Revue africaine d'études politiques et stratégiques

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Sommaire : La transhumance politique au Cameroun ( 1990-2013) : entre surdimensionnement des ego et figuration sur la scène politique; Ethno-nationalism and the conflict in Ivory Coast; Le droit d'informer et le monopole du dire droit au Cameroun : conflit médiate aux origines alibi; La participation de la société civile camerounaise au développement territorial; Les droits politiques africains en question : du "mimetisme" au "renouveau" ? L'expérience des révisions constitutionnelles de 1996 et de 2008 au Cameroun.
Publié le : jeudi 1 octobre 2015
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EAN13 : 9782336391588
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N° 2 2015
REVUE AFRICAINE D’ÉTUDES POLITIQUES & STRATÉGIQUES AFRICAN JOURNAL OF POLITICAL AND STRATEGIC STUDIES
N° 2/2015
UNE PUBLICATION DE L’UNIVERSITÉ DE YAOUNDÉ II (Faculté des Sciences Juridiques et Politiques)
A R DEPS
REVUE AFRICAINE D’ÉTUDES POLITIQUES & STRATÉGIQUES AFRICAN JOURNAL OF POLITICAL AND STRATEGIC STUDIES N° 2/2015 UNE PUBLICATIONDE L’UNIVERSITÉDE YAOUNDÉ IIFaculté des Sciences Juridiques et PolitiquesA R DEPS
UNIVERSITÉ DE YAOUNDÉ II
UNIVERSITY OF YAOUNDÉ II
FACULTÉ DES SCIENCES JURIDIQUES ET POLITIQUES
FACULTY OF LAWS AND POLITICAL SCIENCES ORGANISATION DE LA REVUE AFRICAINE D’ÉTUDES POLITIQUES ET STRATÉGIQUES COMITÉ DIRECTEUR/MANAGEMENT COMMITTEE
Directeur de Publication/tionDirector of Publica
Pr Magloire ONDOA
Doyen FSJP, Université de Ya oundé II Rédacteur en chef/Editor in ChiefPr ATANGCHO NJI AKONUMBO
Vice-Doyen, Recherche et Coopéra tion, FSJP, Université de Ya oundé II
Rédacteurs adjoints - Coordonnateurs des Pôles/Assista nt Editors - Rubric Coordina tors :- Pôle « Études politiques et administratives »/“Politica l Administra tivea nd Studies” RubricPr Jean NJOYA
Chef de Dépa rtement de Sciences politiques, FSJP, Université de Ya oundé II
- Pôle « Etudes stratégiques et Internationales » /“Stra tegic Interna tiona la nd Studies” RubricPr Joseph-Vincent NTUDA EBODE FSJP, Université de Ya oundé II
Conseillers/Advisers
Dr Magellan OMBALLA,FSJP, Université de Ya oundé IIDr Christopher SOH,FSJP, Université de Ya oundé II
COMITÉSCIENTIFIQUE /EDITORIAL BOARD
Pr ABOYA ENDONG Manassé, Université de Douala ; Pr ABWA Daniel, Université de Yaoundé I ; Pr BADIE Bertrand, Institut d’Études Politiques de Paris ; Pr BOYOMO ASSALA L.C., Université de Yaoundé II ; Pr FIALAIRE Jacques, Université de Nantes ; Pr. GESCHIERE Peter, African Studies Center, Leiden ; Pr HOLO Théodore, Université d’Abomey-Calavi ; Pr ISSA Saibou, Université de Ngaoundéré ; Pr JEANCLOS Yves, Université Robert Schuman de Strasbourg ; Pr KOUNOU Michel, Université de Yaoundé II ; Pr CHOUPIE André, Université de Dschang ; Pr. LE GUYADER Alain, Université d’Evry-Val d’Essonne ; Pr MACHIKOU Nadine, Université de Yaoundé II ; Pr NDUE NTUNGWE Paul, Université de Yaoundé II ; Pr MOUICHE Ibrahim, Université de Yaoundé II ; Pr NGUELIETOU Auguste, Université de Douala ; Pr NJOYA Jean, Université de Yaoundé II ; Pr NKOT Fabien, Université de Yaoundé II-Soa ; Pr NTUDA EBODE Joseph-Vincent, Université de Yaoundé II ; Pr ONANA Janvier, Université de Douala ; Pr PONDI Jean Emmanuel, Université de Yaoundé II ; Pr KONINGS Piet, African Studies Center, Leiden ; Pr MOUICHE Ibrahim, Université de Yaoundé I ; Pr SINDJOUN Luc, Université de Yaoundé II ; Pr RAMEL Frédéric, Université de Paris 9. COMITÉ D’HONNEUR/ADVISORY BOARD
Pr Michael ALETUM T, Professeur émérite, fondateur du Département de Science Politique ; Pr Augustin KONTCHOU K., Professeur émérite ; Pr Pierre MOUKOKO MBONDJO, ministre des Relations extérieures ; Pr Joseph OWONA, Chancelier émérite ; Pr Joseph Marie BIPOUN WOUM, Doyen Honoraire ; Pr OUMAROU BOUBA, Recteur de l’Université de Yaoundé II.
