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Quelle souveraineté pour les Etats africains ?

148 pages
Les indépendances des pays africains, en 1960, avaient suscité de l'espoir pour les populations. Ce numéro montre comment la recolonisation et l'exploitation de l'Afrique se font avec le dos balafré du concept de "démocratie" et de celui de "droit d'ingérence humanitaire". Ces textes montrent également qu'avec une volonté de puissance, l'Union africaine pourrait être l'instrument de la souveraineté des Etats africains. L'Afrique de demain doit être bâtie par les Africains eux-mêmes.
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QUELLE SOUVERAINETÉ POUR LES ÉTATS AFRICAINS ? Respectez l’Afrique Stratégie d’une véritable recolonisation des Occidentaux
oN 2 revue d’analyses politiques des intellectuels sur l’Afrique
Les indépendances des pays africains, en 1960, avaient suscité de oN 2 QUELLE SOUVERAINETÉ
l’espoir pour les populations. Mais, de perturbations en perturbations,
certains pays africains, après 53 ans d’indépendance, subissent POUR LES ÉTATS AFRICAINS ?

encore les assauts meurtriers des héritiers colons, déguisés dans un
manteau de faussaire guerrier appelé abusivement « communauté Stratégie d’une véritable recolonisation
internationale. » Dans le prolongement de la conférence de Berlin des Occidentaux
(1885) pour une ruée sur l’Afrique, place est laissée aujourd’hui à la
manipulation astucieuse du Conseil de sécurité de l’Onu.
Les textes du numéro 2 de notre revue montrent comment, sous
nos yeux, la recolonisation et l’exploitation de l’Afrique se font
avec le dos balafré du concept de « démocratie » et de celui de
« droit d’ingérence humanitaire ». Ces textes montrent également
qu’avec une volonté de puissance, l’Union africaine pourrait être
l’instrument de la souveraineté des États africains. Enfin, ils
indiquent que « l’humanisme » égoïste des Occidentaux est un
piège de division dont nous devons nous méfier et bâtir nous-mêmes
l’Afrique de demain, qui commence aujourd’hui, avec nos attitudes,
nos aptitudes et nos actions.
Anatole Nemekou
Photographie de couverture : passation de charge en 2012 à la présidence de la Commission
de l’Union africaine entre le Gabonais Jean Ping et la Sud-africaine N’kosazana Zuma.
ISBN : 978-2-343-00336-8
13,50 €
Respectez l’Afrique
QUELLE SOUVERAINETÉ POUR LES ÉTATS AFRICAINS ?
Respectez l’Afrique










































QUELLE SOUVERAINETÉ
POUR LES ÉTATS AFRICAINS ?

Stratégie d’une véritable recolonisation
des Occidentaux


Respectez l’Afrique


Numéro 2





QUELLE SOUVERAINETÉ
POUR LES ÉTATS AFRICAINS ?

Stratégie d’une véritable recolonisation
des Occidentaux















































© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-00336-8
EAN : 9782343003368




Respectez l’Afrique

Editeur : L’Harmattan

Directeur de Publication : Anatole Nemekou
Président du comité scientifique : Desglassou Albert

Rédacteur en chef : Kweku Mensah
Conseiller Rédaction : Jules Mamadi Kokpa

Secrétaire de la rédaction : Jean-Richard N’jitap
Responsable de la documentation : Yaw Ferdinand

Adresse courriel : respectezafrique@gmail.com Sommaire











Sommaire

Editorial 11
Etats africains, Etats souverains ?
L’enjeu de la question 19
Afrique : indépendance sans souveraineté 29
La souveraineté de l’Afrique sera africaine ou ne sera
jamais 35
Afrique : démocratie imposée, souveraineté piétinée 47
Quand l’activisme des diplomates occidentaux méprise
la souveraineté des Etats africains 55
L’impérialisme occidental, principale cause de
l’endettement des Etats africains 61
Côte d’Ivoire : la face économique de la guerre 69
Les démocraties occidentales sont-elles par nature
criminelles ? 81
De la complicité de l’internationale socialiste dans les
agissements des forces impérialistes en Afrique 91
Une escroquerie dénommée « démocratie » 97
Le jeu trouble de certains acteurs politiques africains 103
L’erreur du monde en Côte d’Ivoire 109
L’Union africaine est-elle capable de mutation pour
servir la cause africaine ? 121
L’approche linguistique de la crise ivoirienne 127
Cour pénale internationale : lettre ouverte à Laurent
Gbagbo 131




- 9 -

????????????????Editorial

Le nouvel « humanisme » militaire
honteux des occidentaux

Anatole Nemekou

Hier, la conférence de Berlin a organisé la balkanisation de
l’Afrique et opéré un partage de l’Afrique au profit de l’Europe,
dans un esprit de domination et d’exploitation de ses richesses.
La colonisation, justifiée comme mission civilisatrice, fut
l’instrument du pillage, et le massacre de résistants fut
systématique.
Des régions entières furent occupées, et les noms que les colons
donnèrent à certains lieux occupés sont évocateurs de leur
intérêt : Gold coast (Côte d’or) Côte d’Ivoire (Côte de l’Ivoire).
Certains lieux non identifiables par des richesses particulières
prirent les noms des fleuves : Haute Volta (le fleuve Volta),
Sénégal (Piroguier), Zambie (le fleuve Zambèze), Congo (le
fleuve Congo), Niger ou Nigeria (le fleuve Niger), etc.

