Rapport final de la Conférence provinciale sur la Reconstruction (kasai occidental)

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Arrivé au pouvoir en mai 1997, le président Laurent-Désiré Kabila veut "démobutiser" la société congolaise, pour en faire une "démocratie populaire". Dans cet esprit, il initie les "Conférences provinciales sur la reconstruction", forums pendant lesquels les masses rurales et urbaines proposeraient des solutions pour un développement harmonieux de la RDC. Les différentes provinces vont se mettre au travail. C'est ce rapport d'un intérêt historique certain que nous publions ici en quatre volumes (Bas Congo, Katanga, Sud-Kivu, Kasai oriental).
Publié le : lundi 1 septembre 2008
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EAN13 : 9782296207509
Nombre de pages : 323
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@ L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.& harmattan l@wanadoo.& ISBN: 978-2-296-06474-4 EAN: 9782296064744

Rapport final
de la Conférence provinciale sur la Reconstruction Province du Kasai Occidental Kananga, 6-12 janvier 1998

« Dossiers, études et documents» (D.E.D.) Collection fondée et dirigée par Jean MPISI
Sous ce titre de collection, nous voulons proposer une manière plus ou moins objective, pédagogique et concise, de connaître ou faire connaître certains faits ou certains thèmes. La langue utilisée serait accessIble à toutes les catégories sociales: aU4 lycéens, aux universitaires et aux autres. Concrètement, la collection entend poursuivre un quadruple objectif. Premièrement, elle produira des monographies sur un sujet précis d'histoire, de science, de 'philosophie, de religion..., sur un pays ou une région du monde (guide), sur une personne (biographie), etc. Deuxièmement, elle publiera des documents (des témoignages, des textes inédits provenant d'ipstitutions plus ou moins officielles...), en les précédant d'une introduction utile ou en les habillant avec des commentaires appropriés. Troisièmement, elle s'attellera à éditer les travaux d'enquête des étudiants (à partir des résultats condensés de leurs mémoires ou de leurs thèses de doctorat), ainsi que les travaux des chercheurs universitaires ou indépendants .(à partir de leurs investigations professionnelles ou de leurs réflexions). Quatrièmement, elle tentera d'expliquer l'actualité, chaque fois que celle-ci sera focalisée sur Un pays ou sur un thème, en allant à la source et en dégageant les enjeux, afm que l'événement garde toujours son actualité même si on la lit dans dix ans... Premières publications (juin 2008) :

- Esdras

KAMBALE, Du Shaba au Katanga.

A propos du « m(J$sacre » de

l'Université de Lubumbashi et de la période pré-insurrectionnelle (1990-93). - Jean MPISI, Kivu, RDC: La paix à tout prix! La conférence de Goma (623 janvier 2008). - Jean MPISI, Le Kivu pour la paix. Les Actes de la Conférence de Goma. - Jean MPISI, Traite et esclavage des Noirs au nom du christianisme. - Jean MPISI, Les papes et l'esclavage des Noirs. Le pardon de Jean-Paul II. - Jean MPISI, Les évêques africains et la traite négrière: «Pardon de l'Afrique à l'Afrique ». . - Jean MPISI, Les prêtres africains en Occident. Leur mission et restrictions vaticanes sur leur séjour. Deuxièmes publications (juin 2008) :
Rapportfinal du Bas-Congo,

-

de la Conférence provinciale sur la Reconstruction. Matadi 14-20 décembre 1997.

Province Province Province Province

- Rapport final de la Conférence provinciale sur la Reconstruction. du Kasai Occidental, Kananga 6-12janvier 1998. 1 Rapport final de la Conférence provinciale sur la Reconstruction. du Katanga, Lubumbashi 15-24 décembre 1997. - Rapport final de la Conférence provinciale sur la Reconstruction. d1,lSud-Kivu, Goma 26 novo 1997 - 9 janv. 1998.

Présentation

de Jean MPISI

Rapport

final provinciale

de la Conférence

sur la Reconstruction
Province du Kasai Occidental Kananga, 6-12 janvier 1998

L'HARMATTAN

TABLES DES MATIERES.

AVANT-PROPOS. INTRODUCTION GENERALE.

TITRE l
TITRE II

: RAPPORT DE LA COMMISSION DE LA RECONSTRUCTION CULTURELLE

. ..........

1 -

55

: RAPPORT DE LA COMMISSION DE LA RECONSTRUCTION DE LA DEMOCRATIE
ET PAIX.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

56 95

94 175

TITRE TITRE

III : RAPPORT DE LA COMMISSION DE LA RECONSTRUCTION DE L'ECONOMIE IV : RAPPORT DE LA COMMISSION DE LA RECONSTRUCTION DE LA COOPERATION
INTERNATIONALE

.

-

176

188

TITRE V

: RAPPORT DE LA COMMISSION DE LA RECONSTRUCTION DE LA SOCIETE : RAPPORT DE LA COMMISSION
LA RECONSTRUCTION

189

227

TITRE VI

DE
DE VIE 228

DU CADRE

-

254

ANNEXES. DISCOURS D'OUVERTURE (Coordonnateur de la C.P.R., Coordonnateur National des Conférences Provinciales et Gouverneur de Province. (Coordonnateur
Province) .

DISCOURS

DE CLOTURE

de la C.P.R et Gouverneur

de

COMITE DE REDACTION. LISTE DES PARTICIPANTS.-

l AVANT-PROPOS. " QUAND L'HOMME CHANGE D'ESPRIT LE .PAYS CHANGE D'ASPECT (V.HUGO) "

Dans le cadre de la reconstruction nationale de notre pays, la République Démocratique du Congo aujourd'hui dans un état de délabrement avancé, il s'est avéré indispensable que les fils et les filles du Kasaï-Occidental se soient retrouvés pour redéfinir, non seulement des besoins prioritaires de leur société, mais aussi trouver des stratégies à mettre sur pied pour l'amélioration de leurs conditions d'existence.

la Conférence A la faveur d'une telle entreprise, Provinciale sur la Reconstruction a vécu au Kasaï-Occidental comme forum technique d'auto-détermination et d'historicité du peuple du Kasaï-Occidental.
Cependant, ce travail dont le contenu constitue le rapport final est le fruit de la conjugaison de plusieurs efforts collectifs et le résultat des sacrifices qui méritent un mot de remerciement. Il est de bonne culture d'adresser de prime abord, nos remerciements de tout coeur à Monsieur Pascal TSHITOKANGALAMULUME, Gouverneur de la Province du Kasaï-Occidental, pour
son soutien moral, matériel auraient été vains. et financier sans lequel nos efforts

Une mention spéciale est également réservée à L'U.S.A.I.D/KASAI-OCCIDENTAL dont la contribution substantielle a été d'un apport considérable. Pour son attention particulière accordée à ces assises, son soutien financier admirable, qu'elle veuille bien trouver ici l'expression de notre gratitude. Il serait cependant ingrat de ne pas remercier certaines entreprises locales du Kasaï-Occidental et nous citons la Maison OLIVEIRA SANTOS, BRALIMA et REGIDESO. Qu'elles se rassurent combien nous sommes touchés par leur grande amabilité.

