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La cité interactive

De
224 pages
Cet étude aborde de manière transversale l'ensemble des téléservices et télé-activités qui couvrent différents domaines fonctionnels : les télécommunications et les réseaux métropolitains, la gestion administrative locale, les services d'information et d'intermédiation, les transferts de connaissance et le partage de ressources culturelles, la télégestion d'équipements techniques, la télésécurité urbaine... L'auteur esquisse les stratégies des principaux acteurs du développement de ces nouveaux services, traite de l'incidence de l'ouverture du marché des télécommunications sur le champ urbain et du rôle des collectivités locales dans ce nouveau contexte. Il propose plusieurs scénarios de développement des nouveaux services et d'évolution vers la société de l'information.
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LA CITE INTERACTIVE

@ L'Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-5945-5

OLIVIER

JONAS

LA CITE INTERACTIVE

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Sommaire
AVANT-PROPOS LA CITÉ UTOPIQUE L'OFFRE DE NOUVELLES TECHNOLOGIES ET DE NOUVEAUX SERVICES Les nouvelles technologies Les téléservices et télé-activités Synthèse et perspectives de l'offre de nouvelles technologies et de nouveaux services PANORAMA ET STRATÉGIES DES PRINCI PAUX ACTEURS France Télécom Les nouveaux opérateurs de télécommunication Les câblo~opérateurs Les fournisseurs d'accès à l'Internet et les opérateurs de plates-formes Les industriels Les producteurs d'informations, les créateurs de services Les entreprises de réseaux Les acteurs locaux FORMES ET CONDITIONS D'INTÉGRATION DES TECHNOLOGIES ET DES SERVICES DE L'INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION DANS LA VILLE Conditions du développement des nouveaux services Formes d'intégration

7
9
17 18 47
106
133 135 138 140
143 149 151 154 159

161 162 165

-

Organisation
Différentes

des systèmes échelles territoriales

LA CITÉ INTERACTIVE

175 178 183
184
186 189 195 203 213 218
220 221

Profils types
Rôle des collectivités paysage concurrentiel Quelques Impacts PERSPECTIVES scénarios sur les territoires locales dans le nouveau des télécommunications

DE DÉVELOPPEMENT

LE « BANGEMANN CHALLENGE» BIBLIOGRAPHIE INDEX DES EXEMPLES DE RÉALISATIONS LOCALES TABLE DES MAllÈRES

-

Avant-propos
Cet ouvrage a pour ambition de présenter de manière transversale l'ensemble des nouvelles technologies et des nouveaux services de l'information et de la communication pouvant être mis en œuvre dans les villes.
Si ces technologies et ces nouveaux services sont tous caractérisés par la numérisation des informations, l'interactivité des systèmes, l'intégration des télécommunications et des télé-activités, le domaine est cependant très vaste et les champs d'application diversifiés. L'analyse prospective de ce panel de services et de technologies restera donc relativement générale, même si, pour chacun, il a été essayé de dégager les grandes tendances de développement illustrées par des chiffres clés et par des exemples de réalisation dans les collectivités locales.

champ d'étude n'a pas porté sur le concept « d'autoroutes de l'information», qui réduit les innovations Le aux seules infrastructures à haut débit, aux services de télécommunication et à l'Internet, mais il a été essayé de traiter l'ensemble des nouveaux services intégrant des avancées technologiques, dans le domaine des transports, de la sécurité, de la gestion technique, de la monétique... Plusieurs domaines d'application abordés ici, comme les réseaux multiservices métropolitains, l'usage urbain des véhicules électriques, la démocratie participative électronique, la télésécurité urbaine, le commerce électronique local, l'impact sur la ville et sur les espaces privés du télétravail ou de la télémédecine, mériteraient évidemment d'être approfondis, pour évaluer notamment les conditions du développement local de ces nouveaux services, et détailler les enjeux techniques, économiques et sociaux.

