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Vagabondage jusqu'au bout de l'extrême

De
192 pages

Si le titre s'inspire de Céline, la forme de Stevenson, le style de Kerouac, mais poussé à l’extrême dans le spontané, l’urgence et le paradoxal, Vagabondage jusqu'au bout de l'extrême - accompagné d’un terre-neuve bâté Diego - est aussi un périple raconté par un médecin. Un rônin du XXIe siècle, qui crie un amour perdu, qui met à l’épreuve tant ses qualités physiques, mentales, humaines que son sens du contact avec ceux qui sont dans le plus grand dénuement, il va jusqu’à mendier et se confondre avec les SDF, les nouveaux pauvres ou les accidentés de la vie. Avec le froid, le désamour, les dangers de la route, les trahisons, le plus grand ennemi; lui-même mais c'était sans compter sur la fidélité d’un chien en toile de fond d’une France qui ne compte plus les exclus... Cette belle France qui a vu passer le siècle des Lumières et qui a oublié d’évoluer avec son temps. Témoignage poignant, mais aussi tentation extrême de passer la ligne, le cap, le politiquement correct !


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À tous ceux qui m’ont tendu la main, anges et humains sur ce chemin.
PROLOGUE Quand j’ai décidé de partir sur la route comme on décide de changer de vie, j’avais toutes les inquiétudes qu’un homme de mon âge et de ma formation pouvait avoir. médecin, bac + 10, marié, père de 8 enfants rien ne m’orientait à un jour prendre la route comme l’avait fait Jack Kerouac à une autre époque et dans un autre contexte. Mais, me diriez-vous, je devais avoir des grains de folie en moi pour un jour comme ça tout plaquer, ma femme, mes enfants, et mon métier pour vivre « l’aventure » sans argent et sans savoir ce qui m’attendait « là-bas », derrière, dans l’autre monde, celui de la rue où on dit tellement de choses mais aussi celui de la misère et du manque ? Et comme, je n’aime pas faire les chose à moitié, j’ai choisi de manière butée comme un enfant gâté, si je puis dire, la saison hivernale pour partir, histoire de mettre du piment à l’histoire ; de me mettre à fond dans la peau du personnage comme un acteur le ferait pour jouer le rôle de sa vie. J’ai joué « à la vie et à la mort » pour d’autres… Même si déjà j’avais fait un premier pas pour me retrouver seul enfin relativement dans mon sanctuaire « L’Atelier » au milieu de nulle part pour écrire, lire, créer et calligraphier tel un artiste. Je me suis isolé du monde pour ce faire. Il en est sorti de cette « hibernation » un roman de trois tomes de plus de 1500 pages mais déçu, dégoutté ou en colère probablement qu’aucun éditeur ne le prenne sous son aile ou plus certainement pour échapper à la routine cet isolement ou mieux faire le deuil de cette vie familiale dont je mettais coupé volontairement. J’ai fait comme Aron Ralston (Between a rock and a hard place tel est le titre original du livre qu’il a écrit à la suite ou « 127 heures » la traduction française) je me suis coupé un bras, là, après avoir été fait prisonnier d’un caillou là depuis des millénaires au point où on peut se demander s’il cela n’avait pas été un signe du destin, moi, des êtres que j’aimais le plus au monde. C’est cette marche, cette prise de risque, cette rencontre avec les gens qu’ils soient en haut ou en bas de l’échelle cette position assise avec à mes côtés mon chien, Diego, ce terre-neuve avec lequel j’ai vécu ces rencontres que j’ai voulu vous faire partager même si la lecture par le manque de ponctuation est relativement difficile, il en reste l’essentiel, l’instant, la véracité et l’émotion enfin j’ai l’espoir que cela vous donnera sinon envie de partir du moins un autre aspect de ce que c’est que vivre dans la rue ou de marcher au bord des routes au jour d’aujourd’hui dans ce beau pays qu’on appelle France.
