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Relations américano-saoudiennes depuis la fin de la guerre froide

De
226 pages
Ce livre fournit quelques clés importantes de lecture pour comprendre l'actualité internationale et la géopolitique des relations internationales au Moyen-Orient, mettant en scène deux grands pays, les Etats-Unis et le royaume wahhabite d'Arabie saoudite. Il met en évidence les contradictions qui sous-tendent les rapports entre ces deux univers et leurs perspectives à court et moyen termes.
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Les relations américano-saoudiennes
depuis la fin de la guerre froide





















Alain Désiré TAÏNO KARI








Les relations américano-saoudiennes
depuis la fin de la guerre froide


L’alliance stratégique à l’épreuve des cultures








Préface du professeur Hamadou Adama
























































© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-55446-7
EAN : 9782296554467
DÉDICACE




A mon père Taïno Marcel de regrettée mémoire
A ma chère et tendre mère Magong Rosalie,
Ces chers parents qui m’ont donné ce qu’ils avaient de mieux
Et à qui je dois une reconnaissance incommensurable.


PRÉFACE
Voici un beau livre qui, en plus d’être intéressant, se lit agréablement.
Il fournit, à bien des égards, quelques clés importantes de lecture pour
comprendre l’actualité internationale et la géopolitique des relations
internationales au Moyen-Orient. Il met en scène deux grands pays, en
l’occurrence les États-Unis d’Amérique et le royaume wahhabite
d’Arabie saoudite, chacun résolument engagé dans la conquête des zones
d’influence, ce qui les rend mutuellement vulnérables et dépendants.
La dépendance énergétique du pays de l’Oncle Sam vis-à-vis du pays
d’Al-Saoud date de plusieurs décennies maintenant et celle-ci ne saurait
aujourd’hui être remise en cause sans que cela ne déclenche, par voie de
conséquence, une reconfiguration de la géopolitique des frontières au
Moyen-Orient. De même, l’Arabie saoudite ne saurait, dans un contexte
trouble des relations conflictuelles dans le Golfe arabo-persique, s’aliéner
l’indispensable et le stratégique parapluie militaire de ceux que les
Iraniens surnomment officiellement « Grand Satan », sans prendre le
risque d’imploser autant de l’intérieur que sous les coups de boutoir de
ses nombreux voisins non moins prédateurs. En outre, l’impérialisme
américain au Moyen-Orient, sous le couvert de ses nombreux agents tant
religieux que culturels ou sécuritaires participe de l’affaiblissement de
son puissant allié arabe et partant de sa position sur l’échiquier politique.
À l’inverse, la visibilité accrue du prosélytisme saoudien en Amérique et
ailleurs en Occident à travers le financement d’organisations
transnationales, le patronage des cérémonies communielles comme le
pèlerinage sur les lieux saints de l’islam ou la promotion d’un
communautarisme confraternel auquel adhère nombre d’Américains,
concourent tout autant à la reformulation de la politique sécuritaire des
États-Unis. Dans l’un et l’autre cas, la prise de conscience de cette
vulnérabilité réciproque encourage l’instauration d’un certain esprit de
suspicion qui évolue, par moments, vers une méfiance de l’altérité.
C’est que les fondements des alliances stratégiques entre Etats ont,
depuis la fin de la guerre froide, connu de profondes mutations.
L’idéologie politico-économique érigée en marqueur identitaire a
finalement donné naissance à une idéologie culturelle voire culturaliste
dont la religion est, fondamentalement, un des puissants vecteurs. Ainsi,
la réactualisation du concept d’« infidèle » dans toute son acception
