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Almodovar

De
96 pages
C'est un secret pour personne : Pedro Almodóvar est, entre autres, passionné par les femmes et par la musique, et notamment les chansons. Il fallait se pencher sur son œuvre par le biais de celles qui l'ont inspiré, qu'il s'agisse des femmes (et elles foisonnent actrices, inconnues, chanteuses, et jusqu'à sa propre mère), des chansons ou des musiques inoubliables pour illustrer ses films, rejoignant à ce point les maîtres comme Fellini avec Nino Rota ou Alfred Hitchcock avec Bernard Herrmann.
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ALMODÓVAR,
les femmes et les chansonsAudioVisuelEtCommunication
Collectiondirigée parBernardLeconte
«CHAMPS VISUELS » et le CIRCAV GERICO (université de Lille 3)
s’associent pour présenter la collection AudioVisuel Et Communication
(AVEC).
La nomination de cette collection a été retenue afin que ce lieu d’écriture
offre un espace de liberté le plus large possible à de jeunes chercheurs ou
à des chercheurs confirmés s’interrogeant sur le contenu du syntagme figé
de «communication audiovisuelle », concept ambigu s’il en est, car si
« l’audiovisuel » – et il faut entendre ici ce mot en son sens le plus
étendu, celui deChristianMetz, qui inclut en son champ des langages qui
ne sont ni audios (comme la peinture, la photographie, le photo roman ou
la bande dessinée), ni visuels (comme la radio) – est, on le sait,
monodirectionnel contrairement à ce que tente de nous faire croire ce que
l’on peut nommer « l’idéologie interactive », la communication implique
obligatoirement un aspect multipolaire...
Dernièresparutions
Jean UNGARO, Le corps de cinéma, le super-héros américain,
2010.
Erika THOMAS, Art-Action: Pol’art Urbain, Didier Barros
l’étranger,Des livresetdescendres, 2010.
Erika THOMAS, Le cinéma brésilien du cinema novo à la
retomada (1955-1999), 2009.
ErikaTHOMAS,KenLoach:Cinémaet société, 2008.
PhilippeGAUTHIER,Le montagealternéavantGriffith, 2008.
Jean-Jacques LEDOS, L’Âge d’or de la télévision, 1945-1975 ,
2007.
Jean-claudeMARI,Quand le film se fait musique, 2007.
Yves ALCAÏS, L’Atelier selon Luc – Réflexions et scènes de vie
d’un peintrecontemporain, 2006.
MichelCHANDELIER, Élection cinématographique. Le
PrésidentdesÉtats-Unis vu parHollywood , 2006.
Jean-MaxMÉJEAN (dir.),Woodydans tous ses états, 2006.
Jean-MaxMÉJEAN (dir.),Comment parlerdecinéma ?,2005.
Yannick LEBTAHI et Isabelle ROUSSEL-GILLET, Pour une
méthoded’investigationducinémadeLaurentCantet, 2005.
JacquesDEMORGON,Le sportdans ledevenirdes sociétés, 2005.Jean-MaxMEJEAN
ALMODÓVAR,
lesfemmeset leschansonsDumêmeauteur
eFellini, un rêve, une vie.Paris :LeCerf, collection 7Art.Paris : 1997.
Fellinicittà . Jean-Max Méjean, dir. Editions de la Transparence. Paris,
2009. avec unDVD deDominiqueDelouche.
«Philosophie et cinéma »,CinémAction n° 94, janvier 2000.
« Vers un cinéma numérique ? »,MédiaMorphoses n°2.
«Médias people : du populaire au populisme»,MédiaMorphoses n°8.
«Peut-on psychanalyser les médias ? »,MédiaMorphoses n°14.
«Médias en miroir »,MédiaMorphoses, n° 20.
WoodyAllen .ÉditionsGianniGremese,Rome : 2004.
PedroAlmodóvar.ÉditionsGianniGremese,Rome : 2004.
EmirKusturica.ÉditionsGianniGremese,Rome : 2007.
Comment parler de cinéma ?Jean-Max Méjean, dir. L’Harmattan, coll.
Audiovisuel etCommunication.Paris : 2005.
Woody dans tous ses états. Jean-Max Méjean, dir. L’Harmattan, coll.