Ces noms ne correspondent à aucune réalité, ne caractérisent
aucune réalité locale si ce n’est qu’ils servent de repère à
l’administration coloniale et impérialiste. Cependant, le besoin
de se faire comprendre et de disposer d’une main-d’œuvre
locale bon marché et de serviteurs appropriés, a poussé les
colons à éduquer les colonisés dans leur culture en ouvrant des
écoles pour indigènes.

Certains indigènes les surprirent par leurs intelligences et leur
capacité d’adaptation, et furent admis brillamment dans les
écoles de la métropole. Non seulement ces indigènes entrèrent
en compétition avec les détenteurs de « la nouvelle culture »,
- 11 -
mais aussi et surtout ils accédèrent à la philosophie de la pensée
coloniale, à la relativité des cultures et des dogmes.
Ils acquièrent les instruments intellectuels de leur prise de
conscience, de leur différence que « l’assimilationnisme » des
colonisateurs voulut masquer. Ce fut le début du débat sur
l’identité qui poussa les intellectuels africains de cette génération
à de plus en plus de revendications d’autonomie existentielle de
leur région d’origine, dans un contexte de guerre froide, et
soutenus par les populations locales de plus en plus excédées
par les agissements des colons. C’est cette prise de conscience
1qui conduira à l’avènement des indépendances « chacha » des
années 60, dans une ambiance de naïveté et de rêve de devenir
des Etats à l’image des pays des colonisateurs. Mais les colons,
conscients des risques de perte de leurs intérêts, récupérèrent
certains intellectuels africains avides de pouvoir et les
transformèrent en valets, en leur mettant à disposition des
moyens pour obstruer et briser cet élan de nationalisme
exigeant l’indépendance intégrale. Dès lors, l’Afrique connaîtra
deux courants politiques :

L’indépendance « chacha » au service des colons par valets
africains instrumentalisés et placés à la tête de pseudo-Etats
dont les richesses sont pillées, et dépendant en retour des
miettes résiduelles de la générosité des pilleurs.
L’indépendance véritable au service des populations sur la base
de la fondation d’un Etat et d’une nation dont les principes
reposent sur la souveraineté, fondée sur la rupture d’avec la
pensée de la suprématie coloniale au profit d’une autonomie au
service du développement, et la culture africaine capable de
projection et porteuse d’un projet d’avenir.

1 Expression ironique utilisée pour désigner les « indépendance s leurres » de certains pays
Africains pleines de naïveté des années 1960 principalement au Congo
- 12 -
Le dernier groupe d’indépendantistes sera combattu de
l’intérieur par les valets sans pitié, et de l’extérieur par les colons
et leurs héritiers.
2Aujourd’hui, au bilan, comme dirait l’écrivain Bernard Dadié ,
quel destin voulons-nous pour l’Afrique ?
Sommes-nous prêts à nous battre pour l’Afrique, pour la
souveraineté des Etats Africains ?
Sommes-nous capables de refonder notre histoire commune
avec nos historiens et géographes, nos scientifiques, nos
philosophes, nos littéraires, nos économistes, nos ingénieurs,
nos psychologues, nos artistes, etc. ?

Actuellement, ce qui se passe sous nos yeux est que des
puissances étrangères bombardent des Etats souverains sous le
manteau de l’Onu ; l’Onu sensée être le modérateur des ardeurs
belliqueuses au nom de la paix, et garantir ainsi la légalité, la
souveraineté des Etats membres. Au lieu de cela, que
constatons-nous ? L’Onu est un instrument de domination des
puissances impérialistes.

L’Afrique, continent faible des Etats faibles parce que mal
organisés, remet constamment à demain la question de son
unité, sans aucune manifestation de désir et de volonté de
puissance. Cette impuissance fait de l’Afrique la proie la plus
facile des prédateurs occidentaux. Même le soleil des
indépendances « leurres » ne nous a pas éclairés, réchauffés. Au
contraire, il nous a éblouis et a déclenché en nous des
comportements aberrants.


2 Bernard Dadié : Quel destin voulons- nous ? in revue Respectez l’Afrique n°1 pp 117-124
Edition L’Harmattan

- 13 -