historique connaît un franc succès de part et d’autre des frontières
7 confessionnelles. Autant les tenants d’une certaine idée de l’Amérique,
partisans de l’ultra-conservatisme et du « messianisme américain »,
n’hésitent nullement à (re) qualifier leur puissant allié du Golfe arabo-
persique avec des substantifs peu édifiants, empreints d’une certaine
péjoration ; autant les gardiens de la monarchie saoudienne et promoteurs
du wahhabisme, érigé en idéologie d’État, critiquent vertement désormais
les collusions devenues récurrentes entre les engagements de leur allié
américain à leur égard et l’opérationnalisation de sa politique proche et
moyen-orientale. Dans un cas comme dans l’autre, on peut aisément
constater que la chaleur des alliances d’antan entre Américains et
Saoudiens connaît, depuis quelque temps, une baisse de température qui
enregistre régulièrement des moments de refroidissements.
Cette analyse pointue sur la reconfiguration des relations
internationales au Moyen-Orient, au regard de la reformulation des
modes d’adhésion idéologique et des mutations des formes d’expansion
des impérialismes américain et saoudien, on la doit à Alain Désiré Taïno
Kari. L’auteur, faut-il le rappeler, s’est honorablement illustré autant
dans la théorisation conceptuelle des relations internationales que dans la
pratique de la diplomatie au ministère des Relations extérieures du
Cameroun. Il est un homme de culture ou plutôt des cultures tant et si
bien qu’il s’en accommode au point de faire de l’éloge de la diversité et
du pluralisme culturels un ferment de son engagement laïc, au sens de
dialogue et d’ouverture à toute forme de religiosité. Son livre est une
contribution importante à la compréhension de la géopolitique du
Moyen-Orient et de la complexité de l’actualité des relations
internationales.
Cette étude, on ne peut que la recommander à tous ceux qui
s’intéressent aux questions des relations internationales et
particulièrement aux étudiants des grandes Ecoles et des Facultés des
sciences sociales, des sciences juridiques et politiques. Son livre est un
important document qui pose un diagnostic objectif sur la géopolitique
du Moyen-Orient, en s’appuyant sur une analyse autant rétrospective que
prospective. Il fourni incontestablement une grille de lecture pragmatique
et féconde. En cela, ce livre d’Alain Désiré Taino Kari est un outil
indispensable de synthèse et d’analyse pour la compréhension des
questions géopolitiques dans les relations internationales au Moyen-
Orient et dans le monde arabo-musulman.
Hamadou Adama
Professeur des Universités
8 AVANT-PROPOS DE L’AUTEUR
En écrivant un jour qu’« Il est aussi facile de rêver un livre qu’il est
difficile de le faire », Honoré de Balzac (1799-1850), l’un des plus
egrands écrivains français du XIX Siècle avait certainement le mieux
résumé, en une phrase lapidaire, l’immense challenge que représente la
conception, la production, en un mot l’édition d’une œuvre littéraire.
Ayant depuis longtemps rêvé d’être écrivain parce que lecteur
passionné des œuvres d’art et de culture, je n’ai réellement compris le
sens et la pertinence des propos du père de La Comédie humaine, que
lorsque je me suis lancé dans l’aventure devant aboutir à l’avènement de
cet ouvrage. Je dois avouer que ce ne fut pas facile. J’ai dû surmonter un
certain nombre d’obstacles sur lesquels je ne voudrais expressément pas
revenir ici. Je voudrais plutôt remercier tous ceux qui m’ont aidé à faire
en sorte que ce livre paraisse.
Je pense tout d’abord au professeur Luc Sindjoun. Eminent
politologue très sollicité tant en milieu académique qu’en milieu
