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Alain Resnais

De
252 pages
Tout en faisant référence à quelques autres de ses films, ce livre se focalise sur les deux premiers longs métrages du réalisateur : Hiroshima mon amour et L'Année dernière à Marienbad. Les outils méthodologiques utilisés dans les analyses de séquences mettent au jour une rhétorique visuelle spécifique. Ils renouvellent la façon d'aborder le cinéma d'Alain Resnais.
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La mémoire de l’éternité
Éric Costeix
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             Alain Resnais
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Champs visuels Collection dirigée par Pierre-Jean Benghozi, Raphaëlle Moine, Bruno Péquignot et Guillaume Soulez   Une collection d'ouvrages qui traitent de façon interdisciplinaire des images, peinture, photographie, B.D., télévision, cinéma (acteurs, auteurs, marché, metteurs en scène, thèmes, techniques, publics etc.). Cette collection est ouverte à toutes les démarches théoriques et méthodologiques appliquées aux questions spécifiques des usages esthétiques et sociaux des techniques de l'image fixe ou animée, sans craindre la confrontation des idées, mais aussi sans dogmatisme.  Dernières parutions  Florent BARRÈRE, Une espèce animale à lépreuve des médias. Essai sur le clacanthe , 2013. Aurélie BLOT, 50 ans de sitcoms américaines décryptées. De I love Lucy  à Desperate Housewives, 2013. Sébastien FEVRY, La comédie cinématographique à lépreuve de lhistoire , 2012. Philippe LEMIEUX, L image numérique au cinéma. Historique, esthétique et techniques dune révolution technologique , 2012. Pierre DEVIDTS, Andreï Tarkovski. Spatialité et habitation , 2012. Angélica Maria Mateus MORA, Cinéma et audiovisuel latino-américains. LIndien : images et conflits , 2012. Daniel WEYL, Mouchette, de Robert Bresson ou le cinématographe comme écriture , 2012. Claude HODIN, Murnau ou les aventures de la pureté , 2012. François Amy DE LA BRETEQUE, Emmanuelle ANDRE, François JOST, Raphaëlle MOINE, Guillaume SOULEZ, Jean-Philippe TRIAS (dir.), Cinéma et audiovisuel se réfléchissent. Réflexivité, migrations, intermédialité , 2012. Catherine BRUNET, Le monde dEttore Scola. La famille, la politique, lhistoire , 2012. Angela BIANCAFIORE, Pasolini : devenir dune création , 2012. Vincent HERISTCHI,  La vidéo contre le cinéma. Neige électronique. Tome 1, 2012. Vincent HERISTCHI,  Entre vidéo et cinéma. Neige électronique. Tome 2, 2012. Florent BARRÈRE, Une espèce animale à lépreuve de limage. Essai sur le calmar géant , 2012. Marguerite CHABROL et Pierre-Olivier TOULZA (sous la direction de), Lola Montès, Lectures croisées , 2011. Élodie PERREAU, Le cycle des telenovelas  au Brésil. Production et participation du public, 2011. Isabelle Roblin, Harold Pinter adaptateur : la liberté artistique et ses limites, 2011. Florence BERNARD DE COURVILLE, Le double cinématographique. Mimèsis et cinéma , 2011. Vilasnee TAMPOE-HAUTIN, Cinéma et conflits ethniques au Sri Lanka : vers un cinéma cinghalais « indigène » (1928 à nos jours) , 2011.   
 
                                                                                                                                    
Éric Costeix                             Alain Resnais
La mémoire de léternité  
                                                                                                                                                                                                                  
 
 
Du même auteur  André Téchiné : Le Paysage Transfiguré , LHarmattan, Collection « Champs visuels », 2008  Cinéma et Pensée visuelle, Regard sur John Carpenter , LHarmattan, Collection « Champs visuels », 2005                                                                               © LHarmattan, 2013 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00935-3 EAN : 9782343009353
 
Sommaire  
Introduction .............................................................................................................. 9 1. Alain Resnais et la Modernité ........................................................................ 13 1.1. Littérature et cinéma ............................................................................... 13 1.2. Du cinéma classique au cinéma moderne ........................................... 20 1.3. Cinéma, Temporalité et Pensée ............................................................ 39 2. La Mémoire en image ...................................................................................... 57 3. Une Mémoire déchirée : entre culpabilité et rédemption .......................... 79 4. Une Mémoire en acte .................................................................................... 103 5. L’éternité : entre mobilité et immobilisme................................................. 133 6. L’instant éternisé ............................................................................................ 157 7. La Mémoire de l’eau ...................................................................................... 175 8. Un cadre pour l’éternité ................................................................................ 199 Conclusion ............................................................................................................ 223 Index ...................................................................................................................... 227  Bibliographie ......................................................................................................... 235 
 
 
 
Introduction
Selon Robert Benayoun, « Il est fort imprudent d’émettre une théorie sur Resnais » (Benayoun, 2008 : 179). Cependant, je me permets d’en formuler une : Alain Resnais est un cinéaste de la mémoire – « thème manifeste » (Deleuze [1], 1983 : 269) – « et de son corollaire l’oubli » (Liandrat-Guigues & Leutrat, 2006 : 55). Bien qu’il s’en défende ( ibid . : 265-266), le réalisateur met en scène la remémoration dès ses deux premiers longs métrages ( Hiroshima mon amour , 1959, L’Année dernière à  Marienbad , 1961). Au terme de mémoire, il préfère ceux de « conscience » ou d’« imaginaire » (Benayoun, op . cit . : 213-244). Gilles Deleuze va le consacrer « cinéaste de la pensée » quand il fonde sa grande théorie de la « pensée cinématographique . » Dans le but de s’opposer à la traditionnelle dichotomie platonicienne de l’image et du concept, le philosophe tente d’introduire de l’intelligible dans le sensible, de l’intellect dans l’expérience esthétique. L’esthétique est de l’ordre de l’intelligible, pas seulement du goût ou du jugement, du sensible. La dualité du concept et de l’image existe depuis Platon, mais de cette distinction, une hiérarchie s’est établie en valorisant le concept aux dépens de l’image. Dès 1986, Deleuze déclare dans un entretien aux Cahiers du cinéma : « Le cerveau, c’est l’écran » (Bergala [2] et alii , 1986 : 26), à la suite de son analyse du cinéma dans L’Image-temps  (Deleuze [2], 1985). Il dit par ailleurs, dans L’Image-mouvement , que les « grands auteurs de cinéma […] pensent avec des images-mouvement, et des images-temps, au lieu de concepts. » (Deleuze [1] : 7-8) Pour cela, le philosophe s’est appuyé essentiellement sur l’œuvre de deux cinéastes majeurs : Jean-Luc Godard et Alain Resnais. À partir de ces deux auteurs, il déduit que « l’essence du cinéma, qui n’est pas la généralité des films, a pour objectif plus élevé la pensée, rien d’autre que la pensée et son fonctionnement. » (Deleuze [2], op . cit . : 219) Godard, en 1961, a mis le premier en rapport le cinéma et la pensée : « la mise en scène, c’est comme la philosophie moderne, disons Husserl, Merleau-Ponty. Il n’y a pas les mots d’un côté et la pensée de l’autre. La pensée et ensuite les mots. Le langage n’est pas quelque chose en soi, n’est pas une simple traduction. La mise en scène, c’est pareil. Quand je dis que la mise en scène n’est pas un langage, je veux dire que c’est en même temps une pensée » (Manceaux, 1961 : 34).