//img.uscri.be/pth/41302e8a9d05655a1f676f13e12b8a87d327a2e3
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Sport et politique en Afrique

De
225 pages
Depuis l'aube des indépendances africaines, les exploits sportifs sont d'intenses moments de communion nationale. Qu'il s'agisse des formations nationales ou des clubs, les politiques ont toujours porté un intérêt particulier aux rencontres sportives de haut niveau qui engagent leurs ressortissants. Cet ouvrage restitue l'épopée glorieuse du club le Hafia Football-Club dans les années 1970.
Voir plus Voir moins

SPORT ET POLITIQUE EN AFRIQUE
Le Hafla Football-club de Guinée

@

L'HARMATTAN,

2008 75005 Paris

5-7, rue de l'École-Polytechnique;

http://www.Iibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-06729-5 EAN : 9782296067295

Cheick Pantamady CONDÉ

SPORT ET POLITIQUE EN AFRIQUE
Le Hcifia Football-club de Guinée

L'Harmattan -Guinée

PRÉFACE
Décidément, Cheick Fantamady CONDÉ a de la suite dans les idées. Fraîchement émoulu de l'Université, volontaire, plein d'entregent et de vigueur, l'esprit en alerte, il choisit la voie de la plume et de l'écriture pour porter à tous les niveaux et dans tous les foyers, la culture du sport avec ce qu'elle véhicule de joie, de bonheur, de fierté mais aussi hélas de tristesse et de pleurs. C'est donc très tôt qu'il embrasse le métier de journaliste sportif. Ses reportages, sa narration des événements sportifs font autorité. Ils sont aussi et surtout des modèles d'objectivité et de clarté ou chaque mot vaut son pesant d'or. J'en sais quelque chose, j'étais à l'époque Directeur des Sports et Secrétaire général du Comité national du Sport. En décidant de raconter la prestigieuse et non moins fabuleuse épopée du Hafia Football Club, Cheick FANTAMADY est entré de façon remarquable dans l'attente de notre peuple profondément attaché au sport. Le Hafia FC porte le nom d'un quartier de la banlieue nord de Conakry. « HAFIA» pourrait être traduit littéralement par « bonheur» par « Santé» ou encore par « Bien-être ». Comment le club de Conakry II est-il devenu le HAFIA Football Club? En quelle année et dans quelles circonstances le changement de nom s'est-il produit? Beaucoup de versions circulent autour de cet événement qui a consacré l'avènement du club le plus prestigieux d'Afrique. Je n'entrerais pas dans ces débats. Cependant je voudrais dire ici pour la première fois publiquement que c'est en 1967 - si mes souvenirs sont exacts- qu'en ma qualité de Haut Commissaire Adjoint à la Jeunesse et aux Sports, j'avais expressément demandé aux dirigeants des clubs de Conakry I et de Conakry II de choisir pour leurs formations, à leur discrétion, des noms correspondant à des réalités de leur terroir. Conakry II a ainsi jeté son dévolu sur 2 symboles: « Hafia », du nom d'un vieux quartier mythique ou solidarité rime avec Devoir et « Kakimbo », l'appellation d'une rivière qui coule sous une forêt mystique et sacrée chargée d'histoires où seuls les initiés avaient jadis le droit de pénétrer. Et après concertation, le nom de Hafia a été définitivement retenu et les dirigeants du club ont été chargés d'en faire la publication. Dès lors le « HAFIA» annonce la couleur et

proclame haut et fort sa volonté d'aller à la conquête de la suprématie absolue en Afrique dans les compétitions de club. Les moyens ne lui manquent pas. Composé d'une génération de jeunes joueurs aux talents incomparables, le HAFIA évolue dans un excellent environnement et dispose d'un encadrement technique de qualité. Ces atouts en mains et dans les jambes, le Hafia pouvait commencer sa belle aventure. En 1972, c'est la première consécration continentale des Champions guinéens. La supériorité affichée à cette occasion par le club guinéen était si écrasante qu'elle lui a permis d'arracher au cours des deux finales, la victoire à domicile et sur terrain adverse. C'était, il faut le souligner, une prouesse unique rarement réalisée par un autre club. Un an plus tard en 1973 le football guinéen à cause de ses performances exceptionnelles tant au niveau des clubs qu'à celui de l'équipe nationale se voit récompensé par des prix et des titres prestigieux. CHÉRIF Souleymane est sacré meilleur footballeur africain et reçoit le Ballon d'Or du journal « France football », tandis que Petit SORY se verra attribuer le ballon d'argent. Un an auparavant petit Sory et Maxime CAMARA avaient eu l'insigne honneur d'être sélectionnés dans l'équipe africaine ayant participé à la mini coupe du monde au Brésil. Pendant ce temps le Hafia poursuit sa marche ascensionnelle vers le triplé. Cependant d'autres valeureux clubs s'organisent, se renforcent pour contrer l'Hégémonie du HAFIA. Partout le mot d'ordre est d'arrêter ce monstre qui broie tout sur son passage. Ainsi d'Abidjan à Yaoundé, d'Alger à Lagos, de Dakar à Accra etc , chaque club fourbit ses armes. C'est dans ce contexte d'effervescence générale que s'annonce l'année 1976. Le Champion guinéen est prêt. Il sait que le triplé est à portée de main. C'est une certitude pour l'opinion publique. Qui semble se préciser lors de la finale aller à Conakry où le HAFIA étrille le Mouloudia d'Alger par 3 buts à O. La chose semble être entendue. Hélas! A notre grand désappointement le football génial du Hafia fut arrêté in extremis par le réalisme du jeu algérien royalement servi par une nonchalance incroyable des joueurs guinéens. Et le rêve du triplé pour cette année s'envola. Le coup était rude mais pour le fleuron des clubs guinéens ce n'était que partie remise. En effet l'année suivante en 1977 le HAFIA ne fit qu'une bouchée du champion Ghanéen battu à l'aller à Accra et au retour à Conakry. Pour la troisième fois en l'espace de cinq ans, le HAFIA avait conquit le titre de