Que

tous ceux qui, de près ou de loin ont contribué

moralement, matériellement et financièrement à la réussite de ces assises provinciales sur la reconstruction, trouvent à travers ce survol rapide, l'expression de nos sentiments de gratitude pour leur marque d'attention. Aux Conférenciers venus de tous les coins du KasaïOccidental, dont le sens du devoir et de sacrifice a été d'une importance particulière pour la réussite de ces travaux, nous disons grand merci.POUR LE COMITE REDACTEUR, = :Dr. BEYA MUBIAYI BERNARD: = COORDONNATEUR PROVINCIAL DE LA C.P.R.

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INTRODUCTION

GENERALE.

En ce 20 ème siècle finissant, marqué dans notre pays, la République Démocratique du Congo, par la chute forcée d'un pouvoir autocratiquement militariste, kléptocratique et spoliateur de l'Etat qui a asservi pendant 32 ans le peuple congolais en le réduisant à la paupérisation au profit d'une minorité bourgeoise d'une part, et d'autre part, par l'arrivée au pouvoir de l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo en sigle, A.F.D.L, sous la direction de Laurent Désiré KABILA, il est bien indiqué que toute la population de la République Démocratique du congo, ait aujourd'hui des énergies tournées et focalisées sur le développement entendu ici comme conception et réalisation de l'amélioration continue des conditions d'existence de toute la Communauté Nationale. Devant cette nécessité d'auto-détermination et d'historicité du peuple congolais, il est impérieux pour la population du Kasaï-Occidental, en réponse à l'appel lancé par le Gouvernement de Salut Public, de songer, après analyse constructive et objective du bilan des principales activités de sa Province, à proposer un schéma des sOlutions susceptibles de modifier le cours de l'histoire de la Province et par là, celui de toute la Nation. Ainsi justifiée, la Conférence Provinciale sur la Reconstruction du Kasaï-Occidental, se veut, d'abord, un cadre apolitique des pratiques réflexives sur des voies et moyens à emprunter à l'heure pour la programmation de la reconstruction nationale. A ce titre, elle demeure un forum technique, ensuite, elle est un lieu de participation et de contribution idéologique de tous et d'un chacun à l'élaboration d'un plan provincial visualisant des besoins prioritaires pour la reconstruction du Kasaï-Occidental. En ce sens, elle devient une stratégie démocratique associative et participative d'auto-détermination de la population du Kasaï-Occidental. C'est dans ce cadre que la Conférence Provinciale sur la reconstruction a tenu ses assises à Kananga du 5 au 11 janvier 1998 avec la participation des représentations de toutes les forces vives du Kasaï-Occidental. Les Sous-Commissions et ateliers ont été constitués en vue de disséquer les thèmes généraux soumis à l'étude dans ces assises à savoir La reconstruction nationale de la société, de la démocratie et la paix, de l'économie, de la culture, du cadre de vie et de la coopération internationale. Dans les lignes qui suivent, nous vous présentons le rapport des travaux et résultats de la dite Commission.

En fait, la Conférence Provinciale s'est préoccupée répondre aux questions ci-après:
1) Quel est l'état de l'existentiel dans chaque domaine à reconstruire tant dans le Kasaï-Occidental que dans la République Démocratique du Congo en général?

à

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2
2) Quels devaient être dans chaque domaine de notre société, les objectifs prioritaires de la reconstruction et les actions à entreprendre à court et moyen terme pour y parvenir? 3) Quels sont les défis à relever pour éviter les erreurs du passé et asseoir la reconstruction nationale ou provinciale sur une base nouvelle solide et durable. Les hypothèses suivantes ont été avancées et soumises à la rigueur scientifique: toute la société congolaise en général et le Kasaï-Occidental en particulier sont en crise totale. Tout est à l'arrêt; l'économie défectueuse, la politique en crise, le culturel aliéné; le cadre de vie totalement délabré, l'environnement malsain. Il faut tout reconstruire dans notre pays. Ce qui nécessite la concentration de beaucoup d'efforts et des moyens pour les redresser. Il nous faudra, pour cela, faire appel à notre conscience, au sens du travail, au sens de responsabilité et nous mettre tous à l'oeuvre en vue de produire davantage des biens et de services. Une telle tâche, de par son ampleur, moment de réflexion autour de ce
d'entreprendre.

exige au préalable un que l'on envisage

C'est cette réflexion qui constitue l'objet de notre rapport articulé autour des considérations théoriques et lignes de force ci-après: 1) La reconstruction, en tant que moment de rupture avec le passé et de préparation réfléchie de l'avenir en fonction d'une part des connaissances et de l'expérience acquises et d'autre part de l'existant matériel, socio-culturel et politique, est avant tout un état d'esprit, c'est-à-dire un moment d'ouverture réciproque, de vérité et de réconciliation, une dynamique d'actualisation sociétale et de synthèse, une démarche collective, solidaire, expérimentale et de prédilection du travail bien fait, parce que justement il n'y a pas des miracles économiques en dehors du travail productif. 2) La reconstruction requiert des moyens appropriés et propres en quantité suffisante, du temps disponible et des méthodes adéquates. Celles de rupture et de continuité. 3) La reconstruction est un moment des choix rationnels entre plusieurs objets concurrents et parfois conflictuels: c'est donc un terrain des priorités d'abord et de programmation de l'action ensuite. 4) La reconstruction de la société en général, c'est-à-dire celle qui a pour objet l'amélioration durable et générale des conditions d'existence de tout notre peuple, n'est pas en elle même autonome: elle a besoin du soutien de la société toute entière et de l'Etat.

. . . /. ..

