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L'action socioculturelle dans la ville

De
192 pages
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Ajouté le : 01 janvier 0001
Lecture(s) : 48
EAN13 : 9782296295742
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L'ACTION

SOCIOCULTURELLE

DANS LA VILLE

@

L'Hannattan,

1994

ISBN:

2-7384-2867-3

Sous la direction d'Arn~el HUET

L'ACTION SOCIOCULTURELLE DANS LA VILLE

Actes du colloque de Rennes 1 et 2 ()ctobre 1992
Colloque co-organisé par le Laboratoire lie Recherche en Sciences Sociales (LARES) de l'Université de Rennes 2 et la VILLE de RENNES, avec le concours de l'Observatoire des politiques culturelles de Grenoble.

Éditions L 'I-Iarmattan 5-7, rue L'École Polytechnique
75{}{}5Paris

A Anne Cogné, et Andrée Navarre qui n'ollt !Jas Inénagé leur /Jeine et leur soutien pour que les recherches qui ont conduit à ce colloque puissent être réalisés dans lie bonnes conditions.
A tous les res/Jolls11bles et l1nÙl1.ateurs socioculturels qui ont contribué à une Ineilleure connaissance de leur action.

REMERCIEMENTS

Le LAI~ES tient à relnercier vivelnent toutes les personnes qui ont apporté leur contributionà la bonne réussite de ce colloque.
Monsieur Edlnond I-IEI~VÉ, Maire <.leRennes

Madmne Anne COGNÉ, Conseillère Municipale, Déléguée à l'Action
Socio-(~u 1ture lIe

Madame NA VARRE, Directrice Madelnoiselle MORIN Madalne DESGRANGES Madelnoiselle JOlJANIN du Service de la Direction du Développelnent. Culturel de la Ville de Rennes Monsieur René RIZZAI~DO et ses collaborateurs de l'Observatoire des Politiques Culturelles de Grenoble Madame DlJRFOl<T, Responsable Monsieur SÉBILLE Madrune I-IOTTER du Service des l~elations Extérieures de la Ville de Rennes Monsieur TROtJILLOlID. Responsable Madmne TRÉGARO du Selvice Infonnatioll COlnlnunication de la Ville de Rennes Monsieur PRÉCI-IOlJX, l<esponsable Monsieur LAMBERT Madmne I-IERVÉ 7

du SeIVice Ilnprimerie Reprographie de la Ville de Rennes Madame Maryline I-IONORÉ de l'O.T.S.!. Le Lycée Technique Professionnel de Jeanne d'Arc Madmne TROCI-IU Madrone DELOlJRMEL du LARES

SOMMAIRE

INTRODlJCTION par Al1nel HUET, "REPENSER L'ACTION

SOCIOCULTURELLE"

Il

Discours d'ouverture du colloque, prononcé par Monsieur Edmond HERVÉ, Député-Maire de RENNES. 15 Guy SAEZ, Directeur de Recherche au CNRS - CERAT : "L'animation et l'éducation populaire dans les années 60 : variations sur le thème changement et continuité." 19 Armel HUET, Directeur du LARES, Professeur de sociologie à l'Université Rennes 2.

"Le système socioculturel dans la ville: acteurs, pratiques, problèmes, redéfinitions et enjeux". Résultats de l'évaluation effectuée à Rennes de 1989 à 1991..41
Gilbert GAUI.JTIER, Chargé d'Études au LARES, Université RENNES 2. "Les Publics et les activités du socioculturel". 65 Laurence ROULLEAU-BERGER. Chargée de recherche CNRS, AIX EN PROVENCE. "La Ville et ses intervalles ou les creux de l'action soci(}Culturelie". 103

9

Mireille PONGY, Chargée de recherche CNRS, au CERAT de l'Institut d'Études Politiques de Grenoble. "Les nouveaux enjeux des politiques socioculturelles" 121 Jacques CALLET, Inspecteur Départemental de la Jeunesse et des Sports de Haute Savoie. "L'État discret: Du temps libre à la décentralisation". 135 Frank LEPAGE, Directeur chargé du développement culturel et de la communication, à la Fédération Nationale des M.J.C.. "Les nouveaux projets des grandes fédérations". 143 Éric FA VEY, Membre du Bureau National de la Ligue de l'enseignement. Délégué à la Culture. "La Médiation Culturelle, nouvelle forme d'intervention de la I~igue de l'Enseignement" 151 Fred THOREL, Maire-adjoint à la culture, Ville d'Anliens "I.Ja politique du socioculturel dans la ville" Annexe 1 : Programma du Colloque Annexe 2 : IJste des partic.ipants