putain qu’est-ce que j’ai mal aux reins ce premier jour de marche entre saint-jean d’entre les deux montagnes et malaval soit à peine 19 km m’a tué pourtant ça fait un an jour pour jour que je m’entraîne par la force des choses puisque cela fait un an jour pour jour que je me suis tiré de chez moi enfin ce qui rapidement ne sera plus chez moi enfin qu’importe tout ça c’est du passé j’ai fait le choix de partir aujourd’hui sur la route partir de l’atelier pour bouger pour voir pour rencontrer comme diront les universitaires qui peut-être un jour analyseront le rouleau quand je deviendrai célèbre comme ils ont analysé celui de jack kérouac on the road dont je copie la manière d’écrire au kilomètre sans marge mais je vais plus loin que lui je mets ni ponctuation ni majuscule c’est ma patte sans début et sans fin sans naissance et sans mort dans l’urgence certes mais aussi dans le besoin d’écrire ce besoin aussi vital que de respirer manger ou dormir j’ai la chance de pouvoir écrire assis au chaud appuyé sur une table dans justement cet atelier où j’habitais je créais je baisais et que par le hasard de la route je me retrouve en cet après-midi du 19 décembre 2012 alors que normalement je devrais marcher en direction de mende la préfecture de la lozère qui comptabilise la fuite de ses habitants comme le département de façon générale j’ai fait ma première erreur de bricoleur de la marche qui est celle de me fixer un objectif arriver coûte que coûte à malaval avant la nuit mais qu’importe je suis parti au jour j là est l’essentiel faire quelque de chose d’aussi fort qu’il y a un an quand je suis parti de saint-pierre sur mer après avoir dit à celle à mon ex-femme que j’avais eu anita comme maîtresse anita qui est encore et toujours à mes côtés au jour d’aujourd’hui comme le disent les journalistes et les avocats elle est partenaire sinon complice de cette marche comme je lui écrivais dans le premier texto que je lui ai fait parvenir alors que je venais de prendre en photo la pancarte qui marquait l’endroit exact entre le trou du cul du monde et le reste sinon du monde au moins de la france avec l’idée d’en faire le tour à pied en hiver bardé de deux sacs comme deux gibecières une bouteille isotherme pleine de café chaud au début que le sera moins après accompagné d’un chien mon terre-neuve diégo qui était lui aussi de l’aventure il y a un an quand je me suis barré pour ne pas crever ah oui j’allais oublier de rapporter ici le premier texto je suis parti voilà environ une demi-heure tout va bien so long ps merci pour ton soutien pour cette marche un peu folle je te l’accorde mais je suis comme cela un peu fou il faut que j’apprenne à me lever de la chaise sans bousculer le rouleau ou le déchirer il pend de la table et repose sur le sol plus ou moins propre il me semble que j’écris droit de manière intelligible de cette main gauche qui elle aussi est entraînée depuis des années tout ça pour dire que je n’aurais pas de crampe dite de l’écrivain puisque en cas justement de douleurs insupportables de ce côté hop je passe à l’autre le droit et ainsi de suite sans devoir m’arrêter pour des questions de douleurs ou de maturité cérébrale entre le cerveau gauche et le cerveau droit je suis ambidextre voilà c’est dit je n’y reviendrais plus ah oui avant que je zappe anita a répondu à mon texto mais je l’ai lu seulement arrivé à santel alors qu’elle me l’avait envoyé juste après le mien ok je t’ai toujours dit que je te soutiendrai fais attention à toi car tu es quelqu’un de bien et tu vaux le coup je tiens énormément à toi et je ne veux pas qu’il t’arrive quoi que ce soit bonne route appelle ou textote moi ce soir all the time I think of you so long j’suis con je pleure en retranscrivant ça une musique de jazz retentit dans les écouteurs de mon mp3 la batterie le piano tout cela fait très boite de nuit cosy à saint germain des près ou ambiance charlie parker qui plane les mots comme des notes de musique s’écrivent sur le rouleau à la kérouac n’empêche le con dans son délire il a inventé un truc qui est génial l’absence de paragraphe et l’idée du rouleau comme une route et quand tu vas plus loin que tu fais tout sauter la ponctuation les majuscules et tout le bazar du coup la pensée s’écoule l’écriture se crayonne comme par magie l’hésitation est relative l’angoisse de bien écrire de faire des prouesses littéraires ou le malin