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Théories de la politique étrangère américaine

De
531 pages
Quand il s’agit de comprendre pourquoi les États-Unis agissent d’une façon ou d’une autre dans le monde, les débats sont généralement virulents, et souvent réducteurs. Les théories peuvent alors être très utiles pour éviter ces dérapages dans la mesure où elles permettent de structurer l’expression des enjeux et des arguments.
Conçu comme une introduction générale, ce livre vise essentiellement trois objectifs :
Offrir un survol complet des théories qui sous-tendent la politique étrangère américaine. Le menu est très riche et chaque collaborateur a eu pour mission d’exposer les théories pertinentes, de présenter les auteurs principaux et les lectures incontournables.
Offrir une sélection pluraliste de points de vue, une diversité de théories qui sont à la fine pointe de la recherche et qui sont parmi les plus couramment évoquées.
Proposer une vision panoramique des principales théories dans une langue accessible, hors de tout jargon.
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Sous la direction de Charles-Philippe David
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uand il s’agit de comprendre pourquoi les États-Unis Q agissent d’une façon ou d’une autre dans le monde, les
débats sont généralement virulents, et souvent réducteurs. Les
théories peuvent alors être très utiles pour éviter ces dérapages Auteurs, concepts et approches
dans la mesure où elles permettent de structurer l’expression
des enjeux et des arguments.
Conçu comme une introduction générale, ce livre vise
essentiellement trois objectifs :
★Offrir un survol complet des théories qui sous-tendent la politique
étrangère américaine. Le menu est très riche et chaque collaborateur
a eu pour mission d’exposer les théories pertinentes, de présenter
les auteurs principaux et les lectures incontournables.
★Offrir une sélection pluraliste de points de vue, une diversité
de théories qui sont à la fne pointe de la recherche et qui sont
parmi les plus couramment évoquées.
★Proposer une vision panoramique des principales théories dans
une langue accessible, hors de tout jargon.
Charles-Philippe David est professeur de science politique, coprésident
de l’Observatoire sur les États-Unis et titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand
en études stratégiques et diplomatiques à l’Université du Québec à Montréal.
Il est appuyé ici par une équipe d’auteurs reconnus : Donald Abelson,
Sébastien Barthe, Pierre-Alain Clément, Barthélémy Courmont,
Frédérick Gagnon, David Grondin, Bernard Lemelin, Karine Prémont,
Tanguy Struye de Swielande, Julien Tourreille, Élisabeth Vallet et
Gilles Vandal.
isbn 978-2-7606-2775-8
• 49,95 $ 45 e
Disponible en version numérique
www.pum.umontreal.ca PUM Les Presses de l’Université de Montréal
Extrait de la publication
paramètres
david
paramètresExtrait de la publication
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théories de la politique étrangère américaine
Extrait de la publication
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Politique étrangère*.indd 4 12-10-11 17:02i n t ro du c t i o n 5
Sous la direction de
CHARLES-PHILIPPE DAVID
théories de la politique
étrangère américaine
Auteurs, concepts et approches
Les Presses de l’Université de Montréal
Extrait de la publication
Politique étrangère*.indd 5 12-10-11 17:026 théories de la politique étrangère américaine
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque
et Archives Canada
Vedette principale au titre :
T éories de la politique étrangère américaine : auteurs, concepts et approches
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C omprend des réf. bibliogr.
ISBN 978-2-7606-2775-8
1. États-Unis - Relations extérieures - Philosophie. 2. États-Unis - Politique et gouvernement.
3. Relations internationales. 4. États-Unis - Relations extérieures - BiblioI. Dgravapihdi, e.
Charles-Philippe.
JZ1480.T43 2012 327.73001 C2012-941008-X
ISBN (papier) : 978-2-7606-2775-8
ISBN (pdf) : 978-2-7606-2776-5
ISBN (epub) : 978-2-7606-2777-2
eDépôt légal : 4 trimestre 2012
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
© Les Presses de l’Université d Me ontréal, 2012
Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide fnancière du gouvernement du
Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités d’édition.
Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien fnancier le Conseil des arts
du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
Imprimé au Canada en octobre 2012
Extrait de la publication
Politique étrangère*.indd 6 12-10-11 17:02Sommaire
L’étude de la politique étrangère amér icaine 9
Partie 1
Les approches culturelles
1 . D ix tournants historiques de la politique ex térieure 15
2. L’exceptionnalisme comme fondement mo ral
de la politique étran gère 67
3. Le poids du discours et du lang age 117
Partie 2
Les approches structurelles
4. T éories de l’hégémonie américa ine 165
5. La pensée géopolitique américa ine 201
6. Les débats constitutionnels et la séparation des p ouvoi2r4s5
Partie 3
Les approches pluralistes
7. T éories sur le rôle du Cong rès 287
8. L’étude des lobbies et d tehs ink tank s 319
9. L’infuence de l’opinion publique et des mé dias 351
Partie 4
Les approches décisionnelles
10. Le leadership et le style préside ntiels 387
11. La cognition, la perception et les prédispo sitions 421
12. T éories bureaucratiques du processus décis ionnel 455
Extrait de la publication
Politique étrangère*.indd 7 12-10-11 17:02Extrait de la publication
Politique étrangère*.indd 8 12-10-11 17:02L’étude de la politique
étrangère américaine
Charles-Philippe David
Quand il s’agit de comprendre pourquoi les États-Unis agissent d’une
façon ou d’une autre dans le monde, les débats sont généralem- ent viru
lents, et souvent réducteurs. Les chercheurs disposent déjà d’un ouvrage
en français qui décrit les rouages, les acteurs et le contexte d -e la formula
1tion de la politique étrangère amér. Cicaeilnuei que vous avez entre les
mains propose plutôt un panorama dtheés ories. Même en anglais, de tels
manuels sont assez peu courants alors que les contributions théoriques
sont nombreuses et diversifées dans les revues qui traitent sur une base
régulière de la politique étrangère américaine. Cet ouvrage se distingue
des manuels anglophones de deux manières import : ial nntee ss ’agit pas
ici d’un recueil de chapitres publiés ailleurs et regroupés pour - la circons
2tance, ni d’essais sur l’état des théories ou sur les agendas de . recherche
Nous l’avons plutôt conçu comme une introduction générale, qui vise
essentiellement trois obje c: tifs
1. Voir Charles-Philippe David, Louis Balthazar et Justin V La pïsolseit, ique
étrangère des États-Unis. Fondements, acteurs, formula, Ptiaornis, Presses de
Sciences Po, 2008.
2. D eux manuels en anglais sont fréquemment u t: Miliiscéhsael Hogan et
Tomas Paterson (dir.), Explaining the History of American Foreign Relati, ons
Cambridge, Cambridge University Press, 20 ; e04t John IkenberryAm, erican
Foreign Policy. Teoretical Essay, Ns ew York, Longman, 2005.
Politique étrangère*.indd 9 12-10-11 17:0210 théories de la politique étrangère américaine
1. O frir au lecteur un survol complet des théories qui sous-tendent la
politique étrangère américaine. Le menu est très riche et chaque
auteur a eu pour mission d’exposer les théories pertinente-s, de pré
senter les auteurs principaux et les lectures incontournables.
2. O frir une sélection pluraliste de points de vue, une diversité de
théories qui sont à la fne pointe de la recherche et qui sont parmi les
plus couramment évoquées.
3. Proposer une vision panoramique des principales théories dans une
langue accessible, hors de tout jargon.
Ce livre s’appuie sur un nombre important d’exemples qui illustrent
les théories présentées. Le déf est de taille puisque la théorie est en
ellemême un champ contesté. En efet, que faut-il entendre par t ? Ohén orie
pourrait retenir la défnition sui : uvane etexpression cohérente et s- ys
tématique de notre connaissance, généralement fondée sur l’observation
empirique et le raisonnement logique. Mais il va de soi qu’aucune théorie
ne saurait tout à la fois décrire, expliquer, prévoir et prescrire (les quatre
fonctions habituellement associées à l’apport d’une théorie). P- our para
phraser le grand philosophe de la connaissance Tomas Kuhn, la meilleure
théorie est sans doute celle e qxupi l«ique le moins mal le plus de réa »l. ités
Pour mieux nous repérer parmi toutes les théories, nous les avons donc
regroupées sous quatre grandes appr o: c cuhletsurelle, structurel-le, plu
raliste et décisionnelle.