SECRÉTARIAT TECHNIQUE /TECHNICAL TEAM Dr BATOUAN BOUYOM Joseph Alain, Université de Yaoundé II
Dr BETI ETOA Christophe, Université de Yaoundé II
Dr Blaise KOUAMEN, Université de Yaoundé II
Dr Joseph KOUDJOU,Université de Yaoundé II Dr Yacouba MOLUH; Dr Blaise Joseph NKENE, Université de Yaoundé II Dr Marcel NSIZOA, Université de Yaoundé II Dr. Eric-Mathias OWONA NGUINI, Université de Yaoundé II
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07345-3 EAN : 9782343073453
SOMMAIRE
La transhumance politique auCameroun (1990-2013): entre surdimensionnement des ego et figuration sur la scène politique Célestin Kaptchouang Tchejip.................................................................. 7
Ethno-nationalism and the conflict in Ivory Coast Christopher NdikumNSOH............................................37......................
Le droit d’informer et le monopole du dire droit auCameroun : conflit médiate aux origines alibi Jean-François Nguegan & Thomas Essono.............................................. 63
La participation de la sociétécivile camerounaise au développement territorial Fred Jérémie Medou Ngoa..................................................................... 89
Le champ politique auCameroun au prisme des rivalités intra-partisanes de représentation d’une circonscription politique Moïse Yanou Tchingankong................................................................. 117
Les droits politiques africains en question : du « mimétisme » au « renouveau » ?L’expérience des révisions constitutionnelles de 1996 et de 2008 au Cameroun Jean Roger Abessolo Nguema...............................................................61.7
LA TRANSHUMANCE POLITIQUE AU CAMEROUN (19902013) : ENTRE SURDIMENSIONNEMENT DES EGO ET FIGURATION SUR LA SCÈNE POLITIQUE
Célestin KAPTCHOUANG TCHEJIP
Résumé : Où situer les raisons de la transhumance politique et de quel poids réel pèsent les acteurs qui recourent à ce phénomène au Cameroun ? Telles sont les questions fondamentales auxquelles la présente réflexion tente d’apporter une réponse en examinant les résultats obtenus par ces personnalités migratrices à l’issue des compétitions électorales, nationales ou locales, organisées au Cameroun depuis le retour au multipartisme. Protéiforme telle qu’elle s’offre à l’analyse et en regard de ses densité et consistance, la transhumance politique débouche au final sur des bénéfices contrastés pour les acteurs qui l’ont choisie comme modalité d’affirmation et de positionnement politiques.
Mots-clés : transhumance politique, compétition électorale, ressources collectives, parti politique, succès électoral, infortune électorale. Dans le vocabulaire agricole, la transhumance fait référence à la migration saisonnière et périodique des troupeaux vers de nouveaux pâturages qu’on imagine plus verdoyants, fructueux ou juteux. Du point 1 de vue analogique, la «transhumance politique» est appréhendée comme
1  Sur cette question qualifiée ailleurs et surtout en Afrique de l’Ouest comme le « nomadisme politique », qui a pris de l’épaisseur au Cameroun depuis le retour au pluralisme politique et qui avait déjà jonché de manière historique la vie politique de ce pays, lire avec profitLes Cahiers de Mutations, « Politique: Ces leaders qui ont changé de camp. Profils et trajectoires de la transhumance politique au Cameroun », Volume 71, juin 2011, 20 p ; à titre comparatif avec le Sénégal, consulter, TINE A., « Allégeances politiques et légitimation démocratique.Éléments pour une théorie de la pluralisation des identifications partisanes au Sénégal »,POLIS. Revue camerounaise de science politique, vol.7, numéro spécial, 1999-2000, p.139-168, ici p.14-16.
