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Rendre la commune aux citoyens

De
203 pages
Cet ouvrage a pour but de rendre la commune, plus petite entité démocratique, aux citoyens de base et la mettre à l'honneur. Ces réflexions nous guident vers la politique américaine et flamande en Belgique, l'économie sociale, la culture, la justice, le logement, ainsi que différents aspects prospectifs. Les rapports des chantiers du droit social complètent le propos, par des expériences et des considérations citoyennes au sujet de la famille, de la mobilité, des loisirs...
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Rendre la commune aux citoyens
Citoyenneté et démocratie locale à l’ère de la mondialisation

Au carrefour du social

Collection dirigée par Marc Garcet et Serge Dalla Piazza

L'Association Interrégionale de Guidance et de Santé (AIGS) est née en 1964 de la volonté de quelques hommes de promouvoir la santé et la qualité de vie pour tous. Des dizaines de services de proximité et extrahospitaliers ont vu le jour pour accompagner, insérer, aider, soigner, intégrer, revalider, former des milliers d’usagers en mal d’adaptation personnelle ou sociale. En collaboration avec les éditions L'Harmattan de Paris, la collection « Au Carrefour du Social » veut promouvoir ce modèle et offrir une réflexion ou des rapports de ses pratiques et de ses innovations.

Déjà parus Serge DALLA PIAZZA et Marc GARCET (dir.), Jeunes, inactifs, immigrés : une question d’identité. Vivre dans un désert industriel, 2010. Marc GARCET, Construire l’Europe sociale, 2010. Serge DALLA PIAZZA et Marc GARCET, L'avenir de l'homme en question. Pour que nos enfants vivent, 2009 Serge DALLA PIAZZA et Marc GARCET, En marche vers un idéal social, 2005.

Sous la direction de

Marc GARCET et Serge DALLA PIAZZA

Rendre la commune aux citoyens
Citoyenneté et démocratie locale à l’ère de la mondialisation

Actes de l’université d’été 2009 de l’AIGS, Association Interrégionale de Guidance et de Santé, et de l’IEM, Institut d’Études Mondialistes

AIGS

Illustration de couverture : Jamal Lgana.

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12491-2 EAN : 9782296124912

UNIVERSITÉ D’ÉTÉ 2009
Liste des participants :
AMORANITIS Spyros, Directeur de l’Institut de Recherche, de Formation et d’Action sur les Migrations BAUDUIN Sarah, Psychologue AIGS BECKERS Pascal, Assistant Social, AIGS BOLAT Sébahat, Psychologue, AIGS BURTON Jean-Paul, Fonctionnaire au Ministère de la Région Wallonne CARLENS Marie, Psychiatre AIGS CREPIN Albert, Chargé de Communication, Techspace Aero DALLA PIAZZA Serge, Docteur en Psychologie, AIGS DETHIER Rose-Marie, Psychologue AIGS DONNAY Jean-Marie, Psychologue chef de service AIGS GARCET Rachel, Directrice des Personnels, AIGS GARCET Marc, Secrétaire Général, Fondateur de l’AIGS HERMANS Michel, Politologue, Université de Liège JACOB Bernard, Administrateur Stratégique du Réseau AIGS KIENE Robert, Premier Secrétaire de l’Ambassade des États-Unis KRAMER Michèle, Assistante Sociale, Thérapeute de Famille, AIGS KREUSCH Jean-Marie, Assistant Social, Chef de service AIGS LACROSSE Valérie, Psychologue AIGS LIBIN Daniel, Fonctionnaire au Ministère de la Région Wallonne MAHY Christine, Présidente du Forum wallon de lutte contre la pauvreté MARTENS Luc, Député, Parlement Flamand MARTIN Michel, Psychiatre, Directeur Médical de l’AIGS MARTIN Roger, Assistant Social La Noria MOULIN Didier, Psychologue AIGS NOLET Jacqueline, Assistante Sociale, Thérapeute de Famille, AIGS RAZAFINIMANANA Lola Virginie, Psychiatre AIGS RENIER Janine, Assistante Sociale, Thérapeute de Famille, AIGS SQUELARD Gilles, Psychologue AIGS VANDORMAEL Luc, Assistant Social, Adjoint à la Direction de l’AIGS VAN DUYSE Dominique, Ingénieur en Chef, Ministère de la Région Wallonne WINTERHALTER Roger, Président de la Maison de la Citoyenneté Mondiale de Mulhouse