1. Les théorie sculturelles sont parmi les plus populaires, et pour c : ause
elles analysent la politique étrangère américaine selon ses croyances,
ses valeurs, ses mythes fondateurs, ses discours et son style national,
qui prédominent depuis plus de deux cents ans.
2. Les théorie structurelle ps ortent sur les facteurs contextuels (internes
et externes) qui expliquent, sur la durée, la puissance am suér ric aine
la scène internationale et ses attributs nationaux.
3. Les théories pluralistes font valoir la thèse que la politique étrangère
est largement déterminée par la politique intérieure. Elles scrutent
les acteurs déterminants que sont le Congrès, les groupes de pression
et les lobbies, les médias et l’opinion publique.
4. Les théories décisionnelles décortiquent les raisons pour lesquelles
certains choix sont privilégiés, certaines actions sont entreprises et
certaines visions sont promues par les décideurs. La politiq -ue étran
Extrait de la publication
Politique étrangère*.indd 10 12-10-11 17:02l étude de la politique étrangère américaine 11’ 
gère s’avère le résultat des choix arrêtés par le président, sur la base
des perceptions dominantes et des intérêts organisationnels, de même
que du jeu bureaucratique.
Un tel ouvrage n’aurait pas été possible sans la contribution généreuse
de mes collègues, qui ont cru à ce projet et que je remercie vivement. Ils
ont bien voulu s’astreindre à l’exercice difcile d’une première synthèse
3en françai sdu champ théorique qui leur a été assigné. Je remercie mes
assistants, Julien Tourreille pour le volet éditorial et Roseline
LemireCadieux pour le volet technique. Je remercie également Jean-Claude Vallet
et Carl Charbonneau pour leurs précieuses révisions et traductions. Mes
remerciements également à Antoine Del Busso, notre éditeur, qui a dès le
départ pris la mesure de l’utilité de cette entreprise, ainsi qu’à son équipe
pour l’aide apportée tout au long du processus d’édition. Enfn, je tiens à
souligner l’immense collaboration des chercheurs de la Chaire
RaoulDandurand de l’Université du Québec à Montréal, notamment au sein de
l’Observatoire sur les États-Unis.
3. À noter que toutes les citations anglaises de cet ouvrage ont été librement
traduites par les auteurs.
Extrait de la publication
Politique étrangère*.indd 11 12-10-11 17:02Politique étrangère*.indd 12 12-10-11 17:02P AR T I E I
les approches culturelles
Politique étrangère*.indd 13 12-10-11 17:02Extrait de la publication
Politique étrangère*.indd 14 12-10-11 17:02chapitre 1
Dix tournants historiques
de la politique extérieure
Bernard Lemelin
Nous nous proposons de donner ici un aperçu des grands débats qui ont
jalonné l’histoire de la politique étrangère des États-Unis depuis 1789.
Reposant exclusivement sur des sources secondaires, ce texte est découpé
chronologiquement en trois parties qui correspondent chacune à une phase
charnière de la diplomatie américaine, à s : 1 a. Lvoa piruissance en devenir
(1789-1898), 2. La puissance mondiale (1898-1945) et 3. La superpuissance
(1945-1989). Pour chacune de ces parties, nous avons retenu trois débats
majeurs. Ainsi, la première partie aborde tour à tour le traité de Jay de 1794
avec l’Angleter, l ra ge uerre mexicano-américaine de 1846-1848 et l’achat
de l’Alask dae 1867. Dans la deuxième partie, il sera question de la guerre
hispano-américaine et du débat touchant l’acquisition des Ph, deilisp pines
discussions autour du traité de Versailles (191 e9t d-192e l0)’aide à apporter
à la Grande-Bretag enen 1940-1941. Axée sur la période de la guerre f , roide
la troisième partie sera consacrée au Great d De 1b95ate 0-1951, au dossier
vietnamien au lendemain de l’ofensive du Têt (1968) et à la controverse de
1977-1978 sur la restitution de la zone du canal de P . E an cnaomnaclusion,
on s’attardera au premier grand débat de l’ère post-guerre froide découlant
de l’invasion irakienne du Koweït (1990-1. 991)
Naturellement, d’autres débats signifcatifs auraient pu avoir leur place
dans le cadre d’un tel chapitre. Notre première partie sur la période
17891898, par exemple, évacue les polémiques provoquées par l’afrontement
Extrait de la publication
Politique étrangère*.indd 15 12-10-11 17:0216 théories de la politique étrangère américaine
armé de 1812-1815 avec la Grande-Breta e gt lnea question de l’annexion de
Saint-Domingue au lendemain de la guerre de Sécession. Faute d’espace,
ces débats, pour ne nommer que ceux-là, ont dû être écartés. Cela dit, nous
avons la conviction que les débats retenus, assez représentatifs de ceux
touchant l’ensemble de la période, se justifent pleinement étant donné leur
importance intrinsèque et leur caractère virulent. Qu’il sufs-e de men
etionner, concernant ce dernier aspect, que le traité de Jay d X e lVIIIa f n du
1siècle, l’un des plus cruciaux de l’histoire amé, dricéacilneenche alors, au
2dire de l’historien GeorgHere ring , une réaction on ne peut plus enfamm. ée
Ces débats, en outre, revêtent un caractère éclaté dans la mesure où ils
débordent généralement du cercle immédiat des conseillers présidentiels et
tendent à embrasser d’autres acteurs de la politique étrangère te ls le Congrès
3et « l’opinion publique ».
