Volonté de changement au Zaïre

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Publié le : lundi 1 avril 1991
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EAN13 : 9782296218307
Nombre de pages : 224
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Collection«Zaire - Histoire & Société»LE CONGO/ZAÏRE A L'HARMATTAN
BUANA KABUE: Citoyen Président, lettre ouverte au président Mobutu et
aux autres, 280 p.
Colloque Histoire: Rébellions/révolutions au Zaïre, colI. «Racines du Pré-
sent», 2 tomes, 237 p. et 210 p.
DELIS Ph. et SINARD Ch. (éd.): Economie de la construction à Kinshasa,
132p.
KAMITATU Cléophas: Zaïre -le pouvoir à la portée du peuple, 204 p.
KASONGO NGOY M. M.: Capital scolaire et pouvoir social en Afrique A-
quoi sert le diplôme universitaire au Zaïre, préfacé par Benoît Verhaegen, 250 p.
MBAYA M., STREIFFELER F.: Zaïre village, ville et campagne, coll. «Al--
ternatives Paysannes», 180 p.
NGANDU NKASHAMA P.: Eglises nouvelles et mouvements religieux en
Afrique Noire, coll. «Médiations Religieuses», 260 p.
TSHITENGE MUTEBA: Zaïre combat pour la deuxième indépendance,-
call. «Points de vue», 124 p.
VERHAEGEN Benoît: L'enseignement universitaire au Zaïre de Lovanium-
à l'UNAZA 1958-1978, 200 p. Benoît: Femmes Zafroises de Kisangani, préface de J.-F. Vel-
lut, coll. «Zaïre Histoire et Société», 300 p.-
WILLAME J-C: Zaïre-l'épopée d'Inga ou la chronique d'une prédation in-
dustrielle, coll. «Villes et Entreprises», 231 p.
MUBUMBILA MFIKA: Sur le sentier mystérieux des nombres noirs, 184 p.
OTTEN RIK: Le cinéma au Zaïre, Rwanda, Burundi, 122 p.
BERPS/ZAIRE: Dictionnaire médical pour les régions tropicales, 858 p.
Infirmier comment bâtir la santé communautaire, 684 p.-
Notions de pharmacologie pour régions tropicales, 278 p.
Littérature «Encres Noires»
DJUNGU SIMBA K.: Cité 15,80 p.
NGANDU NKASHAMA P.:La mort faite homme, 258 p.
Le pacte de sang, 340 p.
Vie et mœurs d'un primitif en Essonne-91, 196 p.
MPOYI BUATU Th.: La re-production, 244 p.
NZAU A. 1: Traite au Zaïre, colI. «Polars Noirs», 255 p.
KAMA KAMANDA: La somme du néant, coll. «Poètes des 5 continents»,
131 p.
Etc. et en diffusion de nombreux ouvrages. . .A.GBABENDUENGUNDUKA
E. EFOLO NGOBAASU
VOLONTÉ DECHANGEMENT
AU ZAÏRE
Archives 1990-91
(Volume 2)
L'Harmattan
5-7 rue de I'Ecole Polyt~hnique
75005 -ParisCOLLECTION « ZAIRE - HISTOIRE ET SOCIÉTÉ..
Le Zaïre est l'un des pays les plus importants d'Afrique par sa
population, son immensité, ses richesses, sa position stratégique. Pourtant
il est mal connu et notamment en France, malgré qu'il soit le plus grand
pays francophone d'Afrique.
10 ans après l'Indépendance, les premiers universitaires zaïrois pu-
bliaient dans nombre de revues et de collections des études de haut niveau
consacrées à leur pays et dont l'écho était important dans le monde.
Aujourd'hui, bien que comptant quelque 40 000 diplômés du supérieur et
60 000 étudiants, le Zaïre a une production scientifique dérisoire.
La CoUectioD« Zaïre - Histoire et Société» contribuera à pallier ces
manques dont souffre le pays autant que la communauté internationale.
Elle accueillera les écrits d'auteurs zaïrois et étrangers concernant l'his-
toire, l'économie, la société d'hier et d'aujourd'hui. Le but recherché est
de fournir des textes de réference à un large public afin de susciter une
réflexion étayée, sur le passé et le devenir du Zaïre, et de permettre ainsi
à la communauté scientifique zaïroise de s'exprimer.
- Directeur de collection: BENOÎT VERHAEGEN (ex-doyen de la
Faculté des Sciences Sociales de l'Université de Kisangani).
- Conseil Scientifique:
. - LAURENT MONNIER, professeur à l'Institut Universitaire des
Etudes du Développement (lUED), Genève.
- OMASOMBO TSHONDA, professeur à l'Université de Kisangani.
- TSUND'OLELA EPANYA SHAMOLOLO, professeur d'Histoire
à l'Université de Lubumbashi.
@L'Harmattan, 1991
ISBN: 2-7384-0764-1ANNEXES DU VOLUME 1
(Les annexes qui suivent ont été classées soit par thème, soit par ordre
chronologique pour faciliter au lecteur la compréhension des événe-
ments et lui faire «sentir la température» du Zaïre en 1990-1991. depuis
la Consultation Populaire jusqu'à l'aube de la Conférence Nationale tant
attendue...)
5r- ~ NORD.UBANGI I ~...
