L'analyse postmoderniste

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Dans cette étude, l’auteur tente de démontrer qu’il est possible de faire du postmodernisme un instrument d’analyse de référence en sciences sociales. Pour ce faire, il insiste sur la nécessité de réaliser un important travail de balisage théorique afin de faire passer le discours sur la postmodernité de sa forme usuelle, qui est potentiellement idéologique, vers une perspective plus rigoureuse qui se structure sur le modèle d’une grille d’analyse. Après avoir esquissé les paramètres théoriques de cette nouvelle grille, Yves Boisvert tentera d’en dégager les qualités analytiques.
Publié le : mercredi 1 janvier 1997
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EAN13 : 9782296152847
Nombre de pages : 248
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Collection Logiques sociales

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Yves BOISVERT

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L'ANALYSE POSTMODERNISTE
Une nouvelle grille dJanalyse socio-politique

Harmattan
55, rue St..Jacques Montréal Canada H2Y lK9 L'Harmattan 5..7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris France

Du même auteur: Yves Boisvert, Le postmodemisme, MTL, Boréal, Collection «Boréal Express», 1995. Yves Boisvert, Le monde postmodeme, Paris, L'Harmattan, Collection «Logiques sociales», 1996.

à Marion

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INTRODUCTION

MATIÈRES 1

CHAPITRE 1 QUEST -CE QUE LE POSTMODERNISME ? 39 A) Postmodernisme versus postmodernité B) Le corpus postmoderniste C) Au delà du mythe du «melting pot» D) Un discours cohérent et porteur d'une vision du monde E) La postmodemité : la notion unificatrice du postmodernisme F) Les problèmes du discours postmoderniste CHAPITRE 2 LA GRILLE D'ANALYSE POSTMODERNISTE A) De la nécessité de théoriser le postmodernisme B) L'attitude épistémologique, philosophique et méthodologique du postmodernisme C)Le paradigme de la postmodernité D) Le code langagier du postmodernisme

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CHAPITRE 3 EXPLORATIONDU POTENTIEL ANALYTIQUE DE LA GRILLE POSTMODERNISTE 133 A) Le déclin progressif de la morale moderne B) L'éclosion d'une nouvelle conscience éthique C) La redéfmition du politiqu~ D) Pour une redéfinition de l'Etat E) Le développement d'une nouvelle morale de la co-responsabilité
CONCLUSION BILl OG RAPH lE

209 223

INrrRODU(~'I'lON Depuis quelques décennies, s'il y a une notion qui retient particulièrement l'attention de la plupart des observateurs socio-politiques, c'est bien celle de la crise. On ne cesse, en effet, de répéter que nos sociétés sont en crise, voire que notre monde est dans une phase de grands bouleversements qui nous échaQpent : crise des valeurs, crise économique, crise de l'Etat, crise de la culture, crise de l'ordre mondial, etc. Malgré ces annonces répétées et les démonstrations, souvent apocalyptiques, que l'on nous sert, on sent derrière cette notion de crise un aveu d'impuissance. Comme si les théories traditionnelles des sciences sociales n'arrivaient plus à saisir les fondements de ce bouleversement généralisé ou, du moins, ne parvenaient plus à convaincre que leurs explications étaient porteuses de cette vérité qui devait donner accès à la transparence de notre monde. Ainsi, on pourrait prétendre que les difficultés qui frappent actuellement les sciences sociales prouvent bien que toutes leurs promesses n'étaient que des chimères. On pourrait également parler de la vétusté de certains des instruments d'analyse qui sont utilisés dans ces disciplines. C'est en s'appuyant sur cette deuxième hypothèse que la présente étude va porter sur le possible développement d'une nouvelle grille d'analyse qui pourrait être plus efficace dans l'étude du monde complexe et turbulent qui nous entoure. Pour ce faire, il s'avère important que cette grille analyse les problèmes socio-politiques contemporains, non plus en référence avec des critères métaphysiques issus d'une autre époque, mais plutôt à partir des données spécifiques concrètes qui caractérisent notre nouvel environnement socio-culturel (une ère communicationnelle, technoscientifique, mercantile, etc.). Je nomme postmodernisme l'approche analytique qui sera étudiée, développée et explorée à l'intérieur de cette étude. Je vais y soutenir que derrière ses allures de discours éclaté, le postmodernisme renferme une nouvelle approche analytique qui pourrait permettre de mieux comprendre 1