I

AVANT-PROPOS

-

Pour mieux situer le cadre du développement

des nouveaux

services, il était important, en deuxième partie, de présenter
d'une manière synthétique les principaux acteurs et d'esquisser leurs différentes stratégies, pouvant être liées à des logiques commerciales, d'aménagement du territoire ou de service public très contrastées. Enfin, l'objectif était de vérifier les hypothèses selon lesquelles le champ urbain est une échelle territoriale cristallisante pour le développement des nouvelles technologies et des nouveaux services de l'information et de la communication: la dernière partie de cet ouvrage décrit les formes et les conditions d'une dynamique d'intégration de ces technologies et de ces services dans des systèmes cohérents et organisés; elle traite de l'incidence de l'ouverture du marché des télécommunications sur les collectivités locales et propose plusieurs scénarios d'évolution vers la société de l'information.

Cet ouvrage a été réalisé dans le cadre d'une recherche confiée en 1996 à Olivier JONAS par le Centre de Prospective et de Veille Scientifique et Technique (CPVS). Le CPVS, dirigé par Jacques THE YS, est un service de la Direction de la Recherche et des Affaires Scientifiques et Techniques (DRAST) du Ministère de l'Equipement, du Logement et des Transports. Entre autres axes de recherche, le CPVS s'intéresse aux interactions entre les nouveffes technologies numériques et les territoires. 1/ a notamment mis en place depuis 1996 un atelier de prospective qui cherche à déterminer les applications futures et à évaluer les impacts des nouvel/es technologies de /'information sur les services urbains, l'aménagement du territoire et l'évolution à long terme des vif/es.

AVANT-PROPOS I

-

In1rodudion

la cité utopique
Les enjeux
l'information

de /'intégration

des technologies
dans

de
la ville

et de la communication

Depuis l'antiquité, les hommes ont toujours rêvé de sociétés parfaites, fondées sur des organisations sociales et politiques idéales, trouvant forme souvent dans des pays ou des villes imaginaires. La cité utopique présente un urbanisme ordonné empreint de rationalité géométrique comme pour le projet du Pirée d'Hippodamos de Milet au Vème siècle avo JC ou une organisation fonctionnelle communautaire, comme l'lie d'Utopie de Thomas More (1516) ou la Cité du Soleil de Tommaso Campanella; les premières utopies fondées sur la science sont dues à Francis Bacon: à Bensalem, la recherche scientifique et les technologies développées (transports, utilisation des phénomènes météorologiques ou de l'énergie hydraulique, médecine et chirurgie) sont mises au service de la société et des individus; la Maison des Sciences est le centre vital de la cité. A la fin du XVlllème siècle, l'utopie devient synonyme de progrès technique et social, marqué par le début du machinisme et de l'époque industrielle; à la rationalisation de la productivité ouvrière caractérisée par le projet de cité autour de la Saline Royale à Arc-et-Senans par Nicolas Ledoux (1774) s'opposeront au siècle suivant les utopies sociales et économiques de Robert Owen à New Lanark ou de Saint-Simon; des organisations communautaires corporatives seront construites: coopératives agricoles pour les phalanstères de Charles Fourier ou cité ouvrière autarcique pour le Familistère de Godin à Guise (1859). Au début du XXème siècle, "utopie devient réalisable grâce aux progrès scientifiques et techniques, et l'organisation de la ville apparaît emblématique des principes de standardisation industrielle et de rationalisation des fonctions urbaines, comme

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LA CITÉ UTOPIQUE

-

pour le projet de Villede 3 millionsd'habitants de Le Corbusier (1922), ou bien figure la pleine intégration des arts et des techniques avec Walter Gropius et l'école du Bauhaus (plan de Cité de 1920) ; mais simultanément, ce début de siècle est marqué par un courant de « contre-utopies)} : c'est le film « Métropolis )} de Fritz