sinon le savant disparaît comme par enchantement du coup on deviendrais proust qui écrivait avec des phrases longues de plusieurs pages on se dit que question longeur de phrase il est battu de plusieurs dizaines de mètres à croire qu’il n’a pas écrit une ligne alors que moi j’en suis déjà à me noyer dans le rouleau les musiciens s’excitent comme des petits fous normal c’est du jazz chacun y va de son instrument un c’est le piano l’autre c’est la batterie le dernier enfin la contrebasse merde à trois ils te font un raffut de feu de dieu et puis la clarinette qui se pointe histoire qu’on entend qu’elle le tout fait de la musique comme ce que j’écris on aime ou on aime pas y’en a qui détesteront et d’autres qui donneront sinon leur vie leur fortune pour posséder ça le rouleau original la nuit tombe pourtant il n’est que 17h 25 sur l’horloge digitale du four micro-ondes que je vois en face de moi je suis éclairé par une bougie à la dostoïevski logique en décembre les jours
sont les plus courts de l’année comment se fait-il que je me retrouve dans cet atelier où j’ai écrit la plupart des chapitres de tribulation le tome I et le tome III c’est sûr et les ¾ du tome I aussi et bien je me trouvais à la gare de malaval bien au chaud et bien assis en train de siroter un coca à 2 € à ce stade et avec cette permissivité ça les vaut dommage que la gare de malaval n’est pas ouverte toute la nuit je comprendrais plus tard que c’est la généralité que la gare soit petite ou grande j’y serais resté le temps de récupérer enfin quoiqu’il en soit je textote à anita je suis au chaud à la gare de malaval je bois un martini on the rock sur ce elle me répond en m’écrivant je peux t’appeler illico presto je lui réponds ben oui of course elle m’appelle je décroche mais en décalage surpris d’entendre ma voix comme sonnerie pour la petite histoire j’avais mis en sonnerie un enregistrement que j’avais fait samedi 8 décembre 2012 où je parlais en imitant la voix française de peter fallow le journaliste joué par bruce willis dans le film que brian de palma a fait du bouquin de tom wolfe le bûcher des vanités celui qui gagne le prix pulitzer 48 heures avant la comparution devant le juge des affaires familiales où j’étais invité mais où je n’irai pas plaider une cause indéfendable pour divorcer j’suis pas maso et en plus de la mère de mes 8 enfants ainsi donc je me faisais la conversation en écoutant une musique que je qualifierais d’enfer générique de la série télévisée beverley hills j’avais bu au moins un whisky coca bien frappé et bien frais tout ça pour dire l’élocution était plutôt évasive le moral plutôt bas et les idées fumeuses enfin quoiqu’il en soit j’ai anita qui me dit je roule je suis sur la route du puy où j’ai été avec ma fille qui du coup n’a pas été à la piscine telle mère telle fille poils aux quilles faire quelques courses et puis je dois passer par malaval comme par hasard et bien je te propose de manger ensemble un morceau dans un resto du coin sauf que de resto il n’y en a pas en cette saison dans la première ville à 6 heures à pied en tous les cas c’est le temps que j’ai mis pour faire ces 19 km nom de dieu ça était dur long épuisant des courbatures des douleurs dans les jambes des ampoules sur les pieds et tout le cortège de conneries que connaissent les marcheurs qui font le chemin de compostelle ou celui de stevenson en attendant de faire celui de giordano le giordano’s road comme j’appellerais le mien enfin mes aficionados ou das plutôt quoi j’ai les chevilles qui enflent et la tête qui gonfle alors que je n’ai fait que 19 km quand d’autres font le tour du monde et alors c’est pas la distance qui compte mais l’esprit dans lequel on la fait la route pas de fausse modestie il y aura un giordano’s road enfin pour avancer le temps que je devienne célèbre je suis déjà moche pauvre et vaniteux anita se pointe je monte j’installe à l’arrière diégo qui évidemment prend toute la place il écrase au passage les cuisses de la fille d’anita lucille avec un ou deux l on s’en fout la petite nana gueule et repousse le chien qui s’installe encore plus confortablement sur les cuisses dodues de sa voisine de banquette arrière nous voilà partis à la recherche d’un hôtel low cost pour qu’il me pique pas le peu de fric que j’avais comme mise de fond 90€ soit dit au passage entièrement avancés par anita toujours la même que ne ferais-je pas