Vers la création d'une armée panafricaine

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D'aucuns pensent que la création d'une armée panafricaine, capable de s'interposer en cas de conflits graves, est l'une des solutions aux problèmes épineux de rétablissement et de maintien de la paix, dans une Afrique économiquement affaiblie et meurtrie par des guerres fratricides. C'est l'objet de cet ouvrage. L'auteur fait non seulement une autopsie des armées africaines fortement politisées, mais il nous fait vivre les graves conflits qui ont déchiré, ou qui déchirent encore le continent, notamment le macabre épisode Rwandais, les guerres Libérienne, Sierra Léonnaise et les crises répétées en RCA.
Publié le : mercredi 1 septembre 2004
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EAN13 : 9782296363700
Nombre de pages : 180
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Vers la création d'une armée panafricaine

~L'Hannattan,2004 ISBN: 2-7475-6620-X EAN : 9782747566209

Colonel Elton Paul Nzaou

Vers la création d'une armée panafricaine

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polyteclmique 75005 Paris France

L 'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 ]02]4 Torino ITALIE

SOMMAIRE
Avant-propos. . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 9

Introduction. Chapitre I

.11

Génèse et concept d'une politique de défense et de sécurité commune pour l'Afii.que 15 Chapitre II Importance et actualité du problème posé Chapitre ill Conséquences des guerres, conflits et crises en Afii.que. ... . ..27 Chapitre IV Autopsie des Armées Afii.caines Chapitre V Analyse des conflits et des crises en Afii.que. ... ... . Chapitre VI L'ONU, L'OUA, L'UA, et les Organisations Régionales.. Chapitre VII Le Maintien de la paix Chapitre VIII
Les Opérations de maintien de la paix. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .91

..19

..31

. ... .. ...51

55

.. .. . ..

.

81

Chapitre IX
Les Opérations de maintien de la paix initiées par l'ONU et l'OUA en Afii.que .99 Chapitre X Les initiatives régionales dans les opérations de maintien de la paix ..115

Chapitre XI L'action humanitaire ..129

Chapitre XII Historique du mécanisme de l'QUA concernant la Prévention, la gestion et la résolution (1993) des conflits et des capacités opérationnelles existantes ..135 Chapitre XIn Stratégie de consolidation et de dynamisation des Forces Régionales et de la création de la force Africaine de paix 153

DEDICACES
I

En écrivant ce texte, mes pensées vont vers mes compagnons d'armes tombés au champ d'honneur lors des missions de paix et d'intetposition, dans les différents pqys qfricains, notamment, Libéria, en Sierra Uone, et en Somalie. en Angola, au Rwanda, au

Au président Nkwame-Nkrumah, Au président qfncaine Aux

l'apôtre du panqfricanisme

Kadhafi pour ses efforts en vue de la ,'réation de l'union

chefs d'Etats

qfricains œuvrant pour la paix dans le continent contribuant à l'avènement d'une Afrique unie et prospère I) et Toussignant

Aux journalistes Aux généraux

Dalaire (COMPFORCE

MINUAR

(MINUAR II)
Au Colonel Henri Eboundi

A mes frères d'armes du continent en général et du Congo en particulier

A l'Ancien enfant de troupe Edgard Nzondo, pour sa contribution matén'elle
A mon épouse et fidèle ,'Ompagne, à mes enfants Anaélle, Hofry A mon père, ma mère, mes frères, et à mes amis. Ricardo, Jeanet,

Avant-propos Pour certains courants de pensée occidentaux, l'Afrique est incapable de prendre en main son propre destin politique. Il est essentiel que les Africains prennent conscience et comprennent que seuls les fils du continent eux-mêmes peuvent relever l'Afrique. Ils doivent puiser en eux-mêmes ce qu'ils ont de foi, d'intelligence et d'énergie pour rejoindre les milliers de penseurs et d'intellectuels d'avant-garde qui de par le monde, croient encore en eux, prêts à s'impliquer avec eux dans l'effort de résolution des problèmes de paix et de sécurité collective, condition sine qua non de son redoutable défi : le dévelovvement. L'Afrique est concernée plus qu'aucun autre continent par les foyers de tension et de conflits divers de par lem onde.
Elle tente dy trouver des solutions. Cependant, les

tâtonnements constatés révélé l'inefficacité du Cette catastrophe est permettre aux Africains,

lors du génocide du Rwanda ont dispositif d'intervention de l'OUA. donc une occasion propice pour à l'organisation de l'unité africaine,

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de repenser ses structures de défense et la fiabilité de son département du Règlement et de prévention des conflits. Cet essai est une modeste contribution à la création d'une force interafricaine de paix susceptible d'appuyer les efforts des hommes de bonne volonté. C'est le témoignage d'un homme de terrain; c'est un cri de détresse et d'alarme d'un homme qui a été au cœur de plusieurs conflits qui ont déchiré l'Afrique, y compris le plus grave qu'elle n'ait jamais connu, le génocide rwandais. Il a été tenu compte de l'adoption à Lomé en juillet 2000 de l'acte de constitution de l'Union Africaine. L'un des objets de l'Union Africaine (f) est de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité sur le continent. Elle fonctionne avec des principes bien définis, notamment à l'article 4, principe (d), qui exige la mise en place d'une politique de défense
commune pour le continent.

