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Refondation démocratique

De
106 pages

Le système concernant l’élection du Président de la République française n’est plus adapté. Il entretient les inégalités sociales ; dans les faits, la sociologie des clientèles qu’incarne le pouvoir des partis politiques les a aggravées en accordant des privilèges qui entraînent la stagnation ou la régression. La société tout entière y perd. Réformer la procédure électorale de désignation du Président de la République, c’est changer la France. Il est nécessaire, en politique, de prendre parti, mais il n’est pas nécessaire de couper le pays en fractions imperméables les unes aux autres.
A l’heure présente, l’homme moderne se veut libre et se sait conditionné. La loyauté est la seule et la meilleure politique.
La France d’aujourd’hui vit sur ses réserves. Elle ressemble à ces animaux à jeun dont Claude Bernard disait : ils sont tous carnivores.
Ayons le cœur assez haut pour chercher à rassembler au-delà des querelles partisanes et des intérêts trop particuliers ou trop immédiats.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-59905-6

 

© Edilivre, 2013

La sclérose des partis politiques

– La France doit-elle rester cette démocratie que Churchill qualifiait de système le moins mauvais à défaut de tous les autres ?

– La France doit-elle s’ancrer dans les idéologies ou s’appuyer sur une réalité pragmatique ?

 

Introduction

La politique, la vraie politique, est à la fois une science et un art. Son objet est de rendre les peuples prospères. Elle est l’art de gouverner les hommes conformément à leur intérêt le plus général et le plus élevé. Nous dénonçons celle qui s’adresse aux sentiments bas tels que l’envie, la cupidité, la vengeance, pour privilégier celle de la passion du bien public, de la générosité.

Depuis 2007, les citoyens cèdent à la fièvre ou à l’inquiétude qui s’empare de l’opinion publique. Les évènements liés à la crise semblent mettre en jeu notre avenir dans sa dimension économique, sociale et culturelle. L’évolution de la politique est à l’image des hommes politiques. Les combats entre partis anéantissent des talents méconnus ; les esprits sont plus préoccupés par la gravité de la situation générale que par des débats politiques partisans et stériles. Nous devons rechercher des hommes nouveaux qui se révèleront en nous orientant dans des voies encore non explorées.

Devant un monde nouveau, nous sommes contraints d’apprendre à penser et à agir de manière nouvelle. Nous envisageons, au travers de ces pages, de moderniser la procédure d’élection du chef suprême, cette approche risque de bouleverser les habitudes, les idées reçues, les acquis des partis politiques, et de gêner leurs commodités. Nous le faisons sans plaisir, mais sans hésitation et sans crainte, avec le sentiment de notre conviction que le peuple français saurait se rendre maître de ses irritations et de ses impatiences. Il jugera avec sa raison les propositions faites.

Toutes nos discussions, publiques et privées, se croisent au sein d’un désarroi profond. Les principes s’opposent aux principes, les aspirations aux aspirations, ce qui comble de joie une partie de l’opinion qui jette l’autre en fureur, et ce ne sont que clameurs opposées.

Ce qu’il y a de spécial dans notre cas, c’est que l’instinct social, encore vif parmi nous, semble s’être mis au service de son contraire. Les partis politiques, les syndicats sont considérés par le plus grand nombre comme des entreprises de démolition. Nous pouvons constater que les groupes, les partis, les unions, les associations, les syndicats, forment des coalitions de tout genre ; mais le principe qui les forme, c’est moins la communauté de désirs que la communauté des colères ; et si nous sommes frères en humanité, ce n’est pas pour aimer, c’est pour combattre et pour maudire. Nous sommes frères pour mordre.

Néanmoins, ce livre n’est pas une étude de morale, ni moins encore une étude philosophique. Non pas certes que nous n’ayons sur le sujet nos jugements personnels de valeur et de moralité, mais cette étude n’a point pour objet de les formuler. Nous nous contenterons d’attirer l’attention sur l’aberration de la méthode de désignation du chef de l’Etat, tout en reconnaissant que tous les systèmes politiques connus ne sont que les vestiges d’un monde moderne encore dans l’enfance. On n’y trouvera donc ni les indignations, ni les courroux du procureur qui réclame un châtiment, ni « les paroles vengeresses » du juge qui condamne. Nous nous bornerons à décrire les phénomènes, à les analyser, à en rechercher les répercussions sur la vitalité de notre pays. En revanche, nous accomplirons cette tâche avec sincérité et avec vigueur ; s’il est vrai que la science ne connaît ni l’éloge, ni le blâme, du moins est-il vrai aussi qu’elle n’a rien de commun avec ces analyses superficielles et puériles qui n’en sont que la caricature et la déshonorent. C’est aussi au nom de la science que les chirurgiens manient le bistouri et percent les abcès.

La réflexion étant une fonction seconde et dérivée dans la vie de l’esprit, nous nous efforcerons de formuler le questionnement que nous inspire la pratique électorale de désignation de notre Président, les réactions qu’il sous-tend, les propos qu’il engendre… bref, des réflexions qui sont celles qui restent au centre des préoccupations de l’opinion commune de notre temps.

