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Famille, mode de vie et habitat

336 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 0001
Lecture(s) : 124
EAN13 : 9782296171480
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FAMILLES, MODES DE VIE ET HABITAT

COLLECTION HABITAT ET SOCIÉTÉS Directrice: Nicole Haumont Conseillers: Philippe Boudon, Jean Cuisenier, Alain Marie, Henri Raymond.

Les recherches sur l'habitat se sont multipliées dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale, dans les sciences sociales et en architecture, comme dans les sciences pour l'ingénieur. Cet intérêt pour l'habitat est lié à l'augmentation des populations citadines, d'abord dans les pays industrialisés et aujourd'hui dans les pays en développement, à des changements dans la structure des familles, à la montée historique de la privatisation mais aussi aux politiques sociales de l'habitat et à l'évolution des techniques et des modalités de construction et de conception. On doit attendre de ces recherches qu'elles contribuent à l'élaboration de solutions techniques, sociales et culturelles plus adaptées à la demande des habitants. Une partie importante des travaux réalisés ou en cours reste cependant mal connue, peu diffusée ou dispersée. L'objectif de cette collection est l'édition de recherches sur l'habitat au sens large (logements, équipements, architecture, espaces publics appropriés) et la réédition de textes importants écrits dans les dernières années, en France et à l'étranger, afin de constituer une collection d'ouvrages de référence pour les étudiants, les chercheurs et les professionnels.

COLLECTION

HABITAT

ET SOCIÉTÉS

Actes du Colloque International d'Arc et Senans 17-19 septembre 1987

FAMILLES, MODES DE VIE ET HABITAT

sous la direction de

Nicole HAUMONT et Marion SEGAUD

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Comité d'Organisation: Centre de Recherche sur l'Habitat. École d'Architecture de Paris La Défense. CNRS. Paris. Marion SEGAUD : Institut Parisien de Recherche Architecture Urbanistique Société. Université Paris X Nanterre. Gilles BARBEY: Président de l'International Association for the Study of People and their Physical Surroundings. Yvonne BERNARD: Laboratoire de Psychologie de l'Environnement. CNRS. Paris. Ian ROBINSON: Brunei University. Londres.
Nicole HAUMONT :

Le Colloque a reçu une aide financière:

- du Centre National de la Recherche Scientifique. Département « Sciences de l'Homme et de la Société ». - du Ministère de l'Équipement, du Logement, de l'Aménagement du Territoire et des Transports. Bureau de la Recherche Architecturale. et le soutien de l'International Association for the Study of People and their Physical Surroundings.

@ L'Harmattan, 1989 ISBN: 2-7384-0315-8

Table des matières

INTRODUCTION.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1. CHANGEMENTS DES STRUCTURES FAMILIALES ET ÉVOLUTION DU PARC

)

DE LOGEMENTS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Évolution des structures des familles urbaines et du logement en Turquie, Murat BALAMIR. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Évolution des structures familiales et conséquences sur l'habitat en France, Catherine BONVALET. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Cycles de vie, réduction des ménages et besoins en logement : une macro-simulation pour les Pays-Bas jusqu'à l'an 2000, Pieter HOOIMEI]ER....................................... Développement des villes nouvelles industrielles et transformations des structures familiales en Hongrie, Victoria SZIRMAI..... Tendances de la famille anglaise et logement, Mélanie HENWOOD Transformations socio-familiales et aménagement ~de l'habitat: le cas de la maison individuelle unifamiliale aux Etats-Unis, Anne VERNEZ-MoUDON . Flexibilité du bâti et transformations sociales, Ernest SCOFFHAM
2. TRANSFORMATIONS DES MODES DE VIE ET ORGANISATION DE L'ESPACE

13 15 31

54 73 84

105 124

DE L'HABITAT.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Habitat et habitants à Genève: une perspective historique du logement populaire, Roderick] . LAWRENCE............... Les familles bourgeoises françaises au XIX' siècle: pratiques sociales et transformations de l'espace de l'habitation, Claude BAUHAIN Configurations domestiques et reconquête de soi. Pour une prospective connotative de l'habitat, Pascal AMPHOUX.. . . . . . . . La maison communautaire comme nouveau style de vie, Béatrice E. Th. A. KESLER......................................

137 139 156 178 193 7

Nouveaux styles de vie et nouvelles formes d'habitat, Tony WEGGEMANS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 211 . Divorce et logement, Kathryn H. ANTONY................. 226 Mode de vie, dynamique familiale et construction de l'identité: les familles monoparentales en France, Perla KOROSEC-SERFATY, Véronique ]ECKER, Béatrix FARENDLA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245 . StructUres familiales et modèles territoriaux, par M. Vitorria GIUUANI, Giuseppina RULLO, Cristiana BACARO.. . . . . . . . . . . . . 262
3. RELATIONSFAMILIALES HABITAT. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ET

275 277 299 321

Décohabitation familiale, rapports entre générations et mobilité résidentielle, Thierry BLOSS.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le cercle familial: un défi par la planification, Louise Nystrom GAUNT. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . CONCLUSION, icole HAUMONT,Marion SEGAUD. . . . . . . . . . . . . . . . N

