4 villes idéales Lyon, Le Havre, Washington et Essaouira

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Nombre d'architectes ont imaginé "la ville idéale". Bien peu sont parvenus à la réaliser. Cyrille Piot propose d'étudier quelques-unes de ces villes conçues puis bâties par ces architectes. Parmi les quelques exemples de ces réussites, il en a retenu quatre : Lyon, pour l'un de ses quartiers, Le Havre, Washington et Essaouira. Chacune de ses réalisations correspond à une volonté ou à une nécessité politique jointe à une intention architecturale remarquable.
Publié le : lundi 1 juin 2015
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EAN13 : 9782336382401
Nombre de pages : 188
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4 VILLES IDÉALES
Lyon, Le Havre, Washington et Essaouira
Cyrille PIOT
4 ARCHITECTES
Tony Garnier, Perret, L’Enfant et Cornut
4 VILLES IDÉALES
Nombre d’architectes ont imaginé « la ville idéale ». Bien peu sont Lyon, Le Havre, Washington et Essaouira
parvenus à la réaliser. Cyrille Piot propose d’étudier quelques-unes de
ces villes conçues puis bâties par ces architectes. Parmi les quelques
exemples de ces réussites, il en a retenu quatre :
- L yon, dont un quartier fut dessiné dès 1899 par Tony Garnier dans
le cadre de son vaste projet de Cité industrielle. Il ne s’agit donc 4 ARCHITECTES
pas d’une ville mais d’un quartier qui en a les dimensions, doté
Tony Garnier, Perret, L’Enfant et Cornutde centaines de logements (la fameuse Cité-jardin des États-Unis),
d’un hôpital, d’un stade, d’abattoirs et d’écoles…
- Le H avre, la ville reconstruite par Auguste Perret après sa destruction
Préface de Jean-Paul LOUVET
lors de la Seconde Guerre mondiale,
- Washington et Pierre-Charles L’Enfant, l’architecte français qui
dressa le plan de la future capitale des États-Unis dès 1789 à la
demande de son premier président, Georges Washington,
- enfi n, Essaouira qui a été pensée puis construite à partir de 1766
sous la direction d’un autre architecte français, éodore Cornut,
un élève de Vauban, qui dessina le plan de cette ville dont le nom
marocain se traduit par « la bien dessinée ».
Chacune de ces réalisations correspond à une volonté ou à une
nécessité politique jointe à une intention architecturale remarquable.
Cyrille PIOT, né en 1956, est avocat à Lyon. Il est l’auteur d’une
biographie de Lorenzo da Ponte publiée en 2008 chez L’Harmattan
(Lorenzo da Ponte, le librettiste de Mozart), d’un essai sur le peintre
Vélasquez paru en 2011 aux Éditions alia (Les Ménines de Vélasquez,
une théologie de la peinture) et d’un recueil de nouvelles publié en 2013
chez L’Harmattan (Nouvelles de Lyon et d’ailleurs, portraits croisés).
Il est par ailleurs l’auteur de nombreux articles professionnels publiés
dans la presse spécialisée.
Photographie de couverture : Marko-Berndt.
ISBN : 978-2-343-05828-3
18
Cyrille PIOT
4 VILLES IDÉALES - 4 ARCHITECTES















































4 VILLES IDÉALES
Lyon, Le Havre, Washington et Essaouira
4 ARCHITECTES
Tony Garnier, Perret, L’Enfant et Cornut




Cyrille Piot









4 VILLES IDÉALES
Lyon, Le Havre, Washington et Essaouira
4 ARCHITECTES
Tony Garnier, Perret, L’Enfant et Cornut








Préface de Jean-Paul Louvet














































































Du même auteur
Nouvelles de Lyon et d’ailleurs, portraits croisés, L’Harmattan,
2013.

Les Ménines de Vélasquez, une théologie de la peinture, Thalia,
2011.

Lorenzo Da Ponte, le librettiste de Mozart, 1749-1838,
L’Harmattan, 2008.




Crédits photographiques
© Cyrille Piot pages 42, 45, 47, 49, 50, 53, 55, 59, 60, 66, 86, 95,
97, 100, 101, 104, 105, 132, 133, 162, 163, 164, 165, 167, 170.







































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05828-3
EAN : 9782343058283




Remerciements
Je tiens à remercier les dirigeants et les collaborateurs
des institutions qui ont facilité mes recherches :
- le Musée urbain Tony Garnier de Lyon,
- la Maison du Patrimoine du Havre,
- la Smithsonian Institution de Washington et la
Library of Congress,
- le Ministère de la Culture du Royaume du Maroc
et l’Association Essaouira-Mogador.
Leur dévouement et l’intérêt qu’ils manifestent chaque
jour pour leur mission sont communicatifs. Je tenais à
ce qu’ils soient mentionnés.
Mon ami Claude Brugière, architecte lyonnais au talent
reconnu, a bien voulu partager quelques-unes de ses
connaissances techniques avec moi. Je dois également
mentionner l’intérêt que mon ami Mohamed El
Mhassani a d’emblée manifesté pour mon projet. Ils
m’ont tous deux apporté une aide précieuse ; qu’ils en
soient remerciés.
Je tiens également à remercier Jean-Paul Louvet,
Architecte des Bâtiments de France pour sa
contribution au présent ouvrage.
Enfin, je ne puis passer sous silence le travail de
correction effectué par Annie Chodoreille.