2

club champion d'Afrique. L'Histoire enregistra comme un symbole fort que le prestigieux trophée finit ses beaux jours en République de Guinée, pays dont son illustre promoteur le Dr Kwamé N'Krumah fut le coprésident. Le triplé fut fêté dans tout le pays comme il se doit. Avec faste et allégresse dans une ferveur patriotique sans précédent. La plume alerte et incisive de Cheick Fantamady sort le HAFIA de l'oubli douloureux vers lequel le temps aidant, il s'acheminait inexorablement. L'ouvrage qui est le résultat d'une recherche fouillée riche et captivante restitue dans un langage vivant et coloré les belles pages de l'épopée glorieuse d'une équipe de football composée d'une génération de joueurs aussi talentueux aussi vaillants aussi intrépides les uns que les autres et qui ont eu le mérite de faire vibrer de joie et d'espoir le mouvement sportif national avide de victoire et de symbole. Il est inutile de présenter l'auteur de ce bel ouvrage car il fait partie des pionniers qui ont porté très haut et très loin la voix de la Guinée sur tous les stades d'Afrique et d'ailleurs et qui ont débroussaillé le chemin pour l'ouverture du paysage audiovisuel aux médias privés en République de Guinée. En le rédigeant, CHEICK Fantamady fait œuvre de précurseur. L'arbre qu'il vient ainsi de planter sera à n'en pas douter hautement productif. Son exemple doit inspirer d'autres chercheurs. Il doit motiver et galvaniser l'esprit inventif et créateur de l'actuelle génération des jeunes sportifs aux talents multiples, pour suivre ses traces en trempant leurs plumes dans l'encrier en vue de raconter à leur tour la belle histoire du sport en République de Guinée. Conakry, le 4 octobre 2008

El Hadj Nabi Yaya CAMARA
Ancien Arbitre defootball et de Vollry-ball, Ancien Directeur des Sports Prix du Mérite de l'Association nationaux OlYmpiques du Monde OlYmPique, au Diplômé du Comité International titre du Volontariat des Comités

3

REMERCIEMENTS

Mes remerciements s'adressent principalement Olympique National et Sportif Guinéen.

au Président du Comité

Monsieur Nabi CAMARA dit Maître Nabi m'a soufflé l'idée et m'a placé dans les conditions qui ont abouti à la rédaction de cet essai. Le projet est ambitieux et se traduira certainement d'autres travaux consacrés au sport guinéen. par la publication

AVANT -PROPOS Les clubs guinéens en coupe d'Afrique Le football guinéen a connu ses heures de gloire grâce aux performances réalisées par ses clubs sur la scène africaine. Ceux-ci ont été les meilleurs du continent, qu'ils ont dominé, presque sans partage, de 1972 à 1978. La supériorité tant vantée de la Guinée s'explique, en grande partie, par les titres qu'ils ont engrangés au cours de cette période. Leur chef de file, le Hafia Football Club a disputé cinq finales de la Coupe d'Afrique des Clubs Champions (1972, 1975, 1976, 1977 et 1978). Il a eu le mérite d'en gagner trois: 1972, 1975 et 1977, et de prendre part à de nombreux quarts et demi-finales du grand rendezvous annuel de l'élite des clubs africains, auquel son nom est éternellement lié. Au cours de cette période, les clubs guinéens ont réalisé deux exploits sans précédent: - Le Hafia Football Club est devenu, en 1977, la première formation, dans l'histoire du football africain, à s'approprier définitivement un trophée mis en jeu par la Confédération Africaine de Football. -En 1978 pour la première fois en Afrique, deux clubs appartenant à une même association nationale ont atteint la finale des deux épreuves disputées sur le continent: le Hafia FC, en Coupe des Clubs Champions, et le Horoya Athletic Club en Coupe des Vainqueurs de Coupe. Ensuite, la victoire du Horoya AC a permis à la Guinée de s'adjuger les deux trophées, performance que seul le Cameroun avait réussir avant elle. Dans un essai à paraître, consacré aux compétitions nationales, nous évoquons les circonstances qui ont présidé à la réforme du sport guinéen au lendemain de l'indépendance. Une volonté de réforme qui s'est inscrite dans le concert des changements intervenus à cette époque, et dont les premiers signes sont apparus sous le gouvernement de la loicadre, investi le 9 mai 1957, avant de s'accentuer, en s'étendant à tous les secteurs de la vie nationale. En sport, les premières mesures visant à substituer la nouvelle conception «révolutionnaire », à l'organisation coloniale se sont traduites par la dissolution de tous les clubs après la

