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Sauvons la république !

De
252 pages
Martin Mberi propose des solutions pour sauver la République du Congo de la situation actuelle. Il pense que la République, versant Congo-Brazzaville, est malade de ses institutions usées après un demi-siècle d'indépendance. Il faut en finir. Mais, comment ? Sûrement pas par la guerre. Elle n'a jamais réglé un seul problème. La seule voie possible consacrant la paix reste celle du dialogue, des compromis et du consensus, ouvrant la voie aux réformes rendues nécessaires.
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Sauvons la République
Martin M
SauvonslaRépublique !De la République des ethnies à la République des citoyens
Mont Berongou
Loubomo
Ouesso
Makoua Owando
Djambala
BRAZZAVILLE
Impfondo
Sauvons la République !
Martin MBERI
Sauvons la République !
De la République des ethnies à la République des citoyens
-Congo
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : ͻ͹ͺ-ʹ-͵Ͷ͵-Ͳ͹Ͳͳͷ-ͷ EAN : ͻ͹ͺʹ͵Ͷ͵Ͳ͹Ͳͳͷͷ
À la République et ses martyrs…
«et uneSauver la République est à la fois un appel nécessité.
C’est un appel :
Au respect de la constitution, aujourd’hui, demain et pour toujours, qui implique le respect de celui qui en est le garant quoiqu’on dise et quoiqu’on fasse.
Ceci s’entend : l’État est un sujet de droit et doit se soumettre à ses propres lois comme se soumettent les bons citoyens.
À la mise en perspective d’un ordre politique nouveau, juste, apaisé et non conflictuel, apte à réguler un vivre ensemble espéré.
Au maintien de la paix, base d’un projet de démocratie nationale crédible et d’un envol certain vers un développement prenant appui sur les acquis infrastructurels de cette dernière décennie.
C’est une nécessité de transformer la société congolaise des indépendances, fondée sur la violence, le rapport de forces et la discrimination, en une société du vivre ensemble, fondée sur l’égalité, le partage et la fraternité. »
MBERI Martin
Avant-propos
Par ce texte prend corps une vision politique qui a pour vocation de doter le Congo d’un ordre politique nouveau. Il se veut la substitution, dans la continuité, du modèle politique né des indépendances, aujourd’hui au bout du souffle.
Notre vision procède d’une quête de rupture progressive avec les pratiques politiques du modèle finissant de l’indépendance qui ont lourdement contribué à structurer la politique nationale en un volcan qui peut exploser à tout moment. Ce que témoignent plusieurs incidents politiques majeurs qui ont eu lieu dans notre pays.
Nous n’avons ainsi ni appris, ni connu l’esprit du vivre et d’agir-ensemble qui constitue la seule arme de promotion et de défense dont peut se doter une nation, comme la nôtre, en construction pour consolider son identité nationale et profiter de tous les effets collatéraux qui en résulteraient. C’est dire que notre système politique est condamné à muter pour laisser place à un système plus moderne et mieux ancré dans les valeurs et les pratiques politiques d’inspiration démocratique prévalant à notre époque et dans les années à venir. Il est temps…
D’ores et déjà, les débats sur la question constitutionnelle nous inscrivent dans le processus du changement souhaité. Tout dépend de l’objectif que nous voulons bien atteindre et des moyens adéquats que nous nous donnons à cette fin.
Il ne serait pas mal fondé, à la lumière de tout ce que nous avons vu et entendu depuis le début du dialogue national
informel, de faire constater que nous avons tendance à confondre deux phases essentielles d’un même débat :
La phase en cours qui est une phase de réflexion où les propos de chacun et de tous devraient compter et ne faire l’objet d’aucune discrimination. C’est de ce bouillon de cultures bien exploité et de la bonne volonté de tous que dépend notre réussite collective dans notre intérêt commun, à savoir la construction de notre maison commune, le Congo, que représente symboliquement la constitution de nos vœux et les institutions et la vision politique faite de solidarité, de paix et de fraternité qui en découleraient.
Dans cette première phase, l’esprit partisan, intransigeant, compréhensible en soi, devait céder une place significative à l’esprit de compromis et de consensus sans lequel aucune construction commune n’est possible, dans la mesure où la constitution nouvelle est faite pour fixer les règles de jeu de l’ordre politique nouveau qui ne saurait s’identifier ni à un parti politique quelconque, ni à un leader politique.
Cette évidence semble ne pas emporter la conviction de tous. L’esprit de doute qui est un esprit constructif en soi ne saurait céder la place au doute absolu qui est la négation de tout ce qui ne relève pas de soi, chacun de nous se considérant comme l’expression absolue de la vérité recherchée.
Les choses perçues de cette manière montrent que dans cette première phase du débat, nous ne sommes pas en débat électoral et légitimement conflictuel, mais nous
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sommes tous en train de chercher à définir un objectif et les moyens d’y arriver.
Dans ce cas, si le débat même surchauffé est nécessaire et légitime, la recherche obstinée des voies et moyens de sa vérité hors de la vérité du face-à-face contre tout esprit de compromis et de consensus peut devenir préoccupante comme cela semble se dessiner. Il faut savoir sauver l’essentiel, et il n’y a pas de consensus sans compromis.
La deuxième phase est celle de la désignation de l’administrateur de la maison commune dans l’intérêt de tous. La règle commune admise veut que l’administrateur soit élu et que cette élection soit ouverte à tous les citoyens qui le souhaitent et remplissent les conditions requises par la loi. Chaque candidat se présente sous un label, dans un esprit de compétition.
Ici intervient nécessairement l’esprit de contradiction qui n’est autre que l’expression de la passion que dégage la nécessité de défendre son programme et les surenchères qui en résulteraient éventuellement. Il est logique d’admettre dans ce cas que le but poursuivi étant la prise de pouvoir, l’état d’esprit qui prévaudrait devrait être celui de l’approfondissement des différences et non celui du consensus.
En conséquence, la trajectoire suivie pendant la première phase encore en cours, qui est une phase de réflexion pour construire quelque chose de commun, ne doit pas être confondue avec la phase suivante, phase électorale et de combat politique. Cette compréhension de la situation politique que nous traversons mérite d’être retenue pour donner toutes ses chances à notre quête commune du
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