Lang, le

({

Paris au XXème siècle» de Jules Vernes (écrit en

1863), ou encore le « 1984 })de Georges Orwel/ ; toutes présentent une société urbaine trop mécanisée, où la rationalité amenée par les nouvelles technologies, la productivité industrielle et le collectivisme ont pris le pas sur l'épanouissement individuel. Aujourd'hui, plus que jamais, la cité est un champ d'utopies concrétisables et les nouvel/es technologies de l'information et de la communication, en particulier Jes réseaux de données multimédia publics, nous interpellent sur le devenir des villes, sur la démocratie, sur le partage des ressources urbaines: culturelles, éducatives, scientifiques et sociales, sur l'organisation du travail et sur les loisirs, sur la communication des citoyens entre eux, mais aussi avec le reste du monde, au sein d'une société globale de l'information où les frontières sont abolies, mais où chacun ressent de plus en plus la nécessité du développement de services de proximité garants de la cohésion d'un lien social. L'intégration des technologies de l'information et de la communication dans Ja vil/e n'est cependant pas nouvelle; depuis déjà une dizaine d'années, l'évolution de l'informatique, des automatismes, des bus de communication et des réseaux locaux permet l'installation à l'échelle urbaine de systèmes de télégestion d'équipements techniques: réseau d'éclairage public, feux de signalisation, mobilier urbain, télésurveillance publique, etc. ; mais la mise en place de ces systèmes restait traditionnellement du ressort des ingénieurs des villes, des services techniques ou des services informatiques municipaux, et les responsables des politiques locales se sentaient peu concernés. Les nouvelles technologies développées aujourd'hui impliquent le traitement d'informations qui ne sont plus seulement des données de débit, de consommation ou des signaux d'alarmes techniques, mais de l'information multimédia ou des programmes audiovisuels interactifs; la communication n'est plus seulement réalisée entre

I

LACITÉUTOPIQUE

Ell

machines, capteurs, actionneurs et centrale technique, mais entre individus. C'est certainement cette implication sociale et l'impact que l'on pressent sur l'économie qui a favorisé l'émergence d'une prise de conscience politique à tous niveaux - élus locaux, nationaux et pouvoir exécutif - autour des enjeux de ces technologies de l'information et de la communication et des incidences de leur développement sur l'aménagement du territoire, sur la ville, sur la citoyenneté. Cette appropriation politique récente du développement et de l'impact social et économique de ces nouvelles technologies, trouve son origine parallèlement dans les projets de «Super Information Higways » aux Etats-Unis, initiés par le vice président AI Gore en 1992 sous la première administration Clinton, et dans les travaux engagés depuis 1993 par la Commission européenne (Livre Blanc sous l'égide de Jacques Delors) sur les concepts de « société de l'information» qui, plus que les projets américains axés sur le déploiement volontariste d'infrastructures de réseaux de communication, visent à déterminer les impacts « sociétaux » ou changements structurels fondamentaux de notre société - prévisibles du fait de la mondialisation de l'économie, du mouvement de libéralisation des services publics, et en particulier, de la disparition des anciens monopoles des télécommunications et de l'audiovisuel. En France trois rapports principaux ont marqué les étapes d'une réflexion nationale sur le développement des nouvelles technologies : « les autoroutes de l'information» par Gérard Théry (1994) qui mesure les el1ieux liés au déploiement de réseaux de télécommunication à haut-débit, «les téléservices en France» par Thierry Breton (1994) qui analyse l'impact des futurs services sur l'économie et l'emploi, et dernièrement, «les réseaux de la société de l'information» par Thierry Miléo pour le Commissariat Général du Plan (1996) qui examine les conditions d'une régulation publique des réseaux de télécommunication. Simultanément, fin 1994, l'Etat lançait un appel à projets pour l'expérimentation en vraie grandeur de plates-formes de services intégrant les nouvelles technologies de l'information et de la communication, à l'échelle nationale, régionale ou locale; 170 projets en octobre 1995, puis 74 projets complémentaires en mars 1996 ont ainsi été

I

LA CITÉ UTOPIQUE

..

