Protéger l'amour, le libérer du Sida

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L'enquête vise à mesurer les connaissances, les attitudes et les comportements. Elle fut menée en 1988-1989. Elle accorde une large place au sida.

Publié le : mardi 1 mars 1994
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EAN13 : 9782296278585
Nombre de pages : 224
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... protéger l'Amour, le libérer du SIDA... ...veux-tu qu'on en parle?

J. MENARES, P. ECHEVARRIA, J. CHWALOW, I. GARRIDO, et G. YANNO.

... protéger l'Amour,
le libérer du SIDA... ...veux-tu qu'on en parle?
Ce que savent, ce que pensent, ce que font les étudiants de première année de l'Université Paris 7 sur les maladies sexuellement transmissibles et le SIDA.

Rapport d'une recherche faite AVECles étudiants, comportant les réponses à leurs questions.

Editions L'HARMATIAN 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

@ L'Hannattan, 1993

ISBN: 2-7384-1960-7

... protéger l'Amour, le libérer du SIDA... ...veux-tu qu'on en parle?
médecin épidémiologiste, Chargé de Recherche à l'INSERM, travaille depuis 1975 en Systèmes de Surveillance et d'Information sur les maladies transmissibles: "Le contact avec les étudiants nous a appris que tant que les maladies sexuellement transmissibles et en particulier le SIDA ainsi que l'urgence de s'en protéger ne soient pas sociabilisés, c'est à dire, acceptés comme une réalité explicite nous concernant tous, les connaissances acquises auront du mal à devenir des comportements préventifs"

J. MENARES,

P. ECHEVARRIA, psychologue social, travaille sur la prévention du SIDA et de la toxicomanie auprès des adolescents et des parents dans les établissements scolaires et les organisations de quartier dans la banlieue parisienne.
Chargé de Recherche à l'INSERM, travaille avec des personnes atteintes des maladies chroniques ainsi que transmissibles utilisant un modèle pour faire le diagnostic éducatif de la population cible. I. GARRIDO, étudiant en médecine à la Faculté LariboisièreSt. Louis de l'Université Paris 7. : "Parce qu'à l'heure actuelle il n'y a pas d'autres solutions, et parce que le vaccin (s'il existe un jour) sera pour une autre génération, il faut se convaincre d'adopter un comportement sexuel différent de celui des générations précédentes pour se protéger des maladies sexuellement transmissibles aussi bien que du SIDA"

J. CHWALOW,

G. YANNO, étudiant en Doctorat d'Histoire des Sciences à l'Université Paris XII : "Accepter l'existence de valeurs morales différentes, et les assumer voila les conditions sine qua non de la prévention du SIDA"

Nous exprimons notre sincère reconnaissance :

- aux étudiants

de première année de l'Université Paris 7 ayant collaboré à ce travail de recherche: -en intervenant dans les entretiens non dirigés, -en remplissant le questionnaire pilote et celui au format "réel", -en participant aux débats sur le questionnaire et sur les résul:" tats quantitatifs, -en lisant le projet du rapport et en y faisant des apports. - à la Présidence de l'Université Paris 7 qui a soutenu ce projet et l'a rendu possible. - à tous les enseignants de première année qui ont facilité notre démarche auprès de leurs étudiants. - à E. FELIPE, étudiant en anthropologie, pour sa collaboration motivée. - au Docteur lM. BOHBOT, spécialiste en Maladies Sexuellement Transmissibles, Consultant à l'Institut A. Fournier, pour son accueil compétent. - à Monsieur lY MARY, Directeur de Recherches à l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) pour ses conseils méthodologiques. - au Pro AJ. VALLERON, Directeur de l'U-263 de l'INSERM, et aux collègues qui nous ont soutenus par leur intérêt et leurs apports dans les différentes étapes de ce travail et particulièrement - à Mmes. D. COSTAGLIOLA, Directeur du Service Commun 4, V. MASSARI, M. GUIGUET, F. LE PONT et S. LESIEUR. - à M. 1. DOMERC, Maître de Conférences de Linguistique française à l'Université d'Artois, Mmes. MF. DESJEUX, MC. PERRIN, licenciées en lettres, et 1. DOMERC, Professeur de Première Supérieure au lycée Pasteur (Neuilly) qui ont veillé à la rédaction de ce texte.

