emprise de l'Etat à partir d'une pondération intégrant principalement les effectifs et les volumes d'affaires. 15

Les quatre secteurs retenus sont, dans tous les pays, l'objet traditionnel de l'intervention de l'Etat. Ils permettent de retenir le critère classique de «périmètre de consolidation» pour mesurer l'emprise de l'Etat sur la base d'un contrôle effectif de la gestion. N'ont pas été retenus des secteurs comme l'éducation et la santé qui participent aux politiques de transfert sociaux empêchant toute comparaison sur des critères simples. Il en est de même pour la banque et l'assurance qui peuvent faire l'objet de superpositions de politiques de contrôle indirect et réglementaire. La période 80-85 a vu se développer, suivant les pays, des programmes de dénationalisation ou de nationalisation. Pour faciliter les comparaisons l'année 1980 a été choisie comme point de départ. Elle précède notamment la vague de dénationalisation menée en Grande-Bretagne et à l'inverse le programme de nationalisation française. - Etats-Unis - Japon - Canada - Corée du Sud - Belgique - Australie - R.FA. - Espagne - Suisse 15 30 34 47 50 52 59 60 65 - Pays-Bas - Suède - Brésil - France - Italie - Grande-Bretagne - Mexique - Inde 66 72 72 80 83 84 86 89

Indices d'emprise de l'Etat selon les pays

Au cours des travaux une première constatation s'est imposée: il ne semble exister aucune logique qui conduise ou non l'Etat à contrôler tel ou tel secteur. En second lieu, on constate que des pays comme la Suisse ou la Suède, au-delà de la rhétorique politique, ne sont pas si éloignés dans leur pratique de l'économie publique. Les pays se différencient beaucoup dans les transferts sociaux, c'est-à-dire l'appréciation du «service public» conçu comme une série d'astreintes qui peuvent mettre en déséquilibre les résultats et performances des sociétés. Dès qu'il y a difficulté, l'Etat est toujours tenté dans tous les pays par la prise de contrôle; même les champions du libéralisme comme les Etats-Unis ont, malgré sa faible part relative, un très important secteur public en volume. 16

2
Les secteurs concernés

A. L'ÉNERGIE
L'électricité

Seuls l'Espagne et le Japon ont des sociétés d'électricité totalement privées. En Belgique et aux Etats-Unis le secteur privé représente environ 75 % du total. L'électricité suédoise est privée à 50 % environ. L'Allemagne de l'Ouest, l'Italie, la Corée du Sud, les Pays-Bas, ont une production et une distribution électriques, privées inférieures à 25 %. Tous les autres pays, dont l'Australie, le Brésil, la Grande-Bretagne, le Canada, la France et la Suisse, voient ce secteur entièrement public. Il faut remarquer ici que l'Electricité de France est considérée par les financiers du monde entier comme le

leader parmi les grandes entreprises mondiales
lités ».

«

d'uti-

Le gaz
Le gaz est plus souvent privatisé que l'électricité. En fait, le traitement est différent pour le gaz et l'électricité dans 7 des 17 pays étudiés. Au Canada, le gaz est entièrement privé, alors que l'électricité est entièrement publique; en Espagne c'est l'électricité qui est entière17