labellisés « d'intérêt public» par le ministère de l'Industrie; ils sont classés suivant plusieurs catégories: administration, audiovisuel,

culture, c{ place de marché », plate-formed'intermédiation,presse,
recherche, santé, technologie, éducation, téléservices, tourisme et transports; sur la totalité des projets présentés, on en dénombre 80 à l'initiative des collectivités territoriales. On constate en effet, depuis deux à trois ans, l'intérêt croissant de nombreuses collectivités territoriales à utiliser ces nouvelles technologies pour optimiser les fonctions urbaines, améliorer les relations des citoyens avec l'administration, promouvoir la ville ou la région, et dynamiser le développement économique et le tourisme ; ces collectivités se trouvent devant une offre de réseaux, d'outils performants et de services économiquement accessibles pouvant accompagner leurs politiques de développement local. Mais l'évolution extrêmement rapide des technologies, la création continuelle de nouveaux services, l'intégration de secteurs d'activités autrefois bien distincts (l'audiovisuel, l'informatique et les télécommunications), le paysage économique très mouvant, formé par les grands intérêts industriels et les opérateurs de réseaux ou de services, la déréglementation annoncée des télécommunications, et le développement exponentiel des réseaux de données ouverts, en particulier de l'Internet que beaucoup présentent comme le nouveau vecteur de communication universel, peuvent susciter pour le moins des interrogations, sinon certaines inquiétudes. Une des premières grandes interrogations est certainement celle des incidences locales de l'ouverture à la concurrence de l'ensemble des services de télécommunications et des réseaux à partir de 1998; au service public rendu actuellement par France Télécom va se substituer en janvier 1998 une mission de service universel qui pourrait s'apparenter plus en fait à un «service minimum »; l'opérateur national devant fournir en particulier des services de téléphonie et des accès aux réseaux à moyen débit sur l'ensemble du territoire français. On peut présager qu'à partir de là, les disparités entre villes peuvent s'accentuer, la logique économique de France Télécom dont les statuts évolueront à court terme vers ceux d'une société régie par le droit commercial -

-

I

LA CITÉ UTOPIQUE

..

rejoignant celle des nouveaux opérateurs de télécommunication, pour mettre en place des infrastructures locales performantes et proposer de nouveaux services de préférence sur les zones à fort potentiel commercial. Les villes ou les zones urbaines présentant

déjà une concentration
ront des terrains télécommunication

d'entreprises qui
{(

{( communicantes})

forme-

privilégiés pour le développement et de nouveaux téléservices entreprises...

de services de ; et ce sont ces

téléservices
l'implantation

et ces infrastructures
de nouvelles

feront la différence})

pour

D'autre part, les réseaux de données transnationaux affranchissent aujourd'hui, en partie, les entreprises et les professionnels des contraintes de proximité géographique, et le développement du commerce électronique, du télétravail ainsi que la normalisation des Emissions de Données Informatisées, vont positionner ces entreprises à égalité dans l'espace économique européen qu'elles se trouvent dans les Hauts-de-Seine ou dans l'Ardèche pour peu qu'elles trouvent des infrastructures et des services locaux adaptés. Mais écartées, dans le cadre de la loi du 26 juillet 1996 qui organise l'ouverture du secteur des télécommunications à la concurrence en 1998, de la procédure d'agrément des nouveaux opérateurs sur leur territoire, quel peut être le rôle des collectivités locales? Leur rôle dans l'intégration des technologies de l'information et de la communication pour améliorer l'administration et les services publics fait aussi certainement partie des interrogations que les collectivités ne peuvent manquer de se poser devant l'apparent désengagement de l'Etat, auparavant aménageur des réseaux du territoire national, et en règle générale devant la disparition des monopoles institutionnels supplantés progressivement par une organisation concurrentielle. La logique de marché induite par la libre concurrence des opérateurs de réseaux et de services contraste fortement avec la création de services d'intérêt général pour la collectivité, porteurs d'enjeux sociaux importants; on pense en particulier aux domaines de la santé, de l'éducation ou de la culture. Mieux gérer la ville et mieux communiquer auprès des administrés, donner accès à tous à l'éducation et aux ressources culturel-

