Le développement économique communautaire aux États-Unis (volume 1)

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Cet ouvrage, en trois volumes, traite de la redynamisation économique des zones urbaines en déclin. Ce sont le plus souvent des organisations privées à but non lucratif qui développent des activités en direction des zones défavorisées, en cherchant à combiner des financements publics et privés.
Ce premier volume est consacré au thème du déclin urbain tel qu'il est abordé dans la littérature américaine. Il contient une synthèse de la littérature nord-américaine sur la ville, le développement urbain et les relations interethniques.
Publié le : mardi 1 novembre 2005
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EAN13 : 9782296420533
Nombre de pages : 200
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Le développement économique communautaire aux États-Unis
La transformation Volume 1 urbaine

Villes et Entreprises Collection dirigée par Alain Bourdin et Jean Rémy
La ville peut être abordée selon des points de vue différents: milieu résidentiel, milieu de travail, milieu de culture. Ceux-ci peuvent être entremêlés ou séparés. Il en va de même des groupes sociaux qui communiquent à travers ces divers types d'enjeux. La dimension économique n'est jamais absente, mais elle entre en tension avec la dimension politique. Ainsi peut-on aborder la conception urbanistique ou architecturale, l'évaluation des politiques sociales ou socioéconomiques et les formes d'appropriation par divers acteurs. Pour répondre à ces interrogations, la collection rassemble deux types de textes. Les premiers s'appuient sur des recherches de terrain pour dégager une problématique d'analyse et d'interprétation. Les seconds, plus théoriques, partent de ces problématiques; ce qui permet de créer un espace de comparaison entre des situations et des contextes différents. La collection souhaite promouvoir des comparaisons entre des aires culturelles et économiques différentes. Déjà parus
Marta Pedro V ARANDA, La réorganisation du commerce d'un centre- ville, 2005. Anne CHATÉ, « Villa mon rêve» « Ker Lulu »..., 2005. Claude de MJRAS, Julien Le TELLIER, Gouvernance urbaine et accès à l'eau potable au Maroc, 2005. Michel W ATIN, Les espaces urbains et communicationnels à La Réunion. Réseaux et lieux publics, 2005. Monique RICHTER, Quel habitat pour Mayotte?, 2005. Alain A VIT AB~E, La mise en scène du projet urbain. Pour une structuration des démarches, 2005. Eric CHARMES, La vie périurbaine face à la menace de gated communities,2005. Rabia BEKKAR, Ethnicité et lien social, 2005.

Laurent DEVISME, La ville décentrée. Figures centrales à
l'épreuve des dynamiques urbaines, 2005. O. CHADOIN, La ville des individus, 2004. J-L. ROQUES, La petite ville et ses jeunes, 2004. C. BERNIE-BOISSARD, Regards d'urbanité, 2004.

L. DESPIN, La refondation territoriale: entre le monde et le lieu, 2003.

Pella HUESA

Le développement économique , communautaire aux Etats-Unis
La transformation urbaine
Volume 1

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; FRANCE L'Hannattan Hongrie Konyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest Espace L'Harmattan Kinshasa Fac. .des Sc. Sociales, Pol. et Adm. ; BP243, KIN XI
Université de Kinshasa - ROC

75005 Paris Italia L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements villa 96 12B2260
Ouagadougou 12

L'Harmattan

Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALlE

www.Iibrairieharmattan.com harmattan 1@wanadoo.fr diffusi on.harmattan@wanadoo.fr cg L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-9592-7 EAN : 9782747595926

Remerciements

Cet ouvrage est issue d'une thèse d'urbanisme et aménagement soutenue en 2000 à l'Institut d'Urbanisme de Grenoble (Université Pierre Mendes France, UPMF). Je remercie Gilles Novarina, professeur à l'UPMF, qui en a assuré la direction, et Nadir Boumaza, professeur à l'UPMF, qui en a proposé la publication. Je remercie aussi les collègues, amis et proches qui m'ont soutenu au cours de ce travail.

