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Anders Zorn (1860-1920) et le nu en plein air

De

Anders Zorn (1860-1920) est un peintre fascinant à plus d'un titre. À la fois paysan de Dalécarlie (Suède) et familier des grands de ce monde de part et d'autre de l'Atlantique, peintre adulé de son vivant, peu connu du grand public mais très recherché par les collectionneurs.
Sa peinture comporte essentiellement deux volets : les portraits qui lui ont apporté l'aisance, voire la richesse, mais surtout les nus au naturel, dans la nature ou dans son chalet, qui étaient son plaisir et dans lesquels son talent donne sa pleine mesure.
Nous vous proposons de découvrir cette partie la plus intime de son œuvre. L'ouvrage comprend d'abord une biographie succincte, pour découvrir l'homme. Il est suivi d'un article de son ami peintre Arvid Nyholm, pour mieux le comprendre comme homme et comme artiste, suivi d'une liste de ses aquarelles et de ses peintures de nus, par ordre chronologique, illustrant son évolution sur trente-cinq ans. Il est complété par un article de l'historien Henri Focillon, qui dépeint le graveur exceptionnel et le replace dans une perspective historique. Cet article est suivi de la liste de ses gravures de nus, également par ordre chronologique.


Cette édition numérique nous a permis d’enrichir la monographie de plus de 130 photos de tableaux et estampes insérées dans l’ouvrage. En replaçant les oeuvres au cœur de la vie du peintre, VisiMuZ permet au lecteur de mieux comprendre son évolution artistique, et rend la lecture plus attrayante et pédagogique. Cette édition est donc à la fois un livre de la catégorie « Beaux-Arts » et une monographie de référence pour l’artiste.

Pour un livre d’art, voici au moins 5 bonnes raisons de préférer un livre numérique au papier :

. disponibilité permanente où que vous soyez, avec un encombrement minimal,
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Avant-Propos


La collection VisiTheme a pour objet de vous faire entrer au sein d’expositions virtuelles. Elle est dans son principe analogue à une exposition réelle. Nous choisissons des thèmes sur lesquels nous vous proposons un parcours dans votre ebook.

Affichage des œuvres en pleine page. Par double-tap dans le corps du texte sur la photo de l’œuvre, on affiche celle-ci en plein écran. On peut revenir à la page du texte par un autre double-tap ou sur la croix en haut à gauche, selon les lecteurs.
Nous avons publié un article sur le site VisiMuZ qui donne quelques conseils pour vous aider à tirer de votre lecture un maximum de plaisir :
http://www.visimuz.com/ebooks_beauxarts/.

En fin d'ouvrage, vous trouverez une table des illustrations avec le lien vers les reproductions.

François BLONDEL, Arvid NYHOLM
et Henri FOCILLON

ANDERS ZORN

ET LE NU EN PLEIN AIR

• VisiMuZ Éditions •

 


Anders Zorn (1860-1920) est un peintre fascinant à plus d'un titre. À la fois paysan de Dalécarlie et familier des grands de ce monde, peintre adulé de son vivant, bien oublié du grand public après sa mort mais toujours respecté par les spécialistes.

C'est aussi un amoureux des voyages et de tous les moyens de transport modernes : familier du train, de la voiture, du paquebot, du voilier et même offrant un avion à son pays (en 1915).

Sa peinture comporte essentiellement deux volets : les portraits qui lui ont apporté l'aisance, voire la richesse, et les nus au naturel, dans la nature ou dans son chalet, qui étaient son plaisir.

Nous vous proposons de découvrir cette partie la plus intime de son œuvre.

L'ouvrage est divisé en 3 parties :

1. une biographie succincte, compilée par François Blondel, pour découvrir l'homme.

2. un article de son ami peintre Arvid Nyholm, pour mieux le comprendre comme homme et comme artiste, suivi d'une liste de ses aquarelles et de ses peintures de nus, par ordre chronologique, illustrant son évolution sur trente-cinq ans.

3. un article de l'historien Henri Focillon, qui dépeint le graveur talentueux et le replace dans une perspective historique. Cet article est suivi de la liste de ses gravures de nus, également par ordre chronologique. Celles-ci ont été réalisées soit à partir de ses tableaux, soit à partir de photographies.

