Que faire des minorités visibles ?

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Cet ouvrage pose le problème de l'intégration des "minorités visibles" au sein de la société française. Alors que ces minorités semblent de plus en plus invisibles, il existe des solutions : éducation, formation, lutte contre les discriminations … Mais pour être efficaces, elles exigeraient du volontarisme politique, l'empathie de la population d'accueil et la contribution active des candidats à l'intégration comme en atteste l'exemple de Gaston Monnerville, ancien président du Sénat, originaire de Guyane.
Publié le : samedi 15 août 2015
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EAN13 : 9782336388014
Nombre de pages : 212
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Questions contemporaines Jean Joseph PALMIER
QUE FAIRE DES MINORITÉS VISIBLES ?Q
L’exemple de Gaston Monnerville
Président du Sénat QuQueesstitioons cns coonnttemempoporrainaineess
Par l’entremise d’un essai au titre quelque peu provocateur, l’auteur
pose le problème actuel, objet des préoccupations de la majorité
de nos dirigeants politiques, de l’intégration et de l’assimilation des QQQ«minorités visibles » au sein de la société française contemporaine.
Alors que les responsables des partis d’extrême droite, dèles à
leur doctrine séculaire, veulent imposer une assimilation systématique
et sans conditions, ceux des partis de gauche hésitent, envahis par le
doute, à choisir entre les deux processus.
Pris entre ces feux croisés, face à une quasi indifférence de
l’opinion publique, les « minorités visibles » semblent de plus en QUE FAIRE
plus invisibles, à l’image de leur très faible présence sur les bancs de
l’Assemblée nationale et du Sénat. DES MINORITÉS
Et pourtant, contrairement à ce que voudrait faire croire un
certain discours « zemmourien » diffusé actuellement dans divers VISIBLES ?
cercles médiatiques et politiques français, des solutions peuvent être
trouvées : éducation, formation, lutte contre les discriminations,
intégration économique, sociale, culturelle… Mais, pour être L’exemple de Gaston Monnerville
ef caces, elles exigeraient du volontarisme politique, l’empathie
Président du Sénatde la population d’accueil et la contribution active des candidats à
l’intégration, comme en atteste l’exemple de Gaston Monnerville,
ancien président du Sénat.
Au terme d’une riche carrière de cadre dans l’administration centrale du
Ministère de l’Economie et des Finances à Paris, Jean Joseph PALMIER a
décidé de s’investir dans le militantisme associatif. Face à la montée inquiétante
du populisme et de la xénophobie, en France métropolitaine notamment, il
demande l’instauration d’une politique volontariste d’intégration des « minorités
Questions contemporainesvisibles » au sein de la communauté nationale a n de faciliter le « mieux vivre
ensemble » et de permettre à notre pays de bien négocier le tournant délicat
edu XXI siècle.
ISBN : 978-2-343-06795-7
21,50 €
Jean Joseph PALMIER
QUE FAIRE DES MINORITÉS VISIBLES ?











Que faire des minorités visibles ?

L’exemple de Gaston Monnerville
Président du Sénat






















Questions contemporaines
Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland
et Jean-Paul Chagnollaud

Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions
contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à
appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines »
est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux,
chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement,
exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion
collective.


Dernières parutions

Abdelkrim BOUHOUT, Essai sur la visibilité des migrants
relégués, 2015.
Philippe NADIN, Un néo-fascisme à la française, 2015.
Morgane COUAPEL, L’éthique, une si belle utopie, 2015.
Pascal MOUNIER, Plaidoyer pour une démocratie populaire,
2015.
Philippe JOURDAIN, Pour un humanisme durable, 2015.
Michel MENEAULT, Jean-Claude AUZOUX, Pour une aide au
développement enfin efficace et durable, 2015.
Arno MUNSTER, Jean Jaurès : un combat pour la laïcité, la
République, la justice sociale et la paix, 2015.
Alain DULOT, Impasse de l’école. Réflexions sur une institution
en panne, 2015.
Cyril BOISNIER, Les sociétés foncières entre finance et ville
durable, 2015.
Michel MANAVELLA, L’individu : raison d’être de l’humanité,
Pour un anarchisme humaniste, 2015.
Steve GADET, Dieu et la race aux Etats-Unis : Le pouvoir
politique de l’Eglise Noire, 2015.
Louise FINES, Le jeu de la collusion, Entre sphères légales et
réseaux illégaux, 2015.
Jean PETIT, La bataille de Notre-Dame-des-Landes, éléments de
langage, 2015.
Jean Joseph PALMIER




Que faire des minorités visibles ?