~~0.0iX!f,,~ GB"DOLrTE,. ", "ngo: \.. HAU~,\ELEBonoo
ZONG" I . .: ....,~=!;If' ."DUngU)u~ng. <,...;;..'. ';Ong"...; BAS.UJLE
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EaUAT~~'" ~~~~:;:~~:oeTS~UA'~~~i.~~,S./ U.~~dU~ D.KIVU
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~\. ..._..., ,_ . \ . ~: .:.K.bino~ ...: Ka..'o \.. !Kal.m" ........-rc.l - ..,. ..O'..' 5 .. ~,..' I\'s".. ,n". .~ l'.\ } ~;,t,J1'G."Otl..- ., ~ ::.........."~ ,..'".aso~gO, "'>\:ca. ~ ':é ,.,-po r .'~"."-": . ....\ I__ OJ'. ~ ... K'bon 0" .nono':l'' - ~ ~ ,L"na, "K'h.m. LUA:Mw.n..U~ ~"\ ~"".) " TANGANYIKA\ Lu... i, KWANG~ ... ID"ul K.n'..m "'J-', \..Ioi.'?'b ~ ! _--;.a I~ ~ ..'K.min.y' m...;"
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o 100 300 500km Dilo'o ~OLWEZ'O\
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LEGENDE . lU1:::'V"V"'" Lf'J.~!.../1MBUJ'."""\"'-'-
Limitede pays TSHILENGE KOLWEZI(~T~:.7~,:.~~,SH'
1 TShl/.nge K'.U",,~ ..ILimite de région "
2 K...,. K.mw.ng. , de sous.région -'ï3 K...n.. 'b...n...
. Limite dezone . Lu..' ,_.....
Nom de ville 5 M...."SANO""
Source: L. de Saint-Moulin, «Histoire de l'organisation administrative au Zaïre»,
in Zaïre-Afrique n0224, Kinshasa, avril 1988.
Source: «L'Afrique Noire asphyxiée», Cahiers Marxistes n0175, Bruxelles, Août-
Sept 1990, p.74.
61. STRUCTURES DU MPR, PARTI-ETAT
Un parti-Etat: Le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) est
l'unique institution politique et source de légitimité du
pouvoir. Sa charte est le Manifeste de la N' Sele, publié le
20 mai 1967.
15 organes: 1. -Le président du MPR, président de la République,
centre de décision et de contrôle des activités.
2. - Le Congrès.
3. - Le secrétariat général du parti, chargé de la coordi-
nation des activités du parti-Etat.
4. - Le comité central, organe d'inspiration, de concep-
tion et de décision. TIest composé de plus de 200
membres.
5. - Le bureau politique, organe permanent de contrôle.
6. - Le conseil législatif.
7. - Le exécutif (= gouvernement).
8. -Le conseil judiciaire.
9. - 8 organisations régionales:
- le comité régional;
-le comité régional élargi;
-le sous-régional ou urbain;
- le comité populaire de zone;
- le de zone élargi;
-le comité populaire de collectivité;
-le de localité;
- le comité populaire de cellule.
72. «LE PANIER DE LA MÉNAGÈRE»
(Février 1989)
Copie pour information aux:
Citoyen Secrétaire Pennanent du-
Comité Central du MPR.
Citoyen Secrétaire Pennanent du-
Bureau Politique du MPR.
Citoyen Président du Conseil Législatif.- du Judiciaire.-
Citoyen Premier Commissaire d'Etat.- Secrétaire Général de l'UNTZA.-
Citoyens Gouverneurs de Régions (TOUS).- Présidents des Assemblées-
Régionales ("rous).
Citoyens Présidents des Comités-
Syndicaux des Départements du
Conseil Exécutif (TOUS).
Concerne: Salaire du fonc- Au Citoyen Président de la
tionnaire zaïrois. République du Zaïre
de/et à/
KINSlIASA./NGAllEMA
Citoyen Président de la République,
Avec l'assurance de nos hommages les plus déférents tant à votre
égard qu'à celui de toute votre famille, nous voudrions par notre présen-
te, vous entretenir au sujet des salaires du fonctionnaire de l'Etat que
vous aviez développé au cours de votre meeting du 08 janvier 1989, tenu
sur l'esplanade du Palais du Peuple.
En effet, il est vraiment regrettable qu'en votre qualité de respon-
sable suprême de la Nation zaïroise" vous VOIlSpermettiez de tenir un
langage contraire à votre discours officiel habituel, prônant toujours
l'amélioration des conditions sociales de vos concitoyens surtout au
cours du «Septennat du Social», votre œuvre.
«Si vous voulez qu'on vous respecte, commencez par vous respecter
vous-même», dit un adage. Comme vous pouvez le constater, Citoyen
Président de la République, le re~;pect doit être réciproque, et vous ne
cessez de le répéter dans vos propres discours en vous adressant aux na-
tionaux comme aux étrangers.
Pendant que les hauts cadres politiques et militaires améliorent da-
vantage leurs conditions de vie par un salaire rémunérateur, le fonction-
8naire zaïrois, lui, se contente d'une solde qui ne lui permet même pas de
faire face à ses multiples besoins.
Parlons plutôt en chiffres:
- au Comité Central, on touche: + 500 000 Z/mois;
- au Conseil Législatif, on touche: + 150 000
- au Exécutif, on + 2 000 000 Z/mois;
Compagnons de la Révolution: + 1 500 000 Z/mois;-
sans compter les privilèges liés à leurs fonctions.
- à la Fonction Publique, on touche: 3 000 Z à 30 000 Z/mois. Il
faut d'ailleurs souligner qu'au sein même de la Fonction Publique, il
existe plusieurs barêmes suivant l'importance du Département. C'est ain-
si qu'aux Départements des Finances, de l'Enseignement Supérieur Uni-
versitaire et Recherche Scientifique, du Budget, du Plan, etc., on touche
plus que dans d'autres Départements.
En outre, les avocats<.)et les médecins ont connu dernièrement des
améliorations de leurs salaires.
Tout cela démontre que les écarts des salaires sont entretenus par
vous dans le but de diviser le peuple à votre profit; c'est-à-dire, votre de-
vise consiste à «diviser pour régner». Au nom de la loi du plus fort, du
plus résistant, vous vous permettez de maintenir la population dans la mi-
sère. Vous serez d'accord avec nous que c'est de la mauvaise politique,
pire que l'apartheid.
Cette politique met en relief les inégalités sociales entre le peuple
alors que vous ne cessez de dire à tout bout de champ, qu' «il n'y a pas de
grand et de petit citoyen».