Audiovisuel etCommunication.Paris : 2005.
Expressions très populaires.ÉditionsLacour, 2002.
L’école au cœur, allegro ma non troppo. Avec Françoise Onténiente.
ÉditionsLacour. 2003.
©L’HARMATTAN,2011
5-7,ruedel’École-Polytechnique;75005Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54381-2
EAN : 9782296543812SOMMAIRE
Pedro, l'homme qui aimait les femmes ? p. 7
La chanson, miroir de l’âme p. 10
La belle deMadrid p. 16
Le lézard en pension p. 19
Où sont les femmes ? p. 22
Femmes au bord de la crise de mère p. 24
La tragédie du tango p. 33
The wild side p. 38
Impressions soleil couchant p. 43
Leçons de ténèbres p. 45
Je me souviens de… p. 58
Habiter la maison du cinéma p. 62
Ce soir je serai la plus belle pour aller danser… p. 64
Donne-moi ton cœur p. 70
Homme, femme et père p. 72
Apparition, disparition de la madone p. 75
Un tramway nommé désir p. 79
Les lavandières du cimetière p. 83
C’est beau une ville, la nuit p. 87
De la couleur avant toute chose p. 89«À Bette Davis, Gena Rowlands, Romy Schneider. À toutes les
actrices qui ont interprété des actrices, à toutes les femmes qui jouent,
aux hommes qui jouent et se transforment en femmes, à toutes les
1personnes qui veulent être mère.À ma mère. »
Pedro, l'homme qui aimait les femmes ?
J’aimerais qu’on lise ce livre dans le désordre, qu’il soit
comme une peinture impressionniste et surtout qu’il ne donne
pas une vision univoque du réalisateur. Entretenant avec lui et
son œuvre des rapports faits de passion et de distance, je n’ai
pas la prétention de tout savoir sur lui, d’autant que la vision
que je propose de son univers féminin m’est tout à fait
personnelle et glanée grâce aux images souvent belles de son
cinéma. Cette approche veut aussi proposer une entrée dans
l’analyse par le biais notamment de la chanson. Sans aller
jusqu’à l’extrême comme le fit Jacques Demy, Pedro
Almodóvar sème toutefois dans ses films des chansons, souvent
empruntées au répertoire international de la variété, les
remettant quelquefois à la mode, et surtout en faisant mouche à
chaque fois. C’est dire encore une fois l’importance de la
chansonnette dans notre société qui ne peut plus se concevoir
sans la zik.
Il est nécessaire aussi de se demander comment un auteur
aussi volontairement kitschet provocateur a pu acquérir cette
notoriété internationale, avec des scénarios complètement
alambiqués et improbables, des sacs de nœuds inspirés des plus
mauvais romans photos. Peut-être que le monde entier avait
envie d’un cinéma léger et troublant comme ces chansons
d’amour dans lesquelles l’interprète, accompagné d’une
musique sirupeuse, met son cœur à nu, plus que son cœur :
quelquefois ses tripes. Des chansons (on en verra quelques-
unes, mais aussi bien d’autres que j’ai suggérées ici par
association d’idées), il y en a dans tous ses films. Je n’en
1Exergue sur le générique deTout sur ma mère.
7Almodóvar, les femmeset leschansons
dresserai pas une liste exhaustive, ça ne servirait à rien, mais
rêvons sur ces mots d’amour, sur ces blessures jamais
refermées, qui font le sel d’un cinéma à la fois intense et
midinette. Un cinéma gay comme les photos dePierre etGilles,
comme les pubs de Jean-Paul Gaultier ? En bref, Pedro a-t-il
réussi à fédérer autour de lui un nouvel imaginaire urbain, homo
et humaniste?Et aussi un imaginaire sulpicien détourné, fait de
saintes névrosées, de bonnes sœurs perverses et de sacrifices
dignes de saintSébastien ?