7

création de l'unique mouvement de jeunesse reconnu par le nouveau régime, le 26 mars 1959. A partir de cette date, les anciennes associations sportives n'avaient plus d'existence légale sur le territoire de la République de Guinée. Elles ont été fondues dans les structures de la Jeunesse de la Révolution Démocratique Africaine a.R.D.A) et représentaient désormais les structures du Parti (Fédération, Section, Comité ) Les formations représentatives de ces différentes entités ont commencé à se mettre progressivement en place. Le phénomène s'est accéléré entre 1959 et 1960, à la veille du lancement de la première compétition de football organisée en République de Guinée, la Coupe PDG. Plus tard, toutes les fédérations, sans exception aucune, participeront à la nouvelle épreuve dont les résultats ont été intégrés aux notes qui leur étaient attribuées, pour juger de leur « vitalité et de leur degré de militantisme ». La Coupe PDG va contribuer à l'expansion du jeu dans tous les coins et recoins du territoire et lui donner une vigoureuse impulsion, jusque dans les zones où son développement avait été freiné par divers facteurs. C'est elle qui a donné à la Guinée les noms de ses premiers représentants en Coupe d'Afrique des Clubs Champions, avant que ceuxci ne soient désignés, à partir de 1967, sur la base des performances réalisées en championnat national, une épreuve dont le coup d'envoi a été donné en 1965. Sur le plan international, les résultats de la réforme ont été des plus probants. Une dizaine d'années après son lancement, elle a commencé à porter ses fruits. En effet, le Hafia FC, l'AS Kalourn, le Horoya et toutes les équipes qui ont contribué au rayonnement du football guinéen sur la scène africaine en découlent. C'est elle qui les a engendrées et qui a créé autour d'elles, les conditions à l'origine des succès qu'elles ont glanés sur les stades africains, comme notre récit s'efforce de le rappeler, à travers les lignes qui vont suivre.

8

NAISSANCE

D'UNE

COMPÉTITION

Les compétitions justifient, dit-on, l'existence de la Confédération Africaine de Football (CAF) et en expliquent le rayonnement. Le premier objectif de la CAF est, en effet et comme sa charte le stipule de « créer des compétitions officielles ou d'autres rencontres dont l'organisation paraîtrait souhaitable ». C'est ainsi qu'elle s'est attelée, dès sa création, à lancer sa première compétition, la Coupe d'Afrique des Nations, en 1957, et à examiner tous les projets visant à favoriser l'émergence d'autres épreuves sur le continent. Ce fut, notamment, le cas, lorsqu'en janvier 1962, à Addis-Abeba, M Ohene Djan, le directeur des Sports du Ghana lui a présenté la proposition de son pays visant à la création d'une compétition continentale réservée aux clubs. Le profil de la future Coupe d'Afrique des Clubs Champions était esquissé. Celle-ci devait naître officiellement en novembre 1963, à Accra, lors de l'Assemblée Générale qui en adopta la formule ressemblant à celle de la Coupe d'Europe, disputée depuis 1956. Le trophée offert par le chef de l'Etat ghanéen est accepté, et la compétition prend le titre officieux de Coupe Kwamé N'krumah ou Coupe d'Afrique des Clubs Champions. Le démarrage de l'épreuve est fixé en 1964. Ses débuts sont, somme toute, « assez laborieux ». Les délégués ont adopté le système des matches allerretour, avec au bout une phase finale comportant les vainqueurs des 4 zones que comptait la Confédération. Les 5 et 7 février 1965, les rescapés des éliminatoires se sont retrouvés à Accra pour disputer le tournoi final qui consacre la victoire de l'Oryx de Douala, premier club du continent à remporter le nouveau trophée. S'il existe une compétition à laquelle la Guinée a été liée par un long bail commençant au cours de l'année même de sa création, c'est bien la Coupe d'Afrique des Clubs Champions. La Coupe Krumah a enregistré la présence régulière des clubs guinéens dès 1964, et ce contrat de longue durée se poursuit encore de nos jours, quasiment sans à-coup. La Coupe d'Afrique des Vainqueurs de Coupe, née en 1975, a été calquée également sur le modèle européen. Elle a été dotée d'un trophée offert par le Général Abdel Aziz Mostapha, le second Président de la CAF, et s'inscrit dans le droit fil de sa volonté de multiplier les compétitions sur le continent. Son premier vainqueur est le Tonnerre de