Avez-vous donc pris le pouvoir le 24.11.1965 dans le but de profiter
de celui-ci pour vous installer et pour opprimer le peuple? «MPR = Se
servir»! Oui!
Le peuple zaïrois en a assez de vos mensonges depuis 24 ans de la
2èmeRépublique. C'est surtout le fonctionnaire zaïrois que vous martyri-
sez et qui est le plus touché dans son amour-propre car incapable de
maintenir une discipline librement consentie dans son propre foyer. Le
fonctionnaire zaïrois demeure le plus démuni, même après 10 ans de ser-
vices rendus à la Nation, exception faite des voleurs que vous entretenez
et des hauts cadres que vous corrompez.
Nous nous permettons de vous rappeler, Citoyen Président de la Ré-
publique, que le salaire demeure un indicateur important du niveau de vie
d'une nation et de son développement. Le salaire doit pouvoir couvrir
tous les aspects de la vie sociale d'un individu, et il ne peut en aucun cas
être réduit à un seul aspect de la vie car pour vous le salaire signifie: ma-
nioc, maïs, banane, riz, etc.
Il s' agit des magistrats relevant du conseil judiciaire.
*
9Le problème du salaire au Zaïre n'est pas un problème d'augmenta-
tion; mais plutôt un problème du pouvoir d'achat et, vous conviendrez
avec nous que le pouvoir d'achat du zaïre<"}est le plus [bas]. Prenons des
exemples concrets pour illustrer notre [propos]:
-logement: 20 000 Z/mois;
transport: 12 000 Z/mois à raison de 400 Z/jour;-
- soins médicaux: 20 000 Z/mois;
poisson: 12 000-
viande: 25 000 Z/mois;-
- manioc: 5 000
maïs: 6 000 Z/mois;-
banane: ?-
- condiments: ?
frais scolaires: ?-
-loisir, etc.: ?
eau courante: ?-
La liste est très longue.
Et comme vous l'avez constaté, le salaire que vous allouez au fonc-
tionnaire ne peut même pas couvrir une seule rubrique de la liste précé-
dente, alors pourquoLparlez-vous d' «augmentation»? Certainement pour
vous moquer des pauvres fonctionnaires!
Le fonctionnaire zaïrois est affecté et ne sait plus où mettre sa rete.
Par votre comportement, Citoyen Président, vous risquez de donner à
notre pays une tradition de vengeance. En effet, les enfants des pauvres
fonctionnaires (civils et militaires) ne manqueront pas de se venger, forts
à l'idée que leurs parents ont beaucoup souffert pendant la 2èmcRépu-
blique car, rappelez-vous, les vaincus d'hier sont devenus de grandes
puissances d'aujourd'hui: c'est de l'Histoire.
En lisant cette lettre, nous savons que vous allez encore grossir ta
tête mais nous vous disons pour terminer que tous les hommes passent,
les institutions restent et que le Zaïre, le grand Zaïre est l'Œuvre de Dieu
et non la vôtre et nous le bâtirons nous-mêmes, sans votre concours.
Nous vous [remercions].
KinshasaJévrier 1989
Fonctionnaires de l'Etat.
Monnaie.**
103. LE SALAIRE DES EXPATRIÉS EN 1990
«Un pont d'or est fait dans toutes les entreprises à une poignée d'expa-
triés qui se partagent une masse salariale égale à celle distribuée au res-
te du personnel autochtone.» Umoja, 22"23/6/1990, p. 12.
«Le scandale de BCZ
(Banque Centrale du Zaïre)
Que font de particulier les immigrés repris ci-dessous et que ne peu-
vent faire les cadres zaïrois, pour mériter des salaires aussi exhorbitants?
A moins de sauvegarder un privilège commun aux immigrés et aux
élites dirigeantes de notre pays, on ne peut comprendre les raisons objec-
tives qui justifient l'octroi de pareils avantages salariaux.
Noms Montant Montant Contr. Contr. payé
déclaréà déclarer à payer
De Cauwer Robert 20586550 19018466 10 293 275 9 509 230
Deome Claude 39797974 38 821 286 19693987 19410620
Dethioux Joseph 38 978 003 39120244 19489004 19060100
Godard Franz 35 667 480 34 836 386 17833743 17418190
Janssen Christian 40358 670 39380816 20179435 19690400
Meunier Jean 68 989 470 67196244 34494 737 33 598 120
Nootens Pierre 50 660 556 49 292 966 25 334 278 24 546460
Pirson Michel 34 402 000 33 612648 17201000 16 806 307
De Bruyn Jean-Pierre 43 487 292 42 368 438 21 743 646 21 184 226
Wasterlain Christ 35 755 202 34 907 888 17867601 17453940
Brennecre Johann 32414530 31687492 16207 265 15 843 729
Dival Jacques 7 980 630 7 980 638 13890311 3990810
Pondart 26476 125 25 425 796 13 238 063 12712894
Peeters Wilfrien 30 584 242 29 937 600 15 292 121 14968783
Huyghebaert Gustave 37 322 944 36 430 200 18 661 472 18 215 083
Groffi Gilbert 31411 236 30 728 452 15705 618 15 364 209
De Becker Gilbert 33 570 952 37256610 19285476 18628314
Claessens Thierry 64 079 470 61 732460 32 039 735 30 866 252
Delvoie Philippe 36 592 53037 862252 18931 127 18 296 299
Sohier Vincent 35 240 674 34088222 17620337 17 044 133
Decuypere Michel 42 770 666 46 628 022 24 385 333 23 314020
Severin François 31 151496 30476 624 15 575 748 15238312
Bosmans Albert 31542298 30860818 15 771 419 15430391
Claeys Bouliaert 35 643 562 34 064 666 17821 780 17032342
Melotte Robert 33 664 082 32231990 16832016 16 115965
11Borremans Hubert 33 664 032 32231990 13 832016 6 115965
Chavez Philippe 31556424 30574910 15 778 212 15287451
Doppagne Alain 47263620 44 773 778 29661 810 22 856 685
Vandendovan Philippe 23731 764 23 111 868 11 865 882 11 555 930
Baire Francis 27 930 382 27 099 686 13 965 166 13 549 815
De Lamotte Eric 24312172 23 675 126 12 156 086 11 637 563
De1forge Marc-Antoine 8717510 4616 832 43682769 233 502
Sylvestre Etienne 17325502 16536500 8662751 8 268 248
Lalou Marc 7 369 595 7 369 596 3 684 358 3 684 330
Leclercq Jacques 19 670720 19 670720 9 835 343 9 835 343
de Hemptinne Adrien 8 775 074 8 775 074 4387 537 4 387 537
Durieux Thierry 8 492 694 8 492 694 4246 347 4246347
Adant Paule 7 324 022 7324 022 3662011 3662011
Groeneveld Rolande 5 446 228 5 446 226 2 723 113 2723 113
1 195667522 1164 263 258 597853761 582 143026
Nous dénoncerons, partout où nous débusquerons, la totalité de ces
scandales. Les exigences face à la vie sont les mêmes pour tous. D'être
expatrié ne constitue pas intrinsèquement une raison qui explique cette
discrimination.