les caractéristiques importantes de notre monde. Paraphrasant Jean-François Lyotard, je dirai que le postmodernisme est une perspective théorique qui peut aider le savoir scientifique à trouver «une voie de sortie de crise», de la seule crise qui existe vraiment: «celle du déterminisme» 1. Cette démarche de recherche ne veut pas s'inscrire en faux contre l'ensemble des analyses théoriques traditionnelles. Elle veut plutôt participer à l'évolution des sciences sociales. Pour reprendre la métaphore de Gilles Deleuze, elle veut bonifier la «boîte à outils» des grilles et des théories qui nous aident à mieux comprendre le monde qui nous entoure. Elle rejoint donc les propos de Denis Monière et Jean-Herman Guay lorsqu'ils afftrment: «Une théorie est toujours une reconstruction de l'univers, mais celui-ci est toujours plus riche et plus complexe que la représentation que nous nous en faisons. Cela signifie que les théories ne sont jamais définitives. TI faut constamment les réviser, les perfectionner pour tenir compte des nouveaux phénomènes. Le travail de construction théorique dans les sciences sociales n'est jamais achevé; c'est une entreprise qui demeure toujours ouverte»2.
A) I.JE DÉSARROI DES THÉORIES

Comme le disent Gilles Dostaler et Michel Beaud dans leur dictionnaire de La pensée économique depuis Keynes, «il n'y a pas de lecture du réel, il n'y a pas de recherche, sans grille de lecture»3. Force est cependant d'admettre que cette affirmation confronte aujourd'hui un
lLYOTARD, J.-F., La condition postmoderne, Paris, Éditions de Minuit, 1985, 88. 2MONIERE, D. et GUA Y, J.-H., Introduction aux théories politiques, Montréal, Québec/Amérique, 1992, 15. 3BEAUD, M. et DOSTALER, G., La pensée économique depuis Keynes, Paris, Seuil, 1993, 13. 2

problème de taille: nos grilles d'analyse politique et les théories traditionnelles (marxisme, systémisme, fonctionnalisme, structuralisme, etc.) sont de plus en plus incapables de comprendre les phénomènes politiques contemporains. Cette affirmation ne dénigre pas
globalement ces théories, elle tente plutôt de faire prendre conscience qu'elles ne sont pas aussi efficaces pour saisir

la réalité contemporaine qu'elles ne l'ont été pour analyser la conjoncture de leur époque respective. Comme le souligne Jean-Pierre Deslauriers: «Il existe des théories intéressantes qui permettent de comprendre son temps; cependant, il n'existe pas de théories éternelles. Comme toute autre explication, une théorie est valable tant que subsistent les conditions qui lui ont donné naissance. Les idées sont vraies pendant un moment, mais les temps changent et elles doivent évoluer. Autre temps, autres théories» 1. Ainsi, Michel Crozier a raison d'affirmer que nos approches théoriques et nos concepts politiques sont souvent périmés2 et incapables de faciliter l'appréhension de notre monde contemporain qui est de plus en plus complexe. Crozier croit que les nouveaux phénomènes politiques comme la «mondialisation des échanges et l'explosion des communications [u.], sont totalement insolubles si l'on continue de raisonner à partir de cette vision traditionnelle»3 que l'on a du politique. Le sociologue français laisse même entendre que cette vision passéiste «[...] nous empêche de trouver des solutions acceptables à des problèmes que nous n'arrivons même pas à appréhender, faute de catégories mentales adaptées à la réalité» 4 .

l DESLAURIERS, J .-P., Recherche qualitative, Montréal, McGraw-Hill, Thema, 1991, 96. 2CROZIER, M., «Le jeu de l'État face aux autres acteurs», in, LENOIR, R. et LESSOURNE, J. (sous la direction de), Où va l'État?, Paris, les Éditions Le Monde, 1992, 44-61. 3CROZIER, M., «Le jeu de l'État face aux autres acteurs», 45. 4CROZIER, M., «Le jeu de l'État face aux autres acteurs», 45.
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Pour Anne Legaré et Nicole Morf, la plus grande carence des théories en sciences sociales c'est leur incapacité «à engendrer des réflexions fécondes» 1, car elles sont trop obsédées par la fonctionnalité utilitaire. Sur un ylan plus épistémologique, Jean-Pierre Deslauriers prétend que les chercheurs en sciences sociales sont tellement obsédés par leur conclusion qu'ils négligent complètement les réflexions sur les démarches qui leurs permettent d'arriver à des résultats concluants. En ce.sens, il est malheureux de constater que les sciences sociales, qui ont si longtemps envié les sciences dites pures, oublient trop souvent que ces dernières mettent énormément d'énergie sur l'analyse des instruments de recherche qui peuvent les rendre plus efficientes. On néglige également de relever le fait que ces sciences reposent sur des expérimentations qui n'ont pas honte de fonctionner sur le modèle des essais/erreurs, dans la mesure où les chercheurs sont conscients que cela constitue la seule voie pouvant les mener à des résultats concluants, vers le «ça marche». Il est ainsi navrant de constater que les sciences sociales se croient trop nobles pour accepter de travailler à partir d'un tel schéma. Elles préfèrent jouer de facto sur le terrain de l'illusion de l'accession à cette vérité qui rendrait nos sociétés et les individus qui les composent totalement transparents à nos analyses. Dans un tel schéma, le chercheur est dans la sphère de la vérité ou celle de l'erreur. S'il est dans ce second champ, on le décriera; s'il est dans le premier, on lui accordera la reconnaissance de l'initié. A ce niveau, le problème des sciences sociales repose sur la question suivante :
comment déclarer que telle position est fausse, tandis que