L’exemple de Gaston Monnerville
Président du Sénat









































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www. harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06795-7
EAN : 9782343067957


PREFACE

Une brûlante question d'actualité.
_________

Lorsqu'il entreprit la présente étude, M. Jean Joseph
PALMIER ne s'en est pas remis au hasard, pour le choix du
thème ; au contraire, la question le tourmentait, car il jugeait
qu'elle était particulièrement grave et qu'il était urgent de la
traiter ; cependant il ne pouvait deviner à quel point les
événements lui donneraient aussi vite raison.
En effet, son travail porte sur le sujet du jour :
l'assimilation ou l'intégration des minorités dites "visibles",
que sont les Nord-Africains et les "ultramarins", c'est-à dire
les “noirs” et les “sang- mêlés” d'Outre-mer.
***
PALMIER compare deux époques : il y a un demi-
siècle, ces minorités paraissent s'adapter au mieux ; certains
de leurs membres occupent même des fonctions
prestigieuses.
Il prend comme référence de réussite une figure
précisément exemplaire : celle de Gaston
MONNERVILLE. Cet homme de couleur - et de couleur
foncée - présida la Haute Assemblée (dénommée Conseil de
la République, puis Sénat) de 1947 à 1968. Ce “sang-mêlé”
- fut, vingt-et-un ans durant, le deuxième personnage de
l'Etat ; les sénateurs l'appréciaient au plus haut point. Qu'on
en juge : une Assemblée "de droite" mettait à sa tête un
homme "de gauche" Quoique composée presque


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uniquement de Blancs, elle se donnait un Noir pour
président. Soit dit en passant, c'est tout à l'honneur du
Sénat !
Ces beaux temps ont pris fin. On en est aux attentats ;
des ultramarins lancent des bombes !
C'est tout l'intérêt du travail de PALMIER que de nous
montrer comment et pourquoi la situation s'est peu à peu
dégradée.
***
Si durant la première moitié du XXème siècle, les choses
se passent plutôt bien, c'est que les circonstances sont
favorables. Pourquoi ? Pour comprendre, il faut oser
regarder le réel en face; puis prendre conscience de ce que
l'on voit. Tout d'abord, qu'est-ce que le racisme ?
L'on oublie trop souvent - ou l'on se refuse à voir - que
l'homme est - d'abord et avant tout - un animal, qui, le plus
souvent à son insu, obéit à des instincts individuels d'animal
; en outre, il est un animal de troupeau ; les sociétés
humaines fonctionnent comme les bandes, les hardes, les
meutes, les fourmilières, etc. et sont soumises à des instincts
collectifs tout-puissants, et d'autant plus puissants qu'ils
sont inconscients.
Ce n'est pas pour rien que RABELAIS a moqué les
“moutons de Panurge”. Il visait les humains !
Le trait fondamental d'un troupeau est que tous les
animaux sont identiques ; pour peu qu'une bête d'une autre
espèce tente de s'introduire, elle est aussitôt chassée. Rien
de plus conformiste qu'un troupeau. Haro sur le différent !


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N'étant pas contraints à la prudente hypocrisie des
adultes, les enfants obéissent, sans se poser de question, à
l'instinct de la similitude ; dans les cours dites “de
récréation”, les majoritaires attaquent les minorités, surtout
quand elles sont réduites ; les bruns tourmentent les blonds
et les rouquins pourchassent les noirs ; les albinos, étant
rares, le savent plus que tous les autres.
Ce refus quasi mécanique de la différence est le moteur
du racisme et de la xénophobie. Inutile de chercher d'autre
raison à leur persistante puissance ; l'instinct étant
permanent, les conformismes ont toujours sévi ; il en sera
ainsi jusqu'à la consommation des siècles.
***
Sur cet idéal fanatique du conformisme et de la Norme,
nombre d'humains s'imaginent émettre une opinion
politique rationnelle, logiquement fondée, alors qu'elle leur
est imposée, à leur insu, par leur appartenance à un groupe,
lequel groupe se comporte comme le troupeau qu'il est.
Il arrive que quelqu'un refuse d'être bête - c'est-à-dire
d'obéir à la bête qui est en lui il ne cède pas aveuglement à
tous ses instincts ; s'affranchissant du conformisme général,
cet original n'éprouve pas la haine de l'écart ; au contraire,
il est lucidement partisan de la tolérance, il est curieux de
la diversité, il s'enrichit des différences, il aime l'inédit, il
chérit l'invention...
Il sera permis de juger que cet homme appartient à une
catégorie supérieure, une élite intellectuelle, caractérisée
par un exercice activiste de l'esprit ; il en est dans tous les
pays.
***