Pour la IIIème République: A travail égal, salaire égal».
4. LETTRE AU 1erMINISTRE
«A Son Excellence Monsieur le Premier Ministre
du Gouvernement de transition
Concerne: L'impossible défi de répondre aux aspirations fondamentales
du peuple zaïrois
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Nous n'avons cessé, depuis votre nomination à la tête du gouverne-
ment de transition, d'attirer votre attention sur le grave échec au devant
duquel vous courez en persistant à vouloir, en douze mois, redresser une
situation corrompue et viciée par vingt-cinq ans d'un règne aventureux.
Un nombre impressionnant de problèmes à résoudre demeurent ce-
pendant, et nous osons à nouveau affirmer, haut et fort, que la transition
jusqu'à une démocratie véritable et plus réelle est, on ne peut plus, in-
vraisemblable. Et pour cause!
Vous avez mal pris votre départ, et la spirale prise par les méconten-
tements sociaux augure, pour le gouvernement de transition, d'une fin
dramatico-catastrophique dont vous n'aurez jamais assez d'une vie pour
vous remettre.
Améliorer la gestion financière, juguler l'inflation, arrêter l'effrite-
12ment du pouvoir d'achat s'avèrent, pour vous, des objectifs impossibles à
atteindre, tant les facteurs qui devraient aider à y concourir vous échap-
pent totalement.
Que pourrez-vous contre la crise économico-financière, quand l'im-
plication des institutions financières et bancaires dans ce désordre écono-
mique, est profonde et totale?
Déjà que vous n'avez aucun pouvoir, ni de contrôle ni de décision,
sur la Banque Centrale dont le gouverneur en réfère directement à la Pré-
sidence de la République, quelles actions allez-vous entreprendre pour
arrêter le rôle néfaste des banques privées dans la dépréciation de notre
monnaie, et par conséquent, dans la grave crise économique que nous dé-
nonçons?
La gestion des banques privées sert les intérêts de l'extérieur. Elles
favorisent des transferts frauduleux, calculent à tort la parité de notre
monnaie, trafiquent chaque jour les tableaux 2A et 2B destinés à la
Banque d'émission, majorent les taux d'intérêt sans motifs valables.
Stigmatisant dans notre édition du mercredi 13 juin 1990, les inad-
missibles disparités des salaires entre expatriés-immigrés et cadres natio-
naux, nous dénonçions, au sujet de l'arrêt du travail à la BCZ, «le pont
d'or» lait dans toutes les entreprises à «une poignée d'expatriés de se
partager une masse salariale égale à celle distribuée au reste du person-
nel autochtone».
Pour aller plus loin dans la dénonciation de cette situation inaccep-
table, nous publions dans la présente édition les salaires combien révol-
tants, accordés aux immigrés utilisés à la BCZ.
Comment comprendre, à la lecture de ce tableau, qu'un pays soi-di-
sant souverain, consente d'allouer aux étrangers, au détriment des natio-
naux, des émoluments aussi exhorbitants?
Professeurs et médecins ont présenté un projet de réajustement des
salaires - ridicule au regard des salaires versés à la BCZ - et qui a
scandalisé tout le gouvernement. Aucune humiliation à ce sujet, ne leur a
été épargnée!
Comment pouvez-vous, avec un tel sentiment de nationalisme au ra-
bais, oser prétendre en douze mois, assainir la gestion des finances pu-
bliques, juguler l'inflation, arrêter l'effilochement du pouvoir d'achat;
bref, répondre aux aspirations fondamentales du peuple zaïrois?
A moins d'un miracle, vous vous êtes engagé, Excellence Monsieur
le Premier Ministre, par égoïsme ou par masochisme, à relever un défi
d'avance perdu et impossible à tenir.
En vous laissant le temps et l'opportunité d'une profonde réflexion
sur ce sujet. nous vous prions de croire, Excellence Monsieur le Premier
Ministre, en l'assurance de nos sentiments véritablement patriotiques.
Le Patriote»_
Umoja 22-23 juin 1990.
13s. CORRUPTION ET IMPUNITÉ
«Les crises de vertu ne gagnent, en vérité, la classe politique zaïroise
que le temps de la dénonciation. Fin 1982, un ministre haut en couleurs
quitte le gouvernement: vice-Premier commissaire d'Etat (vice-Premier
ministre) et commissaire d'Etat chargé de l'Administration territoriale
(ministre de l'Intérieur), Vunduawe Te Pemako (VTP de ses initiales)
n'est alors que soupçonné d'indélicatesses par l'opinion publique. Un an
après, le voilà qui se voit confier un nouveau poste. Pas pour longtemps.