I

LACITÉUTOPIQUE

..

les, faciliter la circulation des informations liées à l'emploi, désenclaver des quartiers en difficulté, dynamiser le petit commerce, {( relocaliser» des activités et susciter l'implantation d'entreprises, organiser des réseaux de santé et d'assistance aux personnes isolées ou handicapées, sont autant d'enjeux politiques locaux importants qui trouvent dans les technologies de l'information et de la communication des moyens techniques modernes pour les réaliser. C'est même sans doute la disponibilité de ces technologies, comme l'Internet et sa formidable expansion depuis quelques années due à l'interopérabilité du système et à son caractère universel, qui a été le révélateur des projets actuels de développement de nouveaux services dans les collectivités locales et qui redonne une nouvelle vitalité aux télé-activités et au télétravail ; mais cette universalité a aussi son revers: ce réseau virtuel est encore en majorité composé de serveurs d'information américains, et le développement de services locaux, en langue et de culture française. sera aussi un enjeu majeur. De même, ce réseau de données transnational et le commerce électronique qui commence à s'y développer fait toucher du doigt la mondialisation de l'économie dans la société globale de l'information; le développement de services marchands locaux compétitifs sera sûrement un enjeu économique important de l'usage de l'Internet par les collectivités locales. Enfin, s'il fallait ne retenir qu'un dernier enjeu capital pour le début du siècle prochain, ce serait celui des transports urbains: véhicules électriques. nouveaux transports publics, radioguidage des véhicules privés et gestion et diffusion des informations de trafic automobile, font partie des programmes de recherche et de développement en cours depuis déjà quelques années - souvent à l'échelle européenne - faisant appel autant aux technologies de l'information et de la communication qu'aux nouvelles technologies de motorisation et de micro-électronique embarquée dans les véhicules, qui visent à résoudre "équation difficile, sinon impossible, du développement continuel du trafic urbain et de la lutte contre les embouteillages et les pollutions sonores et atmosphériques dans les grandes métropoles.

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LACITÉUTOPIQUE

Ell

Les gestionnaires des villes et les responsables des politiques locales pourront rester passifs devant la mise en place d'infrastructures et de réseaux et l'offre de téléservices locaux à la seule initiative des grands opérateurs de télécommunication ou de services; à contrario, les villes peuvent aussi - et elles sont de plus en plus nombreuses à y réfléchir aujourd'hui - susciter une dynamique, en mettant en œuvre diverses stratégies de développement des technologies de l'information et de la communication suivant les politiques locales et le contexte régional. Qu'il soit réalisé dans une approche d'intégration, de fédération ou de coopération entre différents acteurs urbains, le développement de ces nouveaux services nécessite alors une réflexion d'ensemble sur l'organisation des systèmes, sur les relations entre les différents acteurs et sur l'articulation entre les services d'intérêt général et les services privés. Ce sont les formes et les conditions de l'intégration nologies dans des systèmes cohérents et organisés approchées en troisième partie de ce rapport, après prospective de l'offre en matière de technologies et services utilisables dans la gestion des villes et une des principaux acteurs publics et privés. de ces techqui seront une analyse de nouveaux présentation

I

LA CITÉ UTOPIQUE

11III

Chapitre1

L'offre de nouvelles technologies et de . nouveaux services
Il existe une très forte interaction entre le développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication et l'offre de nouveaux services, au point qu'il est difficile de savoir si c'est la progression des techniques qui suscite le besoin ou "inverse; en fait il s'agit sûrement d'une synergie entre services et technologies. Il suffit de prendre pour exemple l'Internet qui, if y deux ou trois ans, était sans doute considéré par la grande majorité des gestionnaires des villes comme un gadget réservé à des universitaires américanophifes, et qui, aujourd'hui, devient la pierre de touche d'une politique de la ville intégrant les technologies de l'information et de la communication - c'est le cas par exemple du Plan Local d'Information d'Issy-Ies-Moulineaux, ou la figure emblématique du développement social et économique local - comme par exemple l'opération médiatique «Toute une ville sur "Internet» à Saint-Germain-en-Laye. C'est la disponibilité des technologies liées à l'Internet qui permet aujourd'hui le développement de nouveaux téléservices urbains; mais déjà, le réseau public de télécommunication n'est plus assez performant pour les téléservices qu'on imagine et les communes déploient de nouveaux réseaux urbains à hauts débits, qui eux-mêmes vont permettre la création de nouveaux téléservices...