INTRODUCTION

L'observateur européen de la revitalisation des quartiers aux États-Unis peut facilement être surpris par l'ampleur du système indépendant d'initiative privée, à but non lucratif, de développement économique communautaire. Contrairement aux idées reçues sur l'abandon proverbial des quartiers et des populations pauvres par le secteur privé et public américains, il n'est que surprenant de voir l'envergure, le professionnalisme, la complexité, la production et la capacité d'adaptation au changement que montre le secteur indépendant de développement (voir cadre schématique plus loin). Les capacités remarquables de ce système indépendant, à but non lucratif dans la plupart des cas, ne doivent cependant pas masquer l'évidence, c'est-à-dire l'insuffisance de cette réponse devant l'ampleur des problèmes et le degré de détérioration des communautés qu'il est censé aider. Les courants généraux de restructuration et globalisation économique et urbaine, ainsi que le pessimisme et conservatisme ambiant dans l'opinion publique à propos de toute politique à visée sociale, sont des forces tellement puissantes de désinvestissement et d'abandon des quartiers pauvres que le système indépendant ne peut pas aspirer à les contrer sans une croissance exponentielle des ressources à sa disposition 1. En effet, les chiffres des CDC2 en production de logements dans toute leur histoire ne semblent pas un grand exploit à côté, par exemple, de l'envergure du programme français de développement social de quartiers de 1989 à 1993. Ce

1 Pour une analyse bien documentée des effets de la restructuration et de la globalisation de l'économie sur les villes américaines, voir Goldsmith, William W. et Blakely, Edward 1.: Separate societies. Poverty and Inequality in V.s. Cities, Philadelphia, Temple University Press, 1992, 247 p. 2 Les Community Development Corporations, CDC, littéralement des Sociétés de Développement Communautaire, sont la forme la plus répandue d'agences privées, à but non lucratif et à l'assise locale qui, dans les États-Unis, se consacrent au redéveloppement ou à l'amélioration des conditions de vie des quartiers ou des communautés défavorisées. Elles travaillent notamment dans le logement mais aussi dans les champs divers du développement économique et dans toutes sortes d'activités complémentaires (organisation communautaire, services sociaux...). À partir des années 1980, les CDC sont devenues pratiquement les seuls producteurs de logements aidés dans les centres-villes. Les CDC ont tendance à suivre une approche globale, ciblée et partenariale du développement. 9

programme-là, qui donnait suite à plus grande échelle à des initiatives antérieures, a touché 1 million de logements et il a depuis été poursuivi. Les CDC et assimilées, tout genre de travaux confondus, auraient produit près de 750.000 logements au long de leur existence, ce qui représenterait 14 % du parc de logements à subvention publique, sans compter les logements sociaux publicsl. Si l'on ne prend en compte que la construction neuve et les réhabilitations d'un coût supérieur à 10.000 dollars par appartement, la production totale des CDC se limite à 400.000 logements: la moitié a été construite depuis 1988 et 30 % entre 1991 et 1993. En 1994 les CDC ont construit entre 30.000 et 40.000 logements sociaux. En France, même si la tendance était nettement à la baisse, la production de logements aidés tournait autour de 150.000 logements par an en moyenne dans les années 19802. La pertinence des CDC aux États-Unis dérive, semble-t-il, de leur ciblage, de leur mission sociale et de leur efficacité dans la fourniture du logement et d'autres services, le secteur public comme le secteur privé n'ayant pas été capables d'assurer de façon satisfaisante ces services. Les CDC ont démontré de l'habileté pour la création et la conservation d'emplois de qualité dans les zones cibles: 90.000 emplois entre 1986 et 1990. Enfin, les CDC et d'autres organisations sont aussi sources de crédit et d'investissement dans le développement des zones sinistrées.