159 167 172

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REPENSER L'ACTION SOCIOCULTURELLE
Ann.el HUET Directeur du LARES Pro.fesseur de sociologie il l'université Rennes 2

Qu'est-ce que l'action et l'aniolation socioculturelle aujourd'hui? Con1n1ent la dé11nir? A quoi et à qui sert-elle? Quelles catégories de population concerne-t-elle? Quelle est sa pertinence et son rôle dans la structuration et l'aniIllation de la vie sociale urbaine? Comment caractériser ses évolutions? Les activités qu'elle recouvre, ses modes de fonctionnement, ses pratiques sont-elles à la mesure des raisons et des finalités que décideurs et acteurs lui assignent, des valeurs que ceux-ci affirnlent défendre ct pron10uvoir par sa nlise en oeuvre? Comment identifier ses problèn1es majeurs? Comment repérer ses capacités, ses dynamisInes, ses réussites, mais aussi ses carences, ses dysfonctionnenlents, ses troubles, ses échecs? Quelles réflexions essentieHes à conduire pour tracer son avenir? Née historiquenlent pour une part des mouvements philosophiques et sociaux du XIXe, affirI11ée notaIllnlent dans la période d'aprèsguerre de nl0dernisation, d'urbanisation et de transfornlation de la société française C0I11111e fornlc d'intervention sociale conduisant une aussi bien à la dénl0cratisation par la pronlotion des milieux populaires et l'épanouissenlent des personnes qu'à la satisfaction des besoins nouveaux, ct participant ainsi à la nécessaire adaptation pern1anente et au progrès de la société, l'action socioculturelle a engendré des mutations profondes du mouvement associatif et des organisnles d'éducation populaire, a produit de nouveaux métiers, a suscité de multiples initiatives, la fOrI1lationd'organisn1es nouveaux, la conception et la construction d'équipclnents urbains. L'action socioculturelle est ainsi devenue un enjeu politique. Les collectivités territoriales pour leur part lui ont fait un sort divers ::

Il

certaines en ont fait un objet significatif voir emblénlatique de leur politique. d'autres s'en sont moins souciées. Qu'elle ait été peu ou prou soutenue, l'action socioculturelle s'es.t constituée depuis une trentaine d'années en univers spécifique, fort d'une expérience diversifiée, de positions acquises, de compétences reconnues. Mais en mênle te111pS, scléroses, une professionnalisation mal ses assumée de ses savoir-faire, J'essouftlement des convictions militantes, des mutations nlal perçues du nlonde associatif, un réel désarroi devant le développement de nouvelles différenciations et disparités sociales suscitent des interrogations de plus en plus pressantes sur son efficacité. son illlpact. et sur ce qu'il convient d'en attendre. L'accent Illis dans les années 80 par les gouvernements et les Villes sur les politiques culturelles a contribué à relativiser son rôle, voire à la discréditer et à la délégitilner. Pourtant depuis quelques années, face aux problèmes posés notamment dans les grands ensenlbles urbains, les décideurs politiques mesurent à quel point l'cffritelTIent du tissu associatif traditionnel, l'insuffisance de l'action et des équipements socioculturels constituent un réel handicap dans ]a structuration du lien social. Pressés par les nlutations et la vitalité de la société civile, ils cherchent alors à recomposer des interlocuteurs légitinles au plan local et, entre autres, des relais actifs dans les générations nouvelles. La crise urbaine a également ulis en relief la carence et l'inadéquation des services dans les quartiers. Le contexte actuel est donc tout à fait favorable à une réévaluation de l'action socioculturelle et de son rôle dans la ville. Cette réflexion ne peut se contenter des idées au goût du jour. Elle doit au contraire reposer sur une appréciation approfondie de ce qu'est l'action socioculturelle, de ses capacités COffi111e ses errements, de pour mieux encourager ses possibles et nécessaires contributions. En 1988, la Ville de l~ennes entreprenait l'évaluation de tout son dispositif culturel et socioculturel. Elle contiait cette mission au LARES, laboratoire de recherche de l'Université Rennes 2. En 1991, l'évaluation des trente-trois équipements socioculturels conventionnés ainsi que de l'Office social et culturel rennais (regroupant les associations) était achevée. Cette évaluation a réuni d'exceptionnelles conditions pour réexaminer les diverses questions afférentes à l'action socioculturelle dans la ville. Elle a donné lieu en effet, conln1e nous le verrons plus loin (Cf. communication "Le s)'slè/11.esocioculturel dans la ville ''), à d'importantes investigations qui avaient c.ertes pour but de réunir les 12