politique, il a volontiers accepté de m’encadrer. Je lui suis obligé de
m’avoir aidé, d’une part, à mieux comprendre comment se construisent et
évoluent les relations politiques entre Etats souverains et, d’autre part, à
mieux appréhender les phénomènes des cultures et des alliances ainsi que
leurs rôles et dynamiques tant dans les relations intra étatiques que dans
les relations internationales.
Je pense ensuite au professeur Hamadou Adama qui est le préfacier
du présent document. Historien des religions, cultures et civilisations,
spécialiste de l’islam, il m’a beaucoup instruit sur l’histoire, les doctrines
et les différents courants de cette religion abrahamique révélée, son
impact sur certaines sociétés notamment dans la Péninsule arabique et au
Sud du Sahara ainsi que sur la géopolitique et la géoculture au Proche-
Orient.
Je pense aussi au professeur Richard Bradshaw. Ancien Visiting
professor à l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC), il
s’est montré très généreux et disponible en m’accordant plusieurs séances
d’entretiens au cours desquelles il m’a expliqué avec tact et passion, les
grandes tendances et faits marquants des relations internationales
actuelles. Je le remercie aussi de m’avoir offert des documents riches et
importants sur la politique étrangère des Etats-Unis.
9 Je sais gré aux docteurs Aïssatou Sy-Wonyu, Bienvenu Denis
Nizesété et Wullson Mvomo Ela pour leurs très importantes contributions
scientifiques. La première, spécialiste de l’histoire et de la politique
étrangère des Etats-Unis sur lesquels elle a à juste titre commis un très
1intéressant ouvrage , m’a fait des observations avisées et des corrections
pertinentes qui ont davantage enrichi le présent ouvrage. Les seconds,
historiens très rigoureux en matière de méthodologie, ont joué un rôle
essentiel en examinant mes travaux de recherche. Par leurs critiques
constructives et leurs remarques, ils ont contribué à rendre ce travail plus
intelligible et digeste.
Je voudrais rendre un vibrant hommage à tous mes enseignants de
l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC) et du
Département d’histoire de la Faculté des arts, lettres et sciences humaines
(FALSH) de l’université de Ngaoundéré pour l’ensemble des
connaissances inestimables qu’ils m’ont dispensées et qui ont, en grande
partie, été utiles pour la rédaction de ce livre. Je pense notamment aux
professeur Jean-Emmanuel Pondi, Peter Agbor Tabi, Jean Narcisse
Mouelle Kombi, Collins Ngwa, Laurent Zang, Wilfried Ndongko, Alain
Didier Olinga, Marcelin Nguélé Abada, Thierno Mouktar Bah, Daniel
Abwa, Eldridge Mohammadou, Saibou Issa et aux Docteurs Pascal
Messanga Nyamding, Emmanuel Wonyu, Boniface Fontem Nkobena,
Tite Amougui, Ernest Pouhe, Gilbert Taguem Fah, Martin Mbengue,
Jules Koueusseu et David Mokam.
J’adresse enfin ma gratitude à Vincent Wakah, Alice Pouhe, Philippe
Tchissakbé et Esther Nembot pour leur très important appui financier ; à
tous mes frères et sœurs sans aucune distinction, pour leur soutien
constant et inestimable ; à S.E. Henri Eyebé Ayissi, ministre des
Relations extérieures, MM. Aliou Moussa, Mohamadou Moustafa, Jean-
Pierre Nzalé, Faustin Ngongueu, mes collègues et tous mes supérieurs
hiérarchiques pour leur encadrement professionnel ; Maître Faustin
Pierre Ntedé, avocat au Barreau du Cameroun, pour ses très précieux
conseils juridiques ; Abraham Bakary, Franklin Danki, Ndiaye Lamine
Mohamadou, Hadidjatou Abdoulaye, Hayatou Balkissou, François
Wassouni, Patrice Pahimi, Emmanuel Laba, Aline Ntolo, Emilienne
Evouna Ndah, Etienne Yangné, Emmanuel Brey, Viviane Bekolo épouse
Bebey, Samuel Valendaise Mvele Abina ainsi que tous mes camarades de