Le Premier commissaire d'Etat, Kengo Wa Dondo, le fait démettre au
bout de six mois, et inculper de malversations. En raison de son ancien
rang, VTP est enfermé non à la prison centrale, mais dans une villa de la
Cité de l'OUA, à proximité du Palais de Marbre où le Zaïre reçoit ses
hôtes de marque. L'affaire fait grand bruit: enfin, un dignitaire est sanc-
tionné.
Une semaine après son arrestation, notre homme a disparu de la Cité
de l'OUA. Le Premier ministre alerte, par téléphone, le président Mobu-
tu: VTP s'est évadé, citoyen Président! - Ah bon!, s'étonne Mobutu.
Mais comment a-t-il fait? Vunduawe Te Pemako est tout simplement ren-
tré dans sa villa. Avec la bénédiction du seul qui puisse en accorder une
au Zaïre: Mobutu Sese Seko. Depuis, l'homme vaque à ses affaires, sans
être inquiété en rien. En attendant de retourner au gouvernement. Ou en
prison.»
«La "vraie-fausse" madame Mobutu
Au Zaïre, il suffit de téléphoner à une banque de son choix, et de de-
mander à "emprunter" une somme importante en se faisant passer pour
l'épouse d'une des plus hautes personnalités de l'Etat, pour que le direc-
teur de la banque s'exécute sans autre forme de procès. C'est ce qu'a fait
la "citoyenne" Nkoko Nzenze, une jeune femme de trente ans, caissière
dans ladite banque à Kinshasa. Se présentant au téléphone comme Mme
Mobutu, Marna Bobi Ladawa, elle avait indiqué une adresse à laquelle le
P-DG crédule s'est rendu en personne pour y déposer 2,5 millions de
zaïres, soit environ 2 millions de francs CFA, sans exiger de reçu ni de
vérification d'identité! Cette affaire, qui a finalement mal tourné pour la
maligne (elle a été arrêtée), en dit long sur le climat de magouilles qui
règne à Kinshasa. "Si ce directeur de banque a ainsi agi, commente un di-
plomate africain, c'est parce qu'une telle commande téléphonique est
tout à fait plausible". Sans foi, ni loi...»
(Tiré de Jeune Afrique
n° 1496,6/9/1989, pp 9-10.)
146. «SITUATION EXPLOSIVE AU PALAIS DU PEUPLE
Le personnel touche 113 de son salaire
Deux listes de paie en circulation
Le dispensaire ne contient pas un seul comprimé
Les heures supplémentaires impayées
Disparition des recettes de location des salles
Les agents réclament la démission du gestionnaire Eyenga
Construit dans le cadre de la coopération sino-zaïroise en vue d'abri-
ter de grandes manifestations, le Palais du Peuple vit depuis quelques
jours une situation difficile. Non pas que la maison soit minée, mais les
agents chargés de sa maintenance ne sont pas contents de kurs conditions
de vie.
Au coors des dernières années, toute tentative de revendication de leur
part était sans plus tarder étouffée dans œuf par le gestionnaire de cettel'
gigantesque bâtisse. L'avènement de la troisième République, ainsi que le
vent de liberté qui souffle actuellement, ont fourni enfin au personnel
l'opportunité de consigner toutes ses doléances dans une lettre de 5 pages
adressée au commissaire d'Etat aux Travaux Publics, Urbanisme et Habitat.
Et dont des copies ont été réservées au Premier commissaire d'Etat, aux
commissaires d'Etat aux Finances, au Budget, aux Droits et Libertés du
Citoyen, au président de la commission économico-financière du conseil
législatif de la Cour des Comptes, et à l'inspecteur général des finances.
Un salaire de misère
Dans cette longue lettre, les agents expriment leur mécontentement à
propos du salaire de misère qui leur est payé à la fm du mois. Première-
ment, le personnel signale à l'autorité de tutelle que le gestionnaire qui
retire pourtant l'argent à la Banque du Zaïre dès le milieu du mois, ne se
décide à payer qu'en retard. Ce qui, pour lui, constitue une tentative de
détournement. Par ailleurs, il existerait deux listings de paie: le réel que
tout le monde signe le jour de la paie, et le fictif que le gestionnaire
confectionne lui-même. Pour les agents, il suffit seulement que l'autorité
de tutelle (TP/AT) dépêche sur les lieux une mission d'enquête chargée
de comparer les montants repris sur le listing que le département paraphe
avant la paie, et ceux qui figurent sur les bulletins de paie, pour se rendre
compte et cela très vite, du préjudice financier dont ils sont victimes de-
puis plusieurs années.
Toujours au sujet de leur salaire, les agents ont annexé à leur docu-
ment, le tableau barémique du Palais du Peuple établi de commun accord
avec l'UNTZA, et qui a permis au gestionnaire de présenter le budget ap-
plicable en 1989 au sein de sa maison. De l'analyse de ce tablcau, il res-
sort que seulement un tiers des sommes énumérées est payé aux agents.
Le reste prend une destination inconnue.
15Soins médicaux: des infirmiers-restaurateurs
Le deuxième point que les agents du Palais du Peuple mentionnent
dans leur lettre adressée à l'autorité de tutelle, se rapporte aux soins mé-
dicaux. A ce propos, ces derniers indiquent que leur dispensaire ne
contient même pas un seul comprimé d'aspirine. Et, pourtant, une ru-
brique est réservée à cet effet dans le budget de leur entreprise.
Pour édifier davantage les autorités sur cette carence de médica-
ments, le document signale un cas très frappant. En effet, au lieu d'at-
tendre des produits pharmaceutiques qui ne viennent jamais et de croiser
les bras, les infirmiers du Palais du Peuple se sont transfonnés en restau-
rateurs, et préparent maintenant des madesu, biteku-teku, en lieu et place
des potions médicales. Drôle tout de même.
