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La ville comme processus

De
132 pages
Derrière la diversité de la forme urbaine, quelques dynamiques communes agissent aussi bien en France qu'à travers le monde, et jusqu'en Chine : dispersion des noyaux urbains ; voies de liaison en réseau triangulé ; réseaux locaux quadrillées selon les voies de liaison, donc discordants ; enclosures et avatars de croissance... leur coexistence sur le terrain, source de complexité, participe à la saveur particulière de chaque ville.
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LA VILLE COMME PROCESSUS Clément-Noël DouaDy
Derrière la forme urbaine, quelles dynamiques ?
LA VILLE COMME PROCESSUS
Derrière la forme urbaine, quelles dynamiques ?
essai
a forme urbaine dans sa diversité a fait l’objet de nombreuses recherches, Let en inspirera sans doute encore bien d’autres. Mais existe-t-il quelques
dynamiques communes derrière cette diversité, agissant aussi bien en France
qu’à travers le monde, et jusqu’en Chine ?
Le présent essai en repère les principales étapes, avec la dispersion de noyaux
urbains à la surface du globe ; leur liaison par des voies constituant un réseau
triangulé ; l’organisation de réseaux locaux urbains et ruraux selon des
trames plutôt quadrillées ajustées sur les voies de liaison, donc discordantes
entre elles - leur coexistence sur le terrain participant à la saveur particulière
de chaque ville.
À ces premiers éléments s’ajoutent le phénomène d’enclosure, enceinte
défensive bientôt débordée par la croissance urbaine ; le contournement
d’un noyau saturé par boulevard ou rocade ; des percées à travers le tissu
urbain constitué ; de nouvelles voies extérieures complétant l’organisation
de l’espace rural avant même que la ville ne l’envahisse...
Selon l’ordre d’intervention de ces dynamiques, mais surtout selon le site,
le groupe social et sa gouvernance, la forme urbaine toujours évolutive
présente cette variété qui fait douter qu’une approche quasi mathématique
puisse en rendre compte, et pourtant...
Clément-Noël Douady a longtemps exercé sur le terrain comme
Urbaniste et Architecte, et enseigné en France et en Chine. Il est
chercheur associé au sein de l’équipe Morphocity et l’auteur de plusieurs
articles et de livres dont De la Trace à la Trame, L’Harmattan,
2014.
17 €
ISBN : 978-2-343-10937-4
Conception graphique :
Ata Ayati
LA VILLE COMME PROCESSUS Clément-Noël DouaDyLa ville comme processus
Derrière la forme urbaine, quelles dynamiques ?© L’HARMATTAN, 2016
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-10937-4
EAN : 9782343109374Clément-Noël Douady
LA VILLE COMME PROCESSUS
Derrière la forme urbaine, quelles dynamiques ?
essaiDu même auteur
De la Trace à la Trame
(La voie, lecture du développement urbain)
CN Douady et l’équipe Morphocity Éd. l’Harmattan 2014, 257 p.
ISBN 978-2-343-04232-9
Lire la Ville Chinoise
(préface de Shu yang)
Éd. l’Harmattan 2011, 345 p. ISBN 978-2-296-56092-5
Espaces chinois urbains et culturels Paris 2011, 310 p.
Revue EurOrient numéro double 33-34
sous la direction de CND. ISBN 978-2-296-54642-4

Les Dragons de Persan
(la restructuration d’un quartier sensible)
Éd. Recherches Paris 2003, 158p. ISBN 2-86222-048-5
Le lotissement en parcelles étroites
Éd. STU (Service Technique de l’Urbanisme)
Paris 1988, 79 p. ISBN 2-11-082016-0
Lire la ville
Stage linguistique Cofrens, direction CN Douady et Fabien Ansel
Ambassade de France à Singapour 1998, 138 p.
Gafsa Djérid Nefzaoua (Tunisie) CN Douady et M. Mestiri
Étude d’aménagement touristique (dir. E. Beaudouin)
Scet-Coopération Paris-Tunis 1962, 93 p.sommaire
INTRODUCTION ................................................................................................... 7
chapitre 
PRÉLIMINAIRES .................................................................................................. 9
chapitre 
COMPOSANTES DU PROCESSU ......................................................................S 19
chapitre 
FACTEURS GÉOGRAPHIQUE ..........................................................................S 43
chapitre 
FACTEURS HUMAIN ..........................................................................................S 57
chapitre 
CROISSANCE ET AVATAR ...............................................................................S 71
chapitre 
ÉTUDE DE CAS : BRIVE LA GAILLARD ........................................................E 99
CONCLUSION .................................................................................................... 119
Table des illustrations .......................................................................... 121
table des matières ...................................................................................... 123