La puissance en devenir (1789-1898)
eDe leur naissance politique à la fn dXVIIIu siècle jusqu’à l’émergence du
ecourant impérialiste de la fn XIXdu siècle, les États-Unis, en matière de
politique étrangère, se font d’abord connaître pour leur condu-ite foncière
ment isolationniste. Prenant véritablement son envol avec le discours d’adieu
de George Washingto dn e 1796, l’idéologie isolationniste, qui se caractérise
alors par un refus de contracter des alliances contraignantes avec le vieux
continent jugé corrompu et perpétuellement en situation confictuelle, reçoit
maintes applications dans les années subséquentes comme en font foi le
discours inaugural de Tomas Jefers done 1801 et la célèbre doctrine
Monroe de 1823, laquelle est fondée entre autres sur les principes de
noncolonisation et non-intervention. L’isolationnisme américain de l’époque
est cependant loin de signifer une volonté de vivre en vase clos et un refus
des contacts extérieurs. Revêtant un aspect essentiellement politique,
celui1. Jerald A. Combs, Te Jay Treat : Py olitical Battleground of the Founding
Father, Bs erkeley, University of California Press, 1970, p. ix.
2. G eorgeH erring,F rom Colony to Superpower : U.S. Foreign Relations Since
1776, New York, Oxford University Press, 2008, p. 78.
3. Pour en savoir davantage sur la not iopn dinio’«n publiqu »e, le lecteur
peut notamment se reporter à l’excellente étude du politologue Richard Sobel,
Te Impact of Public Opinion on U.S. Foreign Policy since Vietna : Cmonstraining
the Colossu, Ns ew York, Oxford University Press, 2001, p. 10-12.
Extrait de la publication
Politique étrangère*.indd 16 12-10-11 17:02dix tournants historiques de la politique extérieure 17
ci, en fait, n’englobe nullement les sphères économique ou culturelle. En
font notamment foi l’envoi de missionnaires américains à H dèas 1w 82aï0,
le traité commercial de 1844 avec la Ceht inlees ententes de réciprocité
conclues avec des pays d’Amérique latine durant les années 1880.
L’expansion continentale, qui n’a rien d’incompatible avec le credo
isolationniste, constitue, à n’en point douter, un autre trait marquant de
la politique étrangère américaine de cette époque. Alimenté en partie par
4des considérations démographiq, cuest expansionnisme, justifé par le
5slogan de la « destinée manifest »e dès les années 1840, se traduit par le
fait que les États-Unis acquièrent des territoires contigus tels l a Louisiane
(1803), la Floride orientale (1819), le Texas (1845), l’Oregon (1846) et la
Californi (e1848). Comme nous le verrons plus loin par le biais du débat
6entourant l’Ala, lske sa entiment expansionniste, quoique moins int, ense
se manifeste également après la guerre civile. Outre l’isolationnisme et
l’expansionnisme, la volonté de préserver une souveraineté nationale
chèrement acquise constitue certes un autre trait marquant de la politique
extérieure américaine de cette période, particulièrement à ses débuts. En
etémoigne avec éloquence notre premier débat de la fXVIIIn d su iècle.