1 e Sy-Wonyu, Aïssatou, Les Etats-Unis et le Monde au 19 siècle, Paris, Armand Colin,
2004.
10 promotion de l’IRIC pour leurs riches observations et encouragements ;
Alain Roger Edou, Isaac Ekollo, Roger Mondoué, Eric Nyitouek et les
éditions L’Harmattan qui ont lu, corrigé, mis en forme et édité le présent
texte. Ils m’ont fait à ce sujet des remarques très intéressantes. Je ne
saurais oublier ma très gracieuse épouse Estelle Esssinga Medjo’o et mon
fils Kari Taïno Michel-Archange, pour leur incommensurable affection.
Ils ont entretenu autour de moi un climat agréable et propice à l’éclosion
des activités intellectuelles. Je voudrais, en leur exprimant ma profonde
reconnaissance, leur redire que je les aime d’un amour tendre et fort.
Puisse cet ouvrage contribuer à la connaissance et à une meilleure
compréhension des mondes américain et saoudien !

11 ABRÉVIATIONS, ACRONYMES ET SIGLES
A.I.E : Agence internationale de l’énergie.
AIPAC. : American-Israel Public Affairs Committee (Comité des
affaires publiques américano-israéliennes).
ALENA : Accord de libre-échange nord-américain.
ARAMCO : Arabia-American Oil Company (Compagnie pétrolière
américano-arabe).
AWACS : Airborne Warning and Control System (système aéroporté de
détection et de contrôle).
CENTO : Central Treaty Organization (Organisation du traité central).
C.E.C. : Centre d’études des conflits.
CIA : Central Intelligence Agency (Agence centrale de renseignements).
C.C.G. : Conseil de coopération du Golfe.
FBI: Federal Bureau of Investigation (Bureau fédéral d’enquêtes).
FINUL : Force Intérimaire des Nations Unies au Liban.
FIS. : Front islamique du Salut
GIA. : Groupes islamistes armés
G8 : Groupe des huit Pays les plus industrialisés du monde
IRIC : Institut des relations internationales du Cameroun.
LA : Ligue arabe.
OCI. : Organisation de la conférence islamique.
OLP : Organisation de libération de la Palestine.
OMC. : Organisation mondiale du commerce.
ONU : Organisation des Nations unies.
OPEP : Organisation des pays exportateurs de pétrole.
OTAN : Organisation du traité de l’Atlantique Nord.
OTASE : Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est.
RDA. : République démocratique allemande.
URSS : Union des républiques socialistes soviétiques.
USA: United States of America.
WASP: White Anglo-Saxon Protestant.
13
LISTE DES CARTES ET TABLEAUX (Bien vouloir mettre une
liste automatique comme avec la table des matières SVP !)

1- Carte des Etats-Unis d’Amérique ……………….…………..…...34
2- Carte de l’Arabie saoudite ……………………………………….40
3- Tableau présentant la structure de certains marchés
cinématographiques nationaux en 2000…….……………………73
4- Tableau des rois de l’Arabie saoudite depuis 1932………….. ….79
5- Tableau des douze premiers producteurs mondiaux de pétrole en
2003.…………………………..………………………………...100
6- Tableau des flux pétroliers en 2003 (en millions de tonnes) …...101
7- Tableau présentant les réserves de gaz naturel dans le monde (en
3millions de m ) en 2003………………………………...….........105
8- Tableau présentant la typologie systémique de l’insertion des Etats
dans la troisième mondialisation…………………………...117-118
9- Tableau des bâtiments de la marine de guerre américaine en 2009
…………………………………………………………………..157


15
LISTE DES ANNEXES (Bien vouloir mettre une liste automatique
comme avec la table des matières SVP !)
Annexe 1 : Galerie de quelques photos illustrant les relations entre les
Etats-Unis et l’Arabie saoudite depuis la fin de la Guerre
froide……………………………………………………....173
Annexe 2 : Le Pacte de Quincy commenté par Richard Labevière, Les
Dollars de la terreur. Les Etats-Unis et l’islamisme, Paris,
Editions Grasset & Fasquelle, 1998. (cf. le site
http://www.edition-grasset.fr/chapitres/ch-labev.htm) .......177
Annexe 3 : Extraits de la « Déclaration de djihad contre les Américains
qui occupent le pays des deux lieux saints ». (« Message
d’Oussama Ben Laden à ses frères musulmans du monde
entier, et de la péninsule arabique en particulier, daté du
vendredi 9 avril 1417/23 août 1996. Des montagnes de
l’Hindou Kouch, Khorasan, Afghanistan ») ……………..180
Annexe 4 : Barack Hussein Obama, discours du Caire (traduction en
français), 4 juin 2009 …………………………..………...189