3

Par ce que, justement, il existe une corrélation positive réelle entre l'amélioration des structures nationale et la volonté politique doublée de la volonté populaire toutes deux coexistant dans leur reconscientisation nouvelle. 5) Les performances

dans le cadre de la reconstruction se

matérialiseront par: l'augmentation de la production relancée par une volonté politique agissante, soutenue par une volonté populaire mobilisée, l'amélioration de sa compétitive, sa répartition équitable et sa bonne gestion. Ce qui donnera lieu au bien être général, à un revenu élevé, à un faible taux

de mortalité, à un

taux

d'alphabétisation élevé, à la sécurité

alimentaire; bref à la maximisation des coûts de l'homme et au plein emploi des autres ressources en fonction de besoins humains. Pour vérifier et démontrer ces hypothèses, la Conférence Provinciale opte dans cette étude pour la méthode dialectique matérialiste dans la rationalisation des données récoltées à l'aide de l'observation directe et le questionnaire soutenu par la recherche documentaire. Voici les motivations de ce choix méthodique. D'abord la nature de la société à traiter étant globale et totale, la dialectique entendue comme "la théorie de la liaison universelle des phénomènes, l'étude des lois les plus générales du développement de la réalité dans son ensemble" et les principes qu'elles incarne en tant que voie théorique d'analyse, nous permettent, pour le cas de la reconstruction

nationale, une bonne intelligibilité de la société

du

Kasaï-

Occidental en tant que société générale par la société nationale elle-même satellisées par la société monde. Fort de cette manière dans le traitement des données, nous rapportons les parties au tout, en excluant la compréhension de la société d'une manière isolée et métaphysique. C'est ainsi que critique et relève
toute obj ecti

la théorisabilité de la présente étude vement des diverses contradictions

socio-politiques et économico-culturelles qui se sont développées dans la société globale sur le plan interne qu'externe, dans l'explication de l'état existentiel actuel de nos sociétés, avant de basculer des variables pour la reconstruction nationale. L'on ne peut ni mieux comprendre ni mieux reconstruire la société

provinciale ou nationale sans l'insérer dans le contexte international. Sinon pareille vision serait métaphysique, incorrecte et unilatérale.
Dans sa démarche reconstruction, la
mental.

dialectique de la rationalisation de la Conférence provinciale recommande

prioritairement la reconstruction culturelle ou le déblocage C'est-à-dire la reconversion des mentalités et attitudes

des politiciens et du peuple congolais. Car le problème de l'état de lieux actuel nous semble être expliqué d'abord par le sousdéveloppement mental.

. .. /. . .

4 D'où il nous faudrait la reconscientisation de la nouvelle culture par sa vulgarisation dans la population en rapport avec les idées nouvelles à intérioriser en politique, en économie, bref dans tous les secteurs de la vie sociales pour la reconstruction de notre pays.
Il nous faut par la suite, reconvertir la politique dans son essence de manière à la dépouiller de sa vision dictatorial d'être un substrat référentiel de la démagogie visant la conquête et l'exercice du pouvoir politique et la revêtir de sa conception véritablement scientifique d'être lieu par excellence de la rationalité de gestion dans les affaires publiques pour un bien être collectif, substituer la dictature par la démocratie comme système politique, la théorie politique par sa volonté agissante.

Cependant, le caractère prépondérant du phénomène politique dans cette phase de la reconstruction nationale mérite d'être souligné dans cette étude. Car pour notre pays l'expérience l'a démontré, le politique a constitué le facteur plus déterminant dans l'explication de l'état actuel d'autres phénomènes. Il nous faut encore une économie forte et indépendante pour peser dans le concert des Etats et développer notre société. Ce qui exige un travail bien fait. En outre, la coopération internationale repensée pour l'adapter aux exigences
reconstruction.

doit être revue et nouvelles de la

S'appuyant sur cette logique, le présent rapport s'articulera autour d'une ossature de 6 titres rapportant les résultats de chaque secteur à savoir:
CHAPITRE

l
II III: IV

: De la Reconstruction : De la Reconstruction Paix. De la Reconstruction : De la Reconstruction Internationale.

Culturelle. de la Démocratie de l'Economie. de la Coopération école, et

CHAPITRE CHAPITRE CHAPITRE

CHAPITRE V CHAPITRE VI

: De la Reconstruction de la Société: santé. famille. femme. jeunesse... : De la Reconstruction

du Cadre de vie.-

. . . /. . .

5
La section
de

chaque

titre

comporte

3 points;

1) Etat de lieu:

-

Problème. Opportunités et contraintes. du Kasai-Occidental.

Causes. - Conséquences.
-

-

2) Besoins

pri9ritaires

pour la Province

3) Reconstructions

générales.

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INTRODUCTION.

Dans le cadre de la reconstruction de notre pays, le Congo, en général et de la Province du Kasaï-Occidental en particulier, nous avons considéré le concept culturel comme un des facteurs importants du développement harmonieux de notre peuple. Eduquer le mental, réveiller la conscience nationale d'une population est

une démarche d'une compléxité parfois déroutante, mais une démarche pourtant salvatrice lorsqu'elle débouche sur des résultats concrets et positifs dans l'intérêt supérieur de la Nation.
Il va ainsi de soi que la culture est un phénomène propre à chaque société. La nature a fait que l'homme, pour définir son essence, se trace au prix de son imagination créatrice, différentes voies de sa destinée en vue de réglementer son mode de vie. Ce qui fait que chaque peuple quelqu'il soit, à sa manière propre d'être, de concevoir et d'appréhender les réalités de l'existence. Ces réalités, c'est cela sa culture même dont le champ d'action, dans le vécu quotidien, englobe les phénomènes ci-après: la danse, le folklore, les objets d'arts, le phénomène religieux, la communication etc... Cependant, les questions qui nous préoccupent dans la présente analyse méritent d'être soulignées, à savoir: d'abord, quel est l'état actuel du phénomène culturel dans la société congolaise en général et au Kasaï-Occidental en particulier? Ensuite, quelles sont les causes qui peuvent l'expliquer et les conséquences y afférentes? Quels furent les résultats de la modernisation après le départ de l'homme blanc? Enfin, quelles stratégies ponctuelles formulées aujourd'hui dans ce domaine pour reconstruire le phénomène culturel dans chaque secteur de la société tant nationale que provinciale?
Les lignes qui suivent tentent de répondre à des questions. Les hypothèses formulées par la Commission Culturelle et soumises à la rigueur scientifique dans ce domaine de la reconstruction culturelle pouvant ainsi se résumer:

Il est bien évident que le peuple congolais n'échappe pas "à la régle culturelle. Il a sa propre culture, héritage de ses aieux, à laquelle il devait normalement se référer pour perpétuer les us et coutumes de ses traditions. Cependant, cette culture a subi au cours de son histoire des sérieuses modifications dues à l'acculturation. De cette dernière, naquit un nouveau type de culture responsable de nos comportements actuels: l'aliénation mentale, spirituelle et culturelle. Dans tous les domaines de la vie sociales, l'on constate le mépris de nos valeurs ancêstrales. Loin de se retrouver, notre culture auj ourd' hui est de nouveau balotée, cette fois, avec la 2ème République qui l'a engloutie dans un marasme avilissant et sans issue. Sa tentative de recours à l'authenticité n'a pas eu d'effets escomptés sur le plan d'affirmation de notre identité culturelle. C'est ainsi que nous avons assisté passivement à la déchéance totales des valeurs de notre propre culture.

