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La Maison de l'Armateur

De
104 pages
La Maison de l'Armateur, demeure du XVIIIe siècle, se situe en bordure du quai de l'Île, au Havre. Elle fut construite en 1790 par l'architecte Paul-Michel Thibault, pour son usage personnel. Ayant échappé à la destruction de la ville en septembre 1944, elle fut ignorée pendant plus de 60 ans, jusqu'à son ouverture au public en 2006. Empruntant la forme de l'essai, les références artistiques, picturales, philosophiques et littéraires du XVIIIe siècle, contemporaines de la maison, côtoient d'autres époques pour donner sens à ce lieu retrouvé.
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L’Hôtel Thibault, une architecture du xviii e siècle au Havre
LA MAISON DE L’ARMATEUR
Gisèle GRAMMARE
Série Esthétique
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XVIII e
L’ARMATEUR
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Du même auteur :
L’Auréole de la peinture , collection Ouverture philosophique, L’Harmattan, Paris 2004. L’Art dans sa relation au lieu , ouvrage collectif sous la direction de Dominique Berthet, collection Ouverture philosophique, L’Harmattan, Paris 2012. L’Apollon de Lillebonne , collection Écritures, L’Harmattan, Paris 2012.
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-336-00555-3 EAN : 9782336005553
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LA MAISON DE L’ARMATEUR
L’Hôtel Thibault, une architecture du XVIII e siècle au Havre
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, et Bruno Péquignot
Série Esthétique
La série Esthétique publie des ouvrages qui traitent de l’art, de sa production et de sa réception, ainsi que de diverses questions esthétiques (goût, valeurs, etc.), d’un point de vue principalement philosophique. Des livres de théorie de l’art (cinéma, littérature, peinture, etc.) et de la culture ayant une portée générale ou philosophique peuvent être également pris en considération.
Déjà parus
Dominique BERTHET (dir.), L’imprévisible dans l’art , 2012. Dominique BERTHET (dir.), L’art dans sa relation au lieu , 2012. Camilla BEVILACQUA, Figures de l’onirique , 2011. Jean-Marc LACHAUD, Pour une critique partisane. Quelques preuves à l’appui , 2010. Dominique BERTHET (dir.), L’Utopie. Art, littérature et société , 2010. Paul MAGENDIE, La philosophie à l’épreuve de la création artistique , 2009. Victoria LLORT LLOPART, Regards croisés des arts : essai d’esthétique comparée , 2009. Yves GILONNE, La rhétorique du sublime dans l’œuvre de Maurice Blanchot , 2008. Jean PIWNICA, À chacun son art , 2008. Norbert HILLAIRE, L’Expérience esthétique des lieux , 2008. Timo KAITARO, Le Surréalisme : pour un réalisme sans rivage , 2008. Frédéric GUERRIN, Duchamp ou le destin des choses , 2008.
E  A
« etite portion de quelque chose qui sert à juger du reste. pér tion n lytique qu’on exécute en petit à l’effet de reconn ître l n ture et le nombre des subst nces contenues d ns un corps » , d’après le ittré .
C et emprunt fait à la définition de l ’ess i que donne Littré semble convenir à la méthode que j’utilise, bien qu’elle ne consiste pas à prendre la partie pour le tout, mais seulement à extraire momentanément cette petite portion dont il parle. C elle-ci servira à élaborer une réflexion par le discours, autant qu’à stimuler par la pratique une recherche plastique personnelle se rapportant au même objet. E n l’occurrence, cela s’expérimente avec   ison de l’ A rm teur , au Havre, laquelle sera considérée d’une part pour sa totalité en regard d’un ensemble urbain environnant, aujourd’hui disparu, d’autre part en elle-même, en étudiant certaines de ses caractéristiques conceptuelles propres. Je tenterai donc d’analyser le corps architectural et plastique de cette œuvre d’art, en suivant la prescription de Littré dans le cadre d’un ess i , pour approcher sa nature esthétique. Toutefois, l’extraction d’un fragment fait néanmoins sens, et je m’emploie à en souligner la portée pour aborder, à partir des observations dégagées, un ensemble de principes pouvant opérer ici, tout en étant transférable ailleurs. C ela signifie que ce qui est proposé à l’ ess i , est susceptible d’être prolongé par le lecteur, livré à son jugement de goût, ultérieurement éprouvé aux filtres d’autres éléments, s’il le désire.