À Geneviève, décidément bien patiente…







































Préface


Cyrille Piot m’a demandé de rédiger la préface de son
livre 4 villes idéales, 4 architectes. Étonnant ! Pourquoi
s’adresser à un Architecte des Bâtiments de France ?
Pourquoi un juriste reconnu veut-il s’aventurer si loin
de sa culture professionnelle ?
La première explication tient à sa passion pour
l’humain, pour l’art, j’en ai été touché.
Pourtant, point d’aventure en la matière, le droit et
l’urbanisme sont frères, ils manifestent l’être humain en
tant que personne et en tant que société. Tous deux
sont une expression de la société. Ils nous permettent
de nous comprendre, de ce point de vue, ils jouent un
rôle d’image. Mais ils jouent un autre rôle : celui de
moteur, ils structurent la société en lui apportant les
conditions du développement, de la sécurité, de la
pérennité, de la vie.
L’architecture est un proche parent de l’urbanisme,
comme le sont également la peinture, les arts
graphiques, la sculpture, le jardin, le paysage, etc. Alors
émerge la personne, l’artiste, celui qui donne une forme.
11 Le même auteur nous a proposé un livre sur Les Ménines
de Vélasquez, peut-être pour cette raison. Il montre
l’évolution d’une mise en scène du pouvoir, du pouvoir
royal au pouvoir du peintre, à celui de Vélasquez.
La problématique de 4 villes idéales, 4 architectes est la
même, seules les circonstances changent : un pouvoir
politique volontaire et ambitieux servi par un
architecteurbaniste à la personnalité bien marquée qui donne une
plastique aux enjeux de son temps.
Tony Garnier et sa Cité industrielle rencontrent Édouard
Herriot. Ensemble, et respectueux de leurs compétences
réciproques, politiques pour l’un et d’architecte pour
l’autre, ils sont avant tout Lyonnais, pas d’utopie, mais
de l’ambition au service de leurs semblables,
pragmatisme, réalisme. Ils assument leur époque avec
créativité et de façon éthique. Tony Garnier donnera
toujours des architectures équilibrées, à l’échelle
humaine. Comme souvent, il servira de faire-valoir pour
des projets d’où l’humanisme est absent. En matière
d’urbanisme, éthique et esthétique vont habituellement
ensemble. Merci Tony Garnier. Merci Édouard Herriot.
Bombardée par les Anglais pour être libérée, la ville du
Havre est à reconstruire. La mémoire collective
traumatisée en France, après deux guerres mondiales, a
marqué profondément les artistes, la créativité est bien
vivante, mais troublée, en rupture avec la période
d’avant-guerre. La violence de la guerre semble
continuer avec la politique de la tabula rasa qui, sans état
d’âme, tourne le dos à la mémoire qui devient le passé,
l’architecture et l’urbanisme entrent dans la période de
l’intemporalité et de l’universalité. Il est significatif
12 qu’Auguste Perret soit choisi pour être l’architecte de la
totalité de la ville. Il porte un prénom d’empereur
romain, se comporte en néo-romain, conduit par la
norme, peu lyrique, son architecture s’actualise par le
béton armé, elle se déroule avec méthode, son sens
plastique se réfère à l’antiquité. Son mérite est de
répondre exactement à la commande portée par la
société alors au pouvoir, au cours de cette période
confuse de l’après-guerre. Les idées sur l’homme y
étaient particulièrement paradoxales, depuis le retour en
arrière qui consiste à reculer pour avancer, jusqu’à la
modernité sans mémoire. Idées souvent peu
respectueuses de la diversité et de la dignité humaine.
Politiquement, il faudra attendre Malraux, pour renouer
la mémoire et la modernité.
Voulue par Georges Washington et mise en forme par
ePierre-Charles L’Enfant à la fin du XVIII siècle, la ville
de Washington réalise deux siècles plus tard l’utopie
actualisée de Thomas More. À la différence de la Rome
antique, à la fois pouvoir politique et puissance
économique, les États-Unis d’Amérique du Nord
séparent l’un de l’autre. La grandeur de Washington
n’est pas sa taille, mais d’offrir à ses États et au monde,
par son plan et son architecture, la pérennité de ses
institutions. À New-York d’en traduire l’application,
démesure et toute-puissance du libéralisme économique.
L’Enfant est parmi les architectes utopistes français de
ela fin du XVIII siècle, celui qui, grâce à la personnalité
de son ami Georges Washington, peut mettre en œuvre
son projet.
13 J’ai également découvert avec grand intérêt Théodore
Cornut, disciple de Vauban, qui, dans la deuxième partie
edu XVIII siècle, donne le plan de la ville nouvelle
d’Essaouira (Mogador). L’architecte est rapidement
écarté du chantier mais son plan régulier, structuré par
un grand axe reliant deux portes opposées et son projet
d’enceinte bastillonnée sont réalisés et témoignent
toujours de la qualité du dessin de Théodore Cornut.
Jean-Paul LOUVET,
Architecte des Bâtiments de France