8

Introduction

Le colloque, dont nous présentons ici les Actes, s'est déroulé à Arc et Senans du 17 au 19 septembre 1987. Il constitue l'une des manifestations du réseau « Housing» de l'lAPS (International Association for People and their Physical Surroundings) et fait suite à une table ronde franco-britannique qui s'était tenue à Londres en octobre 1983 sur «Production sociale des modes d'habiter », financée conjointement par le Social Science Research Council et le Centre National de la Recherche Scientifique. Le colloque a réuni des chercheurs relevant de diséiplines différentes (sociologie, psychologie, géographie, architecture, urbanisme) venus de divers pays européens~ (France, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Suède, Suisse, Turquie) et des Etats-Unis. Un des premiers objectifs du colloque était de connaître jusqu'à quel point les changements observés dans les structures des ménages en France était le fait d'autres pays industrialisés et quels prolongements cela entraînait dans la structure du parc des logements. Le rapport rédigé par C. Bonvalet pour le Conseil National de l'Habitat, en 1985, sur « L'évolution des structures familiales et ses conséquences sur l'habitat », en Francel, montrait en effet de notables transformations dans la démographie des familles: une réduction de la taille moyenne, une augmentation du nombre des ménages composés d'une seule personne, une augmentation des familles monoparentales. Ces transformations résultaient de changements dans la natalité et la mortalité et aussi de l'augmentation du nombre de divorces. On connaît, par ailleurs, l'importance de la
1. Ce rappon a donné lieu à un colloque qui s'est tenu à Paris en 1987 mais qui ne concernait que la France: C. Bonvalet et P. Merlin, Transformation de la famille et habitat. PUF, 1988.

9

décohabitation des jeunes quittant le domicile des parents, et l'ampleur de ses variations d'intensité dans les années récentes. Au total, la diversité des ménages s'accroît en France, et la structure familiale constituée par un couple et ses enfants tend à n'être plus qu'un type parmi d'autres. En même temps, le nombre d'événements susceptibles de prendre place plus ou moins durablement dans le cycle de vie des individus augmente (cohabitation, décohabitation, divorce). La complexité des relations entre générations s'accroît d'autant. Il était intéressant de susciter des observations venues d'autres pays sur ces questions et aussi de rapprocher les informations sociodémographiques de celles qui portent sur les structures des parcs de logements et sur leur occupation. Bien qu'elles varient selon les pays et les régions, les structures des parcs de logements présentent en effet presque partout des rigidités et des inerties remarquables: les rythmes de changement et de renouvellement sont lents, la variété des types de logements est relativement restreinte ou plus exactement, dans chaque parc national, quelques types ont un poids très lourd. Ces contraintes freinent l'adaptation de l'offre de logements à la demande des ménages, sans même évoquer le rôle important de conditions restrictives plus classiques, comme le revenu des ménages ou l'insuffisance du nombre de logements construits dans divers contextes. L'étude de la situation actuelle dans les pays où les changements dans les familles et les ménages sont rapides est donc particulièrement intéressante. A côté des solutions qui semblent évidentes, offrir plus et autrement, d'autres éléments sont à prendre en compte: la mobilité résidentielle, la gestion, la recomposition des logements existants. Un second objectzf était de mieux appréhender les conséquences des transformations socio-familiales sur la conception des logements. En France, la «technostructure », dans laquelle figurent des architectes, est toujours fort désireuse d'initier de nouveaux logements adaptés aux transformations réelles ou phantasmées des modes de vie et des mœurs. Ainsi des concours d'architecture portent expressément sur ce thème et sont à l'origine d'une innovation qui concerne le plus souvent le logement social. La question, même si elle n'est pas toujours bien traitée, est d'un intérêt certain, mais peut-on prévoir les transformations des modes de vie à moyen terme et comment distinguer aujourd'hui, à côté des transformations techniques plus facilement maîtrisables, ce qui relève de la mode, par natUre éphémère, et ce qui exprime des transformations plus profondes et durables susceptibles de donner le jour à de nouveaux types architectUraux? Faut-il construire des logements spécifiques pour certains types de ménages comme les I()

ménages monoparentaux ou les personnes seules? Certains groupes sociaux sont-ils moteurs dans la demande de nouveaux logements? Autant de questions qu'il nous a semblé intéressant de poser à des chercheurs placés dans d'autres contextes, bien que ceux-ci soient limités aux pays industrialisés.
Nicole HAUMONT, Marion SEGAUD

11

1 Changements des structures familiales et évolution du parc de logements

Évolution des structures des familles urbaines et du logement en Turquie
Murat BALAMIR*

Les sociétés européennes post-industrielles sont en train de se désintéresser de la production et de la gestion du logement, préférant les laisser entre les mains du marché. Parallèlement les pays en voie de développement manifestent par rapport au système du logement des formes d'orientation très variées. Ceci s'explique par des raisons spécifiques dues à la constitution rapide d'un parc de logements. Dans un tel contexte une partie relativement importante du capital est engagée dans le secteur de la construction immobilière: le logement représente le premier secteur d'investissement pour la majorité des ménages. En l'absence ou plutôt avec l'existence d'un développement industriel très faible, le secteur de la construction semble jouer un rôle important dans les processus d'accumulation et, du même coup, dans la recomposition des populations urbaines en différentes strates. L'accumulation du capital dans le secteur agricole renforce encore cette tendance puisque la plus grande partie de ce surplus va s'investir dans la construction et dans la propriété de secteurs urbains. Le logement est d'autre part le plus important terrain pour le développement des politiques sociales engagées et reconnues par toutes les tendances politiques; ces politiques constituent un puissant levier dans la distribution de la richesse et de la prospérité.
* Urbaniste, Housing Research Center, Middle East Technical University, Ankara.