l'autre est vraie? Ce problème s'est considérablement accru au cours des dernières décennies, lorsque les vérités théoriques d'hier ont été décriées comme de pures absurdités (l'exemple du .marxisme est sûrement le plus spectaculaire). De plus, sans nier l'avancement de nos
1LEG ARÉ, A. et MORF, N., La société distincte de l'État, Montréal, Hurtibise hmh, 1989, 27. 2DESLAURIERS, J.-P., Recherche qualitative. 4

connaissances sur certains phénomènes sociaux, politiques ou humains, force est cependant d'admettre qu'il n'y a pas encore eu de résultats concluants qui nous aient permis d'avoir accès à une connaissance globale. TI n'est donc pas surprenant de voir, aujourd'hui, cette montée du scepticisme à l'égard du potentiel analytique des sciences sociales. Ce potentiel analytique est d'autant plus mis en doute que ces théories négligent de nous informer sur ce qu'il y a de plus essentiel: le présent. Comme le constate Lawrence Olivier: «[i]l y a dans la pensée contemporaine (théorie politique), une peur du présent, un refus d'assumer - l'actualité de l'être - la réalité en essayant de la changer, de la transformer en quelque chose d'autre qu'elle-même. Or le présent est iITéductibleet suffisant» l, C'est ce climat intellectuel, plutôt stérile, qui aurait ouvert toute grande la porte à ce que Michel Beaud et Gilles Dostaler appellent 1'«impérialisme»2 de l'économie dans le champ des sciences sociales, voire le règne de l'économisme (<<cettesubordination d'à peu près toutes les sphères de la vie humaine à la logique économique»3). Ce quasi-monopole, qui n'a pas épargné la science politique, est lié à ce fantasme des sciences sociales de parler elles aussi le «langage de Dieu», c'està-dire les mathématiques4; comme si ces dernières garantissaient la rigueur et l'objectivité. Pour Beaud et
10LIVIER, L., Michel Foucault. Penser au temps du nihilisme, Montréal, Liber, 1995, 210. 2BEAUD, M. et DOSTALER, G., La pensée économique depuis Keynes, 162. 3LANGLOIS, R., Pour en finir avec l'économisme, Montréal, Boréal, 1995, 21. 4Johannes Kepler affmnait d'ailleurs : ~L'objet principal de toutes les recherches portant sur le monde extérieur devrait être de découvrir l'ordre et l'harmonie rationnels qui lui ont été fixés par Dieu et qu'il nous a révélés dans le langage des mathématiques», in Kline, M., Mathématiques: la fin des certitudes, Paris, Christian Bourgeois Éditeur, 1989, 59.

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Dostaler, cette vénération est justement d'autant plus dommageable pour la compréhension de notre monde, qu'elle est totalement soumise à la «formalisation mathématique». Cette dernière accroît «[l'] appauvrissement de la réflexion, et se traduit par des discussions entre initiés, de moins en moins en prise sur les complexités des réalités économiques, sociales et politiques contemporaines» 1. Pour ces économistes, il est fondamental que l'on sorte de l'économisme si J'on veut recommencer à comprendre ce monde qui ne cesse de se complexifier. L'économiste et pamphlétaire, Richard Langlois, va dans le même sens lorsqu'il prétend que l'économisme est dangereux puisqu'il repose sur la confiance absolue que l'on voue à un spécialiste: l'économiste. Pour Langlois, ce dernier est pourtant l'un des chercheurs en sciences sociales le moins rigoureux. Il précise: «Avec un outillage inadéquat et une bonne dose de témérité, il joue les scientifiques et se prononce à tout bout de champ sur des phénomènes dont la complexité le dépasse visiblement»2. Langlois dénonce ainsi, la perversité de la pseudo-objectivité de la discipline économique car, selon lui, derrière ses allures de nouveau clerc, l'économiste cache sa vraie nature: celle d'agent normatif et d'idéologue. Si plusieurs méthodologues ont fait des études quantitatives le point de salut des sciences sociales,

Pierre Rosanvallon croit que «Lu.] les statistiques
traditionnelles s'avèrent inaptes à décrire ce nouvel univers social, plus atomisé et plus individualiste, aux contours plus fluctuants et plus instables»3. Ainsi, si je m'intéresse au processus de recherche en sciences sociales et à la méthodologie, c'est parce que je suis d'accord avec les positions de ces différents chercheurs, qui constatent le cul-de-sac de nos
IBEAUD, M. et DOSTALER, G., La pensée économique depuis Keynes, 185. 2LANGLOIS, R., Pour en finir avec l'économisme, 14. 3ROSANV ALLON, P., La nouvelle question sociale, Paris, Seuil, 1995, 208. 6