sans elle comme un con seul sur la route et puis l’idée m’est venue ou nous est venue finalement de manger aux troussaques enfin chez elle avec la promesse qu’elle me laisse à nouveau à la gare de malaval le lendemain c’est-à-dire à mon point non plus de départ mais d’avancée du coup nouveau repas de fête avec le reste de raclette et de sauvignon de la veille puis bain chaud ou avant je ne sais plus massages des pieds puis des jambes le massage d’un muscle de la jambe gauche me fait hurler de douleurs puis le muscle qu’il y a au dessus de l’épaule droite celui où reposait la bandoulière de mon sac de fringues cette épaule à laquelle est accroché le bras qui portait le bô ce bâton de samouraï cette arme mortelle dans les mains d’un expert que j’ai emportée comme moïse le sien avec ce fantasme de leadership que j’allais emmener avec moi tout un peuple mais aussi dans l’idée pragmatique de me défendre en cas d’attaque d’une bande de voyous détrousseurs de marcheurs en ces temps de grande misère aggravée par la saison la crise mondiale qui fait que la france est au bord du gouffre et affiche un nombre impressionnant de gens au dessous du seuil de la pauvreté plus de 8 millions d’après les dernières estimations comme moi 500 millions de petits chinois et moi et moi comme le chantait jacques dutronc dans une de ses chansons à une autre époque où les chinois n’étaient pas encore réveillés aujourd’hui ils sont insomniaques 18h 09 je fatigue un peu je change de main ce qui est plus facile que je ne le pensais sauf qu’il y avait un peu d’eau sur la table et du coup le rouleau a pris un coup de flotte je ne pourrais pas écrire sur ces 4 cm² là mais qu’importe cela ne m’empêchera pas de continuer évidemment avec plus de facilité de cette main droite mais peut-être de manière sinon moins littéraire du moins moins romantique je ne fais plus appel au lobe cérébral droit celui de la sensibilité telle était l’idée du départ
développer mon côté yin en écrivant de la main gauche qu’en est-il je n’en sais rien mon ou mes biographes le diront peut-être en attendant que je sois le sujet de thèses d’études de toutes sortes ou plongé dans l’oubli comme la plupart des types comme moi qui ont tout essayé et que rien n’a réussi pour des raisons diverses et qui là aussi peut faire l’objet de thèses et d’études quelles sont les raisons qui font qu’un type qui avait tout pour réussir finisse dans l’oubli le plus total en espérant que la conclusion ne sera pas il aurait dû picoler se droguer jouer au poker ou adhérer à un parti extrémiste pour ce faire remarquer plutôt que de jouer au rônin qui la preuve en est ne lui a permis qu’une seule chose passer de la non-reconnaissance à la non-postérité comme d’autres sont dans le non-agir maintenant la musique hôtel of california des eagles résonne dans mes oreilles quel enchantement le morceau que j’aime le plus au monde dans la rubrique musique pop la batterie est une apothéose les guitares me donnent la chaire de poule quant à la voix du chanteur un plaisir divin sans oublier le refrain enfin ça tombe bien je commençais à négativer la succession de mes échecs et imaginer que j’allais tomber dans l’oubli ce qui est impossible la preuve J’ECRIS donc j’existe comme d’autres pensent mais n’écrivent rien ce rouleau existe il prend forme il se déroule avant que je ne l’enroule et l’emmène avec moi au fond de ma besace et que plus loin sur la route je raconte comment c’est au jour d’aujourd’hui en france ce pays qui criait encore y’a pas si longtemps si un peu quand même liberté égalité fraternité les sans-culottes imaginaient dans cet élan révolutionnaire qu’on pouvait être tous être égaux première énorme erreur qu’on traîne depuis des siècles et qui fait qu’on en est là aujourd’hui à ramer dans la médiocratie ce soir je couche encore chez anita je récupérerai demain diégo à l’atelier tiens au fait je vais lui donner une deuxième ration de bouffe comme ça il sera opérationnel demain sur la route je pense que j’y serai vers 10h devant la gare pour mon deuxième départ ou pour ma deuxième étape il faut que je fasse cuire des pâtes ça me fait une petite pause anita doit me récupérer au retour de la séance de cheval de sa fille et de la fille de sa copine catherine la fille s’appelle mini biber marleyne de manière officielle j’ai maintenant elsa fitgerald qui pousse la chansonnette l’orthographe je ne suis