Le traité de Jay
Résolu à régler toute une série de litiges avec la Grande- quBrei tagne
persistaient depuis la fn de l’époque révolutionnaire ou qui avaient surgi
4. R appelons que la population américaine double presque entre 1820 et 1840
(Bradford PerkinTs, e Cambridge History of American Foreign Relatio , vnsol. I :
Te Creation of a Republican Empire, 1776-186, N5 ew York, Cambridge University
Press, 1995, p. 178).
5. Pour les tenants de l da «estinée manifes t», te el le journaliste new-yorkais
John O’Sullivan, qui est à l’origine de cette expression en 1845, les États-Unis sont
destinés par mandat divin à étendre leur souveraineté sur tout le continent
nordaméricain et même au-delà. Cela, à leurs yeux, permet entre autres de répandre
les idéaux de la démocratie et de la liberté. Pour plus d’information sur cette
notion, voir notamment Michael A. Morriso M na, « nifest Destin »y, dans Paul
Finkelman (dir.)E, ncyclopedia of the United States in the Nineteenth Ce, ntury
New York, Charles Scribner’s Sons, 2001, p. 248-249.
6. Pour comprendre la baisse d’intensité du sentiment expansionniste durant
les trois décennies suivant la fn de la guerre civile, le lecteur peut notamment
consulter H. William BrandTs, e United States in the Wor : A Hld istory of
American Foreign Policy, vol. I, Boston, Houghton Mifin, 1994, p. 196-198.
Extrait de la publication
Politique étrangère*.indd 17 12-10-11 17:0218 théories de la politique étrangère américaine
depuis lors, le gouvernement de George Washin, qgutoi anvait proclamé
la neutralité de sa nation en 1793 face au confit sévissant entre la
GrandeBretagne et la Fra,n dcéepêche à Londres en 1794 un diplomate chevronné
d’allégeance fédéraliste du nom de John Jay, alors président de la Cour
suprême. Agissant avec modération, ce dernier, un New-Yorkais, conclut
à la fn de la même année un traité par lequel il obtient la promesse de son
homologue Lord Grenville que les postes militaires et compt-oirs com
7merciaux du Nord-Oues tt oujours occupés par les Britanniques, en
violation du traité de paix de 1783, seraient évacués dans les deux ans. Jay
obtient en outre que les réclamations pour les dommages résultant de
8saisies de navires américains soient soumises à une commission ar. bitrale
Londres concède aussi d’importants privilèges commerciaux à la jeune
nation, tant aux Antilles britanniques qu’e. En I n cndoentrepartie, les
États-Unis reconnaissent entre autres l’obligation pour leurs citoyens de
rembourser les dettes contractées auprès des marchands anglais avant la
guerre d’Indépendance. Fait à signaler, ledit traité, qui compte au rang
de ses défenseurs l’anglophile secrétaire au Trésor Alexander H amilton
de New York et une myriade de négociants et armateurs de la
NouvelleAngleterre, ne soufe mot de la question des indemnisations pour les
esclaves que les armées britanniques avaient enlevés à leurs propriétaires
durant ce même confit.
Rendus publics en mars 1795, les termes du traité provoquen-t rapide
ment consternation et fureur à l’échelle du pays. Jay est même pendu et
brûlé en efgie en divers endroits tandis qu’Ham eilsto inmpliqué dans
une rixe à New York. Dans la région du Nord-Ouest, la population ne
manque pas de protester contre une clause attribuant aux Anglais des
9droits de navigation sur le feuve Missis. Msipapis c’est surtout dans le
7. Le territoire du Nord-Ouest, grosso modo, désigne alors cette région des
États-Unis comprise entre les Appalaches et le feuve Mississippi et située au nord
de la rivière Ohio.
8. C es saisies de la Grande-Breta agvnaeient débuté au début des années 1790
dans un contexte de dégradation de ses relations avec l . L a Fonrdarnecs ne e se
gênait alors pas pour arraisonner en mer des navires américains s’adonnant
notamment à la contrebande avec les Antilles françaises. Qui plus est-, des déser
teurs britanniques étaient parfois repris à l’occasion de ces opérations.
e9. A ïssatou Sy-WonyuL, es États-Unis et le monde au 1 s 9 iècle, Paris, Armand
Colin, 2004, p. 52 ; H . W. Brands, op. cit, p. . 62.