I – Biographie

  • 1860. 18 février. Naissance à Mora (région de Dalarma, Suède) d'Anders Léonhard Zorn. Sa mère est Grudd Anna Andersdotter (1838-1920), de Mora, son père est Leonhard Zorn, un brasseur allemand que sa mère a connu alors qu'elle travaillait l'été dans une brasserie à Uppsala. Leonhard Zorn a reconnu l'enfant mais ne l'a jamais rencontré. Anders a été élevé par ses grand-parents dans le hameau d'Yvraden et instruit jusqu'à douze ans à l'école de Mora.
  • 1871. Pour aider ses grand-parents, Anders garde les animaux de ferme qu'on lui confie. Le critique Louis Vaucelles écrivit dans le Gil Blas du 23 mai 1906 : « M. Zorn montre un petit buste en bois qu'il sculpta au couteau, lorsqu'il était berger. Eh oui ! Zorn a été berger, comme Giotto, mais vers 1871, et ce buste date de 1889 ! Il sculptait au couteau dans des morceaux de bouleau, les bêtes confiées à sa garde. Et, pour se mieux rapprocher de ses modèles, il imitait la statuaire antique, en polychromant ses sculptures. “Ma palette, expliquait-il, en riant de la méprise du critique parisien, était le creux de ma main, et je mêlais le jus des myrtilles à certaines substances colorantes empruntées aux fleurs des bois.” »
  • 1872. Mort de Leonhard Zorn à Helsinki. Il laisse en héritage à Anders un montant pour son éducation. À l'automne 1872, Anders entre au collège à Enköping, une petite ville à 70 kilomètres de Stockholm. Il y passe trois ans pendant lesquels ses dons artistiques sont détectés et encouragés.
  • 1874. La mère d'Anders se marie avec Skeri Anders Andersson. Ils auront quatre filles entre 1874 et 1884.
  • 1875-1879. Anders est reçu à l'Académie royale de Stockholm, pour y devenir sculpteur. Mais la peinture va prendre le dessus et il va étonner les professeurs par sa technique à l'aquarelle. En 1878 son héritage a été dépensé, mais des amis de son père se cotisent pour qu'il puisse finir ses études. Il reçoit son diplôme le 28 juin 1879.
  • 1880. Présentation à l'exposition des étudiants d'une aquarelle, Jeune fille en deuil, très admirée par les visiteurs. Le modèle est Clara Nystrand, la fille de la logeuse d'Anders à Stockholm (1878-1880). Ce succès d'estime lui vaut des commandes de portraits de la part de la bourgeoisie et l'aristocratie suédoise.
  • 1880. Zorn reçoit une commande de portrait pour un jeune garçon de la bourgeoisie. Comme ce dernier est turbulent, sa tante Emma l'accompagne à la première séance de pose. Anders et Emma tombent amoureux l'un de l'autre. Ils ont le même âge, elle est issue de la moyenne bourgeoisie d'origine juive. Son père, Martin Lamm (1824-1878) était marchand de draps. La mère d'Emma est née Henriette Meyerson.
  • 1881. À Mora, la mère d'Anders met au monde le 17 avril une petite fille, Mejt.
    En août, Anders Zorn part vivre à Londres pour toucher une clientèle plus riche et plus internationale. Puis il va visiter l'Espagne (Madrid, Tolède, Séville) et l'Algérie pendant six mois. Il participe à une exposition à Cadiz.
    En décembre, il fait une excursion à Paris pour voir une exposition dans la galerie Georges Petit. Nous sommes en pleine période impressionniste. Il écrit à Emma : « Un voyage à Paris a le même effet sur moi que celui de verser de l'huile sur une lampe qui s'éteint. »
  • 1882. Zorn envoie sa première aquarelle, Les Cousines, au Salon à Paris. Au printemps, il va visiter Rome, en passant par Nice, Gênes et Pise. Il y rencontre le peintre Fritz von Dardel (dont le petit fils Nils sera un ami de Modigliani, 30 ans plus tard) et peint La Petite Musicienne de rue. Au retour, il s'arrête à Paris. Il y retrouve Emma et sa mère. À l'automne, il retourne à Paris pour voir une exposition des peintures de Sargent.
  • 1883-84. Zorn vit maintenant 8 mois par an à Londres. Il fréquente James Tissot, James Abbott Mc Neil Whistler, John Singer Sargent (qui a quitté Paris et rejoint Londres en 1884). Il commence aussi à apprendre la technique de la gravure avec son compatriote Axel Herman Hagg.