16 LEXIQUE
Alliance stratégique : L’alliance stratégique, au sens de cet ouvrage,
peut être définie comme un engagement formel ou informel, entre deux
Etats, portant sur des domaines stratégiques et destiné à assurer leur
coopération dans le domaine de la sécurité globale et de la défense.
American way of life : Littéralement, c’est le style de vie des
Américains. Il s’agit ici de la manière de vivre, de faire, de penser ou de
se comporter propre aux Américains et qui, au fur et à mesure, s’est
presque imposée à l’ensemble de la planète.
Chiisme : Le terme « chiisme » vient de l’expression arabe chiat Ali,
qui signifie « les partisans d’Ali ». Ali ibn Abu Talib était le gendre du
prophète Mahomet et le quatrième Calife de la nouvelle communauté
2Islamique (umma) après la mort de Mahomet . Comme tous les groupes
Islamiques, les Chiites actuels considèrent leur forme d’Islam comme la
plus pure représentation de la religion originelle de Mahomet. Les
premiers Chiites étaient en désaccord avec les principes politiques de la
nouvelle religion et notamment avec le mode de succession au Califat. Ils
étaient simplement liés par le soutien qu’ils apportaient à Ali en sa
qualité de dirigeant de la communauté Islamique, et par leur opposition à
ceux qui, de leur point de vue, s’étaient révoltés contre lui, comme
Muawiya (le fondateur de la dynastie omeyyade) et les Kharidjites. Après
l’assassinat d’Ali en 661, certains Chiites ont considéré ses différents fils
comme ses successeurs de droit au titre de Calife : si les descendants
d’Ali sont devenus rivaux et que leurs adeptes Chiites se sont divisés, les
Chiites se sont au moins mis d’accord sur le fait que le califat devait
rester aux mains de la dynastie alide. Ce n’est que plus tard que les
Chiites ont commencé à développer des croyances religieuses différentes
3qui les ont séparés des autres musulmans .

2 Les Sunnites le vénèrent également comme le dernier des « Quatre Califes vertueux ».
3 Alors que toutes sortes de notions religieuses ont été avancées par les Chiites, quatre
croyances principales ont été acceptées par tous : Ali a été choisi par Allah comme
imam et dirigeant légitime du monde, tant musulman que non musulman ; l’existence de
l’univers dépend de la présence d’un imam vivant ; tous les imams doivent être des
descendants d’Ali ; Ali et ses descendants imams possèdent des qualités surhumaines
que les autres musulmans ne reconnaissent que dans les prophètes, telles que
l’infaillibilité (isma), des pouvoirs miraculeux, et une connaissance accordée par Allah
(ilm). Ces croyances représentent les piliers de la doctrine chiite de l’imamat. Cette
17 Civilisation : Le mot désigne l’ensemble des croyances, des
conventions sociales et l’état d’avancement matériel qui caractérisent une
société. C’est aussi au sens de Huntington l’ensemble des « valeurs, les
normes, les institutions, les modes de pensée auxquels les générations
4ont, dans société donnée, attaché une importance cruciale » .
Choc des civilisations : Titre d’un des livres célèbres du défunt
politologue américain Samuel Huntington. Selon lui, cette expression
évoque les conflits de la période post guerre froide caractérisés par les
affrontements entre les cultures. Aussi affirme t-il : « L’influence de
l’Occident décline ; la puissance économique, militaire et politique des
civilisations asiatiques s’accroît (…). Les civilisations non occidentales
réaffirment la valeur de leur propre culture (…). Les prétentions de
l’Occident à l’universalité le conduisent de plus en plus à entrer en
5conflit avec d’autres civilisations, en particulier l’islam et la Chine » .
Pour Fernand Braudel qui a employé la même formule, il s’agit avant
6tout du choc entre les religions .
Clivages culturels : Il s’agit ici de l’émergence des différences
culturelles, du fossé qui sépare deux ou plusieurs modes de vie, deux ou
plusieurs cultures.
Coopération : C’est la participation à une œuvre commune. Elle est
7un soutien réciproque dans un but commun, un processus
intégrationniste au cours duquel deux ou plusieurs Etats décident d’un