9

Yaoundé qui eut raison, en finale, du Stella d'Abidjan, sur le score de 4 buts à 2, à l'issue des deux rencontres. Boudée au départ par la plupart des associations nationales, elle n'a jamais connu la même notoriété que son aînée et n'a pris réellement son essor qu'au cours de sa seconde édition qui a enregistré, pour la première fois, la participation d'un représentant guinéen: le Kaloum Star de Conakry 1. Le Horoya AC prendra ensuite la relève pour perpétuer une tradition qui restera, elle aussi, solidement ancrée dans les mœurs. Mais les débuts des équipes guinéennes dans les compétitions africaines ont été difficiles et émaillés de nombreux revers. Du reste, l'expérience guinéenne en Coupe d'Afrique des Clubs Champions, principalement, est à l'image de toute évolution humaine ou sociale, à savoir qu'elle s'apparente à un mouvement ternaire avec une période d'apprentissage, une ère de gloire et une phase de déclin. En feuilletant l'histoire des cinq premières années de présence guinéenne sur la scène continentale, on s'aperçoit que les clubs guinéens ne s'y sont guère illustrés. De 1964 à 1968, aucun d'eux n'a franchi le stade du second tour. Il n'y a nulle part non plus trace de la moindre victoire sur le représentant d'une nation placée à l'avant-garde du football continental. En dépit d'une qualité de jeu que l'on commençait déjà à apprécier, ils ont dû se contenter de jouer les seconds rôles derrières les ténors camerounais, congolais ou maliens. Ces derniers se sont montrés particulièrement redoutables contre les formations guinéennes face auxquelles ils ont affiché une suprématie indiscutable, au cours des dix premières années, comme au temps de la défunte AOF. Lors des trois premières éditions de la compétition, la course du représentant guinéen a été à chaque fois, interrompue par le champion du Mali. Entre 1964 et 1967, les Maliens se sont qualifiés aux dépens de leurs adversaires guinéens en totalisant 5 victoires, un nul et n'ont baissé pavillon qu'une seule fois. Ces confrontations placées sous le signe de la rivalité technique inévitable entre pays voisins n'ont point déçu les amoureux du ballon rond. Malgré les inévitables succès maliens, ils ont permis de se rendre compte de la qualité de jeu produit par les clubs guinéens et du talent de leurs joueurs. Il était peut-être prématuré de voir des clubs nouvellement constitués donner toute la mesure de leur savoir-faire face à des rivaux prestigieux et plus aguerris. Il fallait un peu de temps pour qu'ils cessent de piétiner en Coupe d'Afrique. Cette période s'est d'ailleurs achevée par un véritable cataclysme en 1968. Le champion de Guinée a sombré complètement à Lomé devant Apithy

10

« lZaolo» et ses camarades de l'Étoile Filante sur le score de 3 à O. Enregistré à un quart d'heure du coup de sifflet fmal, le résultat a poussé les Guinéens à abandonner le terrain. Ils ont été éliminés sans gloire et sont rentrés la tête basse à la maison. En 1969 et en 1970, les clubs guinéens ont abordé une nouvelle phase de leur participation à la Coupe d'Afrique des Clubs Champions. L'expérience accumulée en cinq ans commençait à porter ses fruits et à concrétiser leur envol. Les progrès accomplis au cours de cette période sont tellement remarquables que le représentant guinéen n'a baissé pavillon à chaque fois que devant le champion du Congo Kinshasa qui faisait alors figure d'épouvantail continental. Ainsi malgré le faux pas du lZaloum Star devant Enugu Rangers en 1971, nul ne se doutait que les lendemains seraient meilleurs. LES ANNÉES DE GLOIRE

En 1972, conformément aux prévisions, commence la période la plus glorieuse de l'histoire du football guinéen. Les clubs avec le Hafia FC en tête sont à l'avant-garde de ce mouvement qui voit enfin récompensées les heures de travail dans l'ombre et les années difficiles qui ont précédé ces victoires. Les Guinéens prouvent qu'ils peuvent réaliser quelque chose de majeur. Avec un effectif appliquant un jeu très offensif pratiqué par de véritables artistes du cuit rond, le Hafia FC concilie le spectacle et l'essentiel à savoir le résultat. On se souvient encore de cet ensemble équilibré et au style agréable formé de joueurs de grand talent qui a pratiqué un football d'excellente facture admiré à travers les quatre coins du continent. C'est pour cette raison que le Hafia FC de cette époque, même s'il suscitait parfois quelques réserves appartient désormais à l'histoire de la Coupe d'Afrique des Clubs Champions et à celle du sport africain. Ce club qui a gagné le titre africain à trois reprises est la fierté du sport guinéen dont il a assuré la renommée dans le monde. Ce sont là autant de motifs qui le placent au centre de notre récit se rapportant à la présence des clubs guinéens en Coupe d'Afrique des Clubs Champions. Nous nous attarderons sur les succès qui ont permis au plus grand club guinéen de tous les temps de bâtit sa légende. A partit de 1979, les équipes guinéennes sont progressivement rentrées dans le rang. Seuls quelques succès sporadiques seront mis

11

désormais à leur actif. Mais ces déceptions et ces échecs ne peuvent faire oublier la joie qu'ils ont procurée à tous les amoureux du beau jeu et que nous tentons de faire revivre à travers les pages qui suivent.