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disciplines et que je suis également sceptique à l'égard de l'économisme.PourFrançois Bourricaud et Raymond Boudon, on travaille la méthodologie lorsque l'on s'intéresse à «[...l l'activité critique qui s'applique aux divers produits de la recherche» 1. Cette activité est, selon eux, essentielle à l'avancement des sciences sociales. Rosanvallon abonde dans le même sens et affirme que «l'interrogation méthodologique touche toutes les sciences sociales»2, car les approches traditionnelles ne sont plus aptes à lire le présent. C'est donc à partir de ces différents constats méthodologiques que s'est développé mon désir de réfléchir et de travailler sur la possibilité d'élaborer une nouvelle grille d'analyse qui pourrait suppléer aux approches traditionnelles. Je rejoins ainsi le politologue Guy Lachapelle lorsqu'il en appelle à la «[...] nécessité de développer des instruments, des méthodes ou des approches mieux adaptés à la compréhension des phénomènes contemporains»3. Pour arriver à cette fin, je suivrai cependant les conseils de Marc-Henry Soulet : «En quelque sorte, c'est parce que l'intellectuel se départit d'une position d'administrateur de la vérité et d'un rôle de porteparole, parce qu'il renonce à sa prétention à l'universalité, que peuvent émerger de nouvelles conceptions de l'objet sociéto-politique»4. Pour ce faire, je tenterai de développer, puis d'explorer le potentiel d'un nouvel instrument d'analyse. C'est parce que je la crois plus à même d'apporter un nouveau savoir politique sur notre monde, ou tout au
1BODDON, R. et BODRRICAUD, F., Dictionnaire critique de la sociologie, Paris, PUP, 1990, 369. 2ROSANV ALLON, P., La nouvelle question sociale, 210. 3LACHAPELLE, G., «Recension du livre d'André Bernard, Problèmes politiques Canada et Québec», in Politique, n° 26, automne 1994, 214. 4S0ULET, M.H., «La recherche qualitative ou la fm des certitudes», in DESLAURIERS, J.-P. (sous la direction de), La méthode de la recherche qualitative, Sillery, PUQ, 1987,12.

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moins capable de fournir matière à réflexion que Je désire approfondir l'approche postmoderniste. Bien entendu, cette étude n'a pas la prétention de créer une nouvelle théorie politique qui révolutionnerait globalement notre manière de penser le politique. Le but de cette recherche est plus modeste; il s'agit d'abord de tenter de développer une nouvelle «grille de lecture» à partir d'un discours spécifique déjà existant, celui sur la postmodernité, puis d'explorer son potentiel et son comportement analytique en la confrontant avec un objet d'étude contemporain. Le cadre d'analyse qui sera élaboré ne se limitera pas à énoncer une série de concepts, comme semble le proposer André J.Bélanger lorsqu'il définit sa notion de «framework» 1. Il reposera plutôt sur trois axes fondamentaux: une position épistémologique, philosophique et méthodologique; un paradigme d'analyse; et une série de notions importantes. S'inspirant de la démarche du groupe de travail sur la transaction sociale de l'Association internationale des sociologues de langue française (AISLF)2, l'accent sera surtout mis sur la définition du paradigme. Ainsi, je tenterai de voir si le postmodernisme est porteur d'un paradigme, celui de la postmodernité, qui puisse permettre à l'analyste politique de s'orienter plus efficacement dans le cadre de ses recherches sur les problèmes politiques contemporains. Ma définition du paradigme s'inspire de celle de Rémy, Voyé et Servais: «[u.] le paradigme est l'image de base à partir de laquelle s'imagine une interprétation de la réalité. Le paradigme est ainsi le principe organisateur et inducteur de la construction d'hypothèses et d'interprétations théoriques» 3.

1BÉLANGER, AJ., Framework for a political sociology, Toronto, University of Toronto Press, 1985. 2BLANC, M. et al., Vie quotidienne et Démocratie, Paris, L'Harmattan, Logiques sociales, 1994. 3REMY, J., VOYE, L., SERVAIS, E., Produire ou reproduire, Bruxelles, De Boeck, 1978, 87~ 8