Sous la direction de Marc GARCET et Serge DALLA PIAZZA

 

 

 

INTENTIONS

AOÛT 2009 — Nous clôturons la trilogie « citoyenneté et démocratie locale à l’ère de la mondialisation ». « Rendre la commune aux citoyens » sous-entend qu’ils ne l’ont plus. Par une étrange dynamique, le citoyen semble se désintéresser de la politique en général, l’image des hommes politiques inspire peu confiance. Ils se distancient des citoyens. Le tout rejaillit sur la citoyenneté communale. La mondialisation apporte des complexités auxquelles s’ajoutent les crises technologiques, financières et économiques. Pourtant, c’est avec le sentiment de cohésion sociale globale que le citoyen peut vivre en paix et en pleine santé sociale. Cette session veut montrer les organisations et les structures sociales à l’œuvre pour construire la cohésion sociale à la base. Les instances internationales, nationales et régionales ont bien conscience de l’importance de la cohésion sociale dans la dimension objective et subjective. Les travailleurs du secteur psychosocial en général doivent aussi intérioriser le changement des rapports entre l’action individuelle et les actions collectives. Chaque professionnel est, par sa fonction, agent de la cohésion sociale et doit favoriser l’insertion des plus défavorisés comme acteurs de leur propre existence et acteur social. Le thème de cette session se veut pragmatique et créatif de nouveaux modèles de conduites professionnelles visant à l’exercice de l’autonomie et de la citoyenneté. Les recommandations clôtureront la trilogie par des engagements institutionnels pratiques. Une Organisation de — l’AIGS, Association Interrégionale de Guidance et de Santé et — l’IEM, Institut d’Études Mondialistes Siège : 84, rue Saint-Lambert – 4040 Herstal (www.aigs.be). Avec le soutien du programme européen DAPHNÉ.

 

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NIVEAU MONDIAL

 

 

A L’ERE DE LA MONDIALISATION, RENDRE LA COMMUNE AUX CITOYENS
Marc GARCET
Président de l’Institut d’Études Mondialistes et Secrétaire Général de l’Association Interrégionale de Guidance et de Santé, ASBL

PRÉAMBULE L’Université d’Été a toujours proposé une succession d’hypothèses et de suggestions à la réflexion des participants. C’est la fonction essentielle d’une « Université » qui est la synthèse syncrétique de l’universel. Pour la troisième année, nous débattons de la mondialisation sous les trois angles suivants : - 2007 : La cohésion sociale à l’ère de la mondialisation - 2008 : La commune au XXIe siècle, citoyenneté et démocratie locale - 2009 : Rendre la Commune aux Citoyens La « mondialisation » est, comme nous le constatons, dominante. Nous la considérons dans ses diverses dimensions : psychologique, économique, sociologique, financière, scientifique. La mondialisation a envahi totalement notre pensée et notre existence depuis plus de vingt années. Nous en vivons aussi toutes les conséquences dont nous avons disserté antérieurement. La dernière était la crise financière. Elle a hypothéqué la confiance individuelle aux différents systèmes bancaires. Elle a remis en question la mondialisation comme système de développement durable. Elle induit des conduites collectives, de repli et de méfiance. Elle a ruiné les États et les entreprises. Cependant, elle s’affirme comme le modèle incontournable, voire irréversible. Elle est le contexte de notre réflexion en 2009. 1. LA COMMUNE, UNE REPRÉSENTATION La commune est une réalité juridique dont nous avons traité largement en 2008. Elle pourrait être analysée comme une abstraction sociologique, socioculturelle, psychosociale territoriale comme l’aboutissement d’un lien social et sociétal collectif ?