MODE D'EMPLOI
Ce rapport peut être consulté de trois façons : 1) POUR CONNAITRE LES RESULTATS QUANTITATIFS DU QUESTIONNAIRE sur les informations, les attitudes et les comportements des étudiants, consultez le SOMMAIRE DES RESULTATS (p 181) qui a son propre index des sujets traités. Pour chaque rubrique sont indiqués la question posée, le nombre d'étudiants y ayant répondu et le pourcentage d'entre eux ayant opté pour chacune des possibilités de réponse.
2) POUR VOUS RENSEIGNER SUR DE GRANDS SUJETS TELS QUE "LE SIDA: ORIGINE ET EVOLUTION. L'EPIDEMIE DU SIDA EN FRANCE ET EN EUROPE" OU "LES MALADIES SEXUELLEMENT TRANS-MISSmLES", etc, consultez le SOMMAIRE GENERAL (p 11) qui donne un bref descriptif du contenu de chaque chapitre et sous-chapitre. 3) POUR TROUVER DES INFORMA nONS SUR UN POINT SPECIFIQUE TEL QUE "RAPPORTS ANAUX" OU "CONTAMINATION -les trois voies connues" voyez l'INDEX ANALYTIQUE (p 207) qui propose plus de 600 rubriques, et sous-rubriques ainsi que de nombreux renvois.

Quelques Dans les textes:

conventions

-les termes en gras renvoient à l'Index thématique. - les passages en italique donnent la définition des expressions qui précèdent. - les chiffres entre crochets renvoient à la Bibliographie (p 203)

SOMMAIRE GENERAL
Page 9

MODE D'EMPLOI Comment consulter ce rapport. Les symboles utilisés.
SOMMAIRE GENERAL

11 EFFECTUEE 17

1ère PARTIE:

LA RECHERCHE

INTRODUCTION ET DESCRIPTION Le but de ce travail, la démarche de l'équipe de recherche, le rôle des étudiants, la technique de communication.
LES CONNAISSANCES, LES ATTITUDES ET LES COMPORTEMENTS DES ETUDIANTS DE 1ère ANNEE DE PARIS 7 à propos des Maladies sexuellement transmissibles et du SIDA

31

2ème PARTIE:

LE PROBLEME

LES MALADIES SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES(MST) Dialogue avec un médecin. Description des MST. La consultation. Les examens. Les risques.
LE SIDA, Nouvelle maladie? Description de la maladie. La maladie comme épidémie. Origine et évolution. L'épidémie de SIDA en France et en Europe. L'Homme devant les épidémies.

45

67

3ème PARTIE:

LES SOLUTIONS

LES VOIES DE TRANSMISSION DU VIWSIDA

93

LA TRANSMISSION PAR LA VOIE SANGUINE DU VIRUS VIWSIDA Les comportements à risque. Notre rôle sur le plan personnel et communautaire.
LA TRANSMISSION PAR LA VOIE PERI-NATALE DU VIRUS VIWSIDA LA TRANSMISSION PAR LA VOIE SEXUELLE DU VIRUS VIWSIDA LA VIE SEXUELLE DES ETUDIANTS

95

103

107 117 131 139

LA PREVENTION DE LA TRANSMISSION PAR LA VOIE SEXUELLE Les comportements à risque. LE PRESERVATIF

4ème PARTIE: VOTRE PARTICIPATION

LE DEPISTAGE Qui devrait passer le test? La préparation indispensable. Les résultats et ses conséquences. Les adresses.

155

SI UN(E) AMI(E) CRAINT D'ETRE CONTAMINE(E) ET VOUS DEMANDE CONSEIL, QUE FAITES-VOUS? Ce que vous risquez, ce dont il/elle a besoin et que vous pouvez lui donner ou lui refuser.
LES A1TITUDES DES ETUDIANTS

163

167

ANNEXE 1 : METHODES
ANNEXE 2 SOMMAIRE DES RESULTATS QUANTITATIFS DU QUESTIONNAIRE Une sélection des questions posées sur l'information, les attitudes et les comportements des étudiants, et leurs réponses. REFERENCES INDEX ANALYTIQUE Plus de 600 références et sous-références pour faire le tour de la question.

175

181

203 207

Ce rapport est accompagné d'un EXTRAIT de 16 pages où les sujets essentiels sont évoqués avec des renvois au corps du texte.