. . . /. . .

8 Force nous oblige aujourd'hui de savoir quel sera l'apport de notre culture dans cette lutte pour la quête de notre propre identité perdue. Il s'agit là d'une question fondamentale qui engage tout notre univers ontologique en vue d'une solution étudiée et repensée pour une meilleure reconstruction. Dans cette perspective, notre culture devra refléter l'identité culturelle fondamentale de nos valeurs ancestrales. Sans prôner pour autant le nationalisme étroit, notre culture nationale est appelée à s'enrichir des rapports d'autres civilisations. Toutefois, il va sans dire qu'une prise de conscience centrée sur la relecture de notre "moi" culturel est une voie obligée pour tirer les éléments de pesanteur que nous devons protéger. C'est ainsi que dans la vérification et démonstration des hypothèses ci-haut avancées, la Commission préparatoire a utilisé dans ce cadre culturel la méthode dialectique dans la rationalisation des données.L'accessibilité à ces dernières a été rendue possible par la manipulation de l'observation directe et le questionnaire et sans oublier la recherche documentaire. Partant de ce qui précède, notre commission a subdivisé son travail de la manière ci-après:
- Chapi tre premier - Chapitre deuxième : le phénomène culturel et le déveloP1>ement.

: la place de la coutume et le pouvoir coutumier. le phénomène reliqieux et les autres mouvements philosophiques. l'information. presse. la communication et la

-

Chapitre

troisième: quatrième:

- Chapitre

A travers ces chapitres, nous procéderons à une analyse des faits qui ont décoloré nos valeurs tant au niveau national qu'international. Nous allons y relever les causes et les conséquences, et propositions des stratégies en vue d'une réussite du projet de notre reconstruction nationale tributaire de la reconstruction culturelle.

. .. /...

CHAPITRE PREMIER:

LES PHENOMENES

CULTURELS

ET LE DEVELOPPEMENT.

La culture et le développement sont une dualité inséparable dans la mesure où le progrès d'un peuple est lié à une sagesse, à l'ensemble de ses idées, ses régIes et des coutumes qui ont pour but d'aider chacun à jouer un rôle prépondérant dans le groupe au profit de la société. Le développement lui-même se veut être en passage d'une étape de vie à une autre beaucoup plus améliorée, basée sur des nouvelles stratégies communautaires, imposant des conditions humanisantes et dépendant en grande partie des options de notre politique nationale en matière de l'économie, de l'éducation, des coutumes et autres secteurs de la vie d'une importance non négligeable. SECTION l : CULTURE ET ECONOMIE.

1.1. Etat des lieux. I.l.A. Identification et analyse des problèmes.

Le visage de l'économie actuelle de notre pays et en particulier de notre Province du Kasaï-Occidental est sombre et présente une ambiguïté due à la déchéance de nos comportements et à une tendance coupable à vouloir toujours s'agripper à la branche de l'économie occidentale alors que notre nature et notre sous-sol regorgent des richesses et de potentialités énormes. Nous sommes de ce fait aliénés au point d'être insérés dans des projets occidentaux comme des exécutants et non pas comme des responsables. Nous sommes devenus incapables d'établir une coexistence entre notre culture traditionnelle et le modernisme. Nous n'avons plus de motivation libre. Il se créé au sein de notre société des attitudes de passivité, de dépendance ainsi que de complexe d'infériorité face à ceux qui sont nantis. Pendant que les bourgeois et les hommes d'affaires mangent bien, le reste

de la population croupit dans la misère multiforme. Notre économie nationale est par terre en tout et pour tout.
Le niveau mental de notre peuple est bloqué au point que tout le système de développement n'y trouve pas son compte. Nous vivons une dépravation de moeurs la plus noire. Nous raisonnons en termes de corruption et nous exploitons les autres. Nous réfléchissons en détourneurs des deniers publics et nous spolions l'Etat. Bref, nous sommes devenus des loups de notre propre progrès économique. Quelles sont les causes de cette situation macabre?
B. Causes.

La situation ci-haut décrite du délabrement de notre culture est le résultat conséquent des causes internes ci-après: - l'inadaptation de notre peuple au modernisme contexte de domination et de conquête, instauré dans le

. .. /. ..

10

-

d'irresponsabilité de l'élite intellectuelle de notre pays du reste formée à l'école coloniale et néocoloniale base de sa domestication et son aliénation mentale;
-

le manque de prise de conscience de l'identité culturelle et

Le népotisme

dans la gestion de la chose publique
dans la (idéologie

et

l'émergence des antivaleurs acceptées par le Mobutisme valeurs bénies) .

société soutenues et de spoliation et d'anti-

- l'érection de l'impunité, défunt régime} .

un système

de gouvernement

par le

- La force du système capitaliste mondial.
C. ConséQuences.

L'importation des denrées production locale. .- La propension à consommer des produits locaux. - La sous-alimentation
- Les tabous

alimentaires les produits

au mépris de la importés au détriment

généralisée.

alimentaires,

- La prostitution
-

comme activité

de survie, effort,
les zones minières,

La recherche

du gain facile ou le moindre
inflationniste dans

- La culture

économique

- L'existence de la mentalité de l'investissement dans le luxe et la vulgaire en lieu et place de l'investissement dans le secteur productif. D. Opportunités. Les conditions favorables à l'oeuvre de la reconstruction devant permettre la reconversion des mentalités en vue d'assurer le développement économique de notre Province se justifient par: L'existence d'une élite intellectuelle démissionnaire disponible à reconstruire les nouvelles valeurs.
-

mais

L'existence des médias, églises, O.N.G.D. de vulgarisation des idées nouvelles.

et école comme cadre de Salut Public

- La volonté politique affirmée du Gouvernement pour la reconstruction culturelle nationale.

