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Vécu d'un pionnier de l'armée camerounaise

De
156 pages
A travers cet ouvrage, le commandant Mbassi voudrait faire connaître l'histoire et l'évolution de l'armée camerounaise, non à partir de ses idées ou d'anecdotes aux sources douteuses, mais par un récit authentique, dont les différents contours donnent de riches enseignements tant sur les ressorts cachés de l'auteur que sur les sujets militaires qu'il évoque et qui sont ancrés dans l'actualité.
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Daniel Mbassi
Vécu d’un pionnier de l’armée camerounaise
Préface d’André Tetmoun
Vécu d’un pionnier de l’armée camerounaise
Daniel MbassiVécu d’un pionnier de l’armée camerounaise Préface d’André Tetmoun
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01203-2 EAN : 9782343012032
PREFACE
Parmi les premières recrues de l’armée camerounaise se trouvait Daniel Mbassi, un jeune Camerounais qui a servi tour à tour comme militaire de rang, Sous officier et officier. Ceci lui a permisd’acquérir des connaissances élaborées sur notre armée. Ma rencontre avec lui remonte à l’époque où j’étais un jeune Elève officier et lui notre moniteur au Centre d’instruction. Plus tard, jedeviendrais son supérieur hiérarchique dans plusieurs formations notamment à l’Etat major Quartier Général. Avec le recul, je peux dire que Mbassi est le prototype du militaire engagé, qui croit à la fonction militaire de grandeur et surtout de serviabilité. Il incarne le militaire qui a embrassé à bras le corps les cinquante premières années des forces armées camerounaises. Il me souvient qu’alors instructeur, il n’hésitait pas à se dédoubler d’un conseiller «soumis et« Soyezcandide » : patients, vous êtes l’avenir de l’armée camerounaise mais surtout nos chefs de demain », répétaitil sans cesse. Il sera aussi le principal artisan de la création de l’Aumônerie militaireQuartier Général, y ayant par du ailleurs invité Monseigneur Jean Zoa alors archevêque de Yaoundé. Le contact avec les pages qui suivent m’a permis de découvrir les multiples facettes du soldat combattant, moniteurinstructeurformateur, croyant et aujourd’hui historien. Ces pages ont aussi réveillé en moi certains souvenirs collectés sur le théâtre des opérations militaires.
L’exercice n’est pas aisé de livrer des vérités ou ses vérités sur la place publique et la critique. Mbassi auteur s’y essaye avec une certaine réussite. Au fil des pages il remonte le temps, son temps, échelon après échelon, y jouant son rôle à lui. Il fait un clin d’œil à l’histoire à travers des anecdotes, notamment, les temps forts du maquis dans l’ouest Cameroun, ou encore les événements du 6 avril 1984 etc. Je remercie Mbassi de m’avoir fait l’honneur de préfacer le présent ouvrage. Ceci est une indication forte sur le chemin à suivre par les hommes en tenue. En fermant la dernière page, j’ai le sentiment que l’histoire se poursuit et j’invite l’auteur à nous en livrer la quintessence dans la prochaine édition.
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André TETMOUN
Colonel dans les forces armées camerounaises
AVANTPROPOS
L’histoire de la vie d’un homme de troupe devenu officier, qui s’imbrique dans l’actualité socio politique, le tout pimenté par des anecdotes et des prises de position sur les agissements de certains décideurs, tel se résume le cocktail explosif du récit de Daniel Mbassi, qui réussit le pari de survoler un demisiècle d’existence du Cameroun indépendant.
Trois temps forts d’un certain héroïsme lorsqu’il faut combattre les «maquisards »au lendemain de l’indépendance, puis lorsqu’il faut sauver les institutions lors du coup d’état du 6 avril 1984 et enfin quand il touche du doigt le terrain de Bakassi alors même qu’il aurait pu se retirer pour une retraite méritée.
Consacrer l’essentiel de sa vie au service de l’armée impose à l’auteur de s’interroger sur l’organisation et le fonctionnement de la grande muette. Au final se dégage le ferment d’un engagement pour servir et non se servir. Mais alors peuton s’interroger pour savoir si lesgrands hommes peuvent refaire leur histoire sans prolonger dans l’auto glorification? Dans tous les cas, expérience vécue par l’auteur a prouvé que bon nombre de responsables ont trouvé plus d’intérêt à se servir qu’à servir, rompant ainsi le pacte de confiance avec l’autorité. Subtilement et en filigrane, Mbassi donne la ligne de conduite à suivre, focalisée sur la recherche permanentede l’excellence dans tous les actes de la vie professionnelle.
Tout dans le parcours de l’auteuracteur principal invite à l’humilité devant le Seigneur qui aura été en définitive son principal guide. Un homme en tenue vu de l’extérieur comme un vecteur de violence, qui affiche sans détour sa
soumission à Dieu. C’est cette image inédite et inattendue qui se profile au fil des pages.
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INTRODUCTION
Je suisde l’ethnieNDONG. Je suis né le 31 mars 1939 à Nkolondom I, dans la banlieue nord de Yaoundé, d’ETOUNDIAmbroise et de KAMENA Laurentine.
Mon grand pèrepaternel s’appelait EVENE BILOA. Son épouses’appelaitELOMO MFEGUE Marthe. Elle était membre de la tribu Mvog Namnye de l’Arrondissement d’Okola.Mon arrièregrandpère paternels’appelait NGOLO BILOA. Le pèrede ce dernier s’appelait NSOE.
Mon grand père maternel s’appelait ETOUNGOU NDZOULI, et était membre de la tribu Mvog Eyebe Naa de NYOM II. Son épouse, NGAH ATEBA IDA, était fille de MBIDA ASSUU BABA de NGONA.
Mon père avait cinq frères et une sœur. Dans sa jeunesse, il sortit du village pour chercher une occupation. Malheureusement, cette sortie futinfructueuse. C’est bredouille qu’il retourna au bercail. Constatant qu’il n’y avait pas assez d’espace à partager avec ses nombreux frères, il décida de seretirer et de s’implanterdeux à kilomètres de la concession familiale, mettant à profit la collaboration qui régnait à leur époque. Comme activité principale, il choisit les travaux champêtres et jeta ainsi son dévolu sur la cacaoculture en particulier. Ilépousa ma mère en 1937. Fervent chrétien, ils’engagea à enseigner la catéchèse.Son épouse s’occupait de l’agriculture pour la famille. Ellefaisait partie de l’association marialeà l’église. De leur union, sont nés deuxgarçons.J’étais le second. Monpère m’avait donné le nom de son frère aîné, MBASSI Daniel, qui avait participé à la première guerre mondiale de 19141918 aux côtés des Allemands. Il existait une collaboration sincère