I

L'OFFRE DE NOUVELLES

TECHNOLOGIES

ET DE NOUVEAUX

SERVICES

Ell

Les nouvelles

technologies

Les nouvelles technologies de l'information et de la communication sont caractérisées principalement par la numérisation globale et systématique des informations, qui transforme aujourd'hui radicalement les télécommunications, la télévision et l'audiovisuel. Cette numérisation permet le développement de multiples applications télématiques intégrant des traitements informatiques en temps réel et de nouvelles techniques de transmission de données sur des réseaux de télécommunication à haut débit (les « inforoutes ») ; elle favorise l'émergence de nouveaux téléservices et télé-activités qui présentent deux composantes essentielles: le multimédia et l'interactivité.

Le multimédia

et l'interactivité

Le terme multimédia recouvre des concepts très étendus puisqu'il désigne autant l'intégration, sur un même système informatique, de différents médias de communication (sons, textes, images fixes ou vidéo), mais également la fusion des technologies de l'informatique, des télécommunications et de l'audiovisuel, et qu'il décrit aussi, d'une manière plus large, différents supports numériques (CD Rom, CDI, jeux vidéo, etc.) ainsi que les industries de la création, de la production et de la diffusion qui gravitent autour de ces produits; cette intégration des technologies qui permet la création et la transmission de documents « hypermédias » sonores et visuels, irréalisable il y a quelques années à cause de l'importance du volume nécessaire pour coder des informations analogiques complexes (la vidéo par exemple), n'est possible aujourd'hui que grâce aux nouvelles techniques de compression numérique.

I

L'OFFRE DE NOUVELLES TECHNOLOGIES ET DE NOUVEAUX SERVICES LES NOUVELLES TECHNOLOGIES LEMULT/Mt:DlA TL7NTERACT/\IITÉ E

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La norme JPEG est une norme de compression numérique d'images fixes dont le taux de compression détermine la qualité de l'image restituée ; avec un taux de 2 à 3 l'image reconstruite est identique à l'original, avec un taux de 20 la qualité est encore excellente, avec un taux de 200, la qualité est basse (image juste reconnaissable). La norme de compression d'images vidéo MPEG-1 permet un débit de transfert de 1,5 Mbits/s ; les algorithmes définis par la norme MPEG-2 travaillent sur des images entrelacées à 2 Mbits/s et autorisent la compression de signaux TV et d'images de divers formats (par exemple le format 16/9); MPEG-2 est utilisée pour des applications de visiophonie ou de visioconférence, qui nécessitent un débit allant de 64 Kbits/s à 2 Mbits/s.

L'interactivité établit un nouveau rapport entre les utilisateurs et les différents systèmes ou applications multimédia, que ce soit en

local (<<off line ») avec des logiciels sur un micro-ordinateur ou
une console de jeu, ou bien au travers d'applications télématiques fonctionnant en réseau et donnant accès à des téléservices d'information, de communication, de médiation, etc.; on parle alors de services « en ligne », c'est à dire de services procurés par une connexion directe au centre serveur qui réagit immédiatement aux instructions de "utilisateur. Cette interactivité des systèmes est réalisée grâce à une voie de retour qui assure la communication du terminal vers le centre serveur. Les performances de cette liaison sont fonction des services attendus; chacun de ces téléservices aura ses propres exigences en matière de transfert d'informations: bande passante du réseau d'accès, débits, compression de données. En fait, pour un grand nombre de téléservices, il n'est pas nécessaire de disposer d'une voie de retour à haut débit - ainsi la voie de retour du Minitel fonctionne à un débit de 75 bit/s, ce qui pouvait paraître suffisant pour transmettre des instructions de type « envoi », « annulation », « retour »... ; de même pour des téléservices transactionnels, pour des téléchargements de jeux ou de données ou dans le cas de services audiovisuels de type vidéo à la demande, il s'agit toujours de transmettre au fournisseur du service des informations représentant un faible volume de données. C'est sans doute plus dans les performances de la voie descendante et de la restitution des