1)

Souvent d'ailleurs le logement est un lieu privilégié pour les confrontations politiques directes. L'une des raisons de s'intéresser au marché du logement en Turquie réside dans le constat d'un décalage croissant entre les changements radicaux qui s'effectuent au sein des structures familiales et l'offre dominante de types de logements. Plus particulièrement, les raisons et les forces qui interviennent dans la production du logement ne paraissent pas correspondre aux facteurs qui déterminent les modifications de la taille des familles. Ainsi la chute sévère qui touche la taille moyenne des familles urbaines n'a pas d'incidence sur la production de logements de plus en plus grands. Ceci aboutit à une contradiction sérieuse qui rend inefficace le système du logement au sein du marché et constitue à mon avis une forme secondaire de contradiction, conséquence du développement capitaliste dans le tiers monde. Il semble qu'une politique totalement libérale au cours de la constitution du stock de logements urbains soit à l'origine de toutes sortes d'anomalies qui touchent à la fois les sphères physiques et sociales du développement. Noûs exposerons ci-dessous les résultats provisoires d'une recherche empirique. La plus grande partie de l'information utilisée provient du recensement national. Notre objectif principal consiste à établir des grandes variables et à les mettre en relation avec le système du logement.

Le contexte général
Après les années 50, la Turquie est entrée dans une phase d'urbanisation importante. En deux décennies le taux de la population urbaine a doublé et a dépassé celui de la population rurale (figure 1). Le recensement de 1985 donne une population de 50 millions dont 53 % résident dans des agglomérations de 10 000 habitants et plus. Près d'un tiers de la population urbaine totale habite dans les trois métropoles: Ankara, Istamboul, Izmir. La population turque est jeune en comparaison avec les pays européens. La plupart des jeunes vivent en ville. Pendant les deux dernières décennies la moitié de la population globale est demeurée au-dessous de l'âge légal pour constituer un ménage seul (tableau 1). Ceci constitue la source d'une nouvelle vague de besoins et de demandes en logements. Le vieillissement lent de cette population entraînera des changements sérieux dans l'ensemble de la distribution des ménages, ce qui amènera une pression plus importante au niveau de la demande.

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47.64 65.52 78.97 88.21 93.50

41.27 66.61 78.73 88.55 93.60

Tableau

1 : Distribution

cumulative

de la population

urbaine

par groupes

d'âge

(%).

Les changements

dans la distribution

de la taille

des ménages

On doit s'attendre à une augmentation continue des groupes les plus jeunes et à un accroissement relatif des ménages de deux personnes. On observe depuis deux décennies un très fort développement des ménages d'une personne. Le nombre de ces ménages paraît avoir doublé en moyenne tous les cinq ans. Leur proportion a doublé en quinze ans. Il y a plusieurs raisons à cette augmentation du nombre de ménages de petite taille. a) L'extension des groupes de jeunes implique un plus grand nombre de jeunes ménages récemment mariés. La proportion des 17

familles jeunes dans la totalité des ménages était presque la même que celle des ménages plus âgés en 1970 (tableau 2). En dix ans la tendance s'est inversée: la proportion des familles plus jeunes est le double de celles plus âgées. Une mobilité sociale plus ample, un marché du travail plus étendu, une tendance à prendre plus de temps avant de décider de l'endroit de son établissement, une émancipation plus développée chez les femmes et le choix délibéré de retarder la venue d'un enfant après le mariage, tous ces facteurs favorisent le développement de tels ménages.

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chef de ménage 35 ana et moins

chef de ménage 55 ans et plus

---------------27.47 19.88 16.39

~--------------------------------------------Proportion des ménages jeunes et plus âgés dans la totalité ménages (%). (Source: SIS annual « Construction Statistics »). Tableau 2: des

b) Il est évident que l'âge du premier mariage est retardé vu que les contraintes familiales qui pesaient traditionnellement sur les jeunes se sont allégées et que leurs chances de rencontrer des individus du sexe opposé se sont accrues; l'augmentation de l'écart culturel et des différences de valeurs entre les générations, l'effritement des relations traditionnelles au sein de la famille et le fait qu'une plus grande partie du travail familial s'expose aux lois du marché font que les enfants ont toutes les chances et toutes les raisons de quitter leurs parents plus tôt. Les transformations des structures familiales Isociales traditionnelles ont des conséquences temporelles au niveau des cycles de vie familiaux. c) L'augmentation du taux des divorces aboutit à la formation de familles monoparentales et Iou de ménages d'une seule personne (tableau 3). Une expérience conjugale précédente, une modification des mentalités vis-à-vis de l'émancipation de la femme contribuent à conforter cette tendance comme l'éclatement des frontières de la vieille économie familiale, les femmes pouvant subvenir à leurs besoins. ri) On assiste à l'éclatement de la famille traditionnelle élargie, facilité par l'apparition de formes de logement particulières. A la 18

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-----------------------ménages comprenant d'u~ couple marié plus .