    De Tissot et Sargent, il va prendre ce style dit international, qui a tant plu à la fin du XIXe siècle. De belles draperies, des intérieurs cossus qui flattent le goût bourgeois, permettent à Zorn de bien gagner sa vie à Londres, pendant qu'à Paris Monet et Renoir tirent le diable par la queue.
    Zorn se débarrassera de ces fioritures au contact des impressionnistes à partir de 1888.
    Il rentre tous les étés en Suède. Il partage alors son temps entre Mora et Dalarö, où la famille Lamm loue une maison de vacances. Dalarö se trouve au bord de la mer à une vingtaine de kilomètres au sud de Stockholm. Pendant ses étés suédois, Zorn intensifie ses études de la lumière à travers les branches et des reflets sur l'eau.
 Kyrkviken à Lidingö 
[1] Kyrkviken à Lidingö, 1883, aquarelle et gouache sur papier japon, 35,4 x 25,2 cm , musée Zorn, Mora
  • 1884. Zorn effectue une escapade en mai-juin depuis Londres jusqu'à Lisbonne (où il réalise le Portrait de M. Benjamin au violon) et Madrid (où il participe à l'Exposition générale des Beaux-Arts et peint le Portrait de Donã Philomena Sainz). Il commence en Espagne la Nymphe d'amour [reproduite plus loin] qu'il terminera à Londres l'année suivante.
 Anders Zorn et Emma Lamm en 1885 
Anders Zorn et Emma Lamm en 1885
  • 1885. Au début de l'été, Zorn vient demander la main d'Emma à ses parents, jugeant qu'il est maintenant capable d'assurer l'entretien d'une famille. Le 2 juillet, ils sont fiancés. Ils se marient civilement le 18 octobre. Avant le mariage, Emma et sa mère étaient allées à Mora. Emma voulait savoir si elle pourrait vivre à Mora dans un milieu si différent de celui de la capitale ; elle en était revenue rassurée.
    À partir de la fin octobre, long voyage de noces en direction de l'Orient. Ils passent par Göteborg, Hambourg, puis Vienne et Budapest.
 Passeur turc dans le port de Constantinople 
[2] Passeur turc dans le port de Constantinople, 1886, aquarelle sur papier, 17 x 25 cm, National Museum, Stockholm
  • 1886. À Constantinople, Anders contracte le typhus et les jeunes époux doivent rentrer en Suède, par la Grèce, Rome, Florence et Paris. Ensuite, le couple Zorn s'installe à Londres.
    Lors de l'été à Mora, Zorn réalise une aquarelle commandée par le Musée national des Beaux-Arts de Stockholm, Notre pain quotidien, qui représente sa mère préparant une gamelle de pommes de terre pour les moissonneurs.
 Notre pain quotidien 
[3] Notre pain quotidien, 1886, aquarelle sur papier, 68 x 102 cm, National Museum, Stockholm
  • 1887. Hiver et printemps. Voyage en Andalousie et en Algérie.
  • 1887. Les Zorn passent l'été 1887 à Mora. Anders commence alors à peindre un nouveau sujet qui fera sa gloire : les nus en plein air. Zorn fusionne dans un même sujet le charme de ces jeunes femmes dans le plus simple appareil, l'étude de la lumière sur leur peau et celle de l'eau et de ses reflets qui l'avait accaparé durant les étés précédents.
  • 1887-88. Séjour en Cornouailles. Durant ce séjour Zorn se met à la peinture à l'huile. L'une de ses premières toiles est alors Pêcheurs à St. Ives. Tout en privilégiant maintenant la peinture à l'huile, Zorn va utiliser l'aquarelle pendant encore plusieurs années.
 Pêcheurs à St. Ives 
[4] Pêcheurs à St. Ives, 1887, huile sur toile, 128 x 86 cm, musée de Pau
 
  • 1888. Zorn propose Pêcheurs à St. Ives au Salon de Paris de 1888. Le tableau est non seulement accepté, mais de plus acheté par l'État français. La critique est élogieuse.
  • 1888. Arrivés à Paris d'abord par le hasard d'une commande (le portrait à l'aquarelle des enfants de M. Ernest May, commandé depuis Londres par Sir Ernest Cassel), Anders et Emma Zorn vont s'y établir pour plusieurs années. Zorn découvre alors l'impressionnisme, qui s'accorde avec sa touche légère d'aquarelliste. Il a son atelier au 71, boulevard de Clichy, dans le quartier des célèbres dîners impressionnistes au café Riche. Il se trouve aussi au voisinage immédiat de Degas, de Renoir, de Puvis de Chavannes et de Lautrec. Ce dernier va triompher au Moulin Rouge, qui ouvre en 1889. Anders fréquente aussi Max Liebermann, le peintre allemand amoureux comme lui de l'impressionnisme, qui vivait alors à Paris. Il...