données permettant d'évaluer, et qui ont donc été conduites pour répondre à cette exigence. Mais leurs modes de construction, leurs conditions scienHfiques de réalisation (durée de trois ans. Dléthodologie qualitative et quantitative-, nlodes et contraintes de vérifications) et les démarches les accompagnant, con1me les rencontres et la confrontation pernlanente entre les principaux partenaires (le commanditaire. les "évalués" et "l'évaluateur") nous ont en même temps créé comme une situation de laboratoire, où nous avons pu constamment réunir des inforlnations et élaborer des connaissances étendues et approfondies, souvent inédites, que les résistances de~ interlocuteurs nous obligeaient à débattre et à en démontrer les fondements et les preuves. C'est en ce sens que l'on peut dire que cette évaluation nous a conduit à effectuer un travail scientifique qu'il aurait été ditl1cile de Inener à bien dans les conditions classiques actuelles de la recherche sociologique. Il convenait donc, au ternle d\Jne telle investigation, d'introduire les résultats de nos travaux dans le débat scientifique sur l'action socioculturelle, nlais aussi de les présenter à tous ceux qui aujourd'hui travail1ent à sa mise en oeuvre et qui, dans leurs pratiques rencontrent les exigences de ses redél1nitions. Il nous est apparu au cours de nos travaux conlbien le débat actuel sur l'action socioculturelle était faussé, faute certes d'informations approfondies et fiables, nlais surtout parce qu'il est le plus souvent conduit en s'inspirant de catégories d'analyse désuètes qui l'enferment dans des visions et interprétations étroites, voire franchement erronées. Si l'on veut avancer dans ce débat et que celui-ci contribue à éclairer ce qui est à faire, il nous parait que l'enjeu majeur est de reconstruire une capacité à repenser l'action socioculturelle. Telles ont été les raisons pour lesquelles, au terme d'une étape importante de nos travaux sur le cas rennais, nous avons tenu à organiser un colloque national, intéressant aussi bien les chercheurs que de nOlnbreux acteurs politiques, institutionnels, professionnels et bénévoles, concernés par l'action socioculturelle dans la ville. Nous avons cherché, en effet, par ce colloque à poursuivre la confrontation entre le chercheur, le décideur et l'acteur, chacun apportant ses propres réponses aux interrogations de J'autre, mais opposant aussi ses propres résistances aux convictions ou perceptions trop assurées ou trop convenues.

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Ce colloque a connu un succès pour nous inattendu, puisqu'il a réuni près de 300 personnes l, venues de toute la France. Un tel rassenlblement a apporté une nouvelle preuve de la forte interrogation à propos de l'action socioculturelle urbaine. Bon nombre d'intervenants ont nl0ntré qu'ils ne la tenaient plus seulement comme un héritage militant et hunlaniste de l'action socio-éducative, des mouven1ents d'éducation populaire, nlais bien comme un terrain vivant où s'expérimentent aujourd'hui de nouveaux Dlodes du lien social, hors du chalnp du travail salarié. Cet ouvrage contient bon nonlbre de c0111municationsin1portantes, faites à ce colloque soit par des chercheurs, des responsables de grandes fédérations socio-éducatives, des élus. Elles ont donc un statut très différent. Mais nous pensions que leur regroupement dans un même ouvrage ferait d'autant lllieux ressortir les aspects essentiels du débat actuel sur l'action socioculturelle dans la ville. En ce sens, nous n'avons pas cherché à établir une sorte de développement cohérent de la question, mais plutôt à présenter une confrontation de points de vue de chercheurs, de responsables et d'acteurs. Certains textes présentés ici ne sont pas toujours la simple reprise des interventions orales. Les chercheurs not.an1ment les ont transformées dans des développen1ents plus construits. L'éconon1ie générale de l'ouvrage s'en ressent nécessairen1ent. L'ordre des contributions permet cependant de réunir des éléments historiques, sociologiques, politiques, essentiels au renouvellement de la compréhension de l'action socioculturelle aujourd'hui. Nous remercions viven1ent tous les auteurs pour leurs contributions.