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11.39 13.16 7.53
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Tableau

3 : Proportion

des ménages

« spéciaux»

dans

la population

urbaine

globale

(%). (Source: SIS Annual « Construction Statistics »).

fin des années 60 la production croissante d'immeubles collectifs a permis de loger de manière satisfaisante de telles familles. Souvent les parents possèdent plusieurs appartements dans un même immeuble et les attribuent à l'un ou l'autre de leurs enfants. Ceci semble constituer un pas en avant décisif dans la dissolution des liens traditionnels en milieu urbain et mérite en soi une étude indépendante. La proportion des familles élargies dans les zones urbaines est tombée en dix ans de presque un tiers de son taux de 1965 (tableau 3). e) Outre ces ménages composés de familles conjugales, de nouveaux types de ménages ont fait leur apparition dans les zones urbaines. Ce peuvent être des ménages temporaires constitués de célibataires ou d'étudiants, ou des ménages plus permanents de parents ou d'amis qui décident de vivre ensemble (tableau 3). j) On ne doit pas sous-estimer le rôle du bail dans la constitution des ménages de petite taille. Comme c'est le statut de propriétaire occupant qui est le plus répandu et que, en cas de changement de propriété, on risque de perdre de l'argent, la résistance à la mobilité spatiale peut donner naissance à des ruptures familiales et/ ou à une sous-occupation du logement.

L'offre en logements et la formation du parc
La production du logement urbain en Turquie a sa propre histoire. Jusqu'à 1965 la production restait d'un niveau assez bas. Après 1965 cependant, on assiste à un démarrage brutal qui ne devait être interrompu que quelque temps au début des années 80, au moment du choc pétrolier et de la crise économique générale (fig. 2). Depuis lors, avec les conséquences de la récente politique 19

d'encouragement, le niveau de la construction ne cesse d'augmenter. Cette tendance devrait se maintenir dans un avenir proche.
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Figure2 :.

La figure 2 montre également les effets diversifiés sur la production globale de deux types de logements: les maisons individuelles et les appartements en collectifs. Sur le long terme, la production des maisons individuelles demeure stationnaire tandis que c'est uniquement la production d'immeubles collectifs qui fait augmenter le niveau global de la construction. Ainsi, la forme de l'environnement urbain est entièrement dessinée par ces immeubles, toutes les autres formes leur cédant la place. On démolit les maisons individuelles dans les quartiers historiques et notre architecture vernaculaire, fondement de la mémoire collective, disparaît. Ceux qui habitent dans des habitats précaires dans et autour des centres villes, une fois acquis un certain capital, préfèrent également emménager dans ces immeubles. Les raisons de cette préférence ne sont pas culturelles. C'est l'émergence et l'évolution d'un type de propriété urbaine particulier au cours des années SO qui sont responsables du choix de ce type de logement. En l'absence de ressources publiques suffisantes, il était impossible d'avoir une production publique de logements et d'acquérir des terrains (fig. 3). Avec en plus une très grande rareté de capitaux privés, les individus 20

n'avaient plus qu'une seule alternative, assembler leur effon et leur capital sur un nombre limité de sites urbains. Ce modèle fut finalement légalisé en 1965 après de nombreuses pressions politiques.
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Figure3. La production de ces immeubles est généralement menée par un constructeur-entrepreneur qui signe des contrats privés avec des individus. Les ménages qui investissent sont alors les fUturs propriétaires d'appartements spécifiques dans l'immeuble. La position du propriétaire du terrain est bien paniculière. Il ou elle sera payé(e) par l'entrepreneur en appartements, selon la valeur du site et les prix de la construction. Puisque l'entrepreneur associe les investissements individuels, il est en droit d'attendre des bénéfices relativement élevés - utilisant le capital des habitants - et il tend à faire le travail comme il l'entend. Ce processus de base explique le saUt des niveaux de production en 1965 et les raisons pour lesquelles en général cette production est, en Turquie, entre les mains d'hommes d'affaires. Le capital tiré de ce secteur l'est d'une manière bien plus rapide que pour d'autres secteurs. En l'absence d'autres perspectives, sûres et plus prometteuses, l'épargne des ménages, la richesse et l'effort vont dans le secteur de la construction, même si l'objectif est quand même d'acquérir un second et un troisième logement. Un tel processus contribue certainement à polariser la société entre ceux « qui 21

ont» et ceux « qui n'ont pas» et développe une classe de propriétaires qui occupe une place croissante dans la société. Les intérets respectifs des ménages investisseurs et des entrepreneurs ne conduisent pas seulement à l'extension de ces blocs d'immeubles, catégories particulières de logements, mais également à la production de logements de plus en plus grands (fig. 4, tableau 4). Une telle figure n'entre pas en contradiction avec la politique récente de développement du crédit. I I I I I I I I I I I I I I I - ~ANNUA!.PRODucnON OFIRl1ILDING$ANJjDWELL!NGSNIT""KF.Y,- I
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Tableau 4 : Augmentations de la taille moyenne des logements (m2). (Source: SIS Annual « ConsttUction Statistics»).