 

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Je vous engage à considérer la commune comme une « représentation mentale », temporo-spatiale dont chaque habitant possède l’image avec laquelle il vit. Cette représentation mentale vit en nous dans toute sa complexité individuelle et collective, au passé, au présent et au futur. C’est de cela que nous voulons parler. Au sein de la représentation de l’intégration au territoire, nous trouvons toutes les nuances de l’appartenance et de la possession. Nous pourrions qualifier ce lien social et affectif de « sentiment d’être et de vivre l’inclusion collective ». L’idéal à atteindre étant l’harmonie réciproquement vécue du bien-être collectif et individuel. Je vous propose de distinguer trois niveaux à cette « représentation mentale » : 1) L’appartenance comme une inclusion passive : sentiments diffus d’être du même groupe, sans plus. 2) L’appartenance comme un engagement volontaire résultant d’une adhésion individuelle à un projet collectif : un challenge à réaliser ensemble. Les sujets sont alors acteurs et partenaires. 3) L’appartenance comme une « possession » de la sphère collective. Il s’agit là de l’intériorisation individuelle d’une réalité collective en mouvement avec la volonté de réussir un programme. Le projet collectif est mon affaire comme elle est celle de chaque habitant. Dans ce cas, le sujet est acteur « actif » agissant dans le projet collectivement admis. Il en est un des artisans. Ce distinguo est essentiel pour la décomposition de la réflexion qui suit. 2. RENDRE LA COMMUNE AUX CITOYENS Cette proposition est une hypothèse. Pour l’aborder, nous posons trois thèses : 1) La commune a été ravie aux citoyens alors qu’elle leur appartenait. 2) Rendre la commune aux citoyens aurait pour conséquence de recréer du bien-être individuel et collectif à l’ère de la mondialisation. 3) La participation civique rendrait la cohésion et la santé sociale au territoire réinvesti

 

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2.1. La commune ravie Sous l’angle du vécu du lien social, nous pouvons imaginer qu’au XIXe siècle, les habitants de la commune pouvaient avoir un sentiment d’inclusion plus vivant qu’au XXIe siècle. En effet, l’économie agricole constituant l’essentiel des échanges, les fonctions économiques réalisées généralement sur le territoire de vie, voire à proximité, avaient pour conséquence de rapprocher et de rendre plus dépendants les rapports entre le territoire de la commune et les habitants. Cette période est passée. Progressivement, à la fonction dominante de l’économie rurale, s’est substituée l’industrialisation, d’abord artisanale, ensuite collective et délocalisée par rapport à la résidence du travailleur. Le rapport entre le lieu de vie et le lieu de travail s’est progressivement dissocié. Nous en arrivons maintenant à qualifier les territoires de « communes dortoirs » et de « zones industrielles ». En conséquence, la « commune » a changé de vocation sociologique, changeant par là la nature des liens qui s’établissent entre ses habitants et l’organisation de la cité. Le citoyen du territoire est moins lié donc moins responsable. En 1976, une loi de fusion des petites communes en de grandes entités communales est venue renforcer ce décollement entre identité territoriale et particularités socioculturelles locales. La conséquence de cette mutation sociologique progressive peut se mesurer par la perte du sentiment d’appartenance du citoyen au territoire et à l’organisation de la « commune ». Ce constat a pour effet de désolidariser les liens d’appropriation du territoire et de son organisation. Elle restreint le sens de la responsabilité citoyenne et atténue les liens de causalité entre le cadre de vie et la qualité de vie. L’habitant-citoyen dégage sa responsabilité du déterminisme personnel, pourtant indispensable, pour se réfugier dans une forme de déterminisme collectif, dont il se sent étranger. Dans ce contexte, son territoire d’habitation devient un « fort » dont il défend les contours. Il se sent agressé de partout par le collectif auquel il ne s’identifie pas. Les rapports de violence donnés et reçus se substituent aux rapports collectifs de solidarité et d’échange de cordialité.