pas certain mais ce dont je suis certain que c’est bien elle qui chante je reconnais sa voix elle chante cabaret une de ces chansons qui l’a rendue célèbre 18° à l’intérieur de l’atelier enfin sur le bord de la fenêtre 1° seulement dehors le froid risque d’être le plus grand ennemi mais qui puis-je le compte à rebours a affiché zéro le chronomètre est parti la fusée a décollé direction l’inconnu et au-delà ça me rappelle quelqu’un cette phrase va-t-elle exploser en vol la question est suspendue sur toutes les lèvres les plus pessimistes esquissent déjà un sourire les optimistes commencent à douter il n’y a que le pilote qui ne se pose pas de question propulsait comme il est dans l’espace inter-sidéral le vide à la rencontre dont on ne sait pas quoi des aliens ou des gentils ou rien du tout que dalle même pas une historiette qui justifie le pognon fou qu’anita a investi en y réfléchissant y’a qu’elle qui a mis du pognon dans ce road movie elle espérait peut-être qu’il y avait quelque chose à découvrir enfin pour revenir à mon histoire mon témoignage mon enquête mon diagnostic ah oui c’est bien ça je suis médecin je vais prendre le pouls la tension la température de cette france dont on dit qu’elle est au plus mal dont je vais faire le diagnostic quant au traitement s’il y en a un mis à part sauve qui peut gérard depardieu est de ceux-là ceux qui ont choisi le sauve qui peut il a raison de sauver sa peau c’est humain compréhensif à nous qui sommes humains de sauver la nôtre et de ne pas mourir avec les autres pour des raisons diverses qu’on soit idiot ou écolo ce qui est un pléonasme la liste n’est pas exhaustive n’est pas humain celui qui n’a pas d’instinct de conservation je pense même que c’est la seule et unique raison qui nous pousse à avancer à bouger justement à faire preuve de génie parce que sinon on meurt et jusqu’à preuve du contraire suivez mon regard non pas parterre en haut le fils de dieu celui qui a fait devenir blancs les cheveux de ponce pilate quand on est mort et bien on est un mort mister lapalissade doit se fendre la poire dans sa tombe et jouer au mort c’est un rôle qui n’est pas des plus encourageants surtout quand on veut celui du hipster pur et dur ou au rônin comme je serai plutôt avec toutes les conneries que j’ai écrites j’écris et j’écrirai sur ce rouleau j’attends qu’anita revienne me chercher de retour de sa calvacade par procuration 19h plus qu’une demi-heure à tirer et bonjour l’ivresse les caresses la chaleuresse et toutes les esses comme fesses que le monde ait fait de mieux pour le pauvre pêcheur que je suis les pâtes bouillessent pause reprise des hostilités entre la saison et moi entre le non et le oui entre la guerre et la paix it’s around seven o’clock in english in the text je suis à genoux devant ce rouleau dans la gare de la tour située à 8 km de santel je viens de manger une boite de fruits en boite et bu le jus succulent
anita me textote en parallèle en anglais of course et c’est pourquoi justement I scribe in the langue of auteur de roméo et juliette j’écoute en stéréo la musique d’enfer de beverley hills deuxième édition dans les oreillettes de mon mp3 je vois gros comme une maison que la belle et généreuse anita va me proposer de dormir chez elle encore ce soir qu’elle va venir me chercher après son boulot qui se termine à 22 heures gagné je n’ai pas fini ma phrase ou plus précisément d’écrire ces mots qu’anita me propose de pioncer aux troussaques come back in the sweet home c’est le coup je pars et je reviens tous les jours mais c’est vrai que dormir sur un banc sur le quai de la gare cela ne m’enchante pas plus que ça mais c’est le challenge au risque de dormir à la belle étoile je suis parti sur la route comme jack kérouac oui ou merde le coup du j’y suis j’y reste cela a déjà été écrit joué amorti je ne vais pas recommencer avec d’autres décors d’autres comédiens et un autre théâtre j’ai voulu partir j’assume ah la réponse qui arrive et bien j’ai gagné elle veut que je la masse mais aussi me montrer ses dessous qu’elle a mis pour le repas du foyer que les résidents offrent aux huiles du coin il y a 2 ans ou 3 ans je ne sais plus en 2010 c’est sûr j’étais de ceux-là les temps changent et les têtes tombent enfin je m’en fout mais alors on ne peut pas savoir comme je m’en fout d’être ou de ne pas être tiens on dirait du shakespeare l’orthographe n’est pas garantie