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Le racisme est un phénomène à degrés.
Dans une population, la proportion de racistes évolue
parallèlement au pourcentage de la minorité visible en
question. Plus il grossit, plus le racisme augmente.
Au-delà d'un certain pourcentage, il explose. L'exemple
des Etats-Unis montre que la “limite du supportable”
avoisine les 8 à 10 % ; au-delà de ce “seuil de tolérance”,
les choses se gâtent et de plus en plus.
Tant que les Noirs sont peu nombreux, et que leur
présence ne trouble pas la figure identitaire de la majorité,
ils sont regardés avec curiosité, plutôt qu'avec
condescendance ou mépris ; ils sont pittoresques ; ils
mettent de la variété ; ils provoquent, dans les consciences,
le fameux “Comment peut-on être Persan !” Bref, ils sont
admis;
Au surplus, si d'Outre-mer débarquent surtout de
brillants boursiers, il est difficile de penser devant eux à des
inférieurs génétiques.
Brillant boursier? C'est le cas de MONNERVILLE,
quand adolescent il quitte Cayenne pour la Métropole ; à
Toulouse, cet élève exceptionnel accumule les succès
scolaires, lauréat primé en mathématiques aussi bien qu'en
Histoire ou latin.
Grand admirateur de l'abbé GREGOIRE et de Victor
SCHOELCHER, MONNRVILLE juge qu'avant toute autre
considération, sa Patrie est la France, le Pays des Droits de
l'Homme, autrement dit la nation exemplaire telle que ces
deux grands libérateurs entendirent la donner en héritage,
avec tous =les privilèges conséquents, aux esclaves dont ils
brisaient les fers.


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Sa vie durant, il ne cessera de rappeler qu'il est Français
à part entière et qu'il doit tout à la France..
***
Un demi-siècle plus tard, pour les ultramarins, la
situation s'est dégradée ; les circonstances sont
défavorables. Et le sont de plus en plus.
Le pourcentage de “minorités visibles” ayant dépassé le
“seuil de tolérance”, le racisme se donne libre cours. Les
ultramarins sont rejetés dans les métiers pénibles que fuient
les Blancs, ou cantonnés, malgré leurs diplômes, dans les
postes subalternes ; pour les autres, surtout en temps de
crise, l'embauche les écarte ; pas de travail pour eux; et pour
ces derniers, pas de logement décent, même dans des
banlieues sordides.
Les gouvernants, alertés par les attentats, découvrent
tout soudain les “ghettos” de l'Apartheid”, à la française.
Alors que cette honte sévit en s'aggravant depuis quarante
ans et plus.
Victimes d'un ostracisme croissant, et d'une humiliante
relégation, deux générations de “visibles” ont espéré et
patienté ; la troisième se révolte.
Il faut un mot d'ordre mobilisateur pour légitimer l'action
; le communisme étant passé de mode, les jeunes se tournent
vers la plus proche des idéologies justificatrices : la foi
musulmane ; contre la ségrégation, l'Islam unifie, en offrant
un partage sécurisant de croyances, de rituels, de
vocabulaire... Il donne à ses adeptes une identité de
rechange fortement valorisante ; à des minoritaires traités
en inférieurs et en indignes, il restitue leur fierté, en leur