22

Distribution

des ménages

dans

le parc

de logements

Si l'on veut émettre théories et hypothèses sur la relation entre les ménages et les logements, on doit chercher les informations dans les enquêtes sur les situations de logement. Celles-ci sont cependant difficiles à mener, ne serait-ce que parce que l'on a affaire à deux populations (au sens statistique du terme) différentes, chacune ayant sa propre dynamique. C'est pour cette raison que l'on doit tenir compte, dans les enquêtes sur le logement, du statut « antérieur» et de celui qu'on estime « futur» de ces deux populations. Et ceci en paniculier lorsqu'on fait l'hypothèse qu'il existe des relations de cause à effet entre ces deux sous-populations du système de logement. Une distribution idéale des ménages dans le parc d'habitations est une pure utopie. Et pourtant une inadéquation graduelle peut entraîner de graves problèmes. A panir du recensement, on peut tirer des observations directes quant à la distribution des ménages dans les logements. Les chiffres indiquent les tendances contrastées des changements dans la taille des ménages et la composition du parc de logements. Pendant les vingt dernières années (et plus) la distribution a constamment joué en faveur des habitants. Ceci a des conséquences à la fois positives et négatives. En général, les conditions de logement se sont améliorées. Cependant il semble qu'en Turquie, le taux d'augmentation de la sous-occupation a été plus important que les améliorations touchant les taux de sur-occupation.

-- --------- ------ta:~lle des ménages (personnes)

------------r----------------------------~:~~~:-~:-;~ê~:~---------1
1 2 3 4 5+ inconnu

Total abri proviménage.ssaire
bidonvilles

1 2 3 4 5 6+ Total

100 100 100 100 100 100 100

0.2:5 0.05 0.07 0..07 0..06 0.17 0.11

47.98 30.11 23.57 18.91 16.00 13.09 19.30

28.21 38.15 38.75 39.16 39.30 37.17 37.97

12.61 18.56 22.36 2/..08 25.05 25.32 23.42

5.44 7.95 9.63 11.63 11.82 14.61 11.77

2.59 3.60 4.43 5.06 6.65 8.21 6.09

2.91 1.57 1.21 1.09 1.13 ].42 1.34

Tableaux 5

Distribution de fa taille des ménages et de la taille du logement en " zones urbaines (% ménages). 1965.

23

--------------------uille des Total

--------- ----------------------------------------------------nombre de pièces
abri pro'

1

2

3

4

5+

ménages
(personnes)

ménage! soire
bidonvil.

inconnp

1 2 3 4 5 6+ Total

100 100 100 100 100 100 100

~.65 p.33 10.64 0.29 0.28 0.83 0.54

32.08 1.05 13.18 9.71 8.52 7.42 11.00

32.23 31.56 35.42 36.27 36.48 32.20 34.77

19.83 26.41 31.00 31.57 32.45 32.67 30.94

7.23 lU39 12.55 14.80 14.48 16.37 14.24

1.10 2.34 2.92 3.47 6.12 3.73

7.97 5.55 4.87 4.45 4.32 4.55 4.79

Tableau 6 : Distribution de la taille des ménages et de la taille du logement en zones urbaines (% ménages). 1975.

-------------taille des ménages
(personnes)

.--------- --------abri provi Total ménages soire
bidonvil1 e

------------------------------------------------nombre de pièces

1

2

3

4

5+

inconnu

1 2 3 4 5 6+ Total r

100 100 100 100 100 100 100

1.15 0.30 0.24 0.25 0.40 1.58 0.67 .

1.51 3.66 2.18 1.63 1.82 1.38 2.37

28.44 35.29 21.70 42.40 17.00 43.85 26.52 43.03 1/..74 1.1. Sf> 13.36 38.91 16.23 41.40

17.22 24.63 29.40 31.70
10.85

4.54 6.11 6.20 7.19

1.84 1.19 1.14 1.16 l:~l 1.23
-

29.62 &jg 29.17 8.93

Tableau 7 : Distribution de la taille des ménages et de la taille du logement en zones urbaines (% ménages). 1985.

.:~:::::~t::~-- a?~~~-r~-~ ~--~
énages £personne) 1 2 3 ménage 3.29 1.51 14.16 18.73 18.11 3'\020 100 vuoire bidonvil 7.81 5.51 8.68 2.48 10.88 5S.46 100 e 8.18 17.96 17.29 18.35 15.02 23.19. 100 2.{Ô 11.57 14.45 19.32 18.74 33.48 100 1.77 9.12 13.51 19.26 19.36 36.98 100