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L'OFFRE DE NOUVELLES TECHNOLOGIES ET DE NOUVEAUX SERVICES LES NOUVELLES TECHNOLOGIES LE MULnM~DIA ETL7NTERACTlVlTÉ

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informations multimédia sur son terminal que l'utilisateur aura la sensation de la bonne réactivité du système. D'autres services nécessitent par contre une transmission bidirectionnelle entre terminaux - c'est le cas par exemple de la visioconférence et de la visiophonie, ou de certaines applications de télé-enseignement qui pourra être réalisée par des techniques de commutation, reliant de façon stable deux utilisateurs du système.

L'évolution

de la télématique
Télétel

Le Minitel et les services

Le Minitel est à la fois la réalisation exemplaire d'un projet d'équipement ambitieux - qui a été copié dans d'autres pays mais sans rencontrer le même résultat - et un grand succès technique et commercial. On identifie plusieurs facteurs déterminants de la réussite de l'expérience télématique française: d'abord la démarche politique volontariste, menée dès 1970 et pendant plus de 10 ans par la Direction Générale des Postes et Télécommunications, concrétisée par la diffusion massive et gratuite des terminaux; ensuite l'ergonomie grand public de ce terminal, qui est robuste, facile d'emploi et - au contraire d'un micro-ordinateur par exemple - immédiatement disponible après son allumage; enfin la substitution du service d'annuaire électronique à l'annuaire papier, qui donne au Minitel sa fonction première, devenue pour 90% des utilisateurs indispensable, avec maintenant de nouvelles fonctions de recherche en langage naturel. Mais c'est avec la refonte des services Télétel et la création du Kiosque télématique en 1984, que le concept de « place de marché» prend forme; le système, qui apparaît maintenant comme un précurseur des « autoroutes de l'information », comporte une plate-forme d'intermédiation porteuse de différents types de téléservices, notamment des messageries électroniques, l'accès à des banques de données professionnelles et des services transactionnels de type réservation à distance, vente par correspondance ou

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L'OFFRE DE NOUVELLES TECHNOLOGIES ET DE NOUVEAUX SERVICES LES NOUVELLES TECHNOLOGIES L'ÉVOLUTION DE LA TÉLÉMATIQUE

-

«télébanking ». Aujourd'hui avec 25000 services Télétel, le Minitel connaît encore une légère croissance.1

Le Télétel ne paraît plus cependant approprié au développement de nouveaux téléservices interactifs, en particulier multimédia, pour différentes raisons. La première étant naturellement liée aux faibles performances du système et de ses terminaux (1 200 bit/s en voie descendante et 75 bit/s en voie de retour) - c'est pourquoi différents systèmes complémentaires ont été mis en place par France Télécom, comme le MinitelPhoto permettant la transmission d'images noir et blanc à la place de l'habituel affichage alphanumérique, le service TVR (Télétel Vitesse Rapide) à 9 600 bit/s, le terminal Magis qui intègre un lecteur de carte à mémoire pour effectuer des transactions financières sécurisées ou encore, le Kiosque Micro,2 permettant l'accès à une plate-forme de services à partir d'un micro-ordinateur. En second lieu, le principe des paliers de tarifications (3613,3614,3615, ...) et la facturation du service aux usagers à la durée ne correspondent plus à l'usage de nouveaux téléservices qui peuvent nécessiter, suivant les cas, un paiement au forfait, à l'acte, au volume de données transmises, etc. ; enfin, si le principe du Kiosque et de la prise en charge de l'affacturage par France Télécom pour le compte des prestataires a été sûrement un facteur essentiel de la réussite du système français, il n'a pu fonctionner que dans une situation de monopole de l'Opérateur public qui finira en 1998.