Pour ne pas précipiter leur mort, les agents qui tombent malades
fournissent des efforts incommensurables afin de supporter eux-mêmes
les frais qu'occasionne leur traitement médical. Curieusement, au lieu de
rembourser tous ces frais, le gestionnaire ne remettrait que 1/3 du mon-
tant dépensé. D'ailleurs, ne bénéficient du remboursement que les mou-
chards, ou comme le signale la lettre, "les personnes qui montrent pattes
blanches" .
Concernant toujours le second point, les agents du Palais du Peuple
se demandent si c'est le département de tutelle qui a donné l'ordre que
les heures supplémentaires ne leur soient plus payées. Car depuis 5 ans,
les travailleurs qui font parfois 48 heures d'affIlée, principalement lors
des grandes manifestations, ne reçoivent que 300 Z. En tout et pour tout.
Disparition des recettes de location des salles
D'après les chiffres fournis par les travailleurs du Palais du Peuple
dans leur document, les frais d~ location des salles se présentent de la
manière suivante:
- salle des Congrès: 350 000 Zljour;
- sallede cinéma:200 000 Z/jour; .
- salledes banquets:300 000 Z/jour;
- salle des commissions: 150000 Zljour;
- location du hall: 200 000 Z/jour;
- du jardin ou extérieur du bâtiment: 150000 Z/jour.
Toujours selon les chiffres mentionnés dans cette lettre, il y aurait
chaque semaine environ 3 mariages (dans le hall, dans la salle des ban-
quets, dans les couloirs du 2èrnc étage), 3 conférences, des cocktails, etc.
Des chiffres impressionnants qui devraient pennettre à la direction du Pa-
lais de mettre les travailleurs à l'aise, d'alimenter le dispensaire en pro-
duits pharmaceutiques et en matériel médical, et de payer convenable-
ment les heures supplémentaires.
Malheureusement,tel ne semble pas être le cas. La caisse du Palais
du Peuple serait toujours vide. Et pour se justifier, le gestionnaire prétend
que l'argent est dépensé dans l'entretien du bâtiment. Or, selon les tra-
16vailleurs, il n'en est rien; car les bureaux sont toujours sombres par
manque d'ampoules, les toilettes puent par manque de produits, les ma~
chines sont en panne faute d'entretien, etc.
Parlant des sanctions infligées aux travailleurs, la lettre adressée au
commissaire d'Etat aux TP/AT, indique que la punition est toujours une
suspension d'un mois. Un service de sécurité communément appelé "Bu.
reau 2" est établi par le gestionnaire en vue de mer, noyauter, contrôler et
surveiller les agents, même en dehors du Palais du Peuple. Celui qui tom-
be, ajoute la lettre, sous les griffes de ce service (même pour une simple
remarque sur l'absence de soins médicaux) ne peut s'attendre qu'à une
seule punition: suppression pour une durée indéterminée de toutes ses
fonctions, privation du salaire, etc.
Dans cet ordre d'idée, les délégués syndicaux qui ont osé demander
des éclaircissements sur les salaires des agents seraient limogés, et la dé.
légation syndicale dissoute. A la place, le gestionnaire aurait nommé des
agents à sa solde, dont la mission consiste à dénoncer et à sanctionner
ceux qui oseraient lever le doigt pour réclamer quoi que ce soit.
Le départ du gestionnaire réclamé
En définitive, les travailleurs réclament le départ du gestionnaire ac-
tuel qui n'est d'ailleurs nommé que par arrêté départemental, et l'arrivée
à sa place d'une personne capable de respecter leurs droits bafoués de-
puis 10 ans. Qu'en pense le commissaire d'Etat aux TP/AT, lui dont le
Palais du Peuple est placé sous sa responsabilité? En tout cas, de sa déci-
sion sage et juste, dépend la quiétude et la bonne ambiance qui doivent
régner en permamence dans ce bâtiment appelé à abriter les grandes ma-
nifestations qui se déroulent au Zaïre.
YAMAINA MANDALA».
(Conscience,9nI90.)
7. «L'INSOLVABILITÉ DE LA GÉCAMINES-
EXPLOITATION PARALYSE TOUTE
L'ÉCONOMIE DU SHABA
Les PME de cette région actuellement aux abois
Depuis le début de cette année, la Gécamines-Exploitation, ce gigan-
tesque complexe industriel du Shaba, considéré aussi comme la véritable
"vache laitière" du pays, traverse une situation financière particulière-
ment grave qui a déjà entraîné la paralysie de l'ensemble de l'économie
régionale.
A l'instar d'un vieux moteur qui enregistre déjà de nombreuses ra-
tées avant de se bloquer, la Gécamines-Exploitation risque, si l'on n'y
17prend garde. d'entraîner tout le pays dans sa faillite due à de nom-
breuses causes dont les plus importantes s'appellent: la mauvaise ges-
tion. la prévarication. la corruption sans oublier le népotisme.
Dans la région du Shaba, la Gécamines-Exploitation régente tout sur
les plans économique et social. Considérée comme le plus grand em-
ployeur de la région (35 000 cadres et ouvriers), la Gécamines-Exploita-
tion permet à cette région de:
bénéficier, après Kinshasa, de la circulation d'une importante-
masse monétaire qui rend aisés les transactions commerciales et le paie-
ment des services:
- disposer de nombreuses entreprises sous-traitantes qui ont permis
l'embauche d'une importante main-d'œuvre;
obtenir, sur le plan social, de nombreux avantages (approvisionne--
ment suffisant en médicaments, en pièces de rechange et en produits ali-
mentaires de toutes sortes), la mise à la disposition des entreprises de la
région d'un encadrement industriel efficace du fait de la présence sur pla-
ce des équipements ainsi que d'un personnel technique de haut niveau:
- bénéficier des infrastructures sociales (foyers sociaux, écoles et
hôpitaux) permettant l'administration de soins médicaux de qualité au
plus grand nombre d'habitants de cette région.
Du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest du Shaba, l'ensemble des opé-
rateurs économiques et sociaux, sans oublier toute la population, jubilent
lorsque tout marche comme sur des roulettes à la Gécamines, et tout le
monde porte le deuil lorsque rien ne va au sein de cette grande entreprise.