LE SYLI CLUB DE KINDIA OUVRE LE BAL Tout a commencé le 12 Avril 1964 au Stade de la Mission lorsque sous l'appellation de «Syli Club », l'équipe fédérale de Kindia a inauguré la participation guinéenne à la nouvelle compétition créée par la CAF. Le futur Gangan FC a remporté la Coupe PDG en 1963 en mettant fin à l'hégémonie de l'équipe fédérale de Conakry 1. L'équipe est talentueuse et constituée de joueurs ambitieux. Ce sentiment est amplement confirmé par sa victoire sur le Barolle Invincible du Libéria au premier tour. Grâce à un jeu essentiellement axé sur l'offensive et à une excellente circulation du ballon, le Syli Club s'impose à Conakry sur le score de 4 buts à 1. Le baptême du feu est pleinement réussi pour Youssouf Sylla «Vieux », Fodé Fissa, Lefloch, Sano Sékou, Kaba Moustapha et son frère Djiguiba. A Monrovia, malgré le sursaut libérien et l'incapacité du champion de Guinée à reproduire le jeu collectif qui lui a valu la victoire sur son terrain, il parvient toutefois à préserver l'essentiel en s'inclinant sur le score de 3 buts à 2. En refusant de se laisser griser par l'euphorie de la qualification, ses dirigeants tirent sereinement les leçons de la rencontre de Monrovia, où tout n'a pas fonctionné comme prévu, d'où, la décision d'injecter du sang neuf dans tous les compartiments. Il est fait appel, pour ce faire, à des joueurs plus aguerris: Souleymane Sylla, Bafodé, N'Dongo etc Ces précautions destinées à renforcer ses bases paraissent d'autant plus nécessaires qu'en huitièmes de finale, l'adversaire est de taille: le Stade Malien de Bamako. Après les échecs répétés en Coupe de l'A OF et les revers essuyés par l'équipe nationale face au onze du Mali, la valeur du club malien n'échappait à personne. Le football de l'ex Soudan devenu indépendant en 1960 sous le nom de République du Mali avait connu aussi sa réforme. Le Haut Commissariat à la Jeunesse et aux Sports de la République du Mali a, dès 1960, mis en œuvre un projet de regroupement des clubs de Bamako. Il a décidé de ramener à six le nombre de formations que comptait la capitale malienne d'autant plus que celle-ci ne disposait que de deux stades et d'un nombre limité d'entraîneurs et d'éducateurs sportifs.

12

Le Stade Malien formait, avec le Réal, le Dioliba, le Club Olympique de Bamako, l'USF, le championnat de la Ligue de Bamako. Il est né de la fusion de la Jeanne d'Arc, deux fois championne de l'AOF et de l'Espérance. Il possédait dans ses rangs de nombreux internationaux tels que Bakari Samaké dit Bakaridjan, le capitaine de la formation et de l'équipe nationale du Mali, Mamadou Diakité dit Doudou, Mamadou Keita dit « Assurance» et d'autres talents confirmés comme M'Baye Diabaté et Sacko, pensionnaires, à temps plein, de la sélection nationale. Le Stade a été le premier vainqueur de la Coupe du Mali, en 1961, grâce à son succès, en finale, sur le Dioliba, par 2 buts à 1, après prolongation. Auteur d'une excellente saison en 1963, il s'est octroyé un nouveau titre qui lui a offert l'opportunité de représenter son pays dans cette première édition de la Coupe N'Krumah. Le 7 Juin 1964, à Conakry, le Syli Club devait se montrer plus entreprenant que l'équipe visiteuse et l'a emporté par 4 buts à 2. Mais le 21 Juin, il a été battu à Bamako par 2 buts à O. Le règlement de l'époque n'accordait pas en cas d'égalité, la qualification à l'équipe ayant marqué le plus grand nombre de buts sur terrain adverse. Ainsi, les deux équipes ont disputé un match d'appui au Stade Mamadou Konaté de Bamako le mercredi 24 Juin. Celui-ci a donné lieu à un festival offensif de toute beauté. A la pause, le Stade menait par un but à zéro, but marqué à la 24éme minute par son inter gauche Konaté, sur une reprise de la tête. Les Guinéens frôlent l'exploit en seconde mi-temps et sont éliminés d'extrême justesse (3-2) par une équipe malienne rudement secouée devant son public. Encore une fois, la malédiction héritée de la Coupe d'AOF a &appé. Maigre consolation: la participation du Stade à la finale de l'épreuve avec, en son sein, le jeune Salif Keita « prêté» par le Real de Bamako ;ce qui prouve largement que le représentant guinéen avait sa place dans le dernier carré des meilleurs clubs africains de la saison. En finale de la Coupe PDG, en 1964, l'équipe de Conakry l écrase son homologue de Kindia sur le score sans appel de 4 buts à O. Elle prend une éclatante revanche sur la défaite essuyée l'année précédente devant le même adversaire. Une année après, Conakry l récidive son exploit et conserve son titre. Il gagne le droit de participer à la 2éme Coupe d'Afuque des Clubs Champions. L'équipe fédérale de Conakry I, baptisée plus tard Kaloum Star, était l'orgueil et la fierté de la sphère géopolitique de la capitale guinéenne qui a pris ce nom après l'indépendance. Ce numéro est en fait tout un symbole car il correspond