~---~:
1.52 7.77 11.58 18.51 18.11 42..45 100 1.40 6.81 10.30 15.56 19.77 46.16 100

~~~~~~~-----7.14 13.46 12.71 15.25 15.24 36.30 ).00

4
5 6+ Total

--------------------------------------------Tableau 8 : Distribution des ménages et taille des groupes en fonction de la taille du logement. 1965.

24

- --------- -------~---------------------------------------------------------------taille des nênages fnersonnes 1 2 3 4 5 6+ Total Total ménages 3.88 1.77 4.81 9.46 16.91 33.16 100 abet pre' visoi!:e bidcinvi: 4.71 7.29 17.55 10.48 8.84 51.15 100 -1 11.33 18.25 17.75 17.20 13.10 22.36 100 2 3.60 12.71 15.09 20.30 17.74 30.56 100 .3 2.49 10.05 14.85 19.86 17.74 35.02 100 4 1.97 9.42 13.05 20.23 17.20 38.12 100 5+ 0 5.35 9.28 15.23 15.72 54 43 100 inconnu 6.46 13.64 15.Q7 18.09 15.24 31. 50 }OO

Tableau 9 : Distribution des ménages et taille des groupes en fonction de la taille du logement. 1975.

----------- ------taille des

------------------------------------------------------1 22.21 17.52 14.94 16.54 13.46 15.33 laD 2 8.00 15.14 17.02 39.33 15.88 21. 65 100 3 3.89 11.60 17.21 25.02 17.56 24.72 100 4 2.70 9.56 16.38 26.16 18.50 26.70 100 5+ 2.32 7.75 11.27 19.38 18.71 40.57 100 inconnu

ménàgea o n 1 2 3 4 5 6+ Total

abri pro Total ménages viso ire bidonvil 4.57 7.85 11. 33 5.06 5.80 16.25 27.04 8.80 17.49 10.49 26.30 62.00 100 100

6.85 11.00 15.05 22.74 15.17 29.18 100

Tableau 10 : Distribution des ménages et taille des groupes en fonction de la taille du logement. 1985.
------------------------------------------------------------------------

tora1 1965 locataires
proprieta1.res-

ménages

1
14.70 26.75 12.80 19.32

2

3

4

5+
8.10 5.58 8.60 5.05

pièces

---------100 100 100 100

---------------------------------------------39.03 23.79 14.18 8.03 36.60 23.04 33.01 27.04 15.20 38.02 27.31 10.29

occupants 1970
lc:;càtaires

propriétaires-occupants -

1975
locE.<;.,.::':ï:es

propriétairesoccupante -

100 100

10.47 11.92

32.95 38.00

30.78 15.89 31.21 11.31

9.06 7.56

-------------- -----------

---------------------------------------------

Tableau Il : Distribution des ménages urbains en fonction de la taille du logement et de son statut d'occupation (%).

25

---------------------------------------------------Total
1965 1970 1975 100 100 100

I 1

---------------------------------------------------3.35 3.81 3.99 13.24 12.79 13.21 17.75 17.42 19.01 22.34 21.90 23.22 18.41 17.92 16.94 24.91 26.16 23.63

2

3

4

5

6t_Rcrsons

---------------------------------------------------Tableau 12 : Distribution des ménages urbains locataires en fonction de la taille du logement (%).

On peut voir plusieurs causes et conséquences à cela: - la disponibilité d'espaces plus vastes a pu conduire à un nombre plus grand de ménages établis (durables). Ceci en revanche a pu avoir des effets sur les relations à l'intérieur du ménage même; - cela peut aussi conduire à une spécialisation quelque peu artificielle des espaces domestiques. On cite souvent l'exemple du second living, utilisé uniquement de temps à autre par les invités;

ment de nouveaux « hobbies », de comportements de sous-location,
etc., chacun affectant d'une manière ou d'une autre les relations à l'intérieur du ménage. La distribution des ménages en différentes catégories comme ceux qui ont des revenus élevés ou bas, ou les occupants propriétaires et les locataires, révèle d'autres processus en cours. On peut par exemple observer que les groupes à bas revenus occupent des logements relativement plus petits et que l'amélioration de leurs conditions de logement s'est faite beaucoup plus lentement (tableaux 13-18).

-

davantage d'espace peut également favoriser le développe-

~-------------------------------------------niveauxrevenus tot. ménagesl
bas-moyen moyen
haut-lfoC/en

------------ --------- ---------------------------------------------bas
8.88 25.92 38.41 21.13 5.66 100 29.64 16.49 8.09 4.77 4.69 44.67 37.23 26.88 18.97 16.22 19.62 33.3840.33 39.73 39.56 .5.47 Il.24 20.33 28.08 26.88 0.60 1.66 4.12 8.45 12.65 100 100 100 100 100

2

3

4

5+

pi~ces

haut Total

-----------------------------------------------Tableau 13 : Répartition des ménages urbains en fonction de la taille du logement et en fonction des niveaux de revenus (%). 1978. (Source: SIS sample surveys). 26

:~~;;;~~~~1~:.=~~~?~~~~=~~~~~~=]
' oyen
bas-moyen . haut-moyen haut Total 100 100 100 100 100 3.85 27.11 42.11 20.60 6.33 1.14 16.40 42.91 29.13 .10.42 0.58 10.04 39.09 37.43 12.86 0.24 5.55 29.53 42.07 22.61 ---------------------------------------------------2.23 18.87 40.62 28.16 10.12

l

---------------------------------------------------Tableau 14 : Répartition des ménages urbains de différents niveaux de revenus en fonction de la taille du logement (%). 1978.

niveaux revenus

total menages 1-2

3

4

5

6

t

persons

bas
bas-moyen

8.88 25.92 38.41 21.12 5.66 00

20.55 31.33 31.94 13.14 3.05 00

10.75 27.41 37.10 19.54 5.20 100

6.51 27.82 39.37 20.87 5.42 100

7.77 23.86 39.99 22.81 55.67 100

5.62 22.15 39.98 24.75 7.49 100

moyen
haut-moyen

haut Total

Tableau 15 : Répartition des ménages urbains selon le revenu en fonction de la taille de la famille (%). 1978.

n:;.veaux revenus

total menaJ!;es1-2

3

4

5

6