\I reste que le Télétel avec son parc de 6,5 millionsde terminaux et la bonne appropriation des usagers, même technophobes, garde encore pour quelques années - en particulier pour l'annuaire électronique et pour certains téléservices transactionnels - quel1

Le trafic Télétel, après une année 1995 stagnante, reprend son essor. De janvier à

avril 1996, le trafic a été de 373 millions d'appels sur les 25 000 services disponibles, soit une hausse de 5% par rapport aux premiers mois de l'année précédente. Ce qui représente 29 millions d'heures de connexion, en progression de 3,6%. Cette croissance est due aux secteurs de la banque, des transports, de la VPC, des loisirs et de l'annuaire électronique. L'Audiotel, avec 200 millions d'appels est également en progression de 16%. 2 On accède au Kiosque Micro par le 36 01 13 13 (ou 14 14 ou 15 15) à partir d'un micro-ordinateur équipé d'un modem; la connexion se fait au travers du réseau Transpac. 300 fournisseurs de services sont présents sur le système en juillet 96.

I

L'OFFRE

DE NOUVELLES

TECHNOLOGIES

ET DE NOUVEAUX SERVICES

LES NOUVELLES TECHNOLOGIES

L'ÉVOLUTION LA TÉŒMATlQUE DE

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ques atouts par rapport à des systèmes comme les services en ligne (AOL, CompuServe ou Infonie) ou comme l'Internet qui ne présentent pas encore en France un taux de pénétration comparable.3 Pour ne pas jouer la rupture technologique, tout en se positionnant sur ce marché concurrentiel - à la différence du Télétel au très fort potentiel, France Télécom vient de mettre en place un nouveau service sur l'Internet, Wanadoo,4 qui permet J'accès à un panel de rubriques sur un site Web, à une galerie marchande électronique et surtout, à l'ensemble des services Télétel.

L'Internet et ses applications
L'Internet est un système déjà ancien créé il y a plus de 30 ans aux Etats-Unis pour relier d'abord les systèmes informatiques de la Défense puis par la suite ceux des centres universitaires; débordant des secteurs de la recherche et de l'informatique professionnelle pour lesquels il avait été créé, il rencontre depuis quelques années en Europe l'engouement massif d'une catégorie très large de publics - et en particulier en France de~uis 1993 où de nouvelles conditions tarifaires d'accès au réseau ont accéléré la démocratisation du système.
Le premier système à l'origine de l'Internet, créé en 1969, permettait d'interconnecter des serveurs informatiques - une trentaine de sites à l'époque, dépendants du ministère de la Défense américain - et s'appelait Arpanet (Advanced Research Project Agency) ; dans les années 80, le réseau s'ouvre à de nombreux chercheurs et aux universités; par la suite le système évoluera parallèlement avec le NSF Net (National Science Fondation) interconnectant les calculateurs des centres universitaires, ce réseau forme aujourd'hui la composante principale de "Internet aux Etats-Unis.

3 4 5

Fin 1996, L'accès
Francs
({ providers»

seulement forfaitaire
mensuels;

3% des foyers à l'Internet IIe-de-France coûte

français

ont accès dans

à l'Internet. sa version basique,
d'accès

http://www.wanadoo.fr/ actuellement,
par ailleurs 1996.

de 70 à

100

on dénombrait

51 fournisseurs

à l'Internet

-

ou

- en

en octobre

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L'OFFRE DE NOUVELLES TECHNOLOGIES ET DE NOUVEAUX SERVICES LES NOUVELLES TECHNOLOGIES L'ÉVOLUTlONDELATÉLÉMATIQUE

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