Cette vision du paradigme rejoint également la définition qu'en donnent Raymond Boudon et François Bourricaud, lorsqu'ils affirment qu'il s'agit d'un «r...] ensemble de propositions ou d'énoncés métathéoriques portant, moins sur la réalité sociale que sur le langage à employer pour traiter de la réalit.é sociale» 1. Il est important de noter que ma définition du paradigme n'est ni universalisante, ni globalisante; elle rejoint plutôt la position de ,Marc-Henry Soulet, lorsqu'il déclare «[...] qu'il n'existe pas de paradigme dominant en sciences sociales capable d'organiser théoriquement le travail de l'ensemble des chercheurs»2. Cette dernière définition ne promeut pas la fin des paradigmes, elle parle plutôt de l'importance de doter les sciences sociales de différents cadres théoriques ou de grilles de lecture qui seront, à cause de leur coexistence, marqués par le sceau de l'autolimitation. Cette dernière position se rapproche de la perspective de Paul Feyerabend3 pour qui le pluralisme des théories est le seul rempart à la stérilité intellectuelle de l'<<Un>>. plus, je ne crois pas qu'un paradigme De doive, encore aujourd'hui, avoir la prétention de tout expliquer; c'est pourquoi l'idée d'une théorie générale est rejetée, car je la considère comme purement mythique. En contrepartie, un paradigme se réfère nécessairement à des postulats théoriques qui visent à fournir aux chercheurs une certaine conception des choses. Pour revenir à Boudon et Bourncaud, je dirai que la présente étude aura la particularité de travailler les deux niveaux intellectuels dont ils parlent: d'abord le niveau «métathéorique», puis le niveau des «réalités sociales». Je définirai donc, dans un premier temps, la notion de postmodernisme afin de délimiter le plus précisément possible ce champ intellectuel; puis je développerai, à
1BOUDON, R. et BOURRICAUD, F., Dictionnaire critique de la sociologie, 617. 2S0ULET, M.H., «La recherche qualitative ou la fin des certitudes», 12. 3FEYERABEND, P., Contre la méthode: esquisse d'une théorie anarchiste de la connaissance, Paris, Seuil, 1979. 9

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partir des différents discours qui composent ce bassin de matériaux, la grille d'analyse postmoderniste et le paradigme de la postmodernité. Si la grille et le paradigme prennent effectivement racine dans la vision du monde qui ressort du corpus postmoderniste, ils devront la dépasser, à travers ce travail de «métathéorisation». Cette démarche cherche à éviter le piège de la prophétie auto-justificatrice toujours latent aux corpus théoriques qui traitent des questions sociopolitiques. Ma grille d'analyse sera fmalement confrontée à une problématique qui marque la réalité sociale contemporaine. A travers cette dernière étape, on pourra explorer les différentes avenues et caractéristiques qu'une étude postmoderniste contient. On poUITa également observer succintement le potentiel analytique de cette approche, afin de voir si elle fournit de nouvelles informations qui aident à mieux comprendre notre monde. Cette dernière étape devrait donc me permettre de faire une première évaluation de la pertinence du postmodernisme comme grille de lecture en devenir pour la science politique. Afin de rendre le travail d'exploration intéressant et pertinent dans sa volonté de mettre à l'épreuve la valeur analytique de la grille postmoderniste, j'ai décidé d'analyser le lien politique qui semble unir les discours sur le retour en force de l'éthique avec celui sur la redéfmition du rôle de l'Etat et des balises étatiques. Ainsi, l'objet central de la présente étude sera l'élaboration de la grille d'analyse postmoderniste et de son paradigme de la postmodemité. Ce n'est qu'après avoir fait ce travail de structuration .que j'explorerai le potentiel analytique de ce nouvel instrument d'analyse. La présente recherche veut donc, d'abord et avant tout, être une étude sur le postmodernisme, et non pas une étudepostmoderniste. Cette précision est importante, puisqu'elle permet de parer à certaines critiques qui pourraient porter sur mon non respect de l'esprit de souplesse et de fluidité du postmodernisme (seul mon dernier chapitre sera véritablement au diapason de ces critères postmodemistes). On pourrait ainsi prétendre que cette démarche est trop rigide. Pourtant, je ne crois pas qu'une étude sur le postmodernisme exige que l'on 10