L’inféodation aux partis, la maladresse ou l’égoïsme de quelques-uns de ses défenseurs…, l’hostilité systématique, les haines de ceux qui prêchent en eau trouble, qui profitent de la complexité des problèmes et du désarroi de l’opinion pour tout sophistiquer à leur profit. La masse des hommes est faite d’illusionnés, une grande partie de nos divergences souvent haineuses, tient à ce que chaque parti politique se cantonne et s’entête, refusant de convenir qu’il puisse y avoir du vrai dans autrui, s’acharnant à creuser toujours des abîmes.

Le citoyen, plus lucide, plus exigeant envers la politique, est porteur d’espoir. C’est parce que l’opinion a été faussée, égarée, trompée de mille manières que le mal dont notre démocratie souffre a été possible. L’objectif idéal pour notre pays, passe par un renouveau de notre démocratie représentative pour resserrer le lien du citoyen à la politique. Il serait salutaire de tendre vers l’extinction des confrontations idéologiques qui exacerbent les querelles d’égo.

Tant que nous serons, comme nous le sommes, profondément divisés, que l’on s’approchera que pour combattre, que l’on ne se touchera que pour frapper, et que le seul lien entre nous, dans les groupes divers, politiques et autres, que nous formons en France, ce sera l’envie de satisfaire des haines communes, nous marcherons vers le chaos, et le chaos est sans défense.

Il nous faut œuvrer pour une démocratie de l’impulsion. Nous ne pouvons plus nous contenter du système institutionnel tel qu’il fonctionne actuellement, il ne s’agit pas de tout jeter, mais dans les temps qui viennent, il nous faut une adaptation réfléchie à la mutation qui travaille notre société.

1

Les Illuminés du tapis rouge

Quand on observe nos responsables politiques de toutes tendances, que nous les voyons à l’œuvre dans leurs partis, les citoyens électeurs sont en droit de s’interroger pourquoi notre pays, la France, qui compte environ soixante-cinq millions d’habitants se trouve abandonnée à un destin versatile et insoucieux. Une réalité hallucinante mais réelle que l’actualité, met en relief périodiquement, avec des élections internes (P.S. en 2008, U.M.P. en novembre 2012) pour désigner un leader de parti. A la faveur d’une ambition démesurée, d’une fantaisie fabulatrice, des individus adhérents de partis politiques vont s’exprimer demain pour revendiquer, haut et fort, les rênes du pouvoir. Nous ne pouvons insister sur tout ce qu’il faudrait dire et répéter, afin que tous les Français capables d’écouter et de conclure se décident enfin à ouvrir les yeux.

L’Etat français est un grand paralytique dont l’irresponsabilité est largement constatée. Il est en vacillation perpétuelle. Les bonnes intentions de chacun sont contre battues par les velléités de tous, où aucun système ne parvient à s’établir avec fermeté parce qu’il est toujours ébranlé par la concurrence des partis, systèmes rivaux. Les partis nous parlent volontiers de « coexistence pacifique », une expression contemporaine curieusement nuancée, qui s’applique difficilement aux relations humaines.

Nous ne sommes plus au temps où les vrais dangers nationaux pouvaient venir du dehors. Nous devons aujourd’hui convenir que nos vrais ennemis sont au-dedans, nous voulons parler de nos plaies sociales. Nous constatons, que la plupart du temps, les pires maux de notre intoxication émanent de ténors de la politique et du syndicalisme qui entretiennent des informations tronquées et les accréditent par leur représentativité. Ils tendent à corrompre d’une part la matière sociale, et d’autre part les unités de groupement dont se compose la République. Confronté à ce vice antisocial, rien d’étonnant à ce que la haine, destructrice des liens sociaux surgisse ; de même que le faux savoir, auteur du désarroi des intelligences ; les fausses libertés, mères de la licence dissolvante ; la fausse égalité, qui précipite les uns contre les autres des intérêts faits pour s’unir, au lieu d’agir dans l’intérêt de la chose publique.

Saurons-nous enfin un jour prochain, maîtriser les dépenses de l’Etat, en nous entourant d’un vrai leader sur le plan national, pour former une société organique, cohérente, douée de force, de puissance, de dynamisme, en un mot orienté vers les intérêts de tous, sans exclusive, et capable de tenir au milieu des autres peuples le rôle que tout nous oblige à tenir, que le besoin même de l’humanité nous invite à tenir ? Angoissante question, s’il en fût jamais, et qu’il faut avoir le courage de poser dans sa troublante plénitude, puisqu’elle n’est résolue ni dans l’esprit de nos compatriotes les plus clairvoyants, ni dans la pensée de nos plus fidèles amis. Aujourd’hui, la réalité politique se résume à la démocratie d’opinion placée sous l’emprise du sondage, de la réactivité médiatique, de la force émotionnelle mais versatile des images. Pourquoi cédons-nous si facilement à ces querelles insensées entre clans de droite et de gauche ? Serions-nous hypnotisés par ces bateleurs de la politique qui, en campagne électorale, invectives pour masquer leurs carences en idées neuves constructives et salutaires au profit de l’intérêt collectif. C’est à croire que notre esprit se trouve engourdi devant ces joutes verbales souvent indignes. Masqueraient-elles une paresse intellectuelle de notre part, qui se traduit par une dérobade inconsciente ?