La complexité des missions confiées à ces hommes en uniforme dévoués, mais dont le travail souvent déprécié n'a pour seule rémunération que le sourire de ces enfants orphelins, de ces femmes abandonnées, et de ces vieillards sauvés in extremis des zones dangereuses. Leur point de vue est sans doute une source d'enseignement précieux. Ce livre est un sillon. Il résulte de discussions, de réflexions, d'analyses que j'ai eues avec mes frères d'Armes, en école de formation, sur les différents théâtres d'opérations et lors des séminaires de défense, de géopolitiques et de géostratégies. C'est donc la synthèse de plusieurs réflexions. Cette initiative se mêle à toutes ces voix qui s'élèvent à l'intérieur comme à l'extérieur du continent pour réclamer une force continentale permanente. Il est un appel lancé aux jeunes officiers africains d'aujourd'hui et de demain, à prendre le relais pour
continuer I 'œuvre commencée.

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INTRODUCTION

Depuis l'accession de la majorité des pays africains à l'indépendance politique à ce jour, l'histoire de l'Afrique est caractérisée par deux phénomènes étroitement liés: le retard économique et son corollaire, l'instabilité politique et sociale. Ces phénomènes sont liés, inextricablement mêlés, l'un entraînant obligatoirement l'autre. Si plusieurs thérapies ont été suggérées en ce qui concerne la résorption du retard économique, rien de notable n'a jusqu'alors été proposé pour venir à bout de l'instabilité. Cependant, les nombreuses stratégies exécutées sur le continent ces dernières années ont fini par convaincre les plus sceptiques, de la nécessité de mettre en place des structures de sécurité collective à même d'instaurer une paix durable. Dans cette dynamique, force est de constater que l'Europe et les Etats-Unis émergent de leur torpeur et que, les Nations

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Unies, sous la houlette du Secrétaire Général de cette institution semblent mettre en œuvre un réel « Agenda pour la paix» en Afrique. Les politiques et les stratèges évoquent de plus en plus les concepts de prévention et de résolution de cnses. Le déclenchement de la guerre civile libérienne en 1989 induira la mise en place de la première structure sousrégionale de maintien de paix digne de ce nom, - en l'occurrence l'E.C.O.M.O.G créé sous les auspices de la C.E.D.E.A.O et placé sous le commandement du Nigeria. Le sommet del 'O.U.A deI 993 au C aire a morce le recours au mécanisme de prévention et de gestion de crises à l'échelle du continent. Il en découlera certaines avancées au plan sousrégionales, notamment la prise d'initiatives au sein des organisations comme la C.E.D.A.O et la c.E.A.C pour asseoir des mécanismes de sécurité collective appropriés, basés sur les expériences antérieures. Les mutineries répétées en R.C.A amènent les chefs d'Etat Africains réunis au cours du sommet France-Afrique de Ouagadougou à mettre sur pied en décembre 1996 la M.I.S.A.B. Sous l'égide du comité international de suivi (CIS) l'organe politique garant des accords obtenus entre les mutins et l'état centrafricain est monté en puissance en un temps record. C'est ainsi qu'une force de 750 hommes en provenance du Tchad, Gabon, Sénégal, Mali, Togo, BurkinaFaso, soutenue au plan logistique par la France, fut mise sur pied sous commandement africain. Ce fut véritablement la première mise en pratique du concept RECAMP. Dans les propositions de création d'une force africaine de paix en 1994, le Général Jacques Mourgeon en charge des questions africaines au sein de la délégation aux affaires stratégiques du Ministère français de la Défense, suggère trois scénarios en l'occurrence: 12

Introduction

1. Le maintien de la situation présente où l'ONU confirmerait son rôle prééminent. 2. Le retour à une politique d'influence des Etats européens: c'est le scénario le plus simple, c'est-à-dire regroupement sous-régional sous l'égide du «Grand Frère européen». 3. La montée en puissance de l'O.D.A: ici le nouveau mécanisme de l'organisation panafricaine atteindrait ses objectifs dans le domaine de la prévention et de règlement des conflits. Les grands Etats africains (Nigeria, Egypte, Afrique du Sud...), une fois leurs problèmes internes résolus, prendraient leurs responsabilités. De son temps, le président Nkrumah suggérait déjà la création d'un Etat-major unifié pour le continent africain. La commission de défense de l'O.u.A. avait proposé le 02 novembre 1963 à Accra puis le 04 février 1965 à Freetown la création d'un haut commandement unifié pour l'Afrique. On peut donc affirmer qu'il y a une quasi-unanimité sur la nécessité de la mise en place d'une force permanente de maintien de la paix pour l'Afrique. C'est donc dans cette optique que sont envisagées les approches multiples et variées d'organisations, de chercheurs d'instituts stratégiques, des O.N.G. en vue d'instaurer la paix sur le continent africain afin que démarre réellement son développement économique. Le présent ouvrage est l'expression d'une volonté: celle de la construction d'un système collectif de sécurité en Afrique.