. . . /. ..

11
-

La prédominance
germe de l'idéal.

démographique

de la nouvelle

génération

comme

E. Les Contraintes: Cependant, plusieurs obstacles se dressent de la reconstruction culturelle, à savoir: sur le chemin

- Le niveau de vie très bas de la population.
- La crise de l'économie capitaliste ayant engendré l'émergence de plusieurs anti-valeurs sociales (chômage, sous-emploi, la recherche du gain personnel et l'individualisme).
-

L'agir

de l'homme politique
.

(les anti-valeurs

socio-

politiques)

- Le taux élevé de l'analphabétisme. - Un faible intérêt pour les innovations.

- La peur du risque et de la mort.
-

La persistance du système capitaliste mondial dans la logique
de ses intérêts à sauvegarder.
POUR PROVINCE DU KASAl -OCCIDENTAL:

l .2. BESOINS

PRIORITAIRES

LA

- L'inculturation

de l'économie
de

sociale du marché,
à s'adonner plus à

-

La

conscientisation

la population

l'activité nationale.

agricole
par

comme priorité
éducation

de la reconstruction
de l'idéologie de la

-

L'intériorisation

populaire

reconstruction nationale au sein de la population (les idées neuves, la culture de l'agriculture, les recommandations des assises de la C.N.R.) comme idéologie de libération et de rupture avec le sous-développement. La reconscientisation des opérateurs économiques et les décideurs publics de manière à leur inculquer la culture de l'investissement dans l'utile (secteur productif).I.3. RECOMMANDATIONS: A court terme:
-

éduquer

et conscientiser
la population pour

la population
la consommation

à se débarrasser
des produits

des

anti-valeurs. - éduquer

. . ./. . .

locaux.

12 Que la justice de notre pays agisse contre les habitudes de détournement des biens de l'Etat par certains responsables. A moyen terme: - Encadrer les exploitants par la création des coopératives ou associations des creuseurs là où il n'y a pas d'industries d'exploitation.

- Envisager l'articulation
les produits SECTION manufacturés.

entre les cultures d'exploitation

et

II : CULTURE ET ECOLE: II.1. Etat des lieux: A.- Identification et analyse des Droblèmes.

La culture impliquée dans le processus de l'enseignement est une dimension non négligeable pour une société qui a besoin de perpétuer sa tradition grâce à l'apprentissage. Nos sociétés étaient, en effet, des sociétés initiatiques, où l'initiation à la vie était indivisiblement une initiation aux techniques, à l'art de vivre et aux valeurs morales. Auj ourd' hui, avec la présence de l'école, l'enseignement dispensé n'est pas adapté aux besoins réels de notre pays. Elle est une copie de l'enseignement de type occidental introduit par l'action coloniale. Au lieu d'être un facteur puissant de conscientisation, cet enseignement est une cause d'aliénation. Pour être plus explicite, l'enseignement occidental nous éloigne de plus en plus des réalités dans lesquelles vivent les grandes masses. Auj ourd' hui, le fossé s'est considérablement agrandi l'école dans notre pays et en particulier dans notre Province présente un état d'ali.énation mentale aux conséquences incalculables pour la génération future. Nos valeurs culturelles dans ce secteur sont avilies car, on ne forme pas d'élite de demain, mais des incompétences qui obtiennent le bon bulletin ou le diplôme par voie de corruption. La crise qui mine les enseignants à cause de leur impayement par l'Etat, les a clochardisés et amoindris devant la population. Les fréquents cas d'immortalité et d'irresponsabilité dont ils ont souvent été la cause ont davantage terni la valeur de l'enseignement. Pouvons-nous croire que l'école par ce temps, puisse répondre valablement aux attentes de notre Province pour la revalorisation de nos valeurs culturelles? Et comment prétendre revaloriser ces valeurs si la corruption, les délits sexuels commis par les enseignants et le marchandage des points sont des formes pédagogiques de l'heure que l'école entretient. Cherchons à cet effet à en déceler les causes.

. . . /. . .

13 B. Les causes: - La modernisation - une école calquée occidentale avec toutes ses exigences; étranger;

sur le modèle
tissu

-

le délabrement

du

économique;

une mauvaise politique de développement;
impaiement insuffisance des du salaires; salaire;

dans le choix des priorités

en matière

-

une familiarité
-

exagérée

entre l'enseignant scolaire;
pour

et l'élève;

la négligence

du programme
des

-

la débrouillardise

enseignants

vivre;

les infrastructures
généralisé.

scolaires

en état de délabrement

C. Conséquences: - l'aliénation
-

mentale

des

élèves;

la prise de stupéfiants
l'alcool; l'incapacité d'enrichir

par les élèves,
notre patrimoine.

la cigarette

et

-

- l'école nous fournit des connaissances sans aucun rapport étroit ou immédiat avec nos potentialités actuelles;
-

l'école occulte notre capacité d'assurer politique, sociale et culturelle;
la mendicité des enseignants; points;

notre mutation

-

- le marchandage
-

des

les avortements

et les grossesses

en milieu

scolaire;

- l'immortalité
-

et la corruption; des élèves et l'ignorance en cascade. de nos réalités

l'incompétence
culturelles;

-

les échecs scolaires

.. . /. . .

14 D. Opportunités: - la présence africaine;
- l'existence insuffisant;

des ouvrages
des locaux

ayant trait à la littérature
bien que délabrés

négro-

scolaires

et en nombre

la présence de O.N.G.D., caractère -religieux.
E. Contraintes.

des médias,

des institutions

à

-

les

exigences

de

la Francophonie;

les programmes

scolaires

non adaptés; des enseignants; est tel qu'on ne sait par où

-

la sous et la non qualification le programme de l'enseignement commencer pour y remédier.
BESOINS

-

II.2.

PRIORITAIRES

POUR

LA

PROVINCE DU KASAI-OCCIDENTAL.

- conscientiser les éducateurs et les sensibiliser à la reconversion de leurs mentalités et comportements en rapport avec les exigences actuelles du développement;
-

avoir une école adaptée

aux réalités

du milieu;
et morale et le cours

- revaloriser de culture

le cours d'éducation africaine;

civique

- assurer un salaire régulier et suffisant aux enseignants;
- respecter
-

le calendrier
de l'éducation

et le programm~
nationale.

scolaire; adéquat aux

octroyer
structures

un budget de fonctionnement

scolaire

II.3. RECOMMANDATIONS:

-

introvertir revaloriser

une nos

école valeurs

adaptée

aux

réalités

de base.

culturelles

à l'école;

revaloriser

le cours d'esthétique; créatrice dans le domaine de l'art et

-

favoriser l'imagination de l'alimentation;

. . . /...