doctrine est restée le centre de la plupart des groupes chiites jusqu'à aujourd’hui encore
(à l’exception des Zaydites) et contraste violemment avec la foi sunnite, qui considère
que le dirigeant légitime de la communauté islamique est un homme ordinaire
quoiqu’exceptionnellement pieux et versé dans les sciences religieuses, élu par des
hommes ordinaires. Certaines factions du mouvement chiite considérées comme
extrémistes (ghulat), telles que les Ali-illahis et les Druzes, ont mené plus loin cette
doctrine et déclaré que les imams étaient des incarnations divines, plaçant ainsi leurs
croyances à l’index de l’islam. Il existe un clergé chiite, très hiérarchisé, à la différence
du sunnisme.
4 Samuel Huntington, Choc des civilisations, Paris, Odile-Jacob, 1997, P. 38.
Huntington estime que, « Dans une large mesure, les principales civilisations se sont
identifiées au cours de l’histoire avec les grandes religions du monde » (p. 39). Ainsi,
pour lui, « la religion est l’un des critères de définition d’une civilisation » (p. 46).
5 Idem, pp. 16-17.
6 Fernand Braudel, Grammaire des civilisations, Paris, Flammarion, Coll. « Champs »
e1987 cité dans Hérodote 106. Religions et géopolitique, Paris, La Découverte, 3
trimestre 2002, p.9.
7 Microsoft® Encarta® 2006. © 1993-2005 Microsoft Corporation. Tous droits
réservés.
18 commun accord d’œuvrer pour la réalisation des projets d’intérêts
communs.
Culture : Elle est définie ici au sens de l’anthropologue britannique
Edward Burnett Tylor (dans son livre Primitive Culture 2 volumes (« la
Civilisation primitive »), publié en 1871), comme « ce tout complexe qui
englobe les connaissances, les croyances, l’art, la morale, la loi, la
tradition et tout autre aptitude et habitude acquises par l’homme en tant
que membre d’une société. ». La culture est ici envisagée comme
regroupant tous les traits humains qui peuvent être transmis socialement
et mentalement, plutôt que biologiquement.
Droit musulman : Système de devoirs comprenant des obligations
rituelles, morales et légales, mises sur le même plan, toutes soumises à
l’autorité du même impératif religieux.
Fondamentalisme : Mouvement, tendance religieuse conservatrice et
intégriste qui s’appuie sur une observance stricte des textes religieux.
Fragmentation : Elle fait référence aux déchirures qui caractérisent
les rapports intra et interétatiques dans le monde post-communiste
européen, à l’implosion des Etats dans le continent africain d’une part, et
d’autre part, aux écarts croissants entre les riches, très minoritaires, et les
8pauvres, toujours plus nombreux . D’un autre côté, la fragmentation se
perçoit comme « la résultante d’une quête identitaire traduisant la
volonté d’affirmer sa différence dans un monde qui serait devenu
9aliénant dans son homogénéité artificielle » . Ainsi, c’est une série
d’éléments de différenciation et de revendications identitaires (ethniques,
religieuses, régionales,…) qui apparaissent ici et là dans le monde et qui,
quelques fois s’apparentent à l’intégrisme.
Hard power : C’est le « pouvoir dur », le pouvoir matériel, tangible
d’un Etat. C’est avant tout la puissance militaire d’un Etat.
Impérialisme culturel : Doctrine et action politique qui préconisent
la domination culturelle d’un Etat fort et puissant sur un autre plus faible.
Il s’agit ici d’assimiler le plus totalement possible une population
étrangère sur sa façon de faire, de penser, de vivre ou de croire.