Autels allumés éternellement, comme les entrailles de
l’église desSaintes-Maries-de-la-Mer qui brûlent ardemment de
mille cierges qui font comme un cœur enfoui, scandant la foi de
mille gitanes passionnées. La foi brûle plus fort que les feux de
l’enfer, c’est un tison intense qui palpite sans le savoir aussi au
cœur des films de Pedro. Les chansons d’amour sont comme
des chants d’église dévolus à un seul dieu, celui de l’Amour, de
l’amour fou, de l’amour désespéré qui fait pleurer, qui oblige la
star à s’agenouiller pour baiser le sol et marquer la scène de
l’empreinte de ses lèvres recouvertes d’un rougeBaiser.Brûlant
comme les plaies et les stigmates des saintes dont l’Église est
friande. Pedro Almodóvar, on le sent, malgré la movida, a
baigné dans cet univers fait à la fois de pacotilles et de gravité,
et ses madones sont quelquefois auréolées de la même lumière
folle que laMacarenadeSéville pendant laSemaine sainte, une
Macarenadont on a fait aussi une chanson parce que son visage
de douleur encadré de dentelles est inoubliable.Des madones et
des images pieuses ouvrentAttache-moi !parce que, justement,
Pedro Almodóvar a bien compris leur force évocatrice et
décorative à la fois… C’est avec cette manière un peu folle et
mondaine qu’il choisira d’ailleurs de rendre hommage à cette
movidadans un lieu prestigieux mais complètement inattendu :
la cour monégasque. Je lis ces quelques lignes sur son blog :
«Un jour de janvier est arrivé à mon bureau un e-mail de la
Principauté de Monaco dans lequel on nous faisait part d’un
projet inouï: les organisateurs envisageaient cette année de
choisir pour thème du traditionnel Bal de la Rose la Movida
madrilène. (Ce serait le leitmotiv des réjouissances, le fil
conducteur culturel et musical.) Dans la mesure où je suis
l’ambassadeur présumé de la Movida, ils voulaient me
8Almodóvar, les femmeset leschansons
consulter et savoir si je pourrais participer à la préparation de
l’événement.D’abord, j’ai ressenti une sensation d’incongruité
mais, finalement, je me suis senti extrêmement flatté. Comme
j’étais débordé, il m’a fallu quelques minutes avant de dire à
Bárbara Peiró, ma chef des relations avec le monde extérieur,
que je confirmais notre présence ainsi qu’une collaboration
limitée à la préparation de l’événement. J’ai décidé de me
charger de la création du carton d’invitation pour donner de
l’authenticité à une chose qui n’en a par ailleurs aucunement
besoin (un bal de charité à Monte-Carlo est un bal de charité à
Monte-Carlo, c’est la présence des princesses, de leurs enfants
légitimes, du prince et de sa fiancée qui lui confère son
1authenticité). »
Rêvons alors maintenant puisqu’il s’agit de princesses, de
princes charmants, de bals et de baisers furtifs, avant de
commencer, sur les mots magiques, espagnols pour la plupart,
de toutes ces chansons qui, j’en suis sûr, ont bercé les nuits
solitaires d’un Pedro, rappelons-le, musicien à ses heures
comme Emir Kusturica. Les chansons du Labyrinthe des
Passions ont d’ailleurs été composées parAlmodóvar.
Sali porque Sali,Dime,Encadenados (SolPilas) pourDans les
ténèbres ; La bien paga(MiguelMolina) et Nur nicht aus Liebe
Weinen(Zarah Leander) dans Qu’est-ce que j’ai fait pour
mériter ça ?; Espérame en el cielo, coràzon (Mina) dans
Matador ; Lo Dudo(Los Panchos), Ne me quitte pas (Maisa
Matarazzo), Guarda che luna (Fred Bongusto), Dejame
recordar (Bola de Nieve), SusanGetDown et Satanasa(Pedro
Almodóvar et McNamara) dans La loi du désir ; Soy infeliz
(Lola Beltràn) et Puro teatro (La Lupe) dans Femmes au bord
de la crise de nerfs ; Resistire (CarlosToroMontoro etManuel
de la Calva), Canciòn del alma(Los Coyotes, Lola Leon),
Celos (Jacob Gade), Satanasa(Almodóvar , Miguel, Bonezzi)
dans Attache-moi !; Piensa en mi et Un año de amor (Luz
Casal), Pecadora (Los Hermanos Rosario) dans Talons
aiguilles ; Se nos rompio el amor (Fernanda et Bernarda), Luz
de luna(Chavela Vargas) dans Kika . À partir de La fleur de
1http://www.pedroalmodovar.es/
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