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Avant-propos

Nombre d’architectes ont imaginé « la ville idéale ».
Bien peu sont parvenus à la réaliser. Je me propose
d’étudier quelques-unes de ces villes conçues puis bâties
par ces architectes : l’utopie devenue réalité. Parmi les
quelques exemples de ces réussites, j’ai retenu quatre
villes :
- Lyon, dont un quartier fut dessiné dès 1899 par
Tony Garnier dans le cadre de son vaste projet
de Cité industrielle. Il ne s’agit donc pas d’une ville
mais d’un quartier qui en a les dimensions, doté
de centaines de logements (la fameuse
Citéjardin des États-Unis), d’un hôpital, d’un stade,
d’abattoirs et d’écoles…
- Le Havre, la ville reconstruite par Auguste Perret
après sa destruction lors de la Seconde Guerre
mondiale,
- Washington et Pierre-Charles L’Enfant, un autre
architecte français, qui dressa le plan de la future
capitale des États-Unis dès 1789 à la demande de
son premier président, Georges Washington,
- Essaouira qui a été pensée puis construite à
partir de 1766 sous la direction d’un architecte
15 français, Théodore Cornut, un élève de Vauban,
qui dessina le plan de cette ville dont le nom
marocain se traduit par « la bien dessinée ».

Chacune de ces réalisations correspond à une volonté
politique jointe à une intention architecturale.
Le cas de Tony Garnier, concepteur du projet connu
sous le nom de la Cité industrielle, résulte de sa rencontre
avec un maire visionnaire et avide de progrès, Édouard
Herriot. Il s’agit alors de créer à Lyon un nouveau
quartier notamment doté d’un habitat digne et sain pour
la population ouvrière. Les contraintes budgétaires
conduisent à faire le choix d’un habitat collectif dans un
cadre verdoyant et aéré, la Cité-jardin des États-Unis.
Une autre ville française, Le Havre qui avait été en
grande partie détruite durant la Seconde Guerre
mondiale. C’est à Auguste Perret qu’il fut demandé de
reconstruire le centre-ville et le quartier du port. Les
travaux devaient être réalisés rapidement avec peu
d’argent et des moyens techniques limités.
La mission confiée à Pierre-Charles L’Enfant est d’une
autre nature : il s’agit de donner une capitale à la jeune
République américaine. Son premier président, Georges
Washington, confie cette tâche à un ingénieur français
qui a participé, les armes à la main, à la Guerre
d’Indépendance. La capitale devra rayonner non
seulement sur les États composant l’Union mais aussi
sur l’humanité tout entière. Il lui donnera le plan d’une
loge maçonnique : les Lumières devaient éclairer les
décisions qui y seraient prises.
16 Enfin, le sultan Mohammed ben Abdellah avait la
volonté de créer à Essaouira un nouveau port destiné à
concurrencer celui d’Agadir qui échappait à son
contrôle. L’architecte qu’il appelle pour cette tâche est
un Européen, Théodore Cornut, qui s’inspirera du plan
de la ville de Saint-Malo, de ses remparts et de son
organisation urbaine en quadrilatères.
D’autres villes, d’autres architectes et urbanistes auraient
pu faire l’objet de cette étude : notamment la ville de
Tavaux dans le Jura, Brasilia, la capitale du Brésil voulue
par le président Kubitschek et dont la conception des
principaux bâtiments fut confiée à Oscar Niemeyer, un
architecte de génie et à un urbaniste, Lucio Costa, ou
encore la ville de Richelieu. Hélas, le sort d’une pareille
étude est d’être injuste et oublieuse. Si gouverner c’est
choisir, écrire l’est aussi.
Certains regretteront de ne pas trouver dans cet ouvrage
les réalisations de Claude-Nicolas Ledoux à
Arc-etSenans ou celles de Le Corbusier notamment à Firminy.
L’explication est simple : les constructions de ces
architectes n’ont que partiellement atteint leur terme.
J’ai donc décidé de les écarter. En outre, les études
consacrées à ces architectes prestigieux sont
nombreuses et talentueuses.
Concernant Le Corbusier, bien qu’il ait lui-même conçu
puis bâti la ville de Chandigarh en Inde, les controverses
qui l’ont opposé à Auguste Perret sur l’utilisation du
béton armé ou la forme des fenêtres sont apparues plus
éclairantes qu’une énième étude sur le chantre du
brutalisme architectural.
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