 

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2.2. La commune restituée Pourquoi restituer la commune aux citoyens ? Cette restitution aurait-elle pour conséquence de recréer plus de bien-être individuel et collectif à l’ère de la mondialisation ? Dans les programmes des partis politiques, il y a des termes qui y font penser. Toutefois, ce n’est pas une priorité stratégique. Les termes « où il fait bon vivre » sont souvent répétés, mais il n’y a plus de création d’espace collectif, de places, de parcs pour s’y promener, y jouer. Pour cela, il faut quitter le territoire. La « Commune-dortoir » à habitations multiples est le modèle de la « désocialisation ». Elle ne met pas en place les éléments essentiels du lien social, collectif, les espaces de verdure sont oubliés des quartiers nouveaux. Point de promenades, de sorties sans risque pour tous les âges. Ces espaces construisant l’inclusion affective et culturelle dans les rapports de vie quotidienne sont remplacés par plus d’immobilier fonctionnel et lucratif. 2.3. La commune ou le territoire réinvesti Un renforcement de la politique axée sur les relations existentielles sociales et culturelles, la participation civique produirait naturellement la cohésion et la santé sociale. Comme habitants du « territoire, nous sommes des acteurs potentiels ou réels. Nous devons l’être. Habitant d’une « cité-dortoir », nous pouvons mobiliser les énergies du voisinage pour recréer l’existence collective à des cités endormies où le territoire privé constitue une « prison familiale volontaire ». En tant que service, nous devons mobiliser autant d’énergie à construire du collectif qu’à aider l’individu dans sa solitude sociale et territoriale 3. À L’ÈRE DE LA MONDIALISATION, TOUT EST GLOBAL L’Air du temps souffle des vents contradictoires. Pourtant, il est nécessaire de recréer l’intimité locale au passé, présent et futur. La « mondialisation » a dissous la non-responsabilité locale et le lien social territorial à la manière d’une réaction chimique. Elle a été plus rapide que la reconstruction de nouveaux liens ou la préservation des anciens. Prenons quelques repères des mutations phénoménologiques 3.1. Les mutations Les générations de 1950 à 2010 ont été soumises à des mutations très importantes dans le rapport à l’environnement temporo-spatial et

 

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sociopolitique entraînant une nouvelle sculpture de la représentation mentale, du temps, de l’espace, du rapport à la terre, à l’environnement terrestre et sidéral. En cinquante années, la technologie et les sciences ont plus changé les rapports au monde que les 5.000 ans d’histoire qui précèdent. Si le feu a libéré « l’homme primitif » des autres animaux, la technologie du XXe siècle l’a libéré de la Terre. Elle tend maintenant de le rapprocher. Voyons plus en détail la nouvelle sculpture des représentations. 3.2. Rapport à l’espace et au temps 1961, Gagarine ouvre l’ère spatiale. Ce nouvel espace conceptuel fait entrer l’environnement planétaire dans notre représentation quotidienne. Les voyages sur la Lune, l’exploration de Mars font partie des références nouvelles du temps et de l’espace. La notion d’espace-temps devient familière. La mesure du temps en « année-lumière » est sortie des livres savants pour gagner les livres d’enfant. L’exploration de cette nouvelle dimension précipite toutes les techniques aéronautiques. Elle relativise les rapports continentaux et intercontinentaux, modifie le sens subjectif des distances. Elle popularise les échanges économiques, culturels, humains. Elle précipite les migrations naturelles. Les continents riches exercent une attractivité sur les populations pauvres et suscitent des migrations économiques dont les familles occupent nos territoires et nos communes. L’éducation, la famille, l’école, les loisirs, le commerce et l’industrie assimilent rapidement ce nouveau concept de l’espace et du temps qui, imperceptiblement, vont changer nos manières d’être et particulièrement la relation entre l’espace le plus petit et l’espace le plus grand. 3.3. Rapport à la communication En 1963-1965, nous assistons à la mise au point des bases de la nouvelle communication numérique en réseau. Sans nous en rendre compte, Internet était déjà en orbite. En 1990, nous assistons à la naissance d’Internet et en 1991 la mise en place du www. En 1998, nous avons la fondation de Google par la Silicon Valley, par Larry PAGE et Sergey BRIN. Cette fondation se donne pour mission « d’organiser l’information à l’échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile ». Notons dans cette présentation de mission, le nouveau mode d’expression « à l’échelle mondiale, universellement accessible et utile ».