1 Il est convenable de noter que plus de la moitié des foyers recevant des aides pour le logement sont couverts par les aides à la personne et par le parc privé aux ÉtatsUnis. Le parc social public est d'environ 1,4 millions de logements (1,4 % du parc total) et il est très dévalorisé, avec une partie significative qui est dégradée (6 % du parc social public, environ 90.000 logements). Le parc privé aidé se caractérise par une haute instabilité, perdant beaucoup d'unités par l'abandon à cause de la mauvaise gestion ou par l'opportunité de maximiser les bénéfices dans le marché. Dreier, Peter et Hulchanski, 1. David: "The Role of Nonprofit Housing in Canada and the United States: Some Comparisons", Housing Policy Debate, 4, 1, 1993, p. 43-80; Dreier, Peter: "The New Politics of Housing". Journal of the American Planning Association, 63, 1, 1997, p. 5-27. 2 Ghekière, Laurent: Marchés et politiques du logement dans la CEE, Paris, La Documentation Française, 1991, p. 129-148. Sophie Body-Gendrot signale que les logements publics constituent environ 18 % du parc immobilier construit en France dans les années 1980, tandis qu'aux États-Unis ils ne représentent que 1,5 % du parc. Body-Gendrot, S.: Ville et violence. L'irruption de nouveaux acteurs, Paris, P.U.F., 1993, 252 p.; p. 181. Ces statistiques proviennent de sources différentes, c'est pourquoi il faut être prudent dans les comparaisons.

10

Le déclin urbain aux États-Unis est, pourtant, un phénomène de vastes proportions qui dépasse largement les capacités actuelles des CDC: plus de 140 villes-centres regroupant au-delà de 30 millions d'habitants pouvaient être considérées comme des villes en crise dans les années 19801. Certaines études ont chiffré à 800 environ les zones "sensibles" dans les États-Unis2. Des statistiques récentes3 à partir des données du recensement de 1990 offrent plus de précision: plus de 3.400 sur un total de 60.000 îlots du recensement avaient des taux de pauvreté4 égaux ou supérieurs à 40 % de la population. Environ 8,5 millions de personnes, soit 3 % de la population du pays, résident dans ces quartiers "à très haute pauvreté", dont la plupart (84 %) sont situés dans les aires métropolitaines. Les ghettos noirs sont la forme la plus fréquente: ils constituent la moitié environ de l'ensemble des quartiers "à très haute pauvreté", et accueillent 42 % de leurs résidents. Parmi les aires métropolitaines, c'est New York qui connaît la concentration la plus élevée de cette population, avec 279 îlots et près d'un million de résidents "à très haute pauvreté". Loin derrière New York, la liste des 10 aires métropolitaines à la plus haute concentration de ce genre de quartiers se complète avec Detroit (149 îlots; 420.000 résidents), Chicago (184; 400.000), Los Angeles (56; 270.000), Philadelphie (70; 240.000), McAllen, TX (37; 230.000), la Nouvelle Orléans, (67; 165.000), Houston (51; 160.000), San Antonio (31; 150.000) et Miami (33; 150.000)5. Mis à part un cas exceptionnel, les résidents des quartiers à très haute pauvreté oscillent entre 3 % et 13 % de la population totale de ces aires métropolitaines. Le développement d'un tel système privé de traitement de l'exclusion est généralement lié à la convergence, dans les années 1960, de plusieurs facteurs de changement dans la société américaine: le radicalisme communautaire, le mouvement pour les droits civiques et le leadership exceptionnel de l'État fédéral dans la construction, jamais achevée, d'un puissant État Providence. Nous analyserons l'influence

C.: Les quartiers américains, rêve et cauchemar, Paris, L'Harmattan, 1992, 190 p.; p. 40. 2 Voir Body-Gendrot, S.: Ville et violence..., op. cil., p. 122. 3 Jargowsky, Paul A.: Poverty and place: ghettos, barrios, and the American city, New York, Russell Sage Foundation, 1997,288 p. 4 En 1990, le seuil fédéral de pauvreté était de 10.419 dollars pour une famille de trois personnes. 5 Nous avons arrondi les chiffres de population pour simplifier la lecture.

