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La ville étalée en perspectives

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Le sujet de l’ouvrage est celui de l'étalement urbain. L'étalement urbain est une préoccupation que l'ensemble des agglomérations françaises connaît ; les agglomérations européennes n'échappent pas, non plus à ce phénomène dont les causes sont assez connues. L'étalement urbain est l'effet conjugué d'un développement économique et démographique important avec, parallèlement, un déclin du monde rural et de la démographie rurale. Cela provoque, comme une sorte de vase communiquant, une augmentation de la démographie urbaine. C'est aussi l’un des fruits de la montée en puissance des valeurs individualistes au détriment des valeurs familiales et collectives qui voit le jour à travers l'exacerbation de la maison individuelle comme modèle d'habitat. La conséquence négative de ce phénomène est une consommation excessive et trop rapide du territoire naturel. On gaspille l'espace. C'est aussi un déséquilibre croissant entre la localisation de l'emploi et la localisation de l'habitat. C'est aussi une augmentation très forte de l'usage de la voiture individuelle comme mode de déplacement et donc de son corollaire, l'augmentation de la pollution urbaine. Le déclin des transports en commun participe également de ce phénomène et sur le plan de l'urbanisme cela se traduit par une raréfaction du foncier.


Les auteurs (sld) : l’APUMP (Association des Professionnels de l’Urbanisme de Midi-Pyrénées) est une association ayant vocation à promouvoir la qualité urbaine. Ouverte aux professionnels de l’urbanisme au sens large, elle constitue un lieu permanent de débats sur les questions urbaines. Elle poursuit plusieurs objectifs dont la sensibilisation des maîtres d’ouvrage aux enjeux de l’urbanisme, l’organisation de rencontres techniques et les échanges sur les pratiques professionnelles.

- L’IET (Institut d’Études Territoriales, Catalogne) est un consortium crée en 1992, intégrant la Generalitat de Catalunya (représenté par le Departament de Politica Territorial i Obres Publiques) et l’Université Pompeu Fabra de Barcelone. Cet institut est un centre de recherche dédié aux pratiques territoriales et urbaines.


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LAVILLEÉTALÉEENPERSPECTIVES

sous la direction del’APUMP

(Association des Professionnels de l’Urbanisme de Midi-Pyrénées)

et de l’IET

(Institut d’Études Territoriales de Barcelone)

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

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Et de la région Languedoc Roussillon

 

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Table des matières

Conférences et débats en séance plénière

Ouverture

Caractérisation et diversité des formes de l’étalement urbain

Quantification et caractérisation de l’étalement sur les agglomérations

Analyse des diversités de situations à des échelles plus larges

Les formes récentes de la croissance urbaine en France : le cas des aires urbaines de plus de 100 000 habitants

Les formes et le caractère de l’étalement urbain en Roumanie et en Europe de l’est

Évolution de la question de l’étalement urbain en Europe du nord-ouest

Le « new urbanism » et l’étalement urbain ou Quelle est l’expérience de la ville américaine ? Que nous apprend-elle ?

Les questions transversales posées par l’étalement urbain

Ouverture

Les ateliers

cahier des iconographies

Retour sur les stratégies résidentielles des classes moyennes en péri-urbain

La maison individuelle : de la distinction à la banalisation

Comment agir et sur quels territoires

Quelles urbanités dans les espaces publics ?

Les jardins de la Pirotterie – Rézé 44

Débats et synthèse dans l’atelier 1

– Atelier 2 –

L’étalement urbain et la mobilité automobile, deux faces d’un même problème

Formes urbaines et transports en France : quel degré de liberté ?

Le périphérique de Barcelone 92 et ses effets sur l’organisation urbaine

Comment agir et sur quels territoires

Agir sur la desserte et l’urbanisme des centres commerciaux

Strasbourg : mobilités douces, cadres de référence et planification

– ATELIER 3 – Territoires politiques, règles et formes d’étalement

QUELLESSONTLESDYNAMIQUESÀLŒUVREDANSLÉTALEMENTURBAIN

Le traitement de l’étalement urbain dans la législation urbanistique : la loi catalane de l’urbanisme

Évolution de l’étalement péri-urbain : impact des règlements et usages du parcellaire dans l’habitat individuel

Recherche d’outils pour la maîtrise de l’étalemen urbain dans l’agglomération bordelaise

Comment agir et sur quels territoires ?