INTRODUCTION
Le désir d’appréhender ce qu’ils estiment être « toute la ville »
leur fait imaginer les plus dérisoires édifces méthodologiques.
Pourquoi un essai ?
Une publication plus académique aurait commencé par un « état de la
question », appuyé par une bibliographie complète que l’auteur serait réputé avoir lue
et assimilée, pour s’y inscrire en prolongement ou, selon les cas, plus ou moins
en contrepoint.
La posture ici est diférente : plutôt que la littérature concernée, la démarche
privilégie le contact des réalités urbaines, vécues comme professionnel de
l’urbanisme actif sur le terrain, puis observées comme chercheur associé, sans compter
divers voyages et missions ici ou là, et enseignement en France puis en Chine.
Sans attendre une publication d’ensemble dans le cadre du compte-rendu des
1travaux de l’équipe pluridisciplinaire Morphocity , au sein de laquelle ont mûri
ces idées, le présent essai présente des réfexions plus spécifques sur la notion
de processus.
Il ne s’agit plus, comme c’est bien souvent le cas, de décrire les formes urbaines
selon diverses typologies, ou d’en inventorier les nombreuses fgures, mais de
rechercher les processus selon lesquels ces réalités prennent forme, dans la
perspective d’une possible modélisation.
À vrai dire il ne s’agit pas ici d’étudier la ville dans toute sa complexité, mais
seulement le réseau de ses rues, fgurées par leur tracé schématisé par un simple
trait, sans mention de leur largeur ni de toute autre précision, mais seulement
de leur prolongement ou non au-delà de chaque carrefour. Ces restrictions ont
en efet semblé nécessaires, au moins dans un premier temps, pour tenter de
modéliser la croissance urbaine. Lorsqu’une première modélisation aura pu être
établie sur cette base, pourront être introduits d’autres paramètres dont on
trouvera ci-dessous quelques pistes.
1 ANR MoNuMoVi (Modélisation Numérique de la Morphogenèse Viaire) 2012-2016,
publication prévue sous forme d’une série sous le titre général Morphogenèse Urbaine.La ville comme processus
Dans la mesure où l’on parle ainsi de représentation (qui n’est pas réalité), on
rejoint la question iconoclaste : l’image ne masque-t-elle pas ce qu’elle prétend
représenter ? Il semble également utile d’évoquer la distance entre d’une part la
surface plane de l’image, et d’autre part la surface complexe de la croûte terrestre
sur laquelle se développe la ville. Et puisqu’il s’agit de création humaine, de
replacer celle-ci dans son contexte, avec les diverses caractéristiques de l’espèce,
qui se retrouvent dans la complexité de la ville et déjà dans sa voirie.
8CHAPITRE 1
PRÉLIMINAIRES
SOUS LES PAVÉS, LA DYNAMIQUE
LIRE ENTRE LES LIGNES DU PLAN DE VILLEchapitre 
PRÉLIMINAIRES
sous les pavés, la dynamique
Lois simples et complexité
Comment imaginer que des lois simples puissent se trouver à la source de
la complexité urbaine ?
Observons qu’un certain niveau de complexité peut résulter de l’interaction
de lois simples mais d’applications discordantes. Ainsi le calendrier résulte des
durées respectives d’un même phénomène agissant sur diférents contextes :
rotation de la terre sur son axe, rotation de la lune autour de la terre, et rotation
de la terre autour du soleil ; ces durées étant discordantes, l’établissement d’un
calendrier rendant compte de l’ensemble se montre par sa complexité comme
un déf à travers l’histoire et les civilisations.
Ainsi les sons produits par la vibration d’une corde ou de l’air dans un
instrument à vent répondent-il à la fois à une suite géométrique (les
harmoniques) et arithmétique (la gamme), complexité riche de conséquences
musicales en termes de « tempérament ».
Dans le processus de développement urbain, on verra que coexistent de
même plusieurs logiques, chacune relativement simple mais discordantes entre
elles, agissant simultanément ou successivement, dans un ordre variable, selon
une géométrie triangulée (voies de liaison), orthogonale (utilisation du site) ou
d’enclosure (intérieur-extérieur) ; leur intervention sur des sites variés, selon
diverses organisations et motivations des groupes humains, évolutives au cours
de l’histoire, produit en efet des résultats dont la complexité rend chaque cas
diférent de tous les autres, mais n’interdit pas d’y rechercher l’efet de quelques
lois simples identifables.
La forme comme processus
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Pourquoi le mouvement,
la croissance ? Disons avec les Chinois qu’à l’origine il y a l’énergie ; énergie et
matière, Yin et Yang ; l’énergie qui donne forme à la matière.LA VILLE COMME PROCESSUS
D’où cette possible défnition de la forme : expression transitoire d’un
processus spatial évolutif.
Cette table ? Naguère arbre et minerai ; aujourd’hui meuble sur lequel j’écris ;
et un jour rebut, puis feu, braise, cendres, et métal à recycler.
L’aventure iconoclaste
Les iconoclastes reprochaient aux images de privilégier la représentation, sur
une réalité d’un autre ordre, inaccessible - du moins sous cette forme - et de
susciter une vénération déplacée par rapport à l’essentiel.
Ne sommes-nous pas dans une semblable situation ? Nous raisonnons sur
des images fxes, alors que la ville est en perpétuel mouvement ; les changements
n’apparaissent qu’une fois réalisés, alors que tout un processus les aura précédés,
parfois sur un demi-siècle : le temps qu’un besoin se fasse sentir, que les acteurs
en prennent la mesure, élaborent un projet, s’en donnent les moyens (juridiques,
techniques, fnanciers, fonciers...) en vue d’une transformation physique dont
alors - et alors seulement - la carte donnera témoignage, tandis que se
préparent déjà les transformations à venir. Un tel décalage dans le temps s’avère de
l’ordre d’une génération, chacune transmettant à la suivante le résultat de ses
progrès (a-t-on cru longtemps) ou de ses erreurs (comme on semble le découvrir
aujourd’hui).
lire entre les lignes du plan de ville
Trop simple, ou trop complexe ?
[... ] ces anciennes cités, qui, n’ayant été au
commencement que des bourgades, sont devenues, par
succession de temps, de grandes villes, sont ordinairement
si mal compassées, au prix de ces places régulières
qu’un ingénieur trace à sa fantaisie dans une plaine
[...].
Descartes, Discours de la méthode
Le thème de la structure urbaine évoque des images contrastées, trop simples
ou trop complexes.
Trop simple
Tout d’abord l’idée que la ville serait un quadrillage, composé de rues se
croisant à angle droit, et défnissant ainsi autant de « pâtés de maisons » que
de mailles. C’est par exemple dès l’antiquité la structure de base du premier
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