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conférant un statut social qui les rehausse ; grâce au Coran,
ils ne sont plus des sous-hommes.
***
Que l'Islam devienne bientôt une obsession maniaque,
pourquoi s'en étonner ? A des laissés pour compte, il est
devenu une capitale raison d'être ! Aussi, leur foi, ils la
proclament et la magnifient et l'exaltent; et ce, avec d'autant
plus de conviction que l'Islam vole de succès en succès, un
peu partout dans le monde.
Ils se réclament donc du Livre Saint ; mais ils en
choisissent forcément la lecture la plus violente, car elle
seule justifie et satisfait leur besoin irrépressible de se
venger.
La France a trahi ses idéaux d'égalité ; ils ne se sentent
plus français. Se voyant exclus des nationaux, se sentant
étrangers, ils revendiquent d'être à part, dans un
indépendantisme qui leur est comme une altérité
compensatrice.
***
Un phénomène comparable de séparatisme apparaît
chez les métis et le Noirs. Nombre d'entre eux ne se
réclament plus de la France, car l'expérience leur montra
qu'elle n'est pas - ou plus - le pays des Droits de l'Homme.
La constatant contaminée par un racisme croissant - de sorte
qu'elle est loin d'accorder dans les faits les droits
théoriquement égaux qu'elle devrait garantir - ils se
réfugient, eux aussi, dans un communautarisme de
protection, de solidarité et de revendication, dont le
principal caractère est, là aussi, de s'éloigner, sinon même
de se retrancher, de la citoyenneté française.


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Ils proclament : “Je suis noir, avant d'être français!” Et
c'est vrai, dans la mesure où leur caractère ethnique leur est
sans cesse rappelé et reproché pour le pire. Puisqu'il en est
ainsi, ce néfaste caractère prépondérant, ils l'ont pris en
compte, ils l'ont théorisé... Ils ont lancé le concept de
négritude et l'ont exalté : “Black is beautiful!”
Voilà pourquoi ils rejettent la figure de référence de
l'assimilation réussie qu'est MONNERVILLE. Se jugeant
“français, avant d'être noir.”, il voulut sciemment
s’intégrer et y parvint magnifiquement. (Sauf, il faut le
rappeler, que la couleur de sa peau lui interdira d’être élu
Chef de l’État par le Congrès de 1953.)
On pourrait logiquement s’attendre que cet éminent
sang-mêlé soit célébré et glorifié par ses semblables, à la
façon dont procèdent les groupes et les partis, quand ils
mettent en avant un saint patron emblématique.
Il n’en est rien. Pour les tenants de la « négritude »,
MONNERVILLE, l’intégré volontaire, a pactisé ; il a trahi
la cause ; on entend même carrément dire qu'il l'a trahie,
« pour devenir Président du Sénat ! »
Pour mieux stigmatiser celui qui a cru dans les vertus
françaises des Droits de l’Homme, on l’a marqué d’un
terme d'infamie : MONNERVILLE n’est rien de plus qu’un
NEGRE BLANC !
Et puisque ce « nègre blanc » a déserté le combat, il faut
occulter sa mémoire, comme s’il n’avait jamais existé…
C’est bien ce que font nombre d’hommes de couleur,
parfois très haut placés !
***


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Il n'est pas interdit de se demander si la théorie de la
négritude ne trahit pas, dans bien des cas, une réaction
automatique contre un échec personnel, dont le racisme
n'est pas toujours la cause.
***
Aux yeux de beaucoup d'ultramarins, l'assimilation ou
l'intégration sont des échecs complets.
Les plus aigris se lancent dans les attentats !
____________
Mais PALMIER ne s'est pas contenté de dresser un état
des lieux. Et de souligner tout ce qui en est calamiteux.
Ayant établi la liste des maux, il s'efforce de trouver des
remèdes ; après le diagnostic, ce qui importe c'est la
thérapie.
Entendant bien ne pas s'en tenir au vague et au véhément
des articles de presse les plus courants, il écarte tout pathos
et se veut le plus objectif, le plus exhaustif et le plus précis
possible. A cette fin, il rassemble et synthétise une
information qui d'ordinaire est dispersée et fragmentaire
puis porte un regard de technicien sur des questions qui sont
trop souvent a bordées dans le simplisme et le flou de la
politique politicienne.
Tout d'abord, PALMIER recense les règles en vigueur et
les institutions existantes dont la mission est de constater
les problèmes et de proposer des solutions à qui de droit.
Non seulement il les passe en revue mais il mesure leur
pouvoir réel et relève les limites de leur efficacité.
Nous faisons ainsi connaissance avec :