adopte de facto les réflexes postmodernistes, pas plus que le marxisme n'exige d'être étudié uniquement par des marxistes. Il n'est donc pas surprenant de constater que la structure globale de cette recherche ressemble davantage à une étude moderne que postmoderne. Je préciserai également que si cette démarche vise effectivement à être rigoureuse, elle se défend d'être rigide. Si j'adopte une telle attitude, c'est parce que je pense qu'il faut effectivement être rigoureux lorsque l'on aborde une pensée qui se veut fluide et en rupture avec les courants théoriques traditionnels. C'est d'autant plus important quand l'objectif de cette étude est d'explorer le potentiel analytique de ce nouvel instrument et de convaincre, si les résultats sont concluants, une communauté de chercheurs qui sont encore liés aux valeurs de la scientificité et qui sont, pour la plupart, sceptiques face au postmodernisme. Même si nous ne sommes plus, comme jadis, dans un climat marqué par un positivisme étouffant, les chercheurs en sciences sociales demeurent, en grande majorité, attachés à la rigueur et à l'intégrité intellectuelle. Ce dernier point est névralgique, car lorsque l'on aborde la question des valeurs qui doivent guider le politologue dans son travail d'analyse, on doit être très prudent. Il s'agit en effet d'un sujet délicat, qui divise encore grandement plusieurs des membres de la communauté scientifique qui s'intéressent au politique. Parmi les positions qui s'affrontent aujourd'hui, on peut discerner trois grandes tendances. La première, qui sans être positiviste tient à un idéal d'objectivité, se retrouve dans les propos de Jean-Louis Loubet DeI Bayle: «On l'a dit, la science politique n'est pas la philosophie politique, c'est-à-dire que sa vocation n'est pas de dire ce que doit être la meilleure organisation politique, ou ce qui est le meilleur comportement politique dans tel ou tel cas. Ce n'est pas à la science politique de dire, par exemple, ce qui doit être choisi entrç plus d'égalité et plus de liberté, entre plus d'Etat et

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moins d'État. La réflexion sur ces roblèmes relève de la philosophie politique [u.]» r. Certains autellfs, comme Murray Rothbart et Claude Lefort, contestent cependant cette conception. Ils en appellent à la revalorisation de la philosophie politique, qui leur semble nécessaire pour contrer «l'hypocrisie» de la science politique qui, trop souvent, fait de la promotion partisane sous le couvert de la scientificité. Alors que Lefort affirme que «[r]epenser le politique requiert une rupture avec le point de vue de la science en général [...]»2, Rothbart se fait encore plus virulent: «Ce qui distingue le politologue du philosophe politique, c'est précisément que les jugements de valeur du soi-disant «scientifique» sont dissimulés ou implicites, qu'ils se dérobent à un examen approfondi et qu'ils ont par conséquent davantage de chances d'être mal fondés»3. Entre ces deux pôles, l'un objectiviste et l'autre normatif, il y a cependant une voie médiane dans laquelle on défend l'idée que le travail du politologue est de fournir aux membres de la société civile, une connaissance nouvelle et rigoureuse qui puisse contribuer à faITeavancer le débat démocratique. Cette perspective, que je fais mienne, reconnaît la subjectivité du chercheur, ce dernier étant marqué dès le départ par des choix moraux ou idéologiques. Mais elle croit également à la vertu de la rigueur intellectuelle, qui peut être définie de la manière suivante: «[...] aucun fait ne se laisse appréhender tel qu'il nous apparaît spontanément. C'est donc contre l'illusion du savoir immédiat que le fait

1LOUBET DEL BAYLE, J.-L., «De la science politique», in Politique, Montréal, no 20, 1991, 36. 2LEFORT, C., Essais sur le politique XIxo-Xxo, Paris, Seuil, 1986, 19. 3ROTHBARD, M., L'éthique de la liberté, Paris, Les belles lettres, 1991, 30. 1 2

scientifique est à conquérir» 1. C'est dans cet esprit que Anne Legaré et Nicole Morf réclament une méthode intellectuelle qui s'organiserait de la manière suivante: «La méthode, [n.], s'harmonise ainsi en trois moments, la raison, le mystère et l'éthique. La raison, c'est le nécessaire principe de l'intelligibilité du réel (la scientificité); le mystère, c'est la reconnaissance du «non parfaitement rationnel» et l'éthique, enfin, c'est l'obligation de tendre vers la rationalisation, «autant que faire se peut»2. Une telle conception de la recherche permet de faciliter l'atteinte des objectifs qui devraient, selon André Bernard, guider la science politique à l'intérieur de nos sociétés démocratiques: «Il est cependant permis d'attendre quelque chose de la connaissance «scientifique» des problèmes politiques. On est en droit de penser que l'analyse de ces problèmes peut contribuer à éclairer les débats qu'ils suscitent. En tentant d'examiner ces problèmes selon des perspectives multiples (la science politique prescrit le maximum d'ouverture possible!), les politologues peuvent même faciliter la recherche de solutions plus satisfaisantes o.u moins contestées»3. B) LA GRILLE MODERNISTE D'ANALYSE POST-

La présente étude ne porte pas directement sur la postmodemité, en tant que réalité sociale ou historique, mais plutôt sur le postmodemisme. Ce travail s'appuie sur la prémisse que le postmodernisme est un discours
lCOT, J. P. et MOUNIER, J. P., Pour une sociologie politique, Paris, Seuil, Politique, Tome 1, 1974, 27. 2LEGARÉ, A., et MORF, N., La société distincte de L'État, 184. 3BERNARD, A., Problèmes politiques Canada et Québec, SainteFoy, PDQ, 1993,6.

