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Six études sur les équilibres internationaux

De
146 pages
Ces études portent sur des moments clés de la conjoncture européenne et mondiale, à partir de la Renaissance et de l'émergence des Etats-nations jusqu'au système international de l'âge nucléaire et planétaire. Synthèse de doctrines, de principes et de morales d'action, ce livre regroupe les références essentielles de la science politique, celles d'équilibre et de balance, de "légitimité" et de "calcul rationnel", de souveraineté et d'intérêt national, d'Utopie armée et de théorie de la Volonté.
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SIXÉTUDES
SUR LESÉQUILIBRES INTERNATIONAUX
Questions Contemporaines Collection dirigée par J.P. Chagnollaud, B. Péquignot et D. Rolland
Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions Contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective.
Derniers ouvrages parus
e François HULBERT,Le pouvoir aux régions (2 édition),2011. Arno TAUSCH, Philippe JOURDON,Trois essais pour une économie politique du 21ème siècle, 2011. Valérie LE HENO,La désobéissance : un moteur d'évolution, 2011. Philippe BOUQUILLION et Yolande COMBES (sous la dir. de),Diversité et industries culturelles, 2011. Georges FERREBOEUF,Participation citoyenne et ville, 2011. Philippe GOOSSENS,Les Roms : dignité et accueil, 2011. André CHAGNON,: pour mieux se comprendre, Eux etMalades et médecins nous, 2011. Philippe DELOIRE,Et si la France disait ouiàlEurope, 2011. Jean MONTANIER et Alain AQUILINA,Violences, loi du silence, loi du plus fort, 2011. Dominique ROTH,Economie et psychanalyse. Le progrès en question, 2011. Claude OBADIA, Les lumières en berne ? Réflexion sur un présent en peine davenir., 2011 Levent ÜNSALDI,Le développement vu de Turquie, 2011. Maurice T. MASCHINO,Cette France quon ne peut plus aimer, 2011. Véronique WASYKULA,RMI : vous devez savoir, 2011. Antoine BRUNET, Jean-Paul GUICHARD,LImpérialismeéconomique. La visée hégémonique de la Chine, 2011. Louis R. OMERT,Le Sursaut. Essai critique, social et philosophique, 2011. Jean-Pierre DARRÉ,De l’ère des révolutionsàl’émancipation des intelligences, 2011. Jean-Pierre LEFEBVRE,Pour une sortie de crise positive,Articuler la construction autogestionnaire avec le dépérissement de l’État,2011.
Irnerio Seminatore
SIXÉTUDES SUR LESÉQUILIBRES INTERNATIONAUX
Préface de Guy Verhofstadt
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54629-5 EAN : 9782296546295
PRÉFACE
GUY VERHOFSTADT
PRÉSIDENT DE L’ALLIANCE DES DÉMOCRATES ET DES LIBÉRAUX (ADLE) AU PARLEMENT EUROPÉEN
ANCIEN PREMIER MINISTRE BELGE
Depuis vingt ans, suite à la chute du mur de Berlin en 1989, les équilibres internationaux ont fortement changé. D’abord, la bipolarité politico-militaire de la guerre froide fut suivie par l’affirmation inégalée d’une puissance unipolaire sans précédent, la puissance américaine à son apogée séculaire.
Mais en même temps, cette puissance unipolaire a été confrontée très vite à ses propres limites. Cette dernière décennie, l’ordre mondial fut bouleversé par au moins cinq ou six puissances anciennes ou nouvelles : les USA, l’Europe, la Russie, la Chine, le Japon et peut-être l’Inde.
Les conséquences d’un tel double changement au cours d’une vie active sont immenses pour les États nationaux aussi bien que pour les concepts-clés de la vie internationale : la souveraineté, l’équilibre des forces et l’empire universel. Ces conséquences nous plongent dans un globalisme multipolaire qui nous accompagnera pendant des dizaines d’années, touchant la vie, la sécurité et le bien-être des six à neuf milliards d’êtres humains, dans la première moitié du siècle en cours.
Dans cette nouvelle configuration politico-stratégique au niveau mondial, il y a en amont un seul inconnu, l’Europe. Les autres candidats, entre les grandes puissances et les nouveaux empires, n’ont pas de secrets. Leur pouvoir économique, financier ou politico-militaire peut changer, moins leur fondement politico-militaire. Au contraire, l’Union européenne reste dans le vague. Le pouvoir économique et financier, militaire et stratégique des 27 est évident, mais son autorité ne l’est point.