La mobilisation de l’outil, « schéma de cohésion territoriale », pour la maîtrise de l’environnement

Stratégie de retenue et d’intégration de la ville étalée dans la planification térritoriale de la région métropolitaine de Barcelone

Les formes d’extension : espaces et architectures

Vers un retour au lotissement dense ?

Débats et synthèse dans l’atelier 3

– ATELIER 4 – Systèmes naturels, ruraux et systèmes urbains

Quelles sont les dynamiques à l’œuvre dans l’étalement urbain ?

Les modèles d’occupation du territoire dans la région métropolitaine de Barcelone

Les campagnes urbaines. L’agriculture urbaine, outil d’urbanisme et d’organisation durable des territoires

Le développement résidentiel, périurbain et rural, en France : vers une campagne residentielle généralisée ?

Comment agir et sur quels territoires ?

Les systèmes naturels et agricoles comme cadres et réponses à la conception des espaces urbains et à la maîtrise des étalements

Règles pour la structuration de l’espace ouvert métropolitain de Barcelone

La prise en compte des notions de développement durable dans un projet d’urbanisme à Toulouse

Paysage et maîtrise de l’étalement urbain : l’exemple de l’agglomération Bordelaise et de son SCOT

Débats et synthèse dans l’atelier 4

Table ronde

Conclusion

 

Diffusion Les Belles Lettres

© Éditions Champ social, 2003

Éditions Champ social – 90, rue d’Arcole – 30000 NÎMES

La couverture a été réalisée sur la base d’une création graphique d’Isabelle Crama

Actes du colloque transnational sur l’étalement urbain qui s’est déroulé à Toulouse les 24-25-26 janvier 2002

Nous remercions

l’ensemble des partenaires qui ont permis la réalisation de ce projet

Partenaires principaux :

– APUMP (Association des Professionnels de l’Urbanisme de Midi-Pyrénées)

– IET (Institut d’Estudis Territorials)

– CAUE 31 (Conseil en Architecture, en Urbanisme et en Environnement de la Haute-Garonne)

– Axe TVM (Territoires, Villes, Mobilités) de la MSHT de l’Université de Toulouse-Le Mirail

– AUAT (Agence d’urbanisme de l’Agglomération Toulousaine)

– DDE 31 (Direction départementale de l’Équipement de la Haute-Garonne)

– Direcció General d’Urbanisme, Departament de Política Territorial i Obres Publiques de la Generalitat de Catalunya

Autres partenaires :

– Agrupació d’Arquitectes Urbanistes del Collegi Oficial d’Arquitectes de Catalunya

– Departament d’Infraestructures del Transport i Territori de la Universitat Politècnica de Catalunya

Partenaires institutionnels :

– Commission Européenne

– Initiative INTERREG III B SUDOE

– Generalitat de Catalunya

– IET

– Ministère de la Culture et de la Communication

– Ministère de l’Équipement, des Transports, du Logement, du Tourisme et de la Mer

– Délégation Interministérielle à la Ville

– Conseil Régional Midi-Pyrénées

– Communauté d’Agglomération du Grand Toulouse

–SICOVAL

– Mairie de Toulouse

– Caisse des Dépôts et Consignations

– Gaz de France

Avec le soutien de la DGUHC, de la DRAST et de la DAPA.

Merci également à l’ensemble des personnes et institutions qui, au travers des comités scientifique et technique, ont porté ce colloque.

Le Comité scientifique se compose de Manuel Herce, ingénieur des ponts et chaussées, Universitat Politècnica de Catalunya ; Marie-Christine Jaillet, géographe, directrice du CIEU et responsable de l’Axe TVM à l'Université Toulouse le Mirail ; Joan Llort, architecte, directeur général de l'urbanisme à la Generalitat de Catalunya ; Ariella Masboungi, urbaniste de l'État, chargée de mission au ministère de l'Équipement ; Ricard Pié, architecte, président de la Societat Catalana d'Ordenació del Territori ; Jean Rémy, sociologue, chercheur à l'Université catholique de Louvain (Belgique) ; Albert Serratosa, ingénieur des ponts et chaussées, président de l'Institut d'Estudis Territorials (IET) ; Jacques Sgard, Paysagiste-urbaniste, professeur à l'École nationale supérieure du Paysage à Versailles.