Sur le plan national, l'importance de la Gécamines est particulière-
ment marquante. A titre exemplatif, "Conjoncture économique", publica-
tion officielle du département de l'Economie, estimait, pour 1986, à
51 903 900 000 zaïres la valeur totale des exportations des principaux
produits de la Gécamines. Les exportations nationales totales de cette an-
née-là étaient estimées à 90 080741000 zaïres.
Durant la même année, le cours de la tonne du cuivre sur la place de
Bruxelles n'était que de 62 885 PB. Et lorsque ce cours était de
82400 PB la tonne (1983), de 80 600 PB la tonne (1984) et de 86 115 PB
la tonne (1985), les recettes d'exportation de la Gécamines étaient évi-
demment supérieures au montant cité ci-dessus.
Le Krach du mois de mars
Lorsque le 15 mars dernier, les rumeurs faisant état de l'incapacité de
la Gécaniines-Exploitation de payer son personnel avaient circulé avec
persistance au Shaba, une panique générale s'est emparée du monde des
affaires au point que de nombreuses firmes ont cru que l'heure avait son-
né de déposer le bilan.
Le phénomène en lui-même était. en effet, exceptionnel dans la me-
sure où, depuis sa création en 1967, c'est la première fois que la géante
18société minière était incapable de débourser le 1,5 milliard de zaïres né-
cessaire à la paie de son personnel.
On devait apprendre quelque temps après que la Banque du Zaïre a
dû voler au secours de la grande entreprise minière en lui avançant la
somme dont elle avait besoin pour payer son personnel.
Si l'argent avait manqué dans la caisse de la Gécamines-Exploitation
au point de risquer de l'empêcher de payer son personnel, rien ne pouvait
sortir de cette même caisse pour payer tous ses fournisseurs de services
et de marchandises, considérés jusqu'à ce jour comme des laissés-pour-
compte. Parmi ces fournisseurs, figure en premier lieu la Société Natio-
nale des Chemins de Fer Zaïrois (SNCZ), le principal transporteur des
minerais destinés à l'exportation.
La SNCZ, qui a elle-même de nombreux fournisseurs, éprouve aussi
d'énormes difficultés à honorer les factures de ces derniers du fait de
l'état de cessation de paiement de la Gécamines, sa principale cliente. Et
de fil en aiguille, nul n'est capable de payer son fournisseur à cause de la
faillite de la Gécamines-Exploitation, la grande pourvoyeuse en liquidités
monétaires de la région cupriîcre.
Victime des vampires
Pour tout observateur objectif qui suit de près la situation catastro-
phique que vit actuellement la Gécamines-Exploitation sur le plan finan-
cier, cette grande entreprise d'Etat est bel et bien victime des famcux
"vampires zaïrois", qui se recrutent surtout dans les hautes sphères de
l'ex-Parti-Etat.
Ces individus, assoiffés d'argent, s'improvisent tantôt fournisseurs
des biens et services, tantôt surveillants des produits miniers de la société
destinés à l'exportation pour terminer par montrer leur véritable face, qui
est celle de truands et de contrebandiers.
En effet, il ressort des informations recoupées en provenance du Sha-
ba, que la police Sud-africaine avait saisi en février dernier des dizaines de
wagons (84 au total) contenant du cuivre et du cobalt de la Gécamines-Ex-
ploitation soustraits de stocks officiels de cette grande entreprise publique.
La descente en Mrique du Sud du chef du Service de sécurité de la
Gécamines avait permis d'identifier les voleurs de ces produits miniers
ainsi que leurs commanditaires. II est scandaleux que cette affaire ait été
étouffée et qu'un mystère continue à planer sur la destination prise par
ces wagons.
A Lubumbashi même, le Service des approvisionnements de la Géca-
mines est harcelé en permanence par des offres alléchantes de fournitures
de produits et services à la société, provenant de ces mêmes vampires qui
réussissent toujours, grâce au trafic d'influence, à se faire payer les pre-
miers et aux prix surfaits. Ces pratiques illégales, outre qu'elles minent la
trésorerie de l'entreprise, préjudicient au plus haut point les autres four-
nisseurs réguliers, plus importants et plus ancicns de la Gécamines.
19Aujourd'hui, une bonne partie du grand charroi minier de la Géca-
mines est paralysée, suite au manque de pièces de rechange qui n'avaient
pas été payées à temps.
Depuis un certain temps, l'entreprise fonctionne avec un stock de
carburant fort réduit, pour la simple et bonne raison que le "vampire" qui
s'est improvisé "fournisseur" de ce produit qu'il ne détenait pas, a préfé-
ré utiliser à d'autres fins d'importantes sommes en devises qui lui avaient
été confiées, tenez bien, par la même Gécamines, sur des ordres impéra-
tifs d'en haut.
Et des prélèvements anarchiques et illégaux
Ayant une enveloppe financière de plus ou moins 50 milliards de
zaÜ"eschaque année, la Gécamines-Exploitation, qui a toujours honoré
ses différentes obligations fiscales vis-à-vis de l'Etat, ne peut pas, en plus
de ces paiements réguliers, supporter d'autres prélèvements anarchiques
de fonds.
C'est ce qui lui est arrivé cette année. Après avoir payé au trésor pu-
blic 20 milliards de zaÜ"es,la Gécamines devait encore suppléer avec un
montant de 16 milliards.
Ce second prélèvement effectué de façon irrégulière semble avoir
sonné le glas de la faillite de l'entreprise. D'autant plus qu'à court de tré-
sorerie, la société est devenue insolvable vis-à-vis de sa clientèle.
Excédé par ces pratiques qui n'ont rien à voir avec les règles d'une
bonne et saine gestion, le directeur des Approvisionnements de la Géca-
mines, un expatrié, n'a pas hésité à présenter sa démission. Il en est de
même du directeur financier, un autre expatrié de nationalité belge, qui
s'en est allé aussi.