8 Lire à ce sujet Ian Clark, Globalization and Fragmentation. International Relations in
the Twentieth Century, Oxford, Oxford University Press, 1997.
9 Dominique Moisi, « Le nouveau système international. Mondialisation et
fragmentation » in Les conflits dans le monde. Cahiers français n°290, mai - juin 1999,
Paris, la Documentation française, pp.7-8.
19 Islamisme : Courant politique inspiré de l’islam, aspirant à répondre
au moyen de la religion à tous les problèmes sociaux et politiques et,
simultanément, à restaurer l’intégralité des dogmes. C’est un mouvement
politico-religieux qui revendique, au sein du monde musulman, le retour
à une société gouvernée selon les règles du droit Islamique (charia).
Djihad (ou Jihad) : Guerre sainte chez les musulmans pour la
propagation et la défense de l’islam. Certaines le qualifient de « sixième
pilier de l’islam ».
Kharidjisme : Né sous le califat d’Ali (656-661), le kharidjisme est
considéré par certains auteurs tels Henri Laoust, comme « la première
10grande secte musulmane » . Les Kharidjites ont rompu avec Ali parce
que ce dernier, en renonçant à défendre les armes à la main un pouvoir
dont il était le dépositaire légitime, substituait le verdict incertain d’un
arbitrage humain à la décision de Dieu. Sur le plan politique, le
kharidjisme entendait offrir aux musulmans, non seulement le droit de
s’insurger contre l’Imam coupable d’une faute grave, mais encore celui
de choisir librement leurs chefs, que ceux-ci fussent ou non descendants
de l’ethnie Quraychite (comme les quatre premiers Califes). Aussi, le
kharidjisme pouvait apparaître sous les traits d’un rigorisme moral plus
fortement marqué, ennemi des concessions et des compromissions
auxquelles fait face le plus souvent l’exercice du pouvoir.
Mondialisation : Encore appelée globalisation, la mondialisation est
un mouvement d’internationalisation des économies et des sociétés, ceci,
11à la faveur du développement des échanges dans le monde .
Panarabisme : Doctrine qui prône l’union politique de toutes les
populations arabes.
Panislamisme : Doctrine qui prône l’union de tous les musulmans du
monde entier.
Politique étrangère : c’est au sens de ce livre la partie de l’activité
étatique qui est tournée vers le ‘’dehors’’, c’est-à-dire, par opposition à la
12politique intérieure, des problèmes qui se posent au-delà des frontières .
Relations internationales : C’est l’ensemble de liens, de rapports et
de contacts qui s’établissent entre les Etats et relèvent de la politique

10 Henri Laoust, Les Schismes dans l’islam, Paris, Payot, 1977, p. 13.
11 "mondialisation." Microsoft® Encarta® 2006 [CD]. Microsoft Corporation, 2005.
12 Marcel Merle, La Politique étrangère, Paris, P.U.F., 1984, p.7.
20 13étrangère ; c’est l’ensemble des relations humaines qui se tissent et se
passent à travers les frontières étatiques ; « les relations par lesquelles les
14Etats s’efforcent d’ajuster leurs intérêts » .
Soft power : On le traduirait par « pouvoir doux ». C’est en fait le
pouvoir spirituel dont dispose un Etat, sa capacité de dominer,
d’influencer considérablement les pensées, les habitudes, ou tout
simplement la sujétion de la culture des autres Etats par l’imposition de
sa propre culture ou civilisation.
Sunnisme : Courant majoritaire de l’islam qui accorde beaucoup
d’importance à la sunna ou aux traditions du Prophète. Par opposition
aux Chiites, les Sunnites considèrent que le dirigeant légitime d’une
communauté islamique est un homme ordinaire quoique
exceptionnellement pieux et versé dans les sciences religieuses, élu par
des hommes ordinaires.
eWahhabisme : Fondé au XVIII siècle par Mohamed Ibn Abd Al
Wahhab (1703-1792), un Bédouin qui après des études théologiques
prêcha le retour au Coran et aux sources traditionnelles, le wahhabisme
est une forme rigoriste de l’islam sunnite ; elle est dérivée du
hanbalisme. Il s’agit de la principale forme de fondamentalisme
musulman dans le monde contemporain. Mohamed Ibn Abd Al Wahhab
rejetait avec violence des pratiques telles que le culte des prophètes, des
saints et des tombeaux ; il voulait restaurer la vie simple de l’islam
primitif et interdisait l’alcool, le tabac, la musique, les danses, les jeux.
Chassé de sa tribu, il trouve refuge en 1740 auprès de Mohammed Ibn
Séoud dont il devient le gendre. Avec l’aide de ce dernier, il commence à
propager sa doctrine dans toute l’Arabie, Ibn Séoud exerçant le pouvoir
temporel tandis qu’il exerçait le pouvoir spirituel. Le wahhabisme insiste
sur l’unicité de Dieu, refuse le principe d’intercession des Saints et
déclare infidèles les musulmans qui ne respectent pas la loi. Ainsi, pour
les wahhabites, les chiites sont des hérétiques.


13 Philippe Braillard, Mohamad Reza-Djalili, Les Relations internationales, Paris,
P.U.F., 2002, p.3.
14 Jean Charpentier, Institutions internationales, Paris, Dalloz, 1998, p.1.
21