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sur la contemporanéité qui est porteur d'une vision du monde précise. En ce sens, on peut même avancer l'idée que le postmodernisme a tous les atouts d'un courant de pensée et possède également toutes les caractéristiques pour se transformer en idéologie, dans le sens que lui donne Guy Rocher, c'est-à-dire: «[...] un système d'idées et de jugements explicite et généralement organisé, qui sert à décrire, à expliquer, interpréter ou justifier la situation d'un groupe ou d'une collectivité et qui s'inspirant largement de valeurs, propose un orientation précise à l'action historique de ce groupe ou de cette collectivité» 1. C'est parce que le postmodemisme offre, à travers son discours, une explication logique, cohérente et intéressante de l'idée selon laquelle nos sociétés sont dans un état de mutation profonde, que son analyse est pertinente. Son attrait est encore plus grand lorsque l'on constate que ses arguments offrent une alternative à l'hégémonie des explications de type économique. En effet, le postmodernisme défend l'idée que, contrairement à ce que l'on croit, notre monde n'est pas entré dans une phase de crise permanente; nous serions plutôt dans une période de réorganisation globale de nos sociétés. Cette période ne serait pas due à de strictes bouleversements économiques, mais aurait plutôt été engendrée par un processus de mutation culturelle. Ainsi, un nouvel axe culturel se serait mis en place à l'aube des années soixante afin que nous puissions nous adapter aux transformations profondes de nos sociétés provoquées par la modernisation. En proposant une telle explication, la vision du monde postmoderniste s'organise autour d'un paradigme qui s'appuie sur la notion de changement. Ainsi, la postmodernité serait ce schéma théorique à travers lequel les postmodernistes tentent d'expliquer la conjoncture sociale actuelle qui serait marquée par le sceau de la mutation générale de notre civilisation (tant culturelle,
1ROCHER, G., Introduction à la sociologie générale, Montréal, Hurtibise hrnh, 1992, 124-125. 1 4

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individuelle et sociale, que politique). Guy Rocher définit le changement de la manière suivante: «Toute tmnsformation observable dans le temps, qui affecte, d'une manière qui ne soit pas que provisoire ou éphémère, la structure ou le fonctionnement de l'organisation sociale d'une collectivité donnée et modifie le cours de son histoire» 1. En affIrmant ainsi que la civilisation occidentale est actuellement frappée par une importante vague de changements, le schéma théorique que proposent les postmodemistes ne peut laisser les politologues indifférents. La dimension politique du postmodemisme ressort notamment à travers l'idée que la mutation culturelle postmoderne aurait un impact direct sur l'imaginaire social et politique des individus. Donc, la mutation de cet imaginaire se trouverait à la base des différents bouleversements qui marquent en ce moment les sphères sociale et politique. Ainsi, le nouvel imaginaire social postmoderne aurait fait le deuil de l'idéal d'homogénéité2, afin d'accepter la réalité hétérogène des sociétés. Ce changement est accompagné d'une mutation au niveau de l'imaginaire politique; la base de ce dernier passe d'une référence institutionalo-providentielle vers une conception plus libertaire où l'on veut avoir des pouvoirs souples et excentrées d'ordre sociétal. Le postmodemisme introduit donc une nouvelle interprétation de la turbulence politique actuelle et ce que plusieurs analystes nomment la cgse du politique (notamment à travers la crise de l'Etat, des finances publiques, de la représentation parlementaire, etc.), ne serait, selon cette perspective, qu'un processus de redéfinition des pouvoirs politiques à l'intérieur de nos sociétés occidentales. Selon les postmodernistes, cett~ réorganisation se ferait notamment au détriment de l'Etat, de ses composantes et de ses serviteurs, mais au profit de la société civile et des sociétaires. Elle se ferait aussi à
l ROCHER, G., Introduction à la sociologie générale.. 394. 2MIRANDA, M., La société incertaine, Paris, Méridiens, 1986. 1 5

Pourtant, malgré tout l'intérêt que peuvent susciter les explications présentées par le postmodernisme, le chercheuren science politique ne peut pas les adopter de facto puisqu'il risquerait de s'enfermer
IGIROUX, G., «La demande sociale d'éthique: autorégulation Oll hétérorégulation?», communication présentée le 23 mai 1995 au 63e congrès de l'Acfas, Chicoutimi. 2BURDEAU, G., L'État, Paris, Seuil, 1970, 147. 1 6

travers le décloisonnement et l'éclatement du pouvoir politique en de multiples espaces publics. C'est à ces nouvelles instances que reviendront de nombreuses responsabilités politiques et le devoir de favoriser «l'autorégulation» 1 de la société civile. Contrairement à ce que plusieurs critiques ont affIrmé, la thèse politique défendue par les postmodernistes n'a rien de farfelue. Au contraire, elle vient même répondre à l'hypothèse émise, à l'aube des années 1970, par Georges Burdeau : «Tout le monde s'accorde à reconnaître que depuis une décennie les sociétés industrielles sont l'objet d'une évolution qui, par sa rapidité et sa profondeur, s'apparente à une mutation. Sur le plan politique on constate également un certain nombre de faits qui peuvent être interprétés comme révélant lIn changement par rapport aux conceptions antérieurement dominantes quant aux techniques et aux fins de l'activité politique. En face de cette double série de phénomènes le politicologue ne peut manquer de s'interroger sur leur incidence à l'égard de la dynamique politique. Son style, son rythme, les énergies qui l'animent vont-ils être à ce point modifiés qu'elle serait appelée à prendre une figure entièrement nouvelle. Si tel était le cas la mutation n'affecterait pas seulement la forme des relations entre les forces politiques, mais leur nature même. Ce serait, par conséquent, tout un secteur de l'univers politique à propos duquel la science serait amenée à réviser ses observations antérieures»2 .

dans le piège de la circularité, dénoncée d'ailleurs par Gilbert Larochelle 1, voire, de sombrer dans le carcan dogmatique qui guette toujours les démarches de tendance idéologique. Jean-Pierre Cot et Jean-Pierre Mounier ont raison de nous prévenir contre ce piège: «Il faut tout d'abord nous méfier du discours idéologique et n'accepter aucune conclusion qui ne s'insère dans un cadre épistémologique et méthodologique rigoureux»2. C'est justement pour respecter ces consignes que la présente étude tentera d'élaborer une grille d'analyse politique à partir des matériaux intellectuels contenus dans la vision du monde postmoderniste. Je désire également vérifier si la postmodernité constitue un paradigme qui s'élabore bel et bien autour d'une idée de changement. Pour ce faire, je vais d'abord préciser ce que j'entends par postmodernisme. Ensuite, je vais expliquer l'attitude épistémologique, philosophique et méthodologique qui devrait guider les différents chercheurs qui voudraient se référer au postmodernisme. Puis, le schéma théorique qui servira de référence au paradigme soutenant cette grille d'analyse sera exposé. J'y défendrai l'idée selon laquelle le paradigme de la postmodernité repose sur l'hypothèse que les conséquences d'une mutation culturelle profonde sont à l'origine des remises en question socio-politiques qui marquent nos sociétés contemporaines. La prémisse de base de cette étude réside dans ridée que la grille d'analyse postmoderniste et son paradigme de la postmodernité, qui propose une explication théorique du présent axée sur l'idée de changement, devrait nous aider à mieux comprendre la conjoncture politique contemporaine. Le postmodernisme ne veut pas être une théorie du changement universaliste,
1LAROCHELLE, G., «Postmodemité, théorie et rhétorique dans les sciences humaines», in Cahier de recherche du Groupe inter-universitaire sur la postmodemité, Montréal, U'lam, 1990, no. 2. 2COT, J. P. et MOUNIER, J. P., Pour une sociologie politique, 13.

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mais plutôt une explicatiol1 théorique spécifique qui tente de comprendre les bouleversements actuels de nos sociétés contemporaines à partir de l'idée de mutation. Pour vérifier cette prémisse, je devrai regarder si la propositionpostmodemiste, qui veut que les bouleversements politiques contemporains peuvent être compris à la lumière de la mutation de l'imaginaire politique des individus, est fondée. En résumé, c'est parce les sciences sociales exigent que les chercheurs s'appuient sur des instruments d'analyse plus rigoureux que de simples discours ou des visions du monde, que cette étude cherche à structurer le potentiel analytique du corpus postmoderniste. Ainsi, cette étude représente un travail de balisage théorique et de mise en place de paramètres qui devraient permettre au postmodernisme de passer de la forme plutôt molle des discours et des idéologies à un cadre mieux structuré et plus rigoureux que serait une grille d'analyse politique. C) L'HERMÉNEUTIQUE D'ANAIJYSE COMME CADRE

L'intérêt porté au postmodernisme vient d'une certaine influence de l'herméneutique. Je m'intéresse effectivement à ce corpus parce que je pense qu'il est porteur d'une façon originale et pertinente de lire, de comprendre et d'interpréter le monde contemporain. Je partage avec l'herméneutique plusieurs de ses positions philosophiques et épistémologiques, notamment sa critique de l'attitude positiviste de nombreux chercheurs en sciences sociales et la promotion de sa conception interprétative. De plus, la présente étude se référera également à l'aspect plus technique de l'herméneutique, afin de me guider dans l'analyse des textes. TIne faut pas oublier que le renouveau moderne de l'hermén~utique s'est fait en tant qu'art d'interpréter des textes. A l'époque de la Réforme, les théologiens protestants croyaient qu'il était effectivement nécessaire de fournir une technique efficace et rigoureuse d'analyse des textes fondamentaux afm de les interpréter le plus rigoureusement possible.

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