PREFACE
L'enquête dont les résultats sont présentés dans ce document a été conduite au cours de l'année 1988-89. Elle est l'aboutissement d'un travail mené en collaboration avec un échantillon représentatif des étudiants de première année du premier cycle de l'Université Paris 7. Avant tout motivée par l'épidémie de SIDA, elle a porté sur l'ensemble des maladies sexuellement transmissibles. L'enquête a été construite après nombre d'entretiens non directifs avec des étudiants. Son analyse, ses résultats et les versions préliminaires du rapport ont fait l'objet de nombreux débats entre différents acteurs de l'étude. Ainsi, bien plus qu'une simple enquête, cette étude a été l'occasion d'un travail d'information au travers du dialogue qui s'est imposé. Le rapport souligne le décalage entre la connaissance formelle que les étudiants ont des maladies sexuellement transmissibles et du SIDA en particulier et leurs attitudes autant que leurs comportements sexuels. S'il est imprudent de généraliser les résultats d'une recherche qui porte sur un groupe limité et, sans doute, peu représentatif de l'ensemble de la population, il ne fait aucun doute, et d'autres informations le confirment, que les jeunes constituent une population à risque pour l'ensemble des maladies sexuellement transmissibles, et donc, en particulier, pour le SIDA. Le développement du SIDA montre à l'évidence que l'on est en présence de l'une de ces grandes épidémies qui ont marqué l'histoire de l'humanité. L'image sociale de la maladie reste malheureusement associée aux déviances supposées des comportements sexuels et sociaux, même si la contamination par le sang est claire-

ment reconnue et l'étude montre que les jeunes minimisent, dans leurs pratiques, les risques pourtant reconnus. fi est vrai qu'il est sans doute difficile pour des jeunes gens, lors de leurs premières expériences sexuelles, de ne pas pouvoir se reposer sur l'équation amour = confiance. La connaissance parfaite des conditions de contamination est donc primordiale et, vaccins et traitements semblant hors de portée prochaine, la prévention reste encore aujourd'hui le seul moyen de freiner le développement de l'épidémie. Depuis que cette enquête a été menée, la maladie s'est répandue et des campagnes d'information et de sensibilisation ont été conduites. Il serait intéressant de la reprendre aujourd'hui, cinq ans après, et d'observer les éventuelles évolutions. L'Université Paris 7, qui a soutenu et rendu possible cette première étude, se propose de jouer un rôle moteur dans la deuxième.

Jean-Pierre DEDONDER Président de l'Université Paris 7 - Denis Diderot Paris, 23 février 1993.

Première partie

La Recherche Effectuée

. .

INTRODUCTION EFFECTUE.

ET DESCRIPTION DU TRAVAIL

LES CONNAISSANCES, LES ATTITUDES ET LES COMPORTEMENTS DES ETUDIANTS DE 1ère ANNEE DE PARIS 7 A PROPOS DES MALADIES SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES ET DU SIDA.

INTRODUCTION ET DESCRIPTION DU TRAVAIL EFFECTUE SUJETS TRAITES 1.- Personnes. (Métholks: v.p. 175) 2.- Résultats.
2a.2b.3.Les entretiens non directifs. Le questionnaire: objectifs généraux. Le rapport. page na 21 22 22 26 27

Touchant au domaine du sexe, du sang et de la mort, le SIDA marquera profondément l'histoire de ce siècle. Depuis 1981, cette triple épidémie (*) mondiale déc1anchée par le virus VIH/SIDA, c'est à dire, celle de l'infection par ce virus, celle de la maladie du SIDA et celle des réactions de chacun liées à l'infection et à la maladie [1], se propage de manière rapide à travers tous les types de population du monde. Toute épidémie, danger qui avance vers nous, met en évidence les interactions entre l'aspect biologique (son mode de propagation), le psychologique (l'indifférence, la peur, le reflexe defénsif) et le social (l'intolérance, la discrimination, la solidarité) Le SIDA autant ou plus que tout autre épidémie, parce qu'il incide sur le tabou du sexe, suscite en nous ces réactions individuelles et collectives que nous devons prendre en compte. Plus que d'un problème médical, il s'agit d'un problème de santé et de la vie de l'Homme, ce qui est souligné par chaque nouvelle information sur l'avenir thérapeutique et vaccinal du SIDA. L'identification, très rapidement réussie, du virus, et la mise au point des test sérologiques pour le détecter, ont permis de savoir comment ce virus se transmet d'une personne à une autre. Dès lors, la priorité est d'éviter la propagation de ce virus.

* Par épidémie nous entendons un nombre de cas d'une maladie -ou de tout autre problème de santé- supérieur à celui qui était attendu pour une période, une région et/ou un type de sujets.