Politique étrangère*.indd 18 12-10-11 17:02dix tournants historiques de la politique extérieure 19
10bastion républicain-démocr datu Se ud que s’exprime avec le plus d’in-ten
sité le mécontentement. Parmi les nombreux détracteurs de l’entente
provenant de la région fgurent entre autres le représentant de Virginie
James Madison et Thomas Jefferso, ln’ancien secrétaire d’État de
Washington. Ce dernier, gagné à la cause révolutionnaire française qu’il
perçoit comme un noble combat pour la liberté, est d’avis que le traité
conclu avec l’Anglet mer or nearchiste représente un coup de poignard dans
le dos de la France qui avait pourtant apporté une précieuse contribution
militaire durant la guerre d’Indépendance à la suite de l’alliance conclue
en 1778. Qui plus est, une pléthore de sudistes, y voyant une capitulation
humiliante devant Londres, s’opposent aux clauses relatives au paiement
des dettes antérieures à la Révolution américaine (des dettes pourtant
largement contractées par des Virginiens) et déplorent avec véhémence
l’absence de compensations pour les esclaves emportés antérieurement par
les armées britanniques. Naturellement, les critiques, attisées par des
journaux républicains-démocrates telCasr ollain a Gazett eet le Kentucky
11Herald , fusent particulièrement à l’endroit du chef de l’exécutif, considéré
12comme le grand responsable du traité de 1 . « 79 L4’impopularité de
13[George] Washington devait atteindre un sommet avec le trait », é d e Jay
afrme d’ailleurs à ce sujet l’historien Daniel Bo. orstin
Malgré son impopularité et les turbulences qu’il crée, le traité de Jay
reçoit l’aval du Sé lnae 2 t4 juin 1795. L’approbation de la Chambre haute
14se fait toutefois par une très mince majorité, à 20 voix co, cnte qre 1ui 0
10. Regroupant un large contingent de fermiers du Sud et de pionniers de
l’Ouest, le Parti républicain-démocrate, l’ancêtre du Parti démocrate, apparaît
durant le premier mandat de la présidence de George Wash ein gotpoponsition
à la formation d’un parti fédéraliste p éllituis «st » qe ui, fnalement, dominera la
scène politique américaine jusqu’à l’élection de 1800.
11. Daniel BoorstinH, istoire des Américain, Ps aris, Robert Lafont, 199 1,
p. 759.
12. W ashington n’en regrettait pas moins les insufsances du trai-té. Il pré
férait cependant un traité imparfait à une absence d’entente susceptible de
provoquer une autre guerre avec la Grande-Br, eutn apg anyes jugé essentiel à la
prospérité américaine (A. Sy-Wonyoup., cit, . p. 52 ; George C. Herring,o p. cit.,
p. 79).
13. D . Boorstino, p. cit, p. . 759.
14. U n examen de l’origine géographique des sénateurs ayant pris part à ce
vote révèle une nette division Nord-S lue Nd, «ord-Est (à l’exception de deux
Extrait de la publication
Politique étrangère*.indd 19 12-10-11 17:0220 théories de la politique étrangère américaine
représente tout juste alors les deux tiers requis. C’est fnalement en août
de la même année que Washington appose sa signature au controversé
traité qui, par ailleurs, cause beaucoup de grogne à la Chambre de- s repré
sentant à s l’époque.
Cela dit, le traité de Jay, qui n’aide pas à l’assainissement des relations
avec la Fran ecet qui conforte le président Washington dans sa décision
de ne pas solliciter un troisième mandat, a, paradoxalement, plusieurs
retombées bénéfques pour la jeune nation. Au dire de l’historien George
Herring , rarement traité aussi honni de la population américaine a-t-il
15généré autant d’efets favorables à court et moyen t. Aienrsmi, ne on
seulement les Britanniques reconnaissent d’une manière plus formelle
l’indépendance du nouveau pays, mais il faut noter encore que le traité
de 1794, en accélérant leur départ de la région du Nord-Ouest et en minant
du même coup leur appui à la résistance amérindienne, facilite l-a progres
16sion des pionniers américains plus avant à l’intérieur des ter. Drie toires
plus, l’entente conclue par John Jay a pour conséquence de stimuler les
exportations américaines à destination de l’Empire brit ;a l nen v ioqluueme
des échanges commerciaux entre les deux pays, à vrai dire, ne fait rien de
17moins que tripler dans la décennie qui s. P uoiutr Bradford Perki, lnse
traité de 1794 permet également aux États-Unis, de façon indirecte, de
conclure un accord favorable avec l’E (sepan lgn’oeccurrence le traité
Pinckney d’octobre 1795 qui garantit une liberté de navigation sur le
Mississippi) dans la mesure où cette dernière, appréhendant l’é-tablisse
ment de relation cs «ordiale » es ntre la Grande-Breta egnt lee s États-Unis,
18se sent alors disposée à jeter du lest face à la nouvell. e nation
Notons en terminant que le traité de Jay a ceci d’intéressant qu’il révèle
l’ampleur qu’ont déjà en ces années les clivages géographiques aux États-Unis.