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- le Fonds d'action et de soutien pour l'intégration et la lutte
contre les discriminations (FASILD), créée en 1958 ;
- le Haut Conseil à l'Intégration (HCI), créé en décembre
1989 ;
- l'Observatoire des statistiques de l'immigration et de
l'intégration qui, depuis 2004, assiste le HCI ;
- la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour
l'égalité (HALDE), créée par la loi du 30 décembre 2004 ;
(Les attributions de la HALDE sont
désormais confiées au « Défenseur des Droits. ».)
- la loi du 31 mars 2006 pour l'égalité des chances ;
(On apprend avec stupeur que cette loi attend depuis HUIT
ans son décret d'application ! Nous sommes là devant un
cas flagrant de ce procédé du faux-semblant d'action, qu'on
appelle « l'effet d'annonce ».)
- la loi du 5 mars 2007, qui institue le droit au logement
opposable ;
- le « Commissariat à la diversité et à l'égalité des
chances », créé le 19 décembre 2008.
On apprend également beaucoup sur :
- le rapport, rédigé en 2004 par Claude BEBEAR, intitulé «
Des entreprises aux couleurs de la France » ;
- la commission « médias et diversité », installée en 2009,
auprès des organismes audiovisuels ;
- la méthode du « testing », dont j'avoue que je n'avais pas le
moindre soupçon.
***
Après un important chapitre VII dans lequel sont
préconisés cinq ensembles de mesures fortes susceptibles


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de servir de base à la mise en place d’une politique
volontariste d’intégration des « minorités visibles » , les
règles et institutions actuelles étant insuffisantes, dans le
chapitre VIII, intitulé « Perspectives d’avenir », Jean
Joseph PALMIER, se fondant sur les idées politiques de
Gaston MONNERVILLE qui rêvait de moderniser l'Empire
colonial sous la forme d'un « Commonwealth à la
française », propose la création d'une « Union économique
et culturelle des États-Nations français et africains
francophones. ».
Il nous détaille les textes d'ordre réglementaire qui en
organiseraient le fonctionnement, en soulignant le rôle qu'y
joueraient « l'Agence française de développement » (AFD)
et la « Société de promotion et de participation pour la
coopération économique » (PROPARCO).
Il souhaite également la création d'un « Observatoire de
l'intégration économique et politique des « minorités
visibles » au sein de la société française contemporaine ».
L'observatoire de 2004 n'étant pas adapté aux besoins
spécifiques des citoyens français et des immigrés, en
situation régulière, il est indispensable qu'un organisme
spécialisé voie le jour.
PALMIER en détaille très précisément les tâches. Dont
la moindre ne sera pas d'anéantir dans les esprits l'éternel
phantasme d'invasion qui, comme je le rappelais plus haut,
a une origine purement instinctive et animale.

Philippe MARTIAL
Directeur honoraire
de la Bibliothèque et des Archives du Sénat.


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AVANT PROPOS
I- LE CONTEXTE ECONOMIQUE ET SOCIAL.
En ce début de vingt-et-unième siècle, la France est à un
tournant délicat de son histoire. Profondément affecté par
une crise économique majeure, un chômage endémique, des
flux migratoires difficiles à maîtriser, un fort taux de
délinquance dans les banlieues des grandes villes et,
consécutivement, la montée des extrémismes, de droite
notamment, ce pays rencontre actuellement d’énormes
difficultés sociétales (demande de légalisation de la vente
du cannabis, droit de vote des immigrés non-européens aux
élections locales..) et sociales ( précarisation de l’emploi,
baisse des garanties sociales…) qu’il doit impérativement
surmonter pour assurer, à terme, son avenir. A cette fin, il
lui faut notamment transformer de manière radicale les
réalités factuelles de l’intégration contemporaine des
populations issues de l’immigration résidant régulièrement
sur son territoire. (1)
Géographiquement, lieu de croisement des peuples et
des commerces puis, historiquement, ancienne puissance
coloniale, la France est de longue date une terre de
migration. Cependant, jusqu’aux années 1870, les mots
d’ « immigration » et d’ « immigré » n’étaient pas utilisés
dans le langage courant. C’est seulement lors de la
convention internationale de Rome, en 1924, que la


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première définition juridique de la notion d’ « immigré »
est formulée. (2)
Actuellement, selon le Haut Conseil à l’Intégration « un
immigré est une personne née étrangère à l’étranger et
entrée en France en cette qualité en vue de s’établir sur le
territoire français de façon durable ». Depuis l’année 1984,
la France semble redécouvrir le problème de l’immigration.
Certains spécialistes pensent, en effet, que si jusqu’à la
seconde guerre mondiale ce pays avait su assimiler les
immigrés, on assisterait depuis à un phénomène de rejet.
De leur point de vue, alors que les immigrés étaient,
auparavant, originaires d’Europe, ils viennent désormais en
majorité des anciennes colonies d’Afrique du nord et
d’Afrique subsaharienne, ce qui change en profondeur la
nature même du phénomène migratoire. Cette dernière
observation conduit à procéder à un bref rappel des
épisodes importants de l’histoire de l’immigration en
France.

