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Sécurité alternative

De
246 pages
Qu'est-ce que la sécurité doit être demain ? La sécurité alternative développe le concept selon lequel les Etats et les entreprises doivent être sécurisés avec la même exigence et prône un recrutement ciblé des professionnels et des volontaires pour limiter les risques humains inhérents aux métiers de la sécurité, de la sûreté et de la défense. La sécurité alternative doit contribuer à la survie de nos sociétés. Elle intéresse tous ceux qui agissent au quotidien pour la sécurité, ce besoin vital de l'humanité.
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Isabelle Tisserand
Sécurité alternative Une réponse aux futures menaces ? Entretiens
Préface de Francis Vallat
Intelligence stratégique et géostratégie
SÉCURITÉ ALTERNATIVE
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02727-2 EAN : 9782343027272
Isabelle TISSERANDSÉCURITÉ ALTERNATIVEUne réponse aux futures menaces ? Entretiens Préface de Francis Vallat
Intelligence stratégique et géostratégie Collection dirigée par Viviane du Castel
La collection «Intelligence stratégique et géostratégie» vise à mieux comprendre les évolutions du monde découlant de la nouvelle donne géopolitique en construction. Le recours à l’intelligence stratégique et à la géostratégie sont des incontournables du décryptage du monde. Les éditions L’Harmattan ont souhaité éclairer les lecteurs sur les changements géostratégiques en créant cette collection « Intelligencestratégique et géostratégie». Celle-ci se donne pour objectif de présenter des analyses et des mises en relation d’événements internationaux, ainsi que des projections de la géographie et des composantes intrinsèques des États, face à un contexte spécifique, dans une perspective stratégique. Dernières parutions Jean BIGOT,Quand la Papouasie s’éveillera…, 2014. Viviane du CASTEL et Paulo BRITO,Groenland, entre indépendance et récupération géostratégique ?Enjeux, défis et opportunités, 2014.Jean-Pierre HAUET,Comprendre l’énergie. Pour une transition énergétique responsable, 2014.Fanny E.KOWAL,: une chance! Quelle stratégieÊtre femme pour une vraie égalité ?2014. Jeanne RIVA,Europe à géométrie variable : la survie de l’UE ?, 2013. Chantal REVAULT d’ALLONES,Feu les psy, 2013. Julie ELIE,Nous ne sommes pas des quotas. Manifeste contre la discrimination positive, 2013.
La sécurité alternative n’est pas si loin de vos préoccupations, elle les détermine...
Viviane du Castel.
Préface Préfacer un tel ouvrage est un honneur, un bonheur, une responsabilité... De fait, les problématiques qu’il aborde grâce à l’opiniâtreté d’Isabelle Tisserand sont d’une importance considérable et d’une extrême actualité... Œuvre collective, marquée aussi bien par la diversité des sources que par la cohérence de la réflexion, cetopus seraun marqueur dans les débats en cours sur la sécurité, autant qu’une référence pour les responsables publics ou privés, soucieux de concilier et souvent réconcilier les forces multiples, complexes, contradictoires, qui mettent notre quotidien en tension et influent sur le devenir même de notre vie personnelle et sociétale. Tout simplement parce que, chacun le sait, la sécurité physique mais aussi psychologique, mentale, morale, comme la nécessité de protéger ou de se protéger tout en vivant librement, sont devenues un enjeu formidable de notre civilisation post-moderne. Il est évident en effet, que les sociétés développées ont vu s’ajouter aux risques de violence traditionnels -ancestraux pour certains - de nouvelles formes de pressions et de contraintes, contreparties inéluctables de l’hyper-sophistication de nos moyens. Or toutes s’avèrent extrêmement difficiles à « traiter» - car souvent invisibles ou pernicieuses -et toujours difficiles à équilibrer dans nos démocraties, que ce soit au niveau collectif, ou au niveau individuel du respect de nos droits fondamentaux et de nos libertés essentielles ! Montesquieu, phare de la réflexion - en particulier politique et institutionnelle - du siècle des Lumières, avait merveilleusement démontré qu’il ne pouvait y avoir de libertés publiques sans la condition préalable, certes non suffisante mais bien nécessaire, de la sécurité quotidienne des personnes et des biens. Ce constat est plus actuel que jamais, mais il est devenu de plus en plus compliqué à respecter et à faire respecter, dans une société où l’immédiateté et l’individualisme menacent le