Le comité technique se compose de l'APUMP (Association des Professionnels de l'Urbanisme en Midi-Pyrénées), l'IET (Institut d'Études Territoriales de Barcelone), l’Axe TVM de la MSHT de l’Université de Toulouse-le Mirail, le CAUE 31 (Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement de la Haute-Garonne), la DDE de la Haute-Garonne (Direction Départementale de l'Équipement), l'École d'architecture de Toulouse et l'AUAT (Agence d'Urbanisme de l'Agglomération Toulousaine.

Conférences et débats en séance plénière

Ouverture

Jean-Luc MOUDENC, maire-adjoint à l’urbanisme, ville de Toulouse

Mesdames, messieurs,

Quelques mots d'abord de Bienvenue si vous le permettez au nom de Philippe Douste-Blazy député maire de Toulouse et de l'ensemble de l'équipe municipale. Bienvenue à vous dans ce Centre de congrès, Bienvenue à celles et ceux d'entre-vous en particulier qui viennent de plus loin et qui découvrent ou redécouvrent notre ville de Toulouse à travers une initiative tout à fait sympathique sur deux régions qui ont, je crois, beaucoup de liens ensemble et qui ont aussi des problèmes sur lesquels il est intéressant d'échanger.

Qu'il me soit permis aussi en préambule de saluer le dynamisme de l'APUMP, l'association qui pris l'initiative de ce colloque, qui l'a préparé avec plusieurs étapes depuis plus d'un an et demi maintenant. L'APUMP joue un rôle important et j'en suis sûr apportera au débat que nous aurons, pas seulement aujourd'hui et demain mais également dans les années à venir, une contribution intéressante.

Le sujet qui nous réunit est celui de l'étalement urbain. L'étalement urbain est une préoccupation que l'ensemble des agglomérations françaises connaît ; les agglomérations européennes n'échappent pas, non plus à ce phénomène dont les causes sont assez connues. L'étalement urbain est l'effet conjugué d'un développement économique et démographique important avec, parallèlement, un déclin du monde rural et de la démographie rurale. Cela provoque, comme une sorte de vase communiquant, une augmentation de la démographie urbaine. C'est aussi, et j'en suis profondément convaincu, un des fruits de la montée en puissance des valeurs individualistes au détriment des valeurs familiales et collectives qui voit le jour à travers l'exacerbation de la maison individuelle comme modèle d'habitat.

Les conséquences négatives de ce phénomène, nous les connaissons : c'est une consommation excessive et trop rapide du territoire naturel. On gaspille l'espace. C'est aussi un déséquilibre croissant entre la localisation de l'emploi et la localisation de l'habitat. C'est aussi une augmentation très forte de l'usage de la voiture individuelle comme mode de déplacement et donc de son corollaire, l'augmentation de la pollution urbaine. Le déclin des transports en commun participe également de ce phénomène et sur le plan de l'urbanisme cela se traduit par une raréfaction du foncier. Or la raréfaction du foncier entraîne une augmentation de son coût et donc une accentuation des phénomènes de ségrégation sociale.

La faiblesse ou l'absence d'intercommunalité qui est une caractéristique en France, jusqu'à ces dernières années, a également favorisé ce phénomène puisque la logique simplement communale l'emportait sur une approche commune d'un territoire à maîtriser ensemble quant à son avenir. Ici, dans cette agglomération toulousaine, nous n'avons évidemment pas échappé à ce phénomène, à cette tendance lourde dont je viens de donner quelques aperçus.

Nous y avons répondu – mais là je ne vais pas développer puisque l'agence d'urbanisme de l'agglomération toulousaine qui est un des partenaires importants de ce colloque aura l'occasion de vous en parler – et développé depuis plusieurs années, un certain nombre d'outils importants pour répondre entre autres à ces phénomènes : c'est le schéma directeur de l'agglomération toulousaine, c'est le plan de déplacements urbains, avant de nous attaquer bientôt à l'élaboration du schéma de cohérence territoriale (le SCOT) voulu par les lois nouvelles sur l'intercommunalité et sur la solidarité et le renouvellement urbain. Tout cela constitue des outils tout à fait intéressants qui prolongent les réflexions que nous pouvions avoir depuis plusieurs années et qui nous donnent des moyens supplémentaires d'atteindre les objectifs que nous nous sommes donnés pour juguler cet étalement urbain.