 

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3.4. L’incidence des changements sur la transmission des repères par la famille, l’école et les groupes sociaux Les valeurs transmises par une famille normalisée en âge d’avoir des enfants durant les années 60 ont subi des altérations essentielles par rapport aux valeurs en cours dans les années 1980. C’est dans cet écart conséquent que nous percevons l’impact de ce nouveau phénomène d’acculturation d’une génération par rapport à une autre sur un territoire qui cependant n’a pas changé pour des personnes qui n’ont pas migré. La « migration » s’est opérée par le changement rapide extérieur, de repères fondamentaux plutôt que par le déplacement physique des personnes dans l’espace. Ce sont donc les représentations mentales qui se sont modifiées. 3.5. Rapport au territoire Dès 1948, le concept de la souveraineté nationale se réduit progressivement au profit d’organisations internationales exerçant leurs compétences sur des ensembles territoriaux. La patrie associant famille, protection, armée, territoire est juridiquement battue en brèche par un autre rapport au monde et à un espace garanti. La pression psychologique internationale liée à des modifications sociopolitiques importantes laissées par la dernière guerre mondiale a amené la création de l’Organisation des Nations Unies, l’OTAN, l’Union européenne, etc.… Le rapport au sol dans son sens symbolique, sécuritaire, identitaire a été altéré. Il faut savoir que les grands parents, les arrières grands parents ont été en guerre pour des territoires dont l’Allemagne et la Belgique se disputaient la souveraineté. Il en est de même en Allemagne, il en est de même en France et dans bien d’autres pays européens. Maintenant, pour la génération présente, ces valeurs du passé se sont effritées. Une nouvelle culture a pris place, et progressivement les rapports de conflits territoriaux sont remplacés par des procédures de recherche de paix juridiquement encadrées par des Organisations internationales. Sur le plan communal, le principe de « compétence territoriale » s’est délité. L’autonomie communale, historiquement, a garanti les libertés et les règles sur le territoire de la commune. L’égalité des droits et des services à garantir à chaque habitant a largement réduit l’autonomie de l’administration. Des intercommunales, des communautés de services régionaux assurent les services essentiels.

 