+

persons

bas -b~D-moyen moyen haut-mo)ten haut Total

100 100 100 100 100 100

25.39 13.26 9.12 6.83 5.91 10.97

22.56 19.71 18.01 17.24 17.14 18.64

18.55 27.16 25.93 25.00 24.25 25.30

17.90 18.82 21.30 22.08 20.12 20.45

15.59 21.0!, 25.63 28.55 32.58 24.63

Tableau 16 : Répartition des ménages urbains selon la taille de la famille en fonction du revenu (%). 1978. 27

niveau

revenus

total

ménages

propriétaires-occupants

locataires

lIiftl5
bas-mojen

100

62.25

30.09

100 100 100 100

54-97 58.33 61.90 64.88

39.52 36.69 33.63 31.62

moyen
hl:uî:-moyen

hàut
I

Tableau 17 : Répanition des ménages urbains selon le statut d'occupation du logement, en fonction du revenu (%). 1982.

niveau revenus bas
bas-moyen

total

menages

p~1~taires~oècupants 7.52

locataires 9.48

8.88

25.92 38.41 21.13 5.66

28.53 39.18 19.79 4.98

24.17 37.94 22.18 6.23

.lIIoyen
haut-moyen

haut

Tableau 18: Répanition des ménages urbains selon le revenu, en fonction du staq.lt d'occupation des logements (%). 1982. (Source: SIS sample surveys).

De tels constats peuvent être effectués sur les locataires. Ils sont non seulement concentrés dans de plus petits logements mais ils se heurtent à un problème économique supplémentaire: les loyers des petits logements augmentent plus rapidement que ceux des grands logements (tableau 19). Il est évident que les distributions effectuées dans un contexte de relations de marché sont des distributions contraintes plutôt qu'elles ne sont la manifestation de conditions « parfaites» du marché. Il y a des distributions qui ne satisfont pas nécessairement les besoins. Ceci demande une analyse de l'environnement politique.

28

.---..----------

--------------------------------------------------------------------------------------------1 2 3 4 5+ pièces 100 229 297 100 155 288 100 134 244 100 158 182 100 125 199

-------------------------------------------------------------------Tableau 19: Augmentations (prix courants). des loyers dans la moyenne des logements urbains

1965 1970 1975

Les politiques du logement et les perspectives de recherche
En Turquie, la politique du logement se réduit presque uniquement à l'attribution de prêts à taux d'intérêts faibles. Le « State Funds» récemment créé pour cela a augmenté l'enveloppe globale des crédits distribués et encouragé un nouveau type de logement. Un grand nombre d'entreprises coopératives possédant leurs propres organisations ont produit du logement privé collectif. Les erreurs financières, matérielles et sociologiques sont nombreuses. L'une des erreurs réside dans le fait que le même ménage peut être subventionné à long terme de multiples fois vu qu'il n'existe pas de système efficace d'enregistrement. Ceci contribue à renforcer l'écart entre ceux qui « possèdent» et ceux qui « ne possèdent pas ». On s'aperçoit aussi que les priorités et les incitations à construire de petits logements s'avèrent inefficaces pour des raisons culturelles, à cause de « la natUre du peuple turc ». Une étude de ce phénomène serait en soi intéressante pour comprendre la part respective des conditions économiques et celle des attendus culturels dans l'utilisation inadéquate du parc de logements. En face de la banalité architecturale issue des forces du marché et de la mollesse des politiques officielles il était essentiel de dégager les tenants souterrains du système et d'expérimenter de nouvelles formes de logement. Qu'il s'agisse d'une approche «matérialiste» ou «empruntant plutôt à l'exploration des mentalités », une recherche à venir sur les interactions entre les formes de logements et la structure des familles devra tenir compte du système de logement dans sa globalité. Ce n'est que dans un tel cadre que des étUdes sur différents aspects du système peuvent se légitimer. Dans ce sens l'étude dont nous venons de parler ouvre un certain nombre de voies qu'il faudrait explorer: - La forme monolithique du parc de logements, due aux conditions de propriété, n'a pas seulement menacé et détruit notre 29

mémoire collective mais semble également avoir affecté la perception de soi de la société locale ainsi que son statut. - Avec l'avènement dans la société de «classes» de propriétaires, les attitudes vis-à-vis de la « maison» se sont peut-être totalement modifiées. - On pourrait étudier à la fois le processus de désintégration de la famille élargie traditionnelle et la manière dont les nouveaux blocs d'appartements sont utilisés. - Il est nécessaire de comprendre comment le système immobilier, dans son évolution, a influencé matériellement et culturellement la formation des ménages, spécialement en cas de mariage. Il est vraisemblable que les nouvelles formes de logements en Turquie ont une influence importante sur la décision de se marier et dans les choix des couples, dans leur vie conjugale et dans leur cycle de VIe. A ce point il semble important que les recherches sur le système du logement en Turquie se développent et proposent de nouvelles formes de logements expérimentales.

30

Évolution des structures familiales et conséquences sur l'habitat en France

Catherine

BoNY ALET*