17

Pour la prévention, la perception, l'information, les attitudes (Disposition à l'égard de quelqu'un ou de quelque chose; ensemble de jugements et de tendances qui pousse à un comportement) et les comportements de chacun d'entre nous sont d'importance capitale. La recherche signale que le principal mode de transmission de ce virus qui provoque une maladie mortelle, est le rapport sexuel accompli sans les mesures de prévention indispensables. Ce fait apparaît brutalement dans notre milieu social où le tabou a imposé, depuis des générations, son silence à tout ce qui touche la sphère sexuelle. Cette conjonction peut provoquer notamment parmi les adolescents et les jeunes d'aujourd'hui, une découverte de la sexualité, sous le jour de la prévention du SIDA. Or, la sexualité de l'Homme ne peut pas être définie comme l'instance dans laquelle peut se produire la transmission du VIHlSIDA. Cette dernière peut, seulement, être un accident dont la prévention, indispensable et possible, ne saurait constituer l'axe autour duquel l'Homme développe sa sexualité. Pour éviter la propagation des maladies transmissibles, la recherche nous avait habitués à compter sur les vaccins. Le vaccin contre le SIDA n'est pas encore au point et à ce jour personne ne sait dans quel délai il le sera. Par ailleurs, nous savons ce qui se passe avec le vaccin contre l'hépatite B, par exemple: il s'agit d'un vaccin très efficace, disponible depuis plusieurs années, néanmoins, il y a, dans le monde, quelques 300 000 nouveaux cas par an de cette maladie. Ainsi, pour arrêter la propagation d'une maladie il ne suffit pas que la recherche ait mis au point un vaccin, encore faut-il intégrer son utilisation à notre vie. La même situation se produit avec le traitement. Depuis 1983 plusieurs molécules qui ont une activité thérapeutique face au VIH/SIDA ont été développées. Les médecins ont appris à diagnostiquer plus précocement et à traiter plus efficacement les maladies provoquées par la diminution des défenses qui produit le VIHlSIDA. Mais le traitement du SIDA n'est pas encore au point. Là aussi nous avons un exemple d'une maladie sexuellement transmissible qui peut nous éclairer: 18

La syphilis dispose d'un excellent traitement que lorsqu'il a été mis au point, en 1943, les responsables de la santé publique étaient convaincus que le problème posé par la syphilis était résolu. Actuellement le nombre de cas de cette maladie augmente, notamment dans les pays industriellement développés. Il ne s'agit donc pas d'attendre le vaccin ni le traitement. Dans la lutte contre le SIDA la prévention est la seule parade à notre portée Le profil épidémique fait du SIDA le révélateur des fantasmes collectifs, des défenses archaïques et des tentations d'exclusion. En Occident, touchant d'abord les communautés d'homosexuels et les consommateurs de drogues intraveineuses, le SIDA a mis face à face ces minorités et la majorité encore peu touchée par la maladie, mais potentiellement à risque, créant ainsi un obstacle à la communication. Il y a un pas que nous devons franchir contre nos peurs et nos réflexes d'auto-défense de courte portée: ce problème est un problème de santé et de vie, commun à nous tous, et nous devons l'assumer tel qu'il se présente dans les faits. La jeunesse constitue sans doute l'un des enjeux primordiaux de cette lutte et des discours qui s'élaborent autour du SIDA. Le VIH constitue un danger réel pour tous. Mais aujourd'hui, ce risque n'est pas encore ressenti comme réel par la majorité des jeunes. Alors, comment rendre crédible un risque qui, ne touchant que des minorités, en fait concerne tout le monde ? Il s'agit donc d'un défi qui doit être relevé non seulement POUR la population mais AVEC elle. Qui peut prétendre être un spécialiste compétent face à ce problème si on veut le considérer dans sa dimension réelle? Sa nature épidémiologique et psycho-sociale offre, plus que toute autre, la possibilité de chercher la solution avec la population; c'est ce que l'Homme a déjà fait face à d'autres épidémies aussi graves que celle du SIDA, alors qu'il n'était pas équipé 19

comme il l'est grâce aux sciences et techniques d'aujourd'hui, même s'il a dOpayer un prix généralement lourd. Voilà le défi. La prévention doit prendre en compte le fait que les mesures préventives s'adressent à chaque Homme avec ses systèmes de défense, ses angoisses, et ses difficultés propres aux diverses périodes de sa maturation. Nous devons connaitre et évaluer ces systèmes afin de dégager les obstacles à la prévention en mobilisant ce qui est potentiel de changement. Par exemple, il est illusoire de prêcher la pure et simple "abstinence sexuelle" pour les jeunes. Dans notre société, fréquemment les jeunes s'adonnent à plusieurs expériences sexuelles avant de s'engager durablement dans une relation stable, et cela joue sans doute un rôle dans la construction de la confiance en soi et dans les capacités relationnelles avec "l'autre". Cette confiance va se trouver marquée par la méfiance et la peur de "l'autre", susceptible de transmettre une maladie mortelle. Il nous semble légitime de nous interroger sur l'impact que les mesures préventives peuvent avoir sur l'épanouissement amoureux de la jeune génération. Comment faire passer le message préventif sans provoquer des peurs inutiles et même dangereuses? Comment protéger à la fois la vie et les libertés individuelles? Comment protéger la vie sans compromettre son épanouissement? Il fallait, découvrir ensemble comment satisfaire les besoins ressentis d'information, développer les motivations (ensemble des facteurs conscients ou inconscients qui déterminent un acte, une conduite) et inciter à l'adoption de pratiques préventives efficaces. Il fallait déculpabiliser, pour favoriser l'initiative, la prise de responsabilité et l'effort solidaire basé sur la conscience d'un problème vraiment commun. Une prévention efficace pour les jeunes doit être basée sur une information, claire et opérationnelle, spécifique au groupe, éloignée de toute tentative pour imposer une morale quelconque et la plus proche possible des problèmes tels qu'ils se présentent au quotidien. L'information à partager doit correspondre à une nécessité réelle et concrète, surtout dans le cas du 20