1 La liste des participanl~ est située en annexe de cet ouvrage. 14

DISCOURS D'OUVERTURE:

"L'ACTION SOCIOCULTURELLE DANS LA VILLE"
Monsieur Edm.ond HERVÉ Député-Maire de RENNES

Mesdames et Messieurs. Chers Col1ègues Chers Amis,

L'ouverture d'un colloque constitue toujours un moment sympathique puisque l'on y vient avec l'espoir d'une attente à récompenser: je souhaite que cet espoir soit honoré. C'est le vœu que je vous adresse en guise de salut. "Vous" : c'est-à-dire tous les participants qui appartenez au monde de la recherche et de la formation. des gestionnaires d'équipements, des services publics, de la presse ou des élus politiques. Vos responsabilités, vos expériences. vos intérêts, vos attentes vous dirigent pendant ces deux jours à travailler sur "l'action socioculturelle dans la vine". Le contexte dans lequel vous intervenez ne peut que favoriser
votre réussi te.

Mieux l'exiger. Ce contexte se définit par quatre dimensions, trois générales et une particulière: - l'évolution de la ville, - la décentralisation. - l'évolution de l'action socioculture11e.

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L'ÉVOLUTION DE LA VILLE
Nous la connaissons bien. L'importance des populations urbaines, ses tendances font qu'elle est devenue le principal miroir de notre société. Mais pour n1a part, je me refuse à généraliser le couple "ville crise" . La mutation principale que nous vivons c'est celle qui nous oblig~ à construire globalement la Ville et à tisser des liens avec son extérieur. Construire globalement la ville: nous avons à avancer sur tous les fronts. De l'habitat à l'école, de l'ell1ploi au sport, de la sécurité aux
-

transports, du socioculturel à la santé... Cette approche globale,
prospective et contractuelle, constitue une nouvelle manière aussi de vivre la ville. C'est alors que nous rencontrons un double ilnpératif : celui de la citoyenneté: COlnment faire des habitants des citoyens? Vous connaissez tous la définition de Jean-Jacques I{ousseau : "les ll1aisons font la ville, les citoyens font la cité". La ville c'est d'abord en effet une comn1unauté d'hommes, de fen1n1eset d'enfants. . celui du teln/Js : celui-ci a deux din1ensions : l'urgence et la durée. Qui ne distingue pas ces deux notions se trompe. Mais il faut convenir de leur relati vité. Tisser des liens avec l'extérieur: la Ville entraîne, attire. Elle doit aussi essain1er. Centre de ressources, il lui faut s'ouvrir, coopérer. Ceci me senlble d'autant plus facile que la population de la Ville aujourd'hui vient, pour partie, plus ou nloins de l'extérieur, y compris d'un extérieur proche. Je reste convaincu que le socioculturel constitue un excellent

.

champ pour entretenir la solidarité villc/canlpagne pour appréhender les phénoll1ènes 111ondiaux.

...

tout comme

LA DÉCENTRALISATION
Dix ans de décentralisation nOlls obligent à porter des regards objectifs et croisés sur la vie locale. II nlanque dans notre pays une grande institution, fonctionnant en réseau, indépendante et continue,

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pour observer cette vie locale, dans son être, dans son devoir et dans ses relations externes. C'est ce qui m'avait inspiré lorsque je reluis en 1991 au Ministre de l'Intérieur un rapport pour la création d'un Institut des Collectivités Locales et des Services Publics Locaux, Institut qui, dans mon esprit, devait coopérer activelnent, pour le socioculturel, avec l'Observatoire des Politiques Culturelles de Grenoble. J'en salue son Directeur et lui exprime nla gratitude pour le travail acco11lpli.

L'ÉVOLUTION DE L'ACTION SOCIOCULTURELLE
Celle-ci a profondénlent c,hangé. l.les rapports à l'Association, par exemple ne sont plus nécessairenlent les mênles. Il en résulte pour la collectivité publique de nouvelles obligations. Est-ce à dire que la finalité du "socioculturel" s'est modifiée? Non. Elle vise à enrichir la personne humaine pour que celle-ci soit capabl~ de tisser des liens sociaux autres que ceux qui découlent de sa profession, de sa fanline ou de ses engagenlents lnilitants. Tisser des liens sociaux: tout le monde n'a pas la même capacité à le faire. C'est en cela qu'il faut réfléchir activelnent aux "non publics", mênIe si je sais bien que c.ette expression est controversée dans sa dénomination et dans sa signifie.ation. Vous conlprendrez qu'au monlent où l'on célèbre le bicentenaire de la République je 11Ie réfère au principe d'égalité. En effet, l'égalité devant le socioculturel est une voie de la fraternité.

