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Arnaud F
Enquêtes sur l’imagination architecturale De l’opéra au cinéma sonore
ENQUÊTES SUR L’IMAGINATIONARCHITECTURALE
Arnaud F
RANÇOISENQUÊTES SUR L’IMAGINATIONARCHITECTURALE De l’opéra au cinéma sonore
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11660-0 EAN : 9782343116600
« Un noble philosophe (Novalis) a dit de l’architecture qu’elle est une musique pétrifiée, et ce mot a dû exciter plus d’un sourire d’incrédulité. Nous ne croyons pouvoir mieux reproduire cette belle pensée qu’en appelant l’architecture une musique muette. Qu’on se représente Orphée bâtissant une ville aux accords de sa lyre. Un vaste emplacement est préparé ; le chantre divin, après avoir choisi l’endroit le plus convenable, prend sa lyre. Soudain les rochers, obéissant au charme irrésistible de l’harmonie, se détachent des montagnes régulièrement découpées et taillées. Comme saisis d’enthousiasme ils se meuvent et s’ébranlent ; puis ils se coordonnent d’après les règles d’une savante architecture, se disposent en assises, suivant les lois du rythme, et forment des murailles. Ainsi s’alignent des rues qui s’ajoutent les unes aux autres. La ville est bâtie ; des murs de défense forment son enceinte.
Les sons de la lyre ont cessé ; mais l’harmonie subsiste. Les habitants d’une pareille ville circulent et travaillent au milieu de ces mélodies éternelles ; l’esprit ne défaille jamais ; son activité est sans cesse tenue en éveil ; l’oeil se substitue à l’oreille, usurpe son rôle et sa fonction. Les habitants, pendant les jours les plus ordinaires, sont dans un état idéal. Sans y songer, sans remonter à l’origine, ils goûtent la plus haute jouissance morale et religieuse. Que l’on se promène souvent dans Saint-Pierre de Rome, et on éprouvera quelque chose d’analogue à ce que nous osons exprimer. Au contraire, dans une ville mal bâtie, où le hasard, avec son misérable balai, a entassé pêle-mêle les maisons et les édifices, les habitants vivent sans y penser au milieu du désordre et de la barbarie. Tout est morne et triste autour d’eux. Pour l’étranger, lorsqu’il entre dans la ville, ce spectacle produit sur lui la même impression de fifres, de tambours de basque, comme si on se préparait à le faire assister à une danse d’ours et à des tours de singes ». J. W. von Goethe
De la vie de l’esprit à la vie physique
Au XVIIIe siècle, dans la foulée de l’Esthétique qui renoue avec la connaissance sensible écartée par la pensée cartésienne, les artistes ont commencé à explorer le monde de l’imagination. Pour les architectes, il s’agit de retrouver une architecture vivante, celle des origines, imaginée pour une expérience sensible et intuitive motivée par les émotions. Cette innocence retrouvée correspondrait à celle des temps présocratiques, avant le miracle grec de l’Idée, encore sous l’influence de l’Egypte ou de l’Orient. Un âge d’or, fabuleux, pleinement spirituel, où régnait encore l’énergie de l’imagination et ses révélations visionnaires. L’architecture est alors considérée en mesure de la Nature, tout comme réciproquement, la Terre-Mère prend toute sa mesure en rapport à l’architecture. Mais finalement, c’est bien dans l’imagination que l’architecture s’organise, dans l’univers psychique de l’architecte qui, à l’écoute de ses intuitions, développe une pensée par l’image, une pensée synthétique où le sens de l’architecture provient autant du monde réel que du monde intérieur. La fable de Goethe, maintes fois évoquée, assimilant l’architecture à une « musique muette », est précieuse car, en quelques mots, elle évoque le moteur de la création architecturale : l’énergie de l’imagination qui, comme par magie, anime le monde physique pour le transformer en monde spirituel.
Ces enquêtes sur l’imagination architecturale visent à montrer que cette forme d’imagination créatrice qui s’est imposée avec le Romantisme, contre les mécanismes du rationalisme « mortifère », a continué à agir, même pendant la période de l’Architecture moderne ; que c’est même d’elle que provient son Histoire. Jusqu’à Louis Kahn, le dernier des modernes et le premier des postmodernes, l’histoire de l’architecture est produite par des créateurs, souvent autodidactes, en quête de l’origine de l’architecture qui, s’ils ne cherchent plus à remonter à l’origine des temps, par exemple pour Frank Lloyd Wright, Le Corbusier, Mies van der Rohe, mais au contraire à percer l’avenir, revendiquent toujours le génie de l’intuition afin de retrouver une architecture vivante redynamisant une expérience spontanée et spirituelle du monde, même en plein univers technique.
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