SIDA, sujet exploité par les médias jusqu'au point d'induire chez bon nombre de personnes un sentiment de saturation accompagné souvent d'un manque d'informations réellement utiles.

l.-PERSONNES
Nous avons commencé par définir la population cible de l'étude. L'Université Paris 7 est fréquentée chaque jour par 30 000 étudiants. Ceux-ci y auront passé, pour la plupart, 5 années de leur vie. L'âge des étudiants de 1ère année fluctue autour de 1920 ans; or, les statistiques montrent qu'en Europe [2] l'incidence de cas de SIDA se multiplie par 1210rsqu'on passe du groupe des 15-19 ans (7 cas pour 100 000) à celui des 20-24 ans (83 cas pour 100 000), ce qui constitue la plus importante différence d'incidence entre deux groupes d'âge contigus. Il s'agit, donc, d'un groupe clé pour essayer de comprendre les facteurs qui rendent les jeunes susceptibles de contracter le SIDA. Une question s'imposait immédiatement: quelle information ont-ils? quelles attitudes et quelles pratiques apportentils à l'Université? et quel est l'impact de celle-ci sur ce bagage? Il fallait rencontrer les jeunes à leurs débuts à l'Université, parler avec eux, et surtout les écouter. C'est ce qui a été fait avec l'accord et le soutien de la Présidence de l'Université Paris 7. Nous avons adopté les objectifs généraux suivants: Repérer les secteurs non ou mal informés. Définir les 1. informations minimales manquantes sur les MST dont le SIDA. Créer une échelle d'information. Repérer les motivations ou résistances, de cette popula 2. tion, à l'égard de la prévention. Rédiger un retour d'information utile et opérationnel 3. pour les étudiants ainsi que pour tout organisme ou personne s'intéressant à la santé des étudiants.
I

METHODES: Voir page 1751 21

2.- RESULTATS 2a.- LES ENTRETIENS

NON DIRECTIFS

Nous rappelons ci-dessous quelques points importants évoqués au cours des entretiens non directifs. Les interventions des étudiants les plus illustratives sont en encadré. Cette explo';' ration qualitative guide le questionnaire qui permettra l'analyse quantitative. Les deux seront completés par la discussion des résultats. 1.- Origine de l'épidémie: D'où vient le SIDA? de l'Afrique? de Haïti? Pourquoi est-il apparu en Afrique? Pourquoi chez les homosexuels? Et surtout, pourquoi maintenant? Les jeunes cherchent, par des questions sur l'origine, une explication totalisante dans une tentative d'amoindrir l'angoisse provoquée par une maladie mortelle. Il s'agit d'apprivoiser l'origine afin de rendre le mal connu et moins menaçant. 2. Le rôle de la médecine triomphante face au SIDA Le rôle de la médecine n'est plus le même que jadis, car aujourd'hui, elle ne peut offrir aucune solution définitive. On accepte plus facilement cette réalité, si la maladie en question est un mal exotique et lointain. 3. Peur de l'étranger. L'idée du "mal venu d'ailleurs" sousentend la peur de l'inconnu. Elle est associée au fait que les voyages sont reconnus comme un vecteur de la maladie. A ce propos, le cancer est souvent invoqué, mais opposé au SIDA. Le cancer est une maladie qui vient de l'intérieur du corps et on ne peut rien faire ou presque, pour l'éviter, tandis que le SIDA vient de l'extérieur et permet donc le contrôle de ceux par qui la maladie arrive. De plus, cette maladie frappe des "groupes à risque", et la divulgation des médias, a fait de cette notion épidémiologique dynamique, une notion rigide. Le pas suivant est le repé22

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