Nous sommes néanmoins conscients, et c'est important de le rappeler, que tous les efforts de planification conjointe que nous pouvons déployer les uns et les autres n'auront pas d'efficacité si nous ne sommes pas capables parallèlement d'emporter l'adhésion de nos concitoyens. C'est un formidable défi qui nous attend, il va falloir faire beaucoup de pédagogie, il va falloir expliquer. Pourquoi ? parce que l'on constate que nos concitoyens sont très facilement contradictoires sur ce type de problèmes : ils disent « oui » au développement économique et en même temps sont capables de dire « non » à de nouveaux logements. Ils sont capables de dire « oui » à l'accueil de nouveaux arrivants et en même temps « non » à de nouveaux programmes immobiliers qui justement permettent d'accueillir ces nouvelles populations. Ils diront « oui » à davantage d'espaces verts et en même temps ils diront « non » à des hauteurs d'immeubles plus conséquentes destinées justement à libérer des espaces plus importants. Ils diront « oui » à des logements mais ailleurs que près de chez soi. Ils diront « oui » à davantage de transports en communs tout en disant « mais, je continuerai quand même à employer ma voiture pour me déplacer ». Et l'on pourrait citer encore de nombreux exemples. On ne va pas effacer facilement et par de simples réflexions ou discours faisant appel à ce que je nommerai « la raison raisonnable » l'attachement de nos concitoyens à la maison individuelle qui est le moteur psychologique important du phénomène dont nous parlons.

Lorsque l'on défend l'idée d'une densité supérieure dans la politique de l'aménagement urbain, on s'adonne à un exercice délicat, ne serait-ce que parce que le mot de densité lui-même est connoté de façon très négative. Nos concitoyens imaginent des tours, des barres et il faut dire que nous payons là le développement d'un urbanisme et d'une architecture trop longtemps à la mode, basés sur des matériaux durs, des couleurs tristes, un style massif, impersonnel et froid.

Autrement dit, si nous voulons, pour répondre au phénomène de l'étalement urbain, défendre l'idée d'une certaine densité nouvelle, d'une densité supérieure, il faudra que cette densité reste de toute façon modérée, que nous soyons capables de promouvoir un urbanisme "à visage humain" et une architecture plus chaleureuse faisant appel à des techniques plus traditionnelles dans lesquelles les gens se reconnaissent davantage.

Promouvoir une densité supérieure n'aura de sens que si, concomitamment, nous sommes capables de développer avec audace les transports en commun et les modes doux de déplacements ; sinon, la densité nouvelle entraînera ou aggravera la congestion actuelle de la circulation urbaine. De manière plus générale on peut dire qu'il s'agit de réhabiliter la ville. La ville est aujourd'hui trop souvent décriée car elle subit de trop nombreux dysfonctionnements – en particulier avec le développement très inquiétant de l'insécurité urbaine. Tout cela renforce les sentiments négatifs de nos concitoyens vis-à-vis des projets de construction qui permettent le développement tout en stoppant les dérives de l'étalement. Le vaste chantier de lutte contre le phénomène de l'étalement urbain ne doit pas simplement mobiliser les spécialistes ou les initiés, pas seulement donc les administrations, les élus, les urbanistes, les architectes et les promoteurs.

Toute la difficulté est là : il faut que l'on arrive à mobiliser et à sensibiliser nos concitoyens pour qu'ils soient véritablement conscients de tous les enjeux de cette question aux aspects très complexes, pour les faire adhérer aux schémas que nous mettrons en œuvre. J'espère que le présent colloque nous permettra de progresser sur ces questions et d'apporter des réponses qui nous seront utiles. Je vous souhaite des travaux très fructueux et des échanges riches d'enseignement, et d'avance je vous en remercie.

***

Louis CANIZARES, Président de l’APUMP

Merci Monsieur le Maire. Vos propos sont tout à fait au cœur de nos préoccupations et nous avons l'ambition d'esquisser, si ce n'est de proposer des réponses. Je souhaiterais, mesdames et messieurs et partenaires de ce colloque, chers collègues et amis, introduire ce colloque avec Rafael Giménez i Capdevila.

C'est avec un immense plaisir qu'au nom de l'Association des Professionnels de l'Urbanisme de Midi-Pyrénées et de l'ensemble des organisateurs et partenaires de cette manifestation nous vous accueillons aujourd'hui dans le Centre de congrès Pierre Baudis pour la tenue de ce colloque.