Le calvaire des PME du Shaba
La mauvaise gestion et le pillage systématique de la Gécamines-Ex-
ploitation met actuellement la plupart des petites et moyennes entreprises
du Shaba dans une situation extrêmement grave. Alors qu'elles devraient
normalement bénéficier de l'apport de flux financiers provenant de la
Gécamines pour se développer, ces PME, qui restent impayées durant de
nombreux mois, font ainsi les frais du pillage de ce géant industriel.
Dans la pratique, ce sont, en fait, ces PME qui font crédit à la Géca-
mines et même à la SNCZ. Exécuter un travail pour ces sociétés au Sha-
ba et rester impayées pendant de nombreux mois équivaut à un suicide
pour les fournisseurs ou les sous-traitants qui ne vivent que des services
accomplis pour le compte de la Gécamines-Exploitation.
Le gouvernement de transition doit se pencher sur cette situation bi-
zarre qui ne cesse de révolter plus d'un.
Géant aux pieds d'argile
La suppression des privilèges de l'ex-parti-Etat doit inclure aussi ceux
de tous les barons et autres vampires qui, sans scrupule et sans aucun sens
20du patrimoine national, se donnent pour règle de saigner à blanc les entre-
prises publiques et l'économie nationale au nom de la "Révolution".
Les malheurs actuels de la Gécamines-Exploitation doivent faire ré-
fléchir tous ceux qui détiennent une parcelle quelconque d'autorité en
vue de faire cesser tous les actes dénoncés dans cet article. Il y va du
bien-être de toute la population. Car, qui dit Gécamines, pense au plus
grand pourvoyeur du budget national en devises et au plus grand client
des entreprises du Shaba.
Obligée de vivre de dettes contractées auprès des banques étrangères
dont la Relgolaise qui lui aurait consenti un prêt de 150 millions de FR,
la Gécamines-Exploitation est devenue ce géant aux pieds d'argile qui
fait réellement pitié!
C'est vraiment honteux. Cela interpelle la conscience de toute la hié-
rarchie politico-sociale du pays.
KASANGALA»
(Le Potentiel du 13/6/1990.)
8. «LA MOBILISATION DES RECETTES FISCALES
EN BUTTE À LA RÉSISTANCE
DES PRATIQUES MALHONNÊTES
L'appui de l'autorité s'avère nécessaire
La Direction Générale des Contributions (DGC) a été plus d'une fois
mise sur le piédestal par l'autorité politique, eu égard aux performances réa-
lisées dans la mobilisation des recettes fiscales. A la fin de l'exercice 1989,
les réalisations avaient largement dépassé les prévisions pour atteindre plus
de 100 milliards de zaïres contre 76 milliards arrêtés dans la loi budgétaire.
Cette année, la Direction Générale des Contributions n'a pas flanché.
Pour les cinq premiers mois, les recettes réalisées ont doublé par rapport
à la période correspondante de 1989. Cette amélioration est une manifes-
tation de l'accroissement de l'efficacité de l'administration fiscale et une
preuve d'un début de changement du comportement des contribuables.
Ces résultats sont les conséquences de l'intransigeance de la Direction
des Contributions dans sa lutte acharnée contre les mauvaises pratiques
qui caractérisaient les cadres et agents de l'ancienne administration des
contributions. .
En fait, les agents des contributions s'arrangeaient, lors de contrôles
avec les contribuables, pour minorer les bases imposables qu'ils décla-
raient. D'autres contribuables s'abstenaient même de faire toute déclara-
tion fiscale. Cette minoration dans les proportions considérables de leurs
charges fiscales, permettait aux contribuables à la fois d'assurer à leurs en-
treprises une rentabilité artificielle faussant d'ailleurs des conditions de la
concurrence, et à réaliser des revenus plus importants.
21L'intérêt des fonctionnaires malhonnêtes rejoignant celui des contri-
buables peu scrupuleux, il est évident qu'une importante portion des re-
cettes fiscales se trouvait comprise jusqu'à mettre en péril les chances de
développement du pays.
Par ces pratiques malhonnêtes, les cadres et agents de l'ancienne di-
rection des contributions se procuraient ainsi des ressources colossales,
leur permettant de mener un train de vie aisé sans commune mesure avec
leur rémunération de fonctionnaires.
Ces habitudes pernicieuses établies chez les contribuables ainsi que
les pratiques malhonnêtes des cadres et agents ne pouvaient en aucune
façon permettre à la direction des contributions de réaliser les objectifs
qui lui sont assignés. _
C'est à ce titre qu'une lutte contre la corruption, le détournement des
deniers publics, la fraude fiscale et la médiocrité a été menée sans merci
par la nouvelle direction des contributions.
Cette lutte n'a pas été bien acceptée par ceux-là qui étaient habitués à
s'enrichir sur le dos de l'Etat zaïrois. Elle a eu pour effet de susciter des
foyers de mécontents qui recourent à des voies détournées pour discrédi-
ter les actions entreprises dans le seul but de contrecarrer leurs avantages
illicites. Que d'attaques de tous côtés!
Au sein de la Direction Générale des Contributions, l'on propage le
bruit selon lequel les résultats annoncés par cette direction sont fictifs
[..,] .»
(Le Potentiel du 13/6/1990.)
9. LETTRE DE LA BANQUE MONDIALE
«The World Bank
International Bank for reconstruction and development Development Association
1818 H Street, N.W. (202) 477-1234
Washington, D.C. 20433 Cable Address: NTBAFRAD
U.S.A. Address: NOEVAS
8 février 1990.
Citoyen Kengo wa Dondo
Premier Commissaire d'Etat
Kinshasa, Zaïre
Citoyen Premier Commissaire d'Etat,
J'ai lu avec intérêt et satisfaction votre lettre du 19 décembre dernier
à M. Qureshi. Nous partageons vos objectifs de renforcer la discipline
22

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