Pourquoi devons-nous aussi subir la guerre des chefs politiques qui briguent à devenir le Premier homme de la Nation ? On en a assez, que ce soit à gauche ou à droite, de la rivalité des chefs. Ce qui intéresse les citoyens, c’est de savoir sur quelles bases honnêtes ils seront gouvernés et que cesse la perpétuelle rivalité des ambitions. Les querelles d’ego dressent des frontières idéologiques (Chirac/Chaban, Barre/Chirac, Balladur/Chirac, Mitterrand/Rocard, Aubry/Royal, Le Pen/Mégret, etc.) atteignant la sérénité requise.

N’y a-t-il donc point de terrain d’entente politique, droite et gauche confondues, où la tête et le cœur puissent se rencontrer, l’un assistant l’autre dans la recherche du bien-être collectif, et chacun d’eux recevant égale satisfaction ? Chacun de nous a pu se rendre compte qu’il n’y a pas de destin purement individuel, et que les Français n’existent que par la France.

La politique est une source de haine féconde. Les causes spéciales de conflits et de malentendus ne manquent pas, d’où naissent des dissensions. D’un certain point de vue, c’est moins le désordre individuel qui résulte pour nous de nos luttes intestines que leurs conséquences collectives. Des conséquences absolument désastreuses que notre démocratie n’arrive plus à contenir, désastreuse pour notre pays. Quand une nation s’avance vers l’avenir comme une horde confuse, sans loi commune partagée et sans amour commun, que ses membres, au lieu de marcher comme armée en bataille, chacun devant soi, s’opposent l’un à l’autre, des phénomènes qui relèvent d’une démocratie désuète, à bout de souffle, qu’il faut reconsidérer en renouvelant les procédures institutionnelles.

Aussi sûrement que la pensée existât avant le cerveau, elle le construisit et le construit encore pour pouvoir s’exprimer ; que l’intellect se fraie aujourd’hui un chemin et arrache à la Nature ses secrets par la force de son audace ; tout aussi sûrement le cœur trouvera un moyen de rompre les entraves dogmatiques et de réaliser ses désirs pour le plus grand nombre. Actuellement, il est accroché (parfois enchainée) à la suggestibilité d’un cerveau dominateur de leaders de partis politiques. Un jour viendra où le cœur aura concentré suffisamment ses forces pour briser les barreaux de sa prison et devenir plus puissant que l’intellect.

Il est certain qu’il ne peut y avoir de contradiction dans la nature ; par suite, le cœur et l’intellect doivent pouvoir se rencontrer et s’unir. L’intellect aidé par l’intuition du cœur peut sonder plus profondément les mystères de l’être, ce que ni l’un ni l’autre ne pourrait faire isolément : comment le cœur uni à l’intellect peut être préservé de l’erreur ; comment chacun d’eux peut avoir toute liberté d’action sans faire violence à l’autre et trouver un égal apaisement.

C’est seulement quand cette union sera accomplie et rendue parfaite, que l’homme pourra atteindre la compréhension la plus élevée et la plus exacte de sa propre nature et du monde dont il fait partie. Cette union seule lui donnera un esprit large et un grand cœur. Force est de constater que l’opiniâtreté démentielle et morbide de postulants politiques forcenés, brusquement auto-proclamés, ont eu raison de véritables leaders qui, parmi nous, s’ignorent et de fait non-candidats. Si nous voulons construire une véritable démocratie politique, nous devons éliminer l’individualisme destructeur, qui brandit comme un privilège ce qui nous conduit à de l’égoïsme politique. En effet, cet individualisme est à l’origine de nos maux, il ne manifeste pas de vertu créatrice, ébranle la cohésion et joue un rôle de parasite.

A contrario, le leader politique auto-proclamé instaure sa stratégie avec une poignée de proches, déclare officiellement sa candidature pour prendre la direction du parti en vue des prochaines élections présidentielles, où selon lui, il sera sur le piédestal du candidat-sauveur attendu. Tant pis, si les dépenses publiques excèdent les recettes, l’enjeu pour ce leader, c’est l’obtention du pouvoir, coûte que coûte. Nous sommes las d’un Etat laxiste qui ne peut plus s’endetter. Nos hommes politiques n’ont que trop hypothéqué l’avenir pour se hisser en haut du podium, il nous faut maintenant payer ces décennies de facilité, de gabegies et d’inconscience. Dans notre schéma actuel d’élection présidentielle, nous n’avons qu’affaire à des représentants de la pensée unique.

La loi de la concurrence politique fait que les programmes politiques font partie de cette concurrence, et ils ne visent pas à éclairer ni à éduquer, ni ne modifient les attentes, ils se contentent de les épouser. C’est alors que les partis politiques, d’un côté, excluent les autres, pratiquent une...