Je ne vais pas pouvoir en quelques mots en résumer la très longue histoire mais si je devais le faire j'appellerais volontiers son titre à la rescousse : « La ville étalée en perspectives ». En fait ce titre résume à lui tout seul, dans sa formulation, bien des interrogations que nous ne nous serions pas posées si nous n'avions pas fait le choix d'aller voir au-delà de nos cultures locales ce qui se pratique ailleurs, si nous n'avions pas fait le choix d'allers-retours incessants entre la pensée et l'action. Je remercie tout particulièrement notre comité scientifique pour le cadrage qu'il a su nous proposer et la richesse des débats qu'il a ainsi initiés.

Au-delà de la problématique de l'étalement urbain dont nous allons débattre tout au long de ces deux journées, je souhaite vous dire quelques mots de ces deux choix fondamentaux qui ont caractérisé toute l'organisation de ce colloque : sa dimension européenne d'une part et la collaboration étroite entre les chercheurs et les professionnels d'autre part.

Pour ce qui concerne la dimension européenne de ce colloque, je rappelle que nos échanges avec la Catalogne ne datent pas d'hier et que c'est sur la base de la qualité des échanges précédents que s'est esquissée la poursuite de nos réflexions communes. Pour autant tout n'était pas gagné d'avance et à côté de la facilité avec laquelle nous communiquons avec vous, chers amis Catalans, nous nous sommes vite rendus compte que nous avions beaucoup à apprendre les uns des autres. C'est probablement aussi ce qui fait la richesse de notre échange et qui conforte notre point de vue initial, « aller voir comment les choses se passent ailleurs » pour éclairer nos propres démarches et pour nous donner plus de recul sur nos pratiques et nos modes d'action. C'est une façon très efficace de se dire aussi qu'il n'y a pas de fatalité dans la façon dont évoluent nos territoires. Je fais référence, ici, à un certain pessimisme ambiant, au concept de la ville émergente par exemple…

Il n'y a pas de fatalité mais il y a des processus qui conduisent à faire évoluer nos cultures, à produire une demande sociale en conséquence. Alors, même si de notre point de vue la culture de l'espace public, celle de la mixité urbaine chez nos amis catalans nous semblent exemplaires, leur présence ici témoigne de préoccupations proches des nôtres et d'un intérêt de s'enrichir mutuellement. Je tiens une fois de plus à remercier Albert Serratosa, le président de l'Institut d'Études Territoriales présent parmi nous aujourd'hui et Rafael Giménez i Capdevila, le directeur des programmes de l'IET.

De la même manière, c'est convaincus de longue date de l'intérêt d'une collaboration avec les chercheurs que nous avons envisagé la construction de cette action. Nous ne pouvons pas, nous ne pouvons plus faire l'économie d'une telle démarche. Là encore, nous n'en sommes pas à notre première expérience et je profite de l'occasion qui m'est donnée aujourd'hui pour remercier à nouveau le Pôle Ville (devenu l’Axe TVM de l’Université de Toulouse Le Mirail) et tout particulièrement Marie-Christine Jaillet, sa directrice – que je tiens à excuser, de n'être pas parmi nous ce matin : la raison en est que le Pôle Ville déménage, ce matin, suite à la catastrophe d’AZF. Elle nous rejoindra cet après-midi – ainsi que Joëlle Jacquin l'animatrice du Pôle.

Notre apprentissage n'est pas abouti : que de recalages nécessaires entre nos points de vue mais que d'éclairages aussi lorsque l'on se donne la peine de s'écouter mutuellement. Notre comité technique riche de ses composantes, l'APUMP, l'IET, le Pôle Ville de l'Université de Toulouse le Mirail, le CAUE de la Haute-Garonne, la DDE de la Haute-Garonne, l'École d'architecture de Toulouse et l'Agence d'Urbanisme de l’Agglomération Toulousaine, est devenu au fil du temps le laboratoire de cette expérimentation.

Je pense que la France a beaucoup souffert d'un déficit de débat, de croisement entre la recherche et l'action sur lequel nous fondons aujourd'hui l'espoir d'avancer des hypothèses pertinentes pour envisager désormais un développement équilibré de nos territoires, un vrai développement durable.

Je laisse la parole à Rafael Giménez i Capdevila…

***

Rafael GIMÉNEZI CAPDEVILA, géographe, docteur en transports, directeur de programmes à l'Institut d'Estudis Territorials (IET)

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