13

au site choisi en 1887 pour servir de capitale au nouveau territoire de la Guinée Française et où se sont regroupées les premières populations qui l'ont occupé. Les Guinéens l'appellent communément la " ville", parce que c'est là que sont concentrés les principaux bâtiments administratifs et où l'activité économique et commerciale a été prédominante pendant longtemps. Le territoire politique de la Fédération de Conakry l situé sur la pointe de la presqu'île du Kaloum, est le même que celui de l'actuelle commune du même nom. Sur le plan du sport, Conakry l a été le berceau du football guinéen et a donné naissance à ses premiers joueurs, ses premiers clubs, ses premières compétitions, ses premiers stades, ses premiers dirigeants. En 1965, son équipe ne manquait pas d'arguments dans la perspective d'une participation prometteuse à une campagne africaine. Son effectif comprenait les joueurs qui ont remporté la Coupe PDG et une brochette d'internationaux que le règlement n'autorisait pas à prendre part aux compétitions locales, mais qui étaient partie intégrante de son équipe. Ces vedettes avaient pour noms: Kandia Diallo, le véloce et percutant attaquant du Syli National, l'ailier Camara N'Dongo, les demis Bafodé Sacko et Dacky M'Bor, les défenseurs Pierre Bangoura, Baratte, Sankon Amadou, Alya Camara et Morlaye Camara le gardien numéro un de l'équipe nationale. La plupart de ses joueurs disposent d'une expérience internationale suffisante pour avoir disputé déjà plus d'une vingtaine de rencontres internationales. Son adversaire du premier tour, l'US Gorée se désiste. Le champion de Guinée est confronté ensuite à son homologue du Mali pour le compte des quarts de finale. Après le Stade Malien pour Kindia, c'est le Réal, son grand rival, nouveau champion du Mali qui affronte l'équipe fédérale de Conakry 1. Le Réal est issu de la fusion, en 1960, du Racing et de l'Avenir de la de Bamako. Il a terminé au sème rang du premier championnat Ligue de Bamako, organisé en 1961.Mais son ascension a été ensuite prodigieuse, après l'épanouissement de son grand attaquant Salif Keita dit Domingo. Celui-ci a débuté sous ses couleurs à 17 ans, avant de devenir, en l'espace de quelques années, un des attaquants le plus brillants du continent. Domingo est le pion essentiel du champion du Mali qui s'appuie sur d'autres valeurs sûres au milieu du terrain et en attaque avec Labass Diakité, ldrissa Touré dit Nani, ldrissa Kinté, Moussa Diallo dit Ballas, attaquant aux tirs redoutables et capable, dans un bon jour, d'éclipser partenaires et adversaires. Au milieu du terrain, règne son stratège Ousmane Traoré, sachant excellemment mettre sur orbite les deux feux follets, Salif Keita et ldrissa Kanté. Le Real n'était

14

pas dépourvu, non plus, d'arguments en défense, où le bouillant Mouctar Maïga et l'ancien Koromankan Sidi Yaya lui assuraient une certaine stabilité. Et puis, il y avait le fameux syndrome malien qui, en une dizaine d'années de compétitions a toujours vu les équipes de l'ancien Soudan avoir le dernier mot sur leurs homologues de Guinée. Les spectateurs qui se pressèrent, le 29 septembre 1966, dans le pimpant Stade du 28 Septembre, pour assister au premier match de la Coupe d'Afrique des Clubs Champions dans la nouvelle enceinte du sport guinéen, espéraient secrètement voir cette tendance s'inverser. La courte défaite du champion de Guinée à Bamako au match aller entretenait cet optimisme. Une défaite causée, en partie, par l'absence de deux éléments clés du " onze" de Conakry l : N'Dongo et Petit Souley. La canicule qui frappait la capitale malienne a affecté par ailleurs le rendement du champion de Guinée. Dès la sème minute, Baratte a trompé son propre gardien permettant au Real de mener par 1but à O. 29éme minute sur un tir canon de Conakry l est parvenu à égaliser à la Sankon. Après la pause, le temps s'est adouci. Les Maliens sont repartis à l'attaque. Le redoutable Domingo a surpris Morlaye et a porté le score à 2 buts à 1. Pendant les dernières minutes, les Guinéens ont multiplié vainement les efforts pour égaliser. Le Réal mieux organisé a mérité sa victoire. Il s'est montré opportuniste en attaque et ses défenseurs sont intervenus le plus souvent à bon escient pour écarter le danger. Plus de 200 touristes guinéens ont assisté à cette rencontre rehaussée par la présence du Président de la République du Mali, Monsieur Modibo Keita, grand passionné de football. Arrivés tôt à Bamako, ces heureux élus ont visité différents points touristiques de la capitale malienne, avant le match, comme le Parc Zoologique, le Palais de Koulouba et le Grand Marché.