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Chapitre I

GENESE ET CONCEPT D'UNE POLITIQUE DE DEFENSE ET DE SECURITE COMMUNE POUR L'AFRIQUE

L'un des premiers appels à la mise en place d'une politique commune de défense et de sécurité fut lancé par le Président Kwarne Nkrumah du Ghana. Au cours de la Conférence fondatrice de l'OUA en 1963, il proposa la création d'un Haut commandement africain. Ce concept était lié à sa vision des Etats-Unis d'Afrique et à son souhait que les Etats Africains soient indépendants en matière de défense et de sécurité, en particulier dans la réaction aux situations de conflit. Le concept envisageait la création d'une structure qui coordonnerait les politiques de défense et de sécurité du continent, en particulier « contre l'agression extérieure» et qui pourrait également fonctionner comme une force de maintien de la paix dans le règlement des conflits à l'intérieur des pays africains et entre les pays africains. Il estimait que le Haut commandement africain consoliderait la souveraineté et l'indépendance des Etats africains. Toutefois, la proposition du Président Nkrumah de créer un Haut commandement africain ne s'était pas matérialisée, de nombreux pays africains la trouvant irréaliste. L'initiative n'avait pas non plus mobilisé un large soutien à cause de l'attachement des pays africains à leur souveraineté nouvellement acquise qui, selon eux, pourrait être menacée par la création d'une force supra-nationale de défense. Des préoccupations avaient également été exprimées au sujet du

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coût extrêmement élevé qu'entraînerait le maintien d'une structure militaire permanente, comme cela était implicite dans le concept «de Haut commandement». En outre, il existe encore un certain nombre de questions de sécurité non résolues entre de nombreux Etats, un facteur qui a constitué un obstacle à la coopération et à la renonciation aux hostilités pour régler les différends intra et inter-Etats. L'idée de mettre en commun les ressources et les politiques dans les domaines de la défense et de la sécurité a une longue histoire en Afrique, et a toujours été ancrée dans toute l'idée du Panafricanisme. La création de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), en 1963, a marqué un tournant dans la recherche des cadres continentaux appropriés pour la promotion de la paix, de la sécurité et du développement économique dans le continent. En effet, la coopération au niveau continental sur les questions de défense et de sécurité est un objectif clairement énoncé dans la Charte de l'OUA. En réponse aux défis sécuritaires après les indépendances, l'OUA a créé la Commission de la Défense, dont le mandat était d'assurer la coordination sur les questions de défense et d'en promouvoir des politiques communes. Au cours de son existence, la Commission a fait un certain nombre de propositions en vue de renforcer l'état de sécurité en Afrique. Notamment lors de sa première session, elle a proposé la normalisation de la formation et des fournitures militaires, et à la deuxième session, a adopté à l'unanimité un projet de résolution demandant au Secrétariat de l'OUA d'alors d'étudier la possibilité de créer une Académie militaire conjointe. Les défis sécuritaires des années 1980, notamment les luttes de libération dans différentes régions d'Afrique, le conflit au Sahara Occidental, ont préoccupé les dirigeants africains dans leur quête d'unité, de stabilité et de 16

Chapitre I

développement du continent. Mais peut-être l'une des évolutions les plus importantes de la décennie a-t-elle été la réaction de l'Organisation à la guerre civile au Tchad. Pour la première fois, l'OUA a déployé une force de maintien de la paix pour contribuer au retour de la paix dans ce pays. La mission au Tchad a marqué un tournant dans la pensée collective, et a témoigné d'une nouvelle prise de conscience et de détermination des pays africains à utiliser les ressources régionales, y compris les ressources humaines, pour le maintien de la paix et de la sécurité sur le continent. Bien que la mission ait eu des résultats mitigés, dus en grande partie à l'inexpérience de l'Organisation dans le domaine, elle a créé un précédent pour le déploiement à l'avenir d'autres missions de maintien de la paix en Afrique. Les années 1990 qui ont vu un changement de fond de la nature de la sécurité mondiale occasionné par la fin de la guerre froide, ont également marqué une nouvelle phase en ce qui concerne les défis sécuritaires de l'Afrique. Au lieu des questions telles que les conflits frontaliers, les coups d'Etat, le mercenariat, le colonialisme et autres défis de la construction des nations qui ont caractérisé les décennies précédentes, les événements des années 1990 ont amené de nouveaux défis sécuritaires, notamment l'augmentation du nombre des conflits internes, des guerres identitaires et le contrôle des ressources naturelles, l'absence de la démocratie et des libertés fondamentales, la mondialisation, la drogue, le terrorisme et bien d'autres.

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