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3.6. Rapport à la sociologie familiale Dès 1970, dans la plupart des pays du G8, la sociologie familiale a éclaté. De la famille nucléaire, unie par le mariage consacré par la religion, nous passons à la famille dissociée, monoparentale, reconstituée. Un nombre de plus en plus faible de familles, de couples stables se maintient. Le statut de l’enfant tel que véhiculé par les Nations Unies dans la Charte des droits de l’enfant de novembre 1959 s’est fortement fragilisé voire mis en brèche et notamment en son principe 6 : « L’enfant, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité, a besoin d’amour et de compréhension. Il doit autant que possible, grandir sous la sauvegarde et sous la responsabilité de ses parents et, en tout état de cause, dans une atmosphère d’affection et de sécurité morale et matérielle ; l’enfant en bas âge ne doit pas, sauf circonstances exceptionnelles, être séparé de sa mère. La société et les pouvoirs publics ont le devoir de prendre un soin particulier des enfants sans famille ou de ceux qui n’ont pas de moyens d’existence suffisants. Il est souhaitable que soient accordées aux familles nombreuses des allocations de l’État ou autres pour l’entretien des enfants ». Devenu objet des errements du couple, l’enfant est partagé entre les parents dissociés. Les tribunaux corroborent ce partage. L’intégrité sacrée de l’enfant reprise dans la Charte des droits de l’enfant est abandonnée dans les faits et dans le droit. L’éducation familiale est ainsi disloquée, discontinue, partagée souvent entre des conceptions éducatives et affectives contradictoires. 3.7. Rapport à la procréation et à la liberté sexuelle La pilule contraceptive, lancée sur le marché en 1956 et généralisée en 1960, a modifié les rapports moraux, religieux liés aux relations sexuelles. La procréation peut être volontaire. La femme est libérée du risque de maternité non désirée. Les mouvements de libération des femmes (Charte des droits de la femme) traduisirent l’événement en révolution sociale et sexuelle. La famille perd de sa stabilité. 3.8. Rapport à la naissance, à l’enfance et à l’adolescence Dans la Déclaration des droits de l’enfant en date du 20 novembre 1959 il est dit que « l’enfant doit jouir de tous les droits énoncés dans la Déclaration. Ces droits doivent être reconnus à tous les enfants sans exception aucune, et sans distinction ou discrimination fondées sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance, ou sur toute autre situation, que celle-ci s’applique à l’enfant lui-même ou à sa famille ». Chaque enfant et

 

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adolescent est sujet de droit en terme de protection de son intégrité personnelle, physique, morale. Toutefois, il n’y a aucune obligation portée à l’égard des parents ou de l’entourage pour garantir les mesures qui contraignent l’existence des conditions essentielles pour une éducation satisfaisante et suffisante. Il en résulte que l’éducation sociale est maintenant laissée à la crèche, à l’école maternelle, que les apprentissages indispensables de la lecture et de l’écriture sont exclusivement réservés à l’école primaire. En 2007, plus de 40 % des enfants échouent dans l’enseignement scolaire de base. Nous constatons par là que l’enfant est la victime des mutations sociologiques dont les conséquences portées à l’environnement socioéducatif lui sont très dommageables. Pour les générations qui se succèdent, il faut voir dans ces transformations des rapports essentiels au monde et aux valeurs, l’origine des problèmes sociétaux, des enfants, des adolescents et des adultes restés accrochés aux accidents de l’existence. 3.9. Acculturation Au vu de ces changements aussi fondamentaux, nous pourrions considérer que les générations successives nées depuis les années 70 sont étrangères aux valeurs socioculturelles constituant le cadre historique. Nous pourrions ainsi parler d’acculturation d’une génération par rapport à l’autre. Ce terme sociologique est surtout utilisé pour qualifier les phénomènes d’assimilation des migrants éduqués dans le bien d’une autre culture. Le mémorandum du Social Science Research Council considère l’acculturation comme l’ensemble des phénomènes résultants du contact direct et continu entre des groupes d’individus de culture différente avec des changements subséquents dans les types de culture originaux de l’un et de l’autre groupe. 3.9.1. Manque ou absence de compréhension rationnelle L’incompréhension des rapports rationnels ou de causalité est à l’origine de conduites sociales inadaptées sur le plan individuel et collectif. Cet état de non-compréhension appelle l’irrationnel. Par opportunité, le champ de l’abus et de la corruption s’est ouvert. 3.9.2. L’abus comme « nouveau rapport » La réduction du lien social local fait partie de l’état des lieux des dernières générations. Elle imprègne les mandataires publics de tous bords. Le vide de responsabilité et de contrôle facilite l’utilisation privée de l’espace public à des fins mercantiles et de profit personnel. La presse s’instaure comme

 

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