1 Jacquier,

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de ces facteurs sur l'émergence du mouvement des Community Development Corporations (CDC), qui constituent un outil fondamental de ce système privé de lutte contre l'exclusion.

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Pourtant, ce système a des racines anciennes et semble tout en cohérence avec l'approche minimaliste du social1 qui a caractérisé l'État américain au cours du XXe siècle. À ce propos, le système indépendant de développement communautaire ne serait que la culmination de plus d'un siècle d'efforts d'organisation du secteur privé pour répondre à la problématique sociale dérivée de l'industrialisation, l'urbanisation, l'immigration et la ségrégation raciale. La philanthropie a accompagné historiquement, aux États-Unis, le développement de réponses privées aux problèmes et besoins sociaux de toutes sortes. L'importance du secteur philanthropique américain, largement supérieure à celle de ses homologues des pays occidentaux la fiscalité différente y est, sûrement, pour quelque chose -, est sans doute un facteur de l'implication considérable des philanthropies dans un large éventail d'activités d'intérêt social. Le penchant traditionnel des américains à servir la communauté, individuellement ou en s'associant est, néanmoins, bien connu. Dans la première moitié du XIXe siècle Tocqueville remarquait avec adlniration l'esprit civique des citoyens américains, y compris des riches: «On dirait qu'aux ÉtatsUnis il n'y a pas d'imagination qui ne s'épuise à inventer des moyens d'accroître la richesse et de satisfaire les besoins du public. Les habitants les plus éclairés de chaque canton se servent sans cesse de leurs lumières pour découvrir des secrets nouveaux propres à accroître la prospérité commune; et, lorsqu'ils en ont trouvé quelques-uns, ils se hâtent de les livrer à la foule» (...) «Les institutions libres que possèdent les habitants des États-Unis, et les droits politiques dont ils

1 Voir, entre autres, Goldsmith, William W. et Blakely, Edward 1.: Separate societies, op. cit., notamment chap. 5; Squires, Gregory D.: "Community Reinvesttnent: An Emerging Social Movement", in Squires, G.D. (Éd.): From redlining to reinvestment: community responses to urban disinvestment, Philadelphia, Temple University Press, 1992, 288 p., p. 1-37; Squires, Gregory D.: Capital and Communities in Black and White: The Intersections of Race, Class, and Uneven Development, Albany, State University of New York Press, 1994, 185 p.; Wacquant, Loïc 1. D. et Wilson, William Julius: "The Costs of Racial and Class Exclusion in the Inner City". Annals of the American Academy of Political and Social Science, 501, janvier 1989, p. 8-25; Glazer, Nathan: The Limits of Social Policy, Cambridge, Massachusetts, Harvard University Press, 1988, 215 p.; Castel, Robert: «La "guerre à la pauvreté" aux États Unis: le statut de la misère dans une société d'abondance», Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 19, janvier 1978, p. 47-60 et, plus journalistique, Burgess, Françoise (dir.): America, le rêve blessé, Paris, Éditions Autrement, Série Monde, H.S. N° 58-59, février 1992,411 p., notamment p. 118-125.

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font tant d'usage, rappellent sans cesse, et de mille manières, à chaque citoyen, qu'il vit en société. Elles ramènent à tout moment son esprit vers cette idée, que le devoir aussi bien que l'intérêt des hommes est de se rendre utiles à leurs semblables; et, comme il ne voit aucun sujet particulier de les haïr, puisqu'il n'est jamais ni leur esclave ni leur maître, son cœur penche aisément du côté de la bienveillance. On s'occupe d'abord de l'intérêt général par nécessité, et puis par choix; ce qui était calcul devient instinct; et, à force de travailler au bien de ses concitoyens, on prend enfin l'habitude et le goût de les servir» 1. Dans un paragraphe régulièