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L'ordre économique des sociétés modernes

De
160 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1996
Lecture(s) : 223
EAN13 : 9782296140622
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L'ORDRE ÉCONOMIQUE DE LA SOCIÉTÉ MODERNE

THÉORIE

SOCIRLE

CONTEMPORRINE

Collection dirigée par Georges Benko
Université de Paris I Panthéon-Sorbonne

Dans la même collection:
Les conséquences de la modernité Anthony Giddens, 1994 La convention de terreur Michel Rétiveau, 1994 L'ordre économique de la société moderne Bernard Billaudot, 1996

L'ORDRE ÉCONOMIQUE DE LA SOCIÉTÉ MODERNE
UN RÉEXAMEN DE LA THÉORIE DE LA RÉGULATION

Bernard

Billaudot

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Inc. 55 Saint-Jacques Montréal, Québec, H2Y IK9 Canada

Mes remerciements à Robert Boyer, Bernard Drugman, Jean-Pierre Dumasy, André Gauron et Vincent Mangematin pour leur lecture critique de versions précédentes de cet essai.

@ Couverture: Manel Marzo-Mart "Hannibal", (Fragment), (35x42 cm), 1993
@ L'Harmattan, 1996 Paris, France. Tous droits réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, est interdite. Dépôt légal Octobre 1996 ISBN: 2-7384-4653-1

Sommaire

Introduction 7

I
LA THÉORIE DES CINQ FORMES INSTITUTIONNELLES (ATRl) Il

1. Une approche à deux composantes Il 2. Une approche historique et institutionnelle, porteuse d'une conception de la régulation 16

II
LE RENOUVELLEMENT DE LA VISION LES EXIGENCES GÉNÉRALES PREMIÈRE: 23

1. La première exigence: concevoir chaque institution comme le point d'aboutissement d'un processus de socialisation contradictoire 23 2. La seconde exigence: une capacité d'innovation des acteurs 38

III
LA MONNAIE 37

1. La monnaie dans la «théorie des cinq formes» : une convention sans véritable fondement 37 2. Les artisans de l'avancée: Michel Aglietta et Bernard Guibert 38 3. Les trois problèmes que pose l'échange simple: la monnaie ne règle que le premier 44 4. L'organisation de la monnaie, sous la forme d'un régime monétaire 49

IV
L'ÉTAT (la relation État-économie) 51

1. La relation État-économie: d'une conception négative à une conception positive 51 2. L'architecture institutionnelle fondamentale de la société moderne et l'État 58 3. L'individu comme produit des institutions fondamentales de la société moderne 72

V
LE RAPPORT SALARIAL 79

1. De la nécessité de déconstruire la conception marxienne du rapport salarial comme rapport Capitalffravail 79 2. Salariat et salarié: le rapport salarial, comme mise en rapport des salariés avec n'importe quel employeur 81 3. Règles salariales et rapport salarial: le système des relations salariales propres à une entreprise 85 4. Une remise en ordre qui s'accorde au réexamen des contradictions

de l'échange simple 88

VI
LE MARCHÉ 91

1. La théorie des cinq formes: l'entreprise et le marché dans un angle mort 91 2. L'entreprisenes entreprises 102 3. Du rapport de concurrence entre entreprises au marché 109

VII
LES PRATIQUES 113

1. Lutte des classes et luttes de classement des individus 113 2. Le dépassement de l'opposition entre l'homo oeconomicus et l'homo sociologicus : la rationalité située 117 3. Le dépassement de l'opposition entre l'approche structuraliste et l'approche naturaliste: l'incomplétude radicale de l'être humain 125 4. Pratiques individuelles, rationalité économique et changement des formes institutionnelles 133
Conclusion 141 Bibliographie 145 Index 149

INTRODUCTION

La recherche, dont on présente les résultats dans le présent ouvrage, est née d'une interrogation. Comment se fait-il que la Théorie de la Régulation soit si peu présente dans le débat concernant la façon de sortir de l'instabilité économique dans laquelle les économies occidentales paraissent enfermées, lors même que cette théorie fut la première à prédire que les turbulences qui se manifestent dès la fin des années soixante n'étaient qu'un début? Se pourrait-il que cette théorie manque de consistance? Mais revenons d'abord à ses origines. Pendant les trente glorieuses, les économistes se sont rangés dans leur grande majorité sous la bannière de la synthèse néoclassiquekeynésienne. La principale proposition de cette synthèse est relative à la régulation économique d'ensemble, entendant par là le processus d'ajustement réciproque d'activités économiques relevant de décisions prises de façon décentralisée. La composante néoclassique est de considérer que ce processus est fondamentalement réglé à long terme par le marché opérant comme une main invisible; la composante keynésienne est d'ajouter que son bon déroulem~nt à court terme nécessite qu'y soit conjuguée la main visible de l'Etat, à l'échelle de chaque économie nationale. La synthèse postule que cette conjugaison est possible. Cette synthèse tient parce qu'elle parait à même d'expliquer la croissance rapide et quasi-continue alors observée. Mais elle se fissure avec la montée conjointe du chômage et de l'inflation dès

la fin des années soixante et elle vole en éclat avec la rupture de la
croissance enregistrée au-delà de 1974. Le renouvellement des programmes de recherche en macro-économie est né pour l'essentiel de cette crise de la synthèse. Ce n'est qu'en partie le cas pour le programme régulationniste, développé en France par Michel Aglietta, Robert Boyer, Alain Lipietz et d'autresl. En effet, les premiers travaux sont réalisés dès le début des années soixante-dix, avant même que cette crise ne soit patente. L'idée
I On doit préciser que ce programme n'est que l'un de ceux qui visent à la construction d'une <<Théorie de la Régulatioo», hors de toute référence au paradigme classique du marché autorégulateur. Le GRREC, autour de Gérard de Bernis. ainsi que Paul Boccara se fixent aussi cet objectif. Mais, comme ils conservent les lois marxistes de suraccumulation et de baisse tendancielle du taux de profit, les Théories de la régulation qu'ils élaborent se distinguent nettement de celle que l'on considère dans cet essai.

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qui préside à ces travaux est que la synthèse n'explique pas la régulation à l'œuvre durant les trente glorieuses. A partir d'études empiriques portant sur l'évolution en très longue période des principales économies et d'un réexamen du traitement de la régulation chez K. Marx et J. M. Keynes, c'est une autre théorie qui est proposée, popularisée par le concept de fordisme. Elle ne fait appel ni à des chocs exogènes, ni à un étouffement des méc~nismes autorégulateurs du marché par une omniprésence de l'Etat, pour comprendre le renversement qui s'opère au cours des années soixante-dix. Et elle conduit à prédire que cette rupture de la croissance sera durable. Cette théorie est celle d'un mode de développement particulier; historiquement et géographiquement situé, ce dernier parle même la langue de chaque pays. Il s'agit donc d'une théorie «locale». Elle trouve place dans une analyse plus générale de la trajectoire de l'économie de marché salariale à impulsion capitaliste, désignation préférable, on va le voir, à celles d'économie de marché ou de capitalisme. Il y a lieu de bien distinguer ces deux niveaux. Si l'on réserve l'expression de Théorie de la Régulation pour l'ensemble de ces deux composantes, on peut qualifier la seconde, qui sert de cadre à l'élaboration des théories locales, d'Approche en terme de régulation (ATR).En raison de la question qui l'a motivée, la recherche entreprise a porté exclusivement sur cette approche générale. On ne revient pas sur son processus de constitution. On prend comme point de départ la version des années quatre-vingt, telle qu'elle est présentée dans l'ouvrage de référence de Robert Boyer (1986); pour faire bref, on la qualifie d'approche en terme de régulation numéro un (ATRI) ou encore de théorie des cinq formes institutionnelles (Chapitre I). Cette approche s'avère suffisante, lorsqu'il s'agit de traiter de la formation d'un régime de développement économique sur la base d'un système stabilité de formes institutionnelles et de l'épuisement de ce régime sous l'effet du changement structurel, qui l'accompagne et lui est endogène. Mais permet-elle de comprendre le changement institutionnel qui se joue nécessairement dans la période de crise de régulation consécutive à cet épuisement? Une réponse précise à cette question implique de faire état des exigences générales, que doit satisfaire une approche permettant de penser un tel changement (Chapitre II). On peut ainsi apprécier l'ATRl à l'aune de ces exigences, ce qui est fait d~ns les chapitres suivants consacrés aux institutions (la monnaie, l'Etat, le rapport salarial, le marché) et aux pratiques des individus. Il en ressort que la théorie des cinq formes est tout à fait insuffisante. La nécessité d'un renouvellement s'impose. On s'y essaie, à chaque fois, en partant des travaux, fondamentaux ou appliqués, déjà réalisés dans le sens indiqué au sein du programme de recherche régulationniste ou dans le cadre de recherches communes avec des personnes participant au développement d'autres programmes voisins (l'économie des conventions principalement). Mais on est conduit à

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constater que la simple juxtaposition des résultats de ces travaux ne laisse pas place à une nouvelle synthèse; c'est plutôt une impression d'éclatement qui prédomine. Un apport propre s'avère indispensable pour surmonter certaines oppositions et déboucher sur une nouvelle approche, cohérente dans ses diverses composantes. On s'en tient à cette étape d'élaboration. On ne bascule pas du côté de l'utilisation de cette nouvelle approche générale, notamment pour comprendre la crise du fordisme. Même si l'on est persuadé que la nouveauté en question n'est rendue manifeste qu'au regard de cette utilisation, lorsqu'on constate qu'elle permet de résoudre des problèmes en suspens. Ce parti-pris de ne pas introduire de mise en rapport entre le discours théorique tenu et les faits constatés dans tel ou tel pays à telle ou telle époque, a été motivé par le souci de ne pas donner prise à la critique récurrente dont la théorie de la régulation fait l'objet: il s'agirait tout au plus d'une description argumentée, somme toute de même nature que les travaux des «anciens» institutionnalistes américains du début du siècle (Mingat et alli, 1985).On se contente, en conclusion, de faire état des principaux apports de cet essai aux plans théorique, méthodologique et politique.

I

LA THÉORIE DES CINQ FORMES INSTITUTIONNELLES (ATRI)

L'ouvrage de référence de Robert Boyer - La théorie de la régulation: une analyse critique (1986) - a pour principal objet de présenter l'approche générale de la régulation économique qui se dégage de la première génération de travaux de l'école française de la régulation. Cette version des années quatre-vingt se distingue déjà nettement de l'approche primitive de Michel Aglietta dans Régulation et crises du capitalisme (1976). Elle est constituée par l'addition de deux composantes. La seconde, qui est propre aux régulationnistes, en fait une approche historique et institutionnelle.
1. Une approche à deux composantes

A un socle marxien est ajoutée une composante spécifique à laquelle sont associés des concepts intermédiaires, ceux de régime d'accumulation, de mode de régulation et de formes institutionnelles.
Un socle marxien

Il est courant de qualifier un propos de «marxiste», lorsqu'il a pour objet de reprendre ou développer celui de Marx, et de «marxien», lorsqu'il est seulement inspiré par tout ou partie de son oeuvre. Selon cette convention de langage, le socle de l'ATRl est marxien (Henri Nadel 1995). On ne considère d'abord que la vision constitutive de ce socle, laissant de côté la méthode (voir encadré)l. Pour en expliciter le
1 Dans cet ouvrage, il arrive que l'on fasse un usage non-conforme du principe de l'encadré. Ce qui figure comme tel n'a pas alors le statut d'un rappel ou d'un complément technique, qui n'est pas essentiel à la compréhension du corps du texte. Ces encadrés particuliers sont notés avec une *.

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contenu, on part de la vision marxiste courante; puis on la dérive par amendement de cette dernière.

Vision, approche et théorie Pour Joseph Schumpeter, toute théorie - entendue comme une analyse ordonnée repose sur une vision. Ainsi, une vision n'est pas encore une théorie. C'en est un préalable indispensable. Cette vision impose par ailleurs une certaine méthode (ou démarche) pour construire la théorie. Le terme d'approche désigne alors le couple constitué par une vision et la méthode accordée à cette vision. Le socle marxien de l'ATRl a ce statut.

En tant que telle, la vision marxiste de l'économie de marché capitaliste est antérieure à la théorie marxiste de ce type d'économie; elle n'intègre pas la théorie de la valeur-travail, ainsi que celle de l'exploitation qui en découle. Largement commune à tous les marxistes - si ce n'est, comme on le voit ci-après, à propos de la monnaie -, cette vision est de considérer ce type d'économie comme le produit historique de la domination d'un nouveau mode de production et d'échanges: le mode de production capitaliste. Quel que soit le mode de production, une production d'objets s'opère avec une certaine division du travail, et une circulation de ces derniers a lieu, cette production et cette circulation laissant le plus souvent place à un surplus physique (voir encadré). En revanche, les modes de production dominants, qui se succèdent dans l'histoire, se distinguent autant par les forces productives mises en œuvre que par les rapports sociaux qui président à la formation et l'appropriation du surplus; on est, à chaque fois, en présence d'une correspondance, d'une articulation cohérente et spécifique, entre forces productives et rapports sociaux. Les rapports sociaux fondamentaux, qui caractérisent le mode de production capitaliste, sont au nombre de trois. Le premier est la monnaie qui préexiste à ce mode; les deux autres, qui reposent sur cette dernière, lui sont spécifiques; ce sont le rapport capital/travail (ou rapport salarial), dont relève la formation du surplus, et le rapport de concurrence entre foyers autonomes d'accumulation de capital, qui règle la répartition du surplus entre ces derniers. Ce mode de production fait, par ailleurs, l'objet d'une double altération. On assiste, en effet, à la fois à un développement des forces productives et à une évolution des formes et de l'articulation précises des rapports sociaux qui lui sont spécifiques. A mesure que cette double altération s'opère, une contradiction fondamentale se fait jour et se renforce tendanciellement : les rapports de production capitalistes deviennent une entrave au développement des forces productives; comme ceux qui l'on précédé, le mode de production capitaliste est donc périssable. En tout état de cause, sa domination fait de l'accumulation

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La notion de surplus physique On s'en tient à une économie isolée. Elle comprend plusieurs branches d'activité. Ainsi, la production physique globale d'une année est un «panier» de biens, dont chaque composante est la production physique, QPi , d'un bien particulier (issu de la branche i correspondante). On la représente par un vecteur, QP. Cette production globale a d'abord nécessité, à l'échelle de l'ensemble de l'économie, une consommation de moyens de production. Cette consommation est complète pour les produits intermédiaires (ou circulants) et partielle pour les biens d'équipement (ou de capital fixe). On la représente par un vecteur, QCMP = QCI + QCKF. On appelle produit physique (net) de l'économie pour l'année considérée le «panier» que l'on obtient en retranchant de la production cette consommation de moyens de production. Soit le vecteur: QY = QP - QCMP. (Comme on s'est placé en économie isolée - on ne peut consommer dans cette économie que ce que l'on y produit - cette différence est définie sans problème, sous réserve de négliger le renouvellement des biens d'équipement; mais rien n'interdit que certaines composantes de ce vecteur soient négatives). La réalisation de cette production globale a aussi nécessité la mobilisation de travailleurs. On qualifie de consommation finale productive, la consommation de biens impliquée par la reproduction de ces travailleurs. Il s'agit aussi d'un «panier», représenté par le vecteur QCT. La consommation productive globale, est en conséquence, la somme de la consommation de moyens de production et de la consommation finale productive: QCP =QCMP + QCT. Le surplus physique (net) est le «panier» que l'on obtient en déduisant cette consommation productive totale de la production globale. Il est représenté par un vecteur, QSP, tel que: QSP = QP - QCP.

Remarques:
1. Le surplus physique peut aussi être défini comme ce qui reste du produit physique, une fois déduite la consommation productive finale. Soit: QSP = QY - QCT. 2. Le produit physique brut et le surplus physique brut sont ceux que l'on obtient sans déduire la consommation de biens du capital fixe (QCKF). 3. On ne peut faire état d'un surplus positif, que si toutes les composantes du «panier» (QSP) sont positives. Toutefois, si les biens considérés sont marchandés à une système de prix (p), on peut faire état de la «valeur monétaire du surplus aux prix du marché» (SP = p' x QSP, ou p' est le transposé en ligne du vecteur colonne p; ou encore: SP = LPi.QSPi ) Cette valeur du surplus peut être positive, même si certaines composantes surplus physique sont négatives. du

-le réinvestissement d'une partie du profit, qui est la forme d'apparition du surplus dans ce mode - l'impératif, la «loi coercitive» s'imposant à l'ensemble du système économique. L'amendement, qui conduit de cette vision marxiste à la vision marxienne constitutive du socle de l'ATRI, n'est pas négligeable. Il consiste à ne pas retenir l'idée que l'évolution des forces productives commanderait celle des rapports sociaux, idée d'ailleurs simpliste au regard de la complexité du propos de Marx à ce sujet. Cela laisse, en conséquence, ouverte la question de savoir comment s'opère la double

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altération ci-dessus. Et, du même coup, la condamnation à mort du mode de production capitaliste n'est plus acquise. Côté méthode, la base est aussi marxienne. La démarche d'analyse à mettre en oeuvre n'est pas de rechercher l'existence d'un équilibre économique, à partir des décisions (micro-économiques) des individus; dès lors qu'ont été définis les rapports sociaux fondamentaux, elle est de se placer d'emblée à l'échelle macroéconomique, de traiter de l'accumulation du capital en terme de processus et d'en étudier d'abord les possibilités de réussite à long terme. L'ajout d'une composante spécifique à laquelle sont associés les concepts intermédiaires de régime d'accumulation, de mode de régulation et de formes institutionnelles. Au socle marxien est adjointe une composante spécifique. Celle-ci couple un élément de méthode et un corps d'hypothèses. L'élément de méthode s'accorde à l'amendement retenu. On ne peut se contenter d'une démarche théorique de remontée de l'abstrait au concret. Un moment d'analyse empirique-historique du processus d'accumulation du capital à long terme est indispensable. Il y a lieu de «rechercher les différentes régularités sociales et économiques concernant: - un type d'évolution d'organisation de la production et de rapport des salariés aux moyens de production; - un horizon temporel de valorisation du capital sur la base duquel peuvent se dégager des principes de gestion; - un partage de la valeur permettant la reproduction dynamique des différentes classes ou groupes sociaux; - une composition de la demande sociale validant l'évolution tendancielle des capacités de production; - une modalité d'articulation avec les formes non capitalistes, lorsque ces dernières ont une place déterminante dans la formation économique étudiée» (Robert Boyer, 1986: 46). Un tel «ensemble de régularités assurant une progression générale et relativement cohérente de l'accumulation du capital, c'est-à-dire permettant de résorber ou d'étaler dans le temps les distorsions et déséquilibres qui naissent en permanence du processus lui-même» (Boyer, 1986: 46) est qualifié de régime d'accumulation. Il s'agit donc de repérer l'existence de tels régimes dans l'histoire, avant de chercher à les expliquer. Le corps d'hypothèses est celui qui doit permettre cette explication. La première hypothèse découle de la critique de la théorie marxiste; elle est de considérer que le processus d'accumulation n'est