Mais à Conakry, l'équipe de la presqu'île a été battue à nouveau par le Réal, sur le score de 3 buts à 2, et a fait ses adieux à la compétition. Nous avons conservé de ce match le commentaire désabusé du quotidien Horoya du 27 septembre 1966, qui résume parfaitement l'incapacité éprouvée, une fois de plus, par un club guinéen à venir à bout de son homologue du Mali, et que nous vous livrons dans son intégralité: « Dimanche, en nocturne a eu lieu au Stade du 28 Septembre, le match retour de la Coupe Africaine des Clubs Champions opposant Conakry l au Réal de Bamako. L'on se rappelle que, lors du match aller,

15

qui s'était déroulé le dimanche 18 septembre au Stade Mamadou Konaté à Bamako, le Réal avait battu Conakry l par 2 buts à 1. En ce temps, nous avions dit que les Guinéens avaient manqué de cohésion et de vigilance, ce qui avait causé leur défaite. C'est devant un public record de plus de 20.000 spectateurs qu'ils ont succombé une nouvelle fois devant le Réal, par le score de 3 buts à 2. C'est un match qui, dans le domaine technique, a été très joli à voir. Du reste le public guinéen a été surpris et déçu d'assister à la défaite de Conakry l sur son propre terrain. Est-ce parce qu'ils sont faibles, indisciplinés ou tout simplement par négligence? Ce sont de telles réflexions que nous avons entendues de la bouche des spectateurs qui étaient irrités de voir que l'équipe fédérale de Conakry l à un certain moment ne jouait pas pour gagner, mais pour perdre. Et pourtant, elle pouvait faire mieux. Nous avons dit que contre chaque adversaire, il faut une nouvelle arme. Dans ce cas précis, il leur fallait un plan, une technique nouvelle. En pratiquant un jeu comme celui d'avant hier, devant une autre équipe sénégalaise, allemande, soviétique et chinoise, que se serait-il passé? On apprend à hurler avec les loups. Les Maliens n'adoptent pas les petites passes, le jeu en paquet. Chacun a un poste dont il remplit pleinement les obligations. Devant le Réal de Bamako, Conakry l aurait dû changer de tactique. Bref, la meilleure arme qu'il leur fallait c'était la détermination et la fermeté. C'était d'avoir la conscience de réussir, comme c'est le cas dans toutes les disciplines sportives « Tu as échoué, recommence» dit un dicton. Et quand il s'agit d'une équipe, on recommence avec de nouveaux éléments plus dynamiques encore ». Visiblement, cette élimination a affecté le moral de l'équipe fédérale de Conakry I. Sa supériorité sur le plan national s'en est ressentie et le titre de champion de Guinée lui a échappé, lui ôtant tout espoir de participer la saison suivante à une nouvelle campagne africaine.

CONAKRY II PREND LA RELÈVE A partir de 1965, la Coupe PDG cesse d'être l'unique compétition de football organisée en Guinée. Le championnat est lancé. Son vainqueur sera désormais le représentant du pays en Coupe N'K.rumah. La formation qui termine en tête du championnat de Guinée organisé au cours de l'exercice 1965-66 est l'équipe de la Fédération de Conakry II. Celle-ci correspond à la seconde entité politico-administrative de la capitale guinéenne. Sa superficie qui s'étend sur plus de d'une vingtaine