je laisse à ma correctrice le soin de le faire je n’ai pas l’option internet sur mon portable mon ex que je remercie ici pour me payer le forfait jusqu’à nouvel ordre n’avait pas les moyens de le faire avec tous les forfaits qu’elle a sur le dos le mien faisait semble-t-il trop lourd pour son budget qu’importe j’ai un portable je peux téléphoner textoter et même recevoir et envoyer des photos quoique question photo là j’ai un doute parce que pour l’instant je n’ai pas réussi le dernier coup et je n’ai toujours pas reçu la photo de la chienne de sophie mon aînée qui s’appelle hidra là aussi je ne suis pas certain de l’orthographe c’est peut-être hydra avec un y ou simplement un i qu’importe les seules photos que je lui ai envoyé étaient celles de paysages enneigés après les chutes de neige abondantes qu’il y a eu en décembre sur la montagne ardéchoise où se situe le trou du cul du monde célèbre ou plus exactement que je célèbre dans TRIBULATION ce roman fleuve qui raconte les déconvenues certes amoureuses de paul lopez mais c’est bien plus compliqué que ça y’a des morts de l’intrigue des rebondissements aussi rebondissants que les formes généreuses d’anita il est presque 8 heures du soir la gare ferme dans ¾ h au fait je viens de voir martine ma voisine qui tient les chambres d’hôtes au goulay le premier pâté de maisons qu’il y a à côté de l’atelier où au risque de me répéter j’ai écrit la plupart des chapitres de TRIBU 207 au total c’est pas rien je m’aperçois que je penche d’un côté en écrivant ce qui n’est pas terrible aussi je redresse le tir comme un barreur la barre pour prendre le cap y’a un connard qui vient de sortir et qui a fait claquer la porte qui est juste devant moi alors qu’il y a à côté un magnifique arbre de noël décoré à souhait aux frais de la sncf qui par là marque son intérêt pour cette fête familiale où je n’ai plus ma place et d’où je suis banni après l’avoir sinon massacrée du moins escamotée l’année dernière pour en être parti une main derrière une main devant il y a 365 jours + 2 jours + une heure exactly ceci expliquant certainement cela que je me retrouve à faire la manche devant la mairie de cette charmante bourgade qui l’hiver venu ferme ses resto ses hôtels et ses chambres d’hôtes à croire et même de toute évidence que les voyageurs n’aiment pas faire le chemin de stevenson en cette saison qui a pourtant tout son charme et toute sa beauté quoiqu’il en soit demain on entre dans l’hiver le comble c’est que j’ai l’impression que dans le trou du cul du monde cela fait longtemps qu’on y est en hiver avec la neige les températures canadiennes surtout en fin de nuit j’ai vu à l’atelier il n’y pas si longtemps que ça des -13° et il paraît que sur le plateau là où habite catherine et marleyne sa fille il a fait jusqu’à -18° de quoi taper pas mal dans les réserves de bois ou de fuel domestique of course pour revenir à mon escapade qui ne fait que revenir au point de départ comme pour le saut à l’élastique le plongeur revient à son point de départ où pratiquement avant de s’immobiliser vivant ou mort ou pour faire plus intello sisyphe avec sa pierre enfin je passe à chacun sa chute et à chacun sa remontée mort ou vif la météo annonce des températures printanières pour demain et les jours suivants mais pas mal de vent et ça va flotter heureusement que j’ai pris mon poncho mais qui était troué les chats avaient joué à tarzan avant que je ne parte mon pantalon imperméable et pour finir mes guêtres elles aussi imperméables qui devraient me servir à éviter de me mouiller en cas de neige quelques jours avant mon départ pour l’aventure j’ai chaussé des raquettes des super belles raquettes que j’ai eu l’immense plaisir d’utiliser avec les guêtres justement j’ai joué à jack london j’ai ouvert des voies vierges de marques humaines il n’y avait que celles des animaux sauvages