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 petite portion, comme méthode servant à l’investigation de l’ensemble, prise dans l’œuvre des autres, s’applique ici à des architectes en premier lieu. C ertains peintres qui se sont souciés des leçons plastiques que donne l’architecture sont invités. E t inversement, les architectes désireux de prendre en compte des questions picturales, participent à cette rencontre que la m ison abrite, entre ses murs, ses façades, son style. A ppartenant à différentes époques, tous ces artistes permettent, dans la succession, le croisement et l’anachronisme, à la fois la construction d’un discours esthétique et la production d’une mise en œuvre plastique personnelle. Je les fais entrer dans ma recherche quand ils m’inspirent par un faisceau de raisons. D e ce fait, le travail textuel et par ailleurs plastique que j’élabore se trouve dès l’origine pris dans des relations d’influences et de références qui émergent ou reviennent progressivement à partir de choses vues. Je n’ignore pas que ce qui est retenu par la vue, en tant que savoir visuel potentiel, ne peut l’être que grâce à une expérience vécue, une histoire personnelle, parfois lointaine et qui revient soudain. L’opération analytique en question, conduite par la forme de l’essai, suppose un passage approfondi par la description, proche de l’inventaire, permettant la mise au jour des éléments constitutifs d’un corps, au sens d’une œuvre construite, ouvrant la perspective d’une autre parfois, la mienne en devenir, par le texte et la forme associés. Pas au sens où je représenterais aussi différents bâtiments, mais dans celui où j’utilise par prélèvements certains principes architecturaux relevant d’une construction plastique, de l’ordre du fragment, sans provenir des ruines, mes réalisations sont néanmoins des réductions issues d’un ensemble absent, non représenté.
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C ela peut s’apparenter à une manière de métonymie, quand on joue le tout en n’utilisant qu’en partie une caractéristique architecturale devenue sujet pour la peinture, escomptant une extension du sens à ce nouvel ensemble plastique ainsi créé. Tel est l’enjeu esthétique de ce propos.  petite portion , en manière d’essai, dont il sera question ici est   ison de l’ A rm teur dans son ensemble, comme témoignage d’un reste faisant référence à un contexte proche, environnant dans ce quartier disparu ou détruit. Mais on jouera aussi, grâce aux entrelacs de références architecturales impliquées du point de vue stylistique, formel et symbolique existant ailleurs, à mettre en relation cette maison, que sa singularité et ses caractéristiques appellent, avec d’autres édifices. Opération analytique en effet, qui permettra de mieux connaître l’ensemble de cette architecture, sans pour autant en épuiser le riche potentiel, puisque l petite portion retenue pour ess i aura fait l’objet de choix limités, subjectivement liés à des usages esthétiques et plastiques personnels récurrents. L’imaginaire de la maison et de l’architecture hante celui de ma pratique artistique de peintre depuis longtemps. Phénomène que je rapproche du cadre dans lequel j’ai passé mon enfance et une partie de ma jeunesse, Le Havre, une ville en reconstruction, au moment où moi-même je grandissais. La ville m’a construite. C ’est pourquoi, en effet, il ne s’agit pas de la première maison venant solliciter ma recherche de plasticienne ; au contraire, elles sont déjà plusieurs à marquer les jalons de mon parcours artistique qui puise son inspiration dans les lieux et dans l’architecture. D es découvertes antérieures, en liant la couleur et le mur, avaient trouvé un lieu de prédilection pour mes recherches grâce aux villas romaines antiques comme la
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