Depuis une vingtaine d'années, on assiste à un bouleversement des structUres familiales, lié aux évolutions démographiques, sociologiques et économiques. Ces transformations de la famille ne sont pas sans incidence sur le logement et l'habitat. Désormais, pour prévoir la demande de logement des années futures, il ne suffit plus d'avoir une estimation de l'évolution du nombre des ménages, car l'équilibre population-logement ne se fait pas uniquement de manière quantitative. Il existe, en effet, une confrontation entre la structure des ménages et celle du parc de logement. Une analyse plus fine de la demande s'avère nécessaire à travers la connaissance des besoins en logement créés par les nouvelles formes familiales1.

LEs TRANSFORMATIONS

DES STRUCIDRES

FAMILIALES

Évolution de la structure des ménages depuis 1962
L'évolution démographique (baisse de la natalité, recul de la

* Démographe économiste, INED. 1 Cette communication a été rédigée à partir du rapport du Conseil National de l'Habitat [1] et les conclusions du Colloque organisé par l'INED, l'IDEF, et la DREIF [2]. Elle a déjà fait, en partie, l'objet d'une publication. Je remercie Anne Chaulet qui a participé à l'élaboration de cette étude. 31

mortalité), l'émergence de nouveaux comportements à l'égard du mariage (développement de la cohabitation hors mariage, augmentation des divorces), ainsi que les mutations socio-économiques liées au travail féminin et à l'élévation du niveau de vie ont radicalement transformé la structure des ménages. On observe les mêmes évolutions dans la plupart des pays industrialisés: une montée des personnes seules, une augmentation des familles monoparentales et des couples non mariés, une diminution des familles nombreuses ainsi qu'une hausse des couples sans enfant (tableau 1).
type de ménages 1962 !Effectifs \ 1982 !Effectifs \ Evolution \

!en milliers __________________1___________________1___________________1____________

.

.

.
+69 +84 +62

Personnes Hommes Femmes Familles tales dont les Couples dont

seules

2852 906 1946

19.6 6.2 13.4

4817 1666 3151

24.6 8.5 16.1

monoparen597 femmes ! 485 10258 ! 6623 sans 3635 ménages 833
14540

4.1 3.3 70.6

847 724 13120

4.3 3.7 67.0

+42 +49 +28

Couples 2 parents avec au moins un enfant Couples enfant Autres

45.6 25.0 5.7
100.00

7238 5382 806
19590

39.5 27.5 4.1

+17 +48 -3

------------------1-------------------1---------------____1____________ . .
ENSEMBLE

.
100.00 ! +35

Tableau 1 : Structure des ménages en 1962 et 1982. (Source: INSEE).

32

Une montée des personnes seules. Le nombre de ménages d'une seule personne est certainement l'un des changements les plus profonds de notre société. Autrefois, les personnes isolées se rattachaient souvent à un ménage soit en tant que domestiques, soit en tant que frère, sœur, parent d'un membre du couple constituant le noyau principal du ménage. En France, les isolés ne constituaient que 10 % des ménages en 1856. L'évolution récente montre l'éclatement de ces familles complexes en plusieurs ménages. En vingt ans, le nombre de personnes seules a augmenté de 69 % et représente un ménage sur quatre au recensement de 1982. Cette forte augmentation est liée au gain différentiel de l' espérance de vie (qui s'élève en France à 71,3 ans pour les hommes et 79,6 ans pour les femmes contre, respectivement, 61,7 ans et 67 ans pour la période 1946-1952). Les personnes seules âgées sont surtout des veuves qui désirent garder leur autonomie et rester chez elles le

plus longtemps possible. On constate en effet que la « ptopension à
vivre seul» des personnes âgées s'est accrue au cours des dernières années. Mais la croissance du nombre de personnes seules est aussi très liée au nouveau mode de vie des jeunes. On note une augmentation massive des célibataires vivant seuls, notamment chez les hommes. Les célibataires représentent en effet en 1982, plus de la moitié des hommes seuls contre 30 % des femmes. La décohabitation des jeunes, le recul de l'âge au mariage et de la mise en couple en sont les principales causes. Pourtant, on observe en France, depuis le début des années 1980, une tendance chez les jeunes à rester plus longtemps au domicile parental [3]. Le chômage, les difficultés d'accès au logement ne sont certainement pas étrangers à ce renversement de tendance. L'analyse détaillée des modes de cohabitation [1] des jeunes de 20 à 24 ans montre cependant que, si les jeunes partent plus tard de chez leurs parents, ils créent plus souvent des ménages en vivant seuls qu'ils ne le faisaient en 1975 (moins de jeunes en foyers, diminution des ménages communautaires... ). Moins importante que l'augmentation des veuves et des célibataires, celle des divorcés n'est pas pour autant négligeable. L'évolution du nombre de divorces a pour conséquence directe la création de ménages. Selon une étude anglaise [4], sur 100 divorces, il se créerait 50 à 70 ménages. Cette montée des personnes seules résulte, en fait, d'une modification du cycle de vie familiale dont le déroulement n'est plus forcément linéaire. Auparavant les périodes de vie étaient plus tranchées. Une partie des jeunes quittaient leurs parents au moment de leur mariage, les divorces étaient moins fréquents et la phase de vie solitaire se situait au moment du décès de l'un des conjoints dans le cas où le parent âgé n'était pas accueilli chez ses enfants. 33