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1 civisme, le personnalisme , le sens de l’intérêt général, les mécanismes classiques de contrôle et de contre-pouvoir, et où le progrès technique ne cesse de s’accélérer, jusqu’à mettre en danger l’homme lui-même, sa façon de vivre, ses idéaux ou plus trivialement tout ce qui lui permet de se structurer, d’exercer son libre arbitre et tout simplement d’être... 2 Il y a quarante-trois ans, Marguerite Hoppenotdécrivait avec une prescience extraordinaire le danger qui allaitdéfier nos communautés citoyennes: «La polarisation de l’élite pensante sur la recherche scientifique et le progrès technique, aussitôt exploités par les intérêts économiques, fait naître sans cesse de nouveaux besoins qui asservissent l’homme à ses désirs, jamais assouvis, et l’enferment dans un cercle infernal... Il faut donc sans tarder promouvoir une éducation de l’homme qui assure sa domination sur les œuvres qu’il engendre... ». Elle expliquait : « En dépit des bienfaits indéniables dont le progrès est le dispensateur munificent pour une multitude croissante, la civilisation inhumaine qui s’élabore à un rythme vertigineux en lequel nous sommes happés, creuse sous nos pieds un abîme d’insécurité et de dangers nouveaux, à la mesure de cette démesure... La puissance créatrice que les découvertes actuelles mettent aujourd’hui à la disposition de l’homme est totalement disproportionnée avec son niveau de conscience et son accès à une certaine sagesse... Face au déséquilibre profond qui s’accroît entre l’homme et ses œuvres et à l’urgence qui s’impose de rendre le capitaine à nouveau maître du navire, l’effort premier m’apparaît devoir se porter actuellement sur le capitaine : l’homme lui-même... ». Le propos de ce livre n’est naturellement pas de répondre à l’aspect quasiment philosophique (et donc sage!) de cette dernière interpellation, mais bien- et c’est déjà beaucoup - de réfléchir à la mise en œuvre des mesures et comportements permettant au moins que « l’abîme » n’engloutisse pas l’homme d’aujourd’hui et de demain, que «le cercle infernal» ne se referme pas au point de dénaturer l’humain, de vicier notre
1 Emmanuel Mounier,Le personnalisme, éditions PUF, Paris, 1949. 2 Marguerite Hoppenot, «Cette vie qui m’est donnée», éditions Plon, Paris, 1982.
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manière de vivre et tout simplement de détruire définitivement l’équilibre liberté-sécurité. Et c’est bien en cela qu’il était nécessaire et qu’il est réellement important. Mais outre cette impérieuse nécessité et contribuant à l’éclairer, les propos des uns et des autres soulèvent nombre de questions sous-jacentes. Ils le font sans apporter toujours des réponses bien sûr, mais en poussant le lecteur à mieux réfléchir, plus en profondeur, et à s’interroger sur d’essentielles considérations de fond, parmi lesquelles celle du sens même de la sécurité : pourquoi? Pour qui ?..., bien au-delà du « comment ? », qui est le cœur même de l’ouvrage. D’abord, que veut-on protéger ou sécuriser ? Et sommes-nous vraimentsûrs que nous sommes tous d’accord sur cette prémisse normalement incontournable? Ces questions obligent à revenir sur ce que sont ou doivent être les valeurs de nos sociétés, ceci à l’heure où rôdeBig Brotherbien sûr, mais aussi à celle où de plus en plus de jeunes génies créateurs - et fondamentalement libertaires - de laSilicon Valley(et probablement de France, d’Europe et d’ailleurs) plaident qu’il n’existe plus de vie privée, que le droit même à son respect est « mort debout », comme doit l’être tout reliquat d’un passé déjà révolu ou en passe de l’être. Au moment où j’écris, bien d’autres concepts, qui paraissent encore majoritairement essentiels au vivre-ensemble et à l’exercice des responsabilités les plus hautes, sont pourtant de plus en plus battus en brèche par de nouveaux pionniers qui prétendent détenir les clefs de l’avenir ! Ainsi en est-il, à titre d’exemples seulement, des notions proches de secret d’État et de raison d’État, ou d’intégration et d’assimilation, ou d’autorité et de respect de la règle commune, ou de justice et d’équité, ou de démocratie représentative, etc. Ensuite, où sont vraiment les priorités et les chemins pour les baliser? Lorsqu’Alain Juillet dit par exemple, dans la passionnante interview qui ouvre ce livre et avec toute la légitimité qui lui appartient, qu’au niveau de la sécurité un supplément d’information sera toujours supérieur à un supplément d’âme (même s’il démontre et nuance ce propos avec beaucoup de finesse), il ouvre ici la porte à un débat fondamental qu’il ne faut absolument pas éluder et qui est celui
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