(1)- Dans un discours prononcé le 15 décembre 2014 à la
Cité nationale de l’histoire de l’immigration, François
HOLLANDE déclarait : « La réussite de l’intégration
déterminera notre destin national. »
(2)- Information relevée dans l’encyclopédie Wikipedia.

II- HISTOIRE DE L’IMMIGRATION EN
FRANCE.

A. S’agissant de l’immigration européenne en France,
la première vague importante a été celle des Belges au cours


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de la seconde partie du XIXe siècle. Ces immigrés, venant
travailler dans les filatures du Nord, étaient pour la plupart
des Wallons disposant des mêmes bases culturelles que
celles des autochtones français du Nord. Ils ont donc été
rapidement considérés comme de bons immigrés, à la suite
de l’arrivée des Italiens.
B. Du milieu du XIXe siècle à nos jours, l’immigration
italienne, seconde grande vague d’immigration européenne
en France, peut être estimée à 3,5 millions d’individus. Ce
chiffre fait de la communauté italienne la plus importante
de toutes les communautés immigrées, sur la longue durée.
Cependant, il convient de noter que seul un taux de 40%
environ des immigrés italiens a réellement fait souche sur
le territoire français. Cette vague d’immigration massive,
qui s’explique principalement par des raisons d’ordre
économique, revêt également des aspects politiques.
Sur le plan économique, le ralentissement de la
croissance démographique de la population française,
depuis la fin du XVIIIe siècle, s’est traduit par un important
besoin de main- d’œuvre non qualifiée qui a duré jusque
dans les années 1970. Les migrants italiens s’engageaient
pour des travaux saisonniers dans les exploitations
agricoles des départements méditerranéens, dans les
chantiers de construction et, pour les femmes en particulier,
dans les services (femmes de ménage…).
Dans le domaine politique, le problème de la coexistence
d’immigrés « économiques » et d’exilés « politiques »
(opposants à Mussolini par exemple), au sein de la colonie
italienne présente en France, se pose surtout durant la
période de l’entre-deux-guerres. Le gouvernement français
craint, en effet, que le développement de ces groupes
politiques crée des affrontements inter-italiens. Face à cette


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menace, le ministère de l’Intérieur met en place un
dispositif de surveillance par la police de ces immigrés.
Ainsi débutent les premiers fichages et expulsions.
C. Beaucoup plus récente que l’immigration italienne,
l’immigration polonaise date essentiellement de l’après
première guerre mondiale et constitue le plus important
afflux de population étrangère en France au cours des
années 1920. Ce sont les sociétés d’agriculture qui se
tournèrent, les premières, vers les paysans polonais pour
moissonner ou ramasser des betteraves à sucre en leur
offrant des conditions de travail très pénibles. Mais, pour la
majorité des polonais, l’immigration était organisée par le
Comité Central des Houillères de France(CCHF) en vue de
pallier le manque de main d’œuvre enregistré dans les
mines françaises durant l’après- guerre.
Le Nord et le Pas-de-Calais ont été les principaux
départements d’accueil de ces immigrés, très pauvres, dont
la composition sociale était, cependant, plus homogène que
celle des autres immigrés. Dans certaines villes du bassin
minier, la population immigrée polonaise était si importante
qu’elle s’avérait supérieure à celle des autochtones. Comme
pour les Italiens, l’immigration polonaise était surtout liée
à des raisons économiques car la Pologne, essentiellement,
rurale, n’avait pas été touchée par l’aisance consécutive à
l’industrialisation massive enregistrée, par exemple, en
France. Cependant, cette immigration était due, également,
à des raisons d’ordre politique remontant parfois à la fin du
XIXe siècle. En effet, la première vague d’immigration
polonaise était constituée de soldats et de plusieurs milliers
de civils réchappés de la guerre polono-russe faisant suite à
l’insurrection de 1830-1831.


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