en particulier celles des chevreuils ou des lapins surpris par le mauvais temps à la recherche de nourriture quant à la bête du gévaudan et l’homme des neiges pas vu où c’était moi 20h 28 plus qu’un ¼ heure et je suis jeté dehors à moins qu’exceptionnellement ils fassent une exception pour moi ils peuvent voir l’ardeur avec laquelle j’écris comme me disait la copine de martine qui est venue la chercher à la gare tout à l’heure vous avez l’air inspiré à moins que ce ne soit martine qui m’a sorti ça histoire de faire l’intéressante comme à chaque fois et c’est alors que je lui ai dit que je faisais du kérouac pas de ponctuation pas de marge pas de majuscule pas de paragraphe on écrit tout ce qui nous passe par la tête enfin presque parce qu’avec les conneries que me sort anita et la pareille en réponse que je lui donne y’a de quoi perdre sinon son latin du moins ses capotes tiens puisque je parle de capotes j’ai été aussi à la pharmacie à peine arrivé à la tour je me suis acheté des mouchoirs jetables une crème hydratante et protectrice pour le visage et bien-sûr des capotes il ne s’agit pas de déconner avec les mst et consorts passe et repasse devant moi le mec qui doit être chargé de fermer la gare tonnerre de dieu la chance que j’ai j’ai rencontré à prévenchères là où je suis en ce moment un mec qui était un ancien patient du cabinet de robert escoffier à saint-jean d’entre les deux montagnes à environ 25 km de mon point de départ et qui après m’avoir presque reconnu en venant me voir alors que j’étais assis sur la place que je suppose s’appeler place de l’église parce qu’il y a une église à côté une église cistercienne et aussi derrière moi un arbre qu’aurait fait planter sully en l’honneur de la naissance du roi louis XIII le fils de henry IV je crois qu’il m’a dit que c’était henry IV enfin qu’importe il faudra que je relise les trois mousquetaires à l’occasion maintenant que j’ai le temps de lire pendant que je ferais la manche c’est un des paradoxes de ce périple avoir le temps de lire parce que je sors des sentiers battus du métro-boulot-dodo et tout ce qui s’en suit sinon je laisse le soin à ma correctrice de corriger le tir et commenter comme on le voit dans les bouquins de la collection la pléïade qu’édite gallimard en bas de la page pour qu’on se couche moins con le soir enfin quoi qu’il en soit serge c’est le prénom de mon hôte m’a hébergé et offert à bouffer une soupe excellente au potiron avec des graines de poivre qu’avait faite sa copine qui s’est tirée hier chez elle dans le nord de la france d’où elle est originaire et qui vit avec serge normalement depuis un certain temps enfin tout ça pour dire que c’était chaud pour eux ces derniers temps bien que d’après ce que j’ai compris elle se casse comme ça une semaine par mois pour prendre un peu l’air histoire de se reposer les orifices génitaux parce que d’après ce que j’ai compris mon hôte est du style à réveiller sa copine en pleine nuit et à la sauter histoire de se vider les bourses alors la nana en a peut-être un peu marre de se réveiller à des heures indues pour jouer à saute-mouton c’est vrai que serge était un patient assez extraordinaire dans le sens original du terme cad sortant de l’ordinaire il me racontait à l’époque et j’ai l’impression que c’est toujours d’actualité il avait besoin de faire l’amour trois fois par jour pour se sentir bien sinon il avait du sang dans le sperme cela suppose que la nana aime ça sinon elle devient une poupée gonflable ainsi d’après ce que j’ai compris il change souvent de partenaire sexuel parce qu’il doit toutes les user j’espère qu’il ne me fera pas un procès pour divulgation de secret professionnel mais je m’en fout j’suis plus toubib mais romancier alors je dirai que j’ai tout inventé des mecs comme ça ne peut exister que dans l’imagination des écrivains enfin quoi qu’il en soit le bar qu’il tient qui était avant un bar hôtel restaurant et qu’il a transformé en chambre d’hôte mais avec toujours la possibilité de faire bar ce qui m’a donné l’idée de frapper à sa porte pour demander s’il était possible de boire un café et là oh surprise c’était le type qui ¼ heure avant était venu me demander des renseignements à propos de diégo il me disait qu’il était passionné par les terre-neuves mais que sa fille lui avait refilé son boxer parce qu’il avait tendance à mordre alors que tout heureux qu’après mon petit repas relativement complet que j’avais fait sur mon banc public au pied du christ qui me regardait sur le côté en train de bouffer j’avais l’impression qu’il lorgnait sur mes gambas à la méditerranéenne je me mets à sa place c’est pas tous les jours qu’un mec bouffe de la bouffe de cette qualité-là qui plus est un vagabond puis j’ai croqué dans une pomme golden et avalé trois chocolats suisses vendus en morceau de la célèbre barre toblerone qu’on trouve pour ces périodes de fêtes de fin d’année et là le type pas jésus serge...