15

-

revaloriser revaloriser
à l'école;

le travail manuel; le cours de sociologie et l'étendre scolaire à tout le monde sera mis en sévères; des cas

-

-

assurer une discipline
exergue entre éducateurs

dont le dialogue

et élèves;

combattre
-

la corruption
de moeurs

à l'école par des sanctions
qui leur seraient

les comités des parents doivent dénoncer courageusement
de dépravation communiqués.

La liste est longue, mais nous pensons que ces quelques stratégies peuvent efficacement contribuer à revaloriser la culture à l'école et à assurer un enseignement efficace et efficient dans le cadre de la reconstruction de notre Province. SECTION III : CULTURE ET POLITIOUE.

La politique est l'art de gouverner un Etat. C'est une façon d'ordonner les affaires d'un pays et de les diriger dans le sens du positif pour le bien-être de tous. La société traditionnelle n'était pas une jungle où la raison du plus fort était la meilleure. Les affaires s'y réglaient sur base de la coutume en se référant à la sagesse de nos ancêtres. 111.1. Etat des lieux. A.- Identification et analyse des problèmes:

Notre pays a connu, depuis le cours des âges, des systèmes politiques traditionnels viables. La démocratie qui est citée en exemple aujourd'hui en tant que la meilleure forme de système politique dans notre pays existait déjà dans nos sociétés traditionnelles. Les adages tels que :
-

Mukalenge

wa bantu... budi tshinsangansanga. bantu .... d'une certaine

- Bukalenge - Bakufinga

Sont autant des preuves qui attestent l'existence démocratie traditionnelle.

cependant, notre pays traverse aujourd'hui une crise politique causée, d'abord, par un régime politique dictatorial qui l'a enchaîné jusqu'à le faire croupir dans la misère noire. Le peuple congolais étant muselé et toutes les structures étaient manipulées comme une marionnette par la dictature. ... /...

16 Pas plus longtemps encore, nous vivons l'heure de la démocratie tant espérée comme une manne. Une démocratie dont les ficelles sont tirées par l'occident et dans laquelle se jouent des enjeux politiques et la lutte pour le pouvoir entre nos dirigeants sans tenir compte des intérêts du peuple qui se muent en rêves irréalisables. Comment espérer développer notre pays et en particulier la Province du KasaïOccidental si notre système politique chancelle. B. Causes: - l'ingérence manifeste congolaise; de l'occident
sur

dans la pOlitique
africaine;

-

l'imposition

de

l'occident

la politique

- la dépendance
-

économique mentale

de notre pays de l'occident;

l'aliénation

de notre peuple;

- la dictature
-

Mobutiste;

le manque de la culture politique le culte de la personnalité; la protection le manque des intérêts

de la part de nos dirigeants

-

-

occidentaux;

-

d'un esprit nationaliste; politique de notre peuple; à la française ou à

-

la non maturation l'institution
l'américaine;

-

d'une démocratie

-

la néo-colonialisation. C. Conséquences:

- la chute de notre économie
-

au profit d'une

de l'occident; conscience politique

l'acculturation
collective;

et le manque

- l'émergence des anti-valeurs
République:

héritées

de la deuxième

C.l. Sur le Plan Politique.

-

La corruption,

le clientélisme,

le tribalisme,

le régionalisme,

le népotisme,

la concussion, etc. . . . /. . .

17 C.2. Sur le Plan Economique. - émergence de la culture de la pauvreté couches populaires;
-

et ses méfaits

dans les

l'exploitation de l'homme par l'homme basée sur le gain facile et le capitalisme; la culture des biens mal acquis; la domination du pauvre par le riche.

-

-

D. Opportunités: - l'existence de la politique traditionnelle palabre africaine, mais repensée;
-

fondée

sur la et

l'existence
culturelle;

d'une population

à identité

historique

-

l'existence des partis politiques à un état embryonnaire sans idéal politique et sans assises populaires nationalistes. E. Contraintes

- le tribalisme; - la sorcellerie, les valeurs négatives de notre culture; visées politiques des puissances étrangères. III.2. BESOINS PRIORITAIRES
POUR LA

les

PROVINCE DU KASAl-OCCIDENTAL. et

- faire un tri de meilleurs aspects, des rapports positifs qualitatifs de nos systèmes politiques traditionnels;
-

conscientiser nos hommes politiques à s'unir et à s'entendre pour sauvegarder notre identité culturelle et entretenir une philosophie participative; combattre le tribalisme et le régionalisme.

-

111.3. Recommandations:

- programmation,

par l'Etat, d'une campagne de lutte contre les anti-valeurs héritées de la 2ème République en vue du déblocage mental de tout le peuple.
pour un

- opérer un choix judicieux des apports qualitatifs système politique authentiquement congolais;

. . . /. . .

18

-

ce système
culturelle

politique
fondée sur

doit refléter
nos réalités;

notre personnalité dans tous les milieux

-

vulgarisation
pour lutter

de la culture démocratique
contre l'ignorance et

ses méfaits.

SECTION

IV

;

CULTURE

ET LANGUE.

La langue est le support, le véhicule de la culture d'un peuple. C'est un élément important de la communication à partir duquel un peuple définit mieux sa manière de concevoir et d'interpréter les réalités cosmiques. IV.l. Etats des lieux. A. Identification et analyse des problèmes;

Avec l'avènement de la colonisation, nos langues n'ont pas été valorisées. Considérées comme sauvages, elles perdirent leur primauté sociale au profit du français qui s'impose dans notre culture pour servir de suppôt de la politique coloniale.
.

Toutes

les institutions

de notre

pays

utilisent

jusqu'à

nos jours

le français comme langue de travail. Nous sommes obligés de raisonner dans une langue étrangère pour exprimer notre "moi'" culturel. Ceci, parce que le français était considéré comme la langue de politesse, la langue de l'homme civilisé. Il était alors du devoir du nègre de s'époumoner à le connaître pour entrer dans les bonnes grâces du blanc. Cependant, considérant la réalité en face, est-il possible de traduire toutes les subtilités de notre langue, ses finesses et ses tournures idiomatiques dans une langue d'emprunt? Une expérience en matière de développement prouve bien que la conscientisation et la vulgarisation d'une technique à partir de la base, qui est la grande masse, échoue toujours lamentablement parce qu'elles sont faites en français. Ceci illustre bien l'importance de la promotion de nos langues qui constituent un soubassement culturel dans le processus du développement intégral de notre pays. Dans nos écoles, le français n'est pas mieux mal. trisé ni par l'enseignant ni par l'enseigné. Parfois, le maître, pour mieux se faire comprendre recourt à la langue maternelle. Il s'agit là des difficultés en matière linguistique que connaît en général notre pays et la Province du Kasaï -Occidental en particulier. Pourtant, les pays comme la Chine, le Japon et plus proche de nous, la Tanzanie ont sauvegardé la promotion de leurs langues

traditionnelles et lèS résultats développement sont très louables.

obtenus

en

matière

de

. . . /. ..