LA DIMENSION PARTICULIÈRE C'EST BIEN ÉVIDEMMENT LA DIMENSION L()CALE, ICI RENNAISE
Il n'y a pas de réflexion pour agir sans observation d'une réalité. Lorsque vous allez intervenir, vous penserez toutes et tous à votre vécu, à votre expérience. C'est une nécessité qui, bien évidemment, fait appel à des valeurs, à un idéal.
Pourquoi "la dinlension rennaise"

- com11le toute

autre peut-elle

vous aider dans votre réflexion '! - parce qu'ici il y a trente ans d'expérience socioculturelle vivante et active, changeante et continue. Avec une trentaine d'équipelnents et quelque 25 000 adhérents; - une action qui a fait de 1989 à 1991 l'objet d'une évaluation par le LARES. Cette étude à été présentée en 1991 aux différents conseils 17

d'administration des associations gestionnaires d'équipements. Elle nous sert de socle pour ce colloque après avoir facilité l'élaboration des nouvelles conventions que la Ville a signées avec les associations gestionnaires; - parce que RENNES, Ville universitaire, a la chance de compter un laboratoire de sociologie qui depuis vingt ans travaille sur la sociologie urbaine. Je veux rendre homnlage à son Directeur Armel HUET, ainsi qu'à ses collaborateurs pour la pernlanence de leur recherche et pour leur ouverture sur le monde. Ouverture sur l'Europe des 12 si je puis m'exprinler ainsi, I1laiSaussi sur la I{ussie, le Japon, les U.S.A., ]a Chine, le Canada, etc. Leurs nonlbreuses publications sont autant de conlposantes utiles à la décision et à l'évolution. Avant de vous souhaiter un bon séjour, je veux exprimer nIa reconnaissance à tous les acteurs du système soc.ioculturel rennais, tout spécialement à ll1acollègue Anne CO(]NE qui a su n1ener à bien le renouvellenlent de notre politique de convention et mettre sur pied ce colloque, qui a reçu J'appui de J'Université Rennes 2 et de l'Observatoire des Politiques Culturelles de Grenoble que je remercie.

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L'ANIMATION ET L'ÉDUCATION POPULAIRE DANS LES ANNÉES 60 : VARIATIONS SUR LE THÈME CHANGEMENT ET CONTINUITÉ
Guy SAEZ Chargé lie Recherche lUtCNRS - CERAT
"Dans le nouveau systèlne bureaucratique, avec une injonction de pO/Julislne dlun.azeliérien, la culture est lieve1lue production, qui, COln.11'te toutes les !Jrolluctions technico-écollo111.iques, progresse grâce aux crédits, aux équÎ/JeI11.ents, aux éliificatiol1s. Des crédits! Des Maisons lie la culture! Des équilJel11.entssocioculturels! Telles sont les nouvelles panacées qui IJerlnettent li'esquiver tout ex{unell en pro.fonlieur d'u1l ]Jroblèlne relfolllllble lfans son obscurité et son
(lJn.bivalence"

Edgar Morin,l Avec la pointe de nostalgie que l'on soupçonne dans leurs propos, des acteurs de preluier plan~ consciences intellectuelles respectées de l'éducation populaire, ont reconnu que celle-ci était entrée en crise imn1édiaten1ent après 1"'en1bcllic" de la Libération. Ainsi Raymond

Labourie écrit: " Le dernier mouven1entsocial d'Éducation populaire
s'est épuisé dans les années 45-502 It. Joffre DUlnazedier s'est exprin1é à plusieurs reprises sur l' inacllèvelnent du projet de la Libéra-

tion3. Ces homn1es, et bien d'autres avec eux, n'ont pas souhaité chercher ailleurs que dans des considérants très généraux - l'affaiblis1 E. Morin, Sociologie. Paris, Fayard. 1984. 466 p.. p. 372. 2 R. Labourie, Education populaire el anill1ation socio-culturelle, Cahiers de l'al1;'IlQtion, n° 30, 1980, pp. 3-14. p. 5. 3 Cf. J. DUll1azedier, l' mubition de culture populaire; un projet inachevé, C(lhier,~ de l'an;'llatiotl, n° 55. 1986. pp. 109-13().

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