16

de Km, est la plus vaste du pays. Elle englobe aussi bien quelques vieux quartiers (Camayenne; Madina, Dixinn, Colèah, Bonfi...) datant de la période coloniale que des zones d'implantation récente (Hamdallaye, Tanènè, Hafia, Matoto ) où sont venus se regrouper des dizaines de milliers de personnes affluant de toutes les régions. C'est en somme un espace au peuplement hétéroclite dont l'extension effrénée conduira à de nombreux découpages. Toutefois, en 1967, la capitale guinéenne ne comptait que deux Fédérations et celle de Conakry II se profilait à perte de vue, de l'emplacement du pont du 8 Novembre jusqu'aux limites administratives des préfectures actuelles de Coyah et de Dubréka. Son équipe de football qui vient de faire parler d'elle en remportant le premier championnat de Guinée est un club jeune et ambitieux dont le rêve est de mettre fin à la suprématie du grand rival local, Conakry I, et, éventuellement, se faire un nom sur la scène continentale. Un objectif atteint en partie avec ce titre de champion de Guinée et sa participation à la prochaine édition de la Coupe d'Afrique des Clubs Champions. Une rivalité non violente, mais particulièrement vive, opposait en effet les deux entités politiques de la capitale. Elle se manifestait à l'occasion des mobilisations populaires, des compétitions artistiques et des rencontres sportives. Les deux fédérations, dévorées par leurs complexes respectifs et les ambitions de leurs dirigeants, cohabitaient dans une atmosphère de défi permanent entre ceux qui se considéraient comme les habitants de la "ville", et ceux de la "banlieue", forts de l'essor démographique de leur cité et des différentes mutations que celle-ci était en train de connaître depuis l'indépendance. A preuve les résultats de son équipe de football. Les premières performances ayant contribué à sortir Conakry II de l'ombre coïncident par ailleurs avec l'émergence d'une nouvelle génération de joueurs au sein de laquelle ne figurait aucun membre de la sélection nationale mise sur pied au lendemain de l'indépendance. La moyenne d'âge de son effectif était de 22 ans à peine à l'image de Petit Sory (22 ans), Chérif (23 ans), Tolo (20 ans), Maxime (22 ans), Bah Abdourahmane dit Ujlaki (20 ans), Arsène Campbel, Bappa Diop, Bah Souleymane dit Dicko... Jeunes, talentueux et ambitieux, tous ces joueurs, appelés à progresser, sont déterminés à marcher sur les traces de leurs aînés, évoluant en équipe nationale. Ils sont encadrés par le demi Soriba Soumah dit Édenté (29 ans) et le capitaine Bangoura Ousmane dit Pelé. L'équipe respecte les traditions du jeu guinéen avec une grande dose de technique et une forte poussée vers le but adverse. C'est à ce prix qu'elle a supplanté tous ses concurrents dans la course au

17

titre, faisant souvent la différence grâce à son trio de tête: Chérif -Maxim -Petit Sory. L'association sur le front de l'attaque des trois hommes va faire de Conakry II le porte-drapeau du football guinéen pendant de longues années. A partir de 1966, ils vont incarner, plus d'une douzaine d'années durant, grâce à leur talent, leur vivacité, leur technique naturelle ainsi que leur efficacité, les vertus d'un football à la sauce guinéenne que le continent tout entier va admirer et respecter.
C'est en 1967 que Conakry II débute en Coupe d'Afrique des Clubs. Pour ses premiers pas dans l'épreuve, il démontre son aptitude à évoluer à son aise loin de ses quartiers. Le 7 Mai 1967, il s'impose à Bobo Dioulasso, par 2 buts à 1, devant l'Association Sportive des Fonctionnaires de Haute-Volta. Smith Samuel ouvre le compteur de son club en Coupe d'Afrique des Clubs Champions en inscrivant le premier but de la rencontre. Un défenseur voltaïque offre à Conakry II son second but de l'après-midi en trompant son propre gardien. Mais, contre toute attente, les futurs Burkinabés font montre d'une belle résistance au match retour, obligeant Conakry II au partage (1-1) des points. Après cette entrée en matière victorieusement négociée, un nouveau club malien s'est dressé sur la route des Guinéens en quarts de fmale. En trois éditions de la Coupe N'Krumah, c'était pour la troisième fois que Guinéens et Maliens étaient appelés à en découdre au même stade de la compétition. Après deux succès maliens, le troisième affrontement allaitil enfin se terminer à l'avantage des Guinéens, ou confIrmer le vieil adage selon lequel il n'y a jamais deux sans trois? De toute façon, le passé ne plaidait guère en faveur du représentant guinéen, à la suite des nombreuses déconvenues essuyées face à « l'ogre» malien. Ces appréhensions étaient d'autant justifIées que le nouveau client avait la réputation d'être plus redoutable que les précédents. Il s'agissait en effet du Dioliba Athletic Club, une équipe dynamique, inspirée, pratiquant un football vif et réaliste, qui doit son nom au majestueux fleuve Niger qui traverse la capitale malienne. Depuis l'indépendance du Mali, le Dioliba l'une des équipes phares du pays. Il a donné à la sélection nationale ses trois premières vedettes, à savoir l'arrière central Idrissa Traoré dit Laïs, joueur sec, sobre, pratiquement indéracinable et diffIcile à passer balle à terre, Abdoulaye Diawara dit Blocus, puissant comme ses tirs, à l'excellent jeu de tête, réalisateur efficace et surtout Karounga Keita dit Kéké, inter droit, dribbleur extraordinaire aux contre-pieds spectaculaires. En 1967 seul Blocus répondait encore présent, dans

18