19

Cependant, avant de proposer des solutions à cette poignante réalité, cherchons d'abord à en connaître les causes. Votre Commission a épinglé les causes ci-après; B. Causes: - l'assujettissement
-

de l'Afrique

au colonialisme

européen;

l'aliénation

linguistique; de nos langues par l'homme blanc.

-

la déconsidération C. Conséquences:

-

les échecs scolaires, dûs par l'utilisation
échecs des actions

la baisse du niveau d'enseignement du français,
en milieux ruraux,

sont

-

de développement

- nombreux intellectuels
maternelles,

ne maîtrisent

pas leurs langues et la culture

- retrait de l'assistance

par les pays étrangers

pour faire échouer cette initiative.
D. Opportunités:

- à l'école primaire, et en français,
-

les cours

se donnent

en langues

maternelles

le lingala

se parle dans l'armée ainsi que le swahili,
chantent dans nos langues traditionnelles,

- nos

musiciens

- existence des journaux vernaculaires,
-

et revues écrits dans nos langues qui utilisent nos langues

existence des écrivains ou poètes maternelles dans leur oeuvres. E. Contraintes:

- quelles langues mettre à la portée de tout le monde comme
véhicule de notre tradition?
-

l'existence difficulté
langue

d'une mosaïque de mettre

des dialectes; sur une seule

-

tout le monde d'accord

à adopter,

20
la politique
de
-

-

culturelle s'interpose bénéficie

des métropoles culturellement

est loin de se dissocier en Afrique, et économiques
littéraire;

la nôtre,

l'occident l'occident
grâce

-

des avantages

pOlitiques

à sa langue

et à sa production

-

partie de la population et à l'opposition qui nous imposent leurs langues;
-

Nos autorités craignent de se buter au mécontentement d'une

de nos maître blancs

risque de se voir détaché du monde en adoptant inconnue dans les sphères de L'O.N.U.
POUR LA

une langue

IV.2. BESOINS PRIORITAIRES
- promouvoir nos mise sur pieds

PROVINCE DU KASAl-OCCIDENTAL.
l'enseignement par la

langues nationales dans des ouvrages y afférents;

- Vulgarisation pays;
-

des oeuvres

qui diffusent adéquate

la culture

sur notre des

Mise sur pieds d'une structure oeuvres d'esprit; IV.3. RECOMMANDATIONS.

pour la promotion

1. Revaloriser les langues pour le Kasaï)
.

congolaises

du milieu

(le Tshiluba

2. Lutter contre notre dépendance

culturelle

de l'occident.

3. Revaloriser nos 4 langues nationales (vernaculaires) qui doivent se compléter (Tshiluba, Lingala, Swahili, Kikongo) et les inscrire obligatoirement au programme national des cours de cycle primaire.

SECTION

V : CULTURE

ET ASPECTS

INTELLECTUELS.

La culture qui se trouve être véhiculée des réalités d'un pays, ne peut en aucun cas se soustraire de la littérature qui est un ensemble d'oeuvre d'esprit. "L'écrivain parle et le monde existe, dit-on". Il s'agit de nous faire voir que les oeuvres d'esprit jouent un rôle prépondérant dans une société. Elles sont le reflet du mode de vie et de pensée d'un peuple en un moment donné de son histoire. Partant de ceci, une oeuvre littéraire qui sort du contexte socio-culturel de son milieu échappe lamentablement à son idéal et, est comparable au reste d'un fruit vidé de sa substance et bon pour la poubelle.

. ../..

.

21 V.I. Etat des lieux. A. Identification et analyse des problèmes.

Les oeuvres d'esprit assurent le développement d'un peuple. Elles sont une interpellation de la population à une prise de conscience des problèmes cruciaux de l'heure et à trouver des solutions appropriées. L'action coloniale à travers sa politique d'égarement nous a fait absorber comme une pilule amère les réalités de la littérature occidentale. En effet, des réalités qui n'avaient rien à voir avec nos propres valeurs ont étouffé l'initiative créatrice au point que notre identité culturelle s'en trouve altérée.
Auj ourd' hui, nonobstant l'ouverture de quelques talents avec des oeuvres littéraires et scientifiques, un relâchement et un désintéressement total dans la création des oeuvres d'esprit sont à déplorer.

Pourtant, l'on ne peut pas parler de la culture politique, économique et intellectuelle d'un pays sans la prise en charge des problèmes du milieu ambiant grâce aux oeuvres d'esprit. Autrement dit, l'on ne peut pas oralement parler des problèmes de notre développement si nos savants, hommes des sciences et des lettres ne les ont pas étalés à travers leurs oeuvres. Il n'est cependant d'aucun doute que notre pays, le Congo et la Province du Kasaï-Occidental en particulier accusent un relâchement remarquable dans la stimulation des consciences de nos intellectuels en vue de prendre en mains nos valeurs cul turelles et dénoncer, à travers leurs oeuvres, les antivaleurs qui freinent notre développement. B. Causes: Dans le domaine de l'intellectualité de notre culture, votre Commission, après analyse, vous présente les causes ciaprès: - La politique coloniale de domestication et d'aliénation ayant entraîné des thèses trop occidentalisées sur les capacités intellectuelles de l'homme noir;
-

La campagne de dénigrement de l'homme blanc contre des oeuvres intellectuelles de l'élite noire; Le soutien dérisoire de l'Etat aux activités scientifique freinant ainsi la créativité; de recherche que les oeuvres

-

- Le régime politique de l'époque n'encourageait qui exaltaient son pouvoir.

. . ./. ..

22
C. Conséquences:
-

Le raisonnement, par procuration, intellectuels congolais actuels; Relâchement dans la créativité

dans le chef des

-

littéraire,

-

Fuite des cerveaux

vers l'étranger, et leur

-

La routine des connaissances scientifiques occidentalisation à outrance;
journées des conférences sont

- Les

à compte-gouttes;

- Recours
-

coûteux

à l'assistance

technique

étrangère.