Faute d’une fédération réellement unie, l’Union européenne est apte à piétiner sur place ; à mi-parcours entre avancées et retours en arrière, accroissant l’écart entre réalité et rhétorique, avant que l’idée d’Europe ne se rétrécisse, ne se relativise et ne se banalise, tout en devenant l’objet d’un rejet.
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Il est vrai aussi que l’UE a fortement changé ces deux dernières décennies. Depuis 1989, le nombre des États membres a plus que doublé, des 12 aux 27, tout en incluant huit pays de l’Europe de l’Est et de l’Europe centrale, pays jadis communistes. En même temps, l’Union n’a pas ménagé ses efforts pour approfondir les institutions européennes. Du traité de Maastricht (1992) au traité de Lisbonne (2007), l’Union s’est renouvelée.
Ainsi, l’Union n’a pas tardé à installer une union économique et monétaire, tout en introduisant une monnaie européenne stable et forte, l’euro. L’Union s’est dotée d’une politique étrangère et de sécurité commune (PESC). La ratification du « traité de Lisbonne » touchant à sa fin, l’Union vient même de désigner un président semi-permanent du Conseil des chefs d’États et de gouvernement, ainsi qu’un nouveau haut représentant de la PESC aux compétences accrues.
Or, toutes ces mesures ne font pas encore une union fédérale. L’Union européenne ne dispose guère d’une vraie constitution fédérale. Il lui manque une autorité fédérale, autorité distincte de celle des États membres. Et même le président du Conseil des chefs d’États et de gouvernement n’est ni un chef d’État, ni un chef de gouvernement européen.
Désigné par les 27 chefs d’État et de gouvernement, il n’est que «leur» président du Conseil, pas le président des 500 millions de citoyens européens. En fait, l’unification économique du continent et le libre-échange généralisé n’ont pas contribué, par eux-mêmes, à créer un État, ni une nation et même pas une vraie fédération européenne.
En fait, la souveraineté « européenne » est toujours ancrée dans la souveraineté des 27. Dès lors, l’Union européenne demeure la seule Union du monde moderne à ne pas avoir adopté une structure politique vraiment unifiée. Ce constat accablant de la faiblesse et de la fragilité politique de l’UE actuelle me semble le constat le plus clair et le plus émouvant de cesSixétudes sur les équilibres internationauxdu président - fondateur de l’Institut européen des relations internationales à Bruxelles, Irnerio Seminatore. Ces études nous parlent de ses compétences historiques sur les aspects philosophiques, stratégiques et géopolitiques des systèmes internationaux et de l’actualité contemporaine, liant les maîtres penseurs des sciences politiques internationales – de Machiavel à Clausewitz – à la construction manquée de l’Europe et aux défis mondiaux de notre époque. Souhaitons que son analyse du défi politique européen trouve des lecteurs tout aussi dotés que lui d’un zèle européen. Je m’en réjouis.
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INTRODUCTION
Sont réunies dans ce volume six études sur des moments-clés de la conjoncture européenne et mondiale, à partir de la Renaissance et de l'émergence des États-nations jusqu'au système international global de l'âge nucléaire et planétaire.
Ces études suivent pas à pas les dynamiques historiques qui ont conduit à l'élargissement successif de la scène mondiale et aux apports intellectuels des penseurs qui ont élaboré les concepts centraux de la « grande politique ».
Synthèse de doctrines, de principes et de morales d'action, ce fascicule, de taille réduite, regroupe les références essentielles de la science politique, celles d'équilibre ou de balance, de « légitimité » et de « calcul rationnel », de souveraineté et d'intérêt national, d'utopie armée et de théorie de la volonté ou «Virtù».
Domine, en filigrane, une doctrine de l'espoir qui inspire les conceptions et soutient son action, et une « morale » du service et de la foi, qui informe l'unité symbolique du chef et du peuple. Sont sous-tendus partout la seigneurie du «Daïmo», la conscience du stratégique et l'ombre de la guerre, le choc des volontés et des peuples, et le rappel constant que toute aventure des collectivités politiques peut, par moment, aspirer à la primauté et à la grandeur, mais qu'elle périt et décline inexorablement après avoir atteint l'acmé de la réussite ou de la puissance.
Ce constat relativise, aux yeux des historiens et des moralistes, le sens éclairant de la méditation et de la découverte, selon laquelle toute grande expérience humaine a été déjà vécue.
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