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Marina De Castro
La terreur, un concept psychostratégique
Approche comparative entre la dissuasion nucléaire et le terrorisme
La terreur, un concept psycho-stratégique
Marina De Castro
La terreur, un concept psycho-stratégique
Approche comparative entre la dissuasion nucléaire et le terrorisme
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-11048-6 EAN : 9782343110486
« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » Pierre Corneille
Dix ans après les bombardements d’Hiroshima et de er Nagasaki, le 1 mars 1955, Winston Churchill, alors Premier ministre du Royaume-Uni, s’adressa à la Chambre des Communes du Parlement britannique en ces termes :
«Il semblerait que nous ayons atteint par une sublime ironie, un stade de notre Histoire au sein duquel notre sécurité serait le robuste enfant de la terreur et notre survie la sœur 1 jumelle de l’annihilation». Cette citation sera le fil condu-cteur de cet ouvrage puisqu’à travers ce parallélisme syntaxique nous nous attellerons notamment à étudier le lien qui existe entre ce concept de terreur et l’annihilation qui en est l’une des conséquences. Ainsi, nous mènerons une approche comparative entre d’une part le terrorisme et d’autre part la stratégie de dissuasion nucléaire. Cette approche ne visera pas seulement à mettre en exergue les convergences qui unissent ces deux thèmes. Elle aura également pour objectif de démontrer les divergences fonda-mentales qui demeurent entre ces deux concepts. Paradoxa-lement, nous verrons que même si la terreur lie étroitement le terrorisme et la dissuasion nucléaire, sur certains aspects, ces derniers restent diamétralement opposés.
Définissons tout d’abord certains termes qu’il convient d’avoir à l’esprit afin de comprendre le cheminement de ce travail. Ce dernier entremêlera des éléments psychologiques à un environnement militaro-stratégique. Il convient de cette manière de définir la stratégie considérée à travers le prisme militaire. Il s’agit, selon le centre national des ressources textuelles et lexicales, de «l’art d’organiser et de conduire
1 « Then it may well be that we shall by a process of sublime irony have reached a stage in this story where safety will be the sturdy child of terror, and survival the twin brother of annihilation. » MAURER John, Churchill and the Strategic Dilemmas Before the World Wars, New York, US Naval War College Press, 2014, p.129.
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un ensemble d’opérations militaires prévisionnelles et de coordonner l’action des forces armées sur le théâtre d’opérations jusqu’au moment où elles entrent en contact avec l’ennemi ». Elle s’attelle principalement à réfléchir à la prise d’ascendant sur l’ennemi en amont et en aval du point de rupture, de l’entrée en contact avec l’adversaire. Nous pouvons de plus dire que la stratégie dans son sens large vise à influer sur une multitude de facteurs, endogènes ou exogènes à la situation, dans le but premier de coordonner les forces et dans le but second d’incapaciter l’ennemi ou du moins de l’annihiler. Concernant notre étude, nous nous focaliserons sur la stratégie de dissuasion nucléaire, prise dans son sens large et international. Cette dernière est un moyen défensif pour des pays comme la France ou les Etats-Unis par exemple. Cependant, ce peut être un moyen offensif comme ce fut le cas pour le Pakistan. Cette dissuasion permet de sauvegarder et de protéger les intérêts vitaux primordiaux définis par les différentes nations, contre toute forme d’agression directe ou indirecte, d’origine étatique. La dissuasion nucléaire admet deux objectifs. Par un certain équilibre de la terreur, elle induit le relatif équilibre de la scène internationale. De plus, elle témoigne symboliquement de la puissance du pays en question ainsi que de son 2 indépendance en matière de sécurité .
La dissuasion nucléaire est une stratégie à double tranchant. En effet, soit elle s’avère efficace et dans ce cas, l’arme nucléaire n’est pas utilisée puisque les négociations ont été fructueuses. Soit dans le cas inverse, elle échoue. L’arme est utilisée puisque les avertissements n’ont pas été pris en considération et que les discussions n’ont pas abouti à un consensus. Au fil de notre étude, nous illustrerons les propos développés par des exemples parlants. Ainsi, s’agissant
2 Livre Blanc sur la sécurité et la défense nationale, Ministère de la Défense, Paris, 13 juillet 2012.
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d’une hypothèse de dissuasion réussie, nous évoquerons principalement la crise des missiles de Cuba de mai 1962. Lors de l’Opération Anadyr, l’Union des Républiques socialistes Soviétiques (U.R.S.S), en vertu de l’idéologie communiste, vint en aide à son allié cubain et l’aida à se défendre contre le potentiel envahisseur américain. Quatre sous-marins et plusieurs navires soviétiques chargés de missiles nucléaires naviguaient en direction de l’île avant d’être repérés par les services de surveillance américains. Le président Kennedy, considérant cette ingérence comme une menace grave à l’encontre des intérêts vitaux des Etats-Unis d’Amérique, menaça de faire usage de l’arme nucléaire si les bâtiments ne faisaient pas marche arrière. Après un suspense insoutenable, Khrouchtchev céda et ordonna à ses navires de changer de cap. Cet exemple illustre pleinement la réussite de la stratégie de dissuasion nucléaire entreprise par les Etats-Unis.
Cependant, dans le cas contraire, la dissuasion nucléaire peut échouer et l’arme nucléaire, qui est par définition une arme de non-emploi, est amenée à être employée. Depuis 1945, année fatidique, au cours de laquelle les Etats-Unis acquirent la bombe A conséquemment au projet Manhattan, l’arme nucléaire fut employée à deux reprises. Ce sont les deux seules fois où la dissuasion nucléaire a échoué sans doute parce que de telles armes n’avaient encore jamais été utilisées de manière opérationnelle. A la suite de pertes humaines américaines considérables lors de la conquête de l’île japonaise d’Okinawa, les Etats-Unis craignirent de perdre davantage de soldats lors de la conquête de l’île d’Honshu qui se profilait. La résistance japonaise était très rude. Les Etats-Unis menacèrent donc d’utiliser une arme
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