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cette attitude qui consiste pour l’homme ou les acteurs politiques voire publics à migrer allègrement d’un groupement à l’autre, d’une chapelle à l’autre, d’un bord à l’autre, dans la construction et/ou la reconstruction de leur carrière politique, sans considération des convictions partisanes. Elle est «le fait pour des hommes politiques de se faire élire à un poste politique interne au parti, sous les couleurs ou la bannière d’un parti dans le cadre des compétitions interpartisanes, mais qui à la suite des conflits politiques ou d’intérêts, choisissent soit de changer d’obédience politique, soit de créer leur propre formation politique, soit encore de défier leur parti originaire en entrant dans une coalition gouvernementale avec le parti 2 dominantPour les besoins de simplification, cette étude mobilisera» . indifféremment les vocables « transhumants politiques », « transfuges politiques » et « nomades politiques » pour rendre compte et saisir dans leur étendue et leur perspicacité la mobilité protéiforme de ces acteurs politiques élus ou non qui, par calculs ou par opportunisme, passent sans coup férir d’un groupement ou d’un parti politique à un autre. En relation avec le cadre spatial retenu, le Cameroun, la densité de la transhumance permet de rendre compte de la dynamique des interactions qui caractérisent les partis politiques, pris ici au sens wébérien d’entreprises d’intérêts. À juste titre, l’intérêt de la présente étude porte 3 alors sur la détermination de la trilogie d’antagonisme théorisée par
2 Cette approche est de nous et présente l’avantage non plus de cerner le phénomène de la transhumance exclusivement telle que l’avaient perçu les classiques, en la réduisant aux seuls élus qui quittent leur parti politique, mais en l’élargissant aux autres cas de figures qui en révèlent les multiples facettes. Rentrent alors dans cette catégorie à côté de ceux qui quittent leur parti pour un autre, ceux qui le font en créant leur propre parti, ceux qui y procèdent en démissionnant de manière opportuniste du gouvernement à la suite d’une promesse jugée plus précieuse, ceux qui le font pour accéder à une position de pouvoir gouvernementale contre le gré de leur parti. Tous ces cas de figures pullulent dans la situation camerounaise, rendent diversifié et ondoyant le phénomène de la transhumance politique et confortent l’opérationnalité de notre définition. 3 Cet auteur a théorisé trois types d’antagonisme, à savoir «l’antagonisme de frustration», «l’antagonisme de dépendance» et «l’antagonisme de concurrence» dont une appropriation est faite ici sur l’étude du jeu des acteurs dans les partis politiques et sur la scène politique. Pour en savoir davantage, lire avec utilité, BRAUD Ph.,Sociologie e politique,édition, 2002, p.291-297, précisément sur les logiquesParis, LGDJ, 6 objectives des situations.
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Philippe BRAUD, prise comme fondement supposé ou réel de la transhumance, sur la structuration et/ou la restructuration de la position des acteurs sur les champs politiques national et local. L’amplification de cette pratique au sein des partis politiques ici ouvre à partir de ce moment les vannes de notre réflexion qui s’appuie sur le questionnement 4 suivant : quels sont les mobiles affichés par les transhumants politiques dans la situation camerounaise ? Quelle est en termes de consistance, l’épaisseur dont peut être créditée cette catégorie d’acteurs sur le champ politique camerounais ? Autrement envisagé, le champ politique camerounais offre-t-il de relever depuis le retour au pluralisme politique intervenu en 1990, des cas de transhumance politique assortis d’une visibilité ou ayant conduit à la reconstruction de la dualité 5 dominants/dominés visible depuis lors ? Une observation attentive du jeu des acteurs sur le champ politique camerounais, local ou national, laisse entrevoir sur fond de prégnance des ressources collectives des organisations sur celles individuelles, une transhumance diversement fondée ainsi que l’ambivalente fortune de ceux qui recourent à cette manœuvre. I- Des transhumants politiques adossés à des mobiles hétérogènes et variés Les comportements des hommes ou acteurs politiques camerounais sans cesse animés par cette mobilité peuvent être analysées suivant trois catégories d’interprétation, à savoir, la mobilité déraisonnable, la mobilité raisonnable et la mobilité rationnelle. D’abord, la mobilité déraisonnable
4 Il est aussi intéressant à ce niveau de voir en relation avec la psychologie sociale ce que la frustration relative des acteurs peut avoir comme incidence sur l’identification partisane ou sur la désaffection envers les partis. Consulter dans cette direction, SMITH Rogers M., « Identities, interests and the future of political science »,Perspectives on politics, vol.2, n° 2, 2004, p. 301-312 ; LICATA L., KLEIN O., et GELY R., « Mémoire de conflit, conflit de mémoires : une approche psychosociale et philosophique du rôle de la mémoire collective dans le processus de réconciliation intergroupe »,Social Science Information, vol.46, n° 4, 2007, p. 563-589. 5  Suivant la perspective bourdieusienne, le champ politique est composé de ces deux catégories d’acteurs, c’est-à-dire, de ceux qui commandent ou détiennent les leviers de la commande et de ceux qui obéissent.
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