Perte du goût de culture D. Opportunités:

chez l'élite

sociale.

Elles
présence: - du bureau
-

sont

justifiées

dans

notre

Province

par

la

de l'Union

des Ecrivain

Congolais,

Des bibliothèques,

Des intellectuels
rôle d'élite,

en bon nombre scolaire

mais sans conscience

de leur

-

D'une infrastructure D'une existence

délabrée, non motivées.

-

des troupes

théâtrales

E. contraintes:
-

Manque
oeuvres

de moyens
d'esprit,

financiers d'études

pour encourager et de recherche

la création pour la

des

-

Absence

d'un bureau
des

réalisation

oeuvres

intellectuelles.

V.2. BESOINS

PRIORITAIRES

POUR LA PROVINCE DU KASAI-OCCIDENTAL. à former une élite de et

- La conscientisation développement;
-

des intellectuelles des oeuvres

Revaloriser
scientifiques;

la création

littéraires

-

La responsabilité des intellectuels à la conception des
solutions ayant trait aux problèmes de notre Province incarnation de son rôle d'intelligentsia provincial; et,

.. . /...

23

- La réhabilitation

des infrastructures

scolaires

de la Province.

V.3. Recommandations
-

Il faut encourager

la création

des oeuvres d'esprit;

Il faut organiser des concours littéraires pour des oeuvres qui posent des problèmes relatifs à nos réalités;
-

Rendre utile et tenir compte des oeuvres produites dans le
cadre de la recherche scientifique (T.F.E., Mémoires, d'esprit et motiver leurs auteurs); Ouvrages

-

Encourager

et motiver

les productions

théâtrales.

SECTION VI : LES ARTS. VI.l. Etat des lieux: A. Identification et analyse des problèmes:

La sculpture, le graphique, les spectacles musicaux et dramatiques etc. sont des oeuvres artistiques à travers lesquelles notre culture exprime mieux sa sensibilité, ses émotions, le goût de la vie et du sacré. Si dans la sculpture européenne on y trouve du classique appuyé sur la perfection des formes, nos oeuvres d'art, quant à elles, sont issues d'une création spontanée qui n'a rien à voir avec le réel, mais plutôt à rendre visible l'invisible. C'est un art religieux où le cosmique est évoqué avec une exaltation qui sort de l'ordinaire. Enfin, cet héritage, blanc au nom du
christianisme.

Sommes-nous en mesure de reconstituer cet art et lui donner sa forme première? Nos oeuvres d'art sont aujourd'hui prostituées par nous-mêmes et vendues à de vils prix pour enrichir les musées européens déjà féconds de nos oeuvres d'art emportées lors de la vague coloniale. Notre musique se fait enregistrer à l'étranger au profit des intérêts occidentaux et exportées par la suite pour nous la vendre plus chère. Nous ne sommes pas en mesure de promouvoir notre art pour le développement de notre pays et de notre Province en particulier. Les visées de tous nos artistes sont tournées ailleurs plutôt que de se concentrer pour Revaloriser notre identité culturelle ternie. Votre Commission, devant la profanation de nos oeuvres d'art, vous présente les causes suivantes: B. Causes:
-

L'action coloniale nous a dépouillé oeuvres artistiques;

d'une bonne partie de nos

... /.. .

24
- Le manque de conscience Revaloriser nos arts;
-

du Gouvernement

décadent

pour

Nos artistes

sont abandonnés

à eux-mêmes; pas; de

- Les oeuvres produites
-

sur places ne leur profitent expositive

Insuffisance
spectacle

d'une organisation
et dramatiques;

de vente,

musicaux d'énergie;

- Le manque

- Le manque d'unités de productions culturelles imprimeries, forges, maisons d'édition; Les associations l'Etat;
-

telles que

: par

du Kasaï ne sont jamais culturelle

subventionnées

L'absence de la politique
de l'action culturelle;

pour l'éclosion

favorable

-

déchu;
-

L'instauration

de la politique des pillages

destructive

par le pouvoir

La fréquence Les Artistes
n'est pas

et de la corruption;

-

n'ont pas un statut, ou s'il en existe un, il ni de suivi des activités des

d'application;

-

Il n'y a pas de contrôle
artistes.

C. Conséquences:
-

Appauvrissement Les artistes

de nos musées, à eux-mêmes;

-

sont abandonnés

- Le métier d'artiste
-

est rendu difficile;

L'art n'a plus d'originalité; La créativité et le réalisme dans la production diminué (on vit le plagiat chez les musiciens); font l'art pour le commercej à travers leurs oeuvresj ont presque

-

- Les musiciens
-

IL n'y a plus de message La musique est banalisée;

-

-

Pas de promotion

de la musique

traditionnelle;

25 Bradage des oeuvres d'art. D. Opportunités:
-

-

Il Y a existence

des musées

locaux à réaménager; locaux modernes et

-

L'existence des fanfares traditionnels; L'existence
BESOINS

et orchestres des peintres
LA

-

des sculpteurs, PRIORITAIRES

et des artisans.

VI .2.

POUR

PROVINCE DU KASAl -OCCIDENTAL.

- Encourager les artistes musiciens qui créent des oeuvres d'une originalité purement congolaise ou afrioaine;
-

Favoriser Favoriser Revaloriser

et encourager les chansons

notre

folklore; locales;
NGALA-NDENGA, TANGO

-

en langues

-

la musique du passé

(KABUALALA,

YA BA WENDO

etc.);
spécial pour les musiciens traditionnels bénéficier largement de leurs droits; afin

- Créer un cadre qu'ils puissent

- Que les musiciens de leurs droits;
-

soient recensés par la des oeuvres

SONECA

pour

bénéficier

Encourager

la création

littéraires; de vente des oeuvres

- Création des coopératives

ou comptoirs

d'arts à KANANGA, MWEKA, TSHIKAPA, LUIZA.
VI.3. Recommandations. A court terme:
-

Favoriser l'ouverture des comptoirs de vente d'objets et d'artisanat à travers toute la Province du KasaiOccidental, et tout le pays en général, Réglementer la diffusion le folklore, des spectacles; les soirées dansantes,
pour

d'arts

-

- Revaloriser

les
favoriser

déclamations des poèmes et contes en langues locales,
- La construction du barrage hydro-électrique l'éclosion de l'artisanat artistique;

. . ./ . . .

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