votants) s’identifant aux fédéralistes, tandis que le Sud votait en b loc contre
le traité et suivant les positions des anti-fédéralistes [c.-à-d. les
républicainsdémocrate s» (] A. Sy-Wonyu, op. cit, p. . 52). Cela incite l’historien Jerald Combs
à afrmer que le traité de Jay a largement contribué à la création de-s deux pre
miers partis politiques aux États-Unis (J. Comop.bs c , it, p. . 187).
15. G. Herring,o p. cit, p. . 81.
16. To m M. Armstrong, « Jay’s Treat »y, dans Bruce W. Jentleson et Tomas
G. Paterson (dir.)E, ncyclopedia of U.S. Foreign Relation, Ns ew York, Oxford
University Press, 1997, p. 46 ; J1ean-Michel LacroiHx, istoire des États-Un, Pais ris,
Presses universitaires de France, 1996, p. 136.
17. A . Sy-Wonyu, op. cit, p. . 52.
18. B. Perkins, op. cit,. p. 100.
Politique étrangère*.indd 20 12-10-11 17:02chapitre 11
La cognition, la perception et les prédispositions 421
Tanguy Struye de Swielande
Comprendre la cognitio n 421
La cognition à l’échelle individ uelle 424
La cognition à l’échelle du gr oupe 441
La cognition à l’échelle natio nale 448
Les auteurs et ouvrages fondamen taux 453
chapitre 12
Théories bureaucratiques du processus décisionnel 455
Charles-Philippe David
Les contraintes bureaucrat iques 456
Les stratégies décisionnel les 471
Les auteurs et ouvrages fondamen taux 488
Bibliographie 491
Les auteurs 523
Extrait de la publication
Politique étrangère*.indd 530 12-10-11 17:03Sous la direction de Charles-Philippe David
auteurs, concepts et approches
uand il s’agit de comprendre pourquoi les États-Unis Q agissent d’une façon ou d’une autre dans le monde, les
débats sont généralement virulents, et souvent réducteurs. Les
théories peuvent alors être très utiles pour éviter ces dérapages Auteurs, concepts et approches
dans la mesure où elles permettent de structurer l’expression
des enjeux et des arguments.
Conçu comme une introduction générale, ce livre vise
essentiellement trois objectifs :
★Offrir un survol complet des théories qui sous-tendent la politique
étrangère américaine. Le menu est très riche et chaque collaborateur
a eu pour mission d’exposer les théories pertinentes, de présenter
les auteurs principaux et les lectures incontournables.
★Offrir une sélection pluraliste de points de vue, une diversité
de théories qui sont à la fne pointe de la recherche et qui sont
parmi les plus couramment évoquées.
★Proposer une vision panoramique des principales théories dans
une langue accessible, hors de tout jargon.
Charles-Philippe David est professeur de science politique, coprésident
de l’Observatoire sur les États-Unis et titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand
en études stratégiques et diplomatiques à l’Université du Québec à Montréal.
Il est appuyé ici par une équipe d’auteurs reconnus : Donald Abelson,
Sébastien Barthe, Pierre-Alain Clément, Barthélémy Courmont,
Frédérick Gagnon, David Grondin, Bernard Lemelin, Karine Prémont,
Tanguy Struye de Swielande, Julien Tourreille, Élisabeth Vallet et
Gilles Vandal.
isbn 978-2-7606-2775-8
• 49,95 $ 45 e
Disponible en version numérique
www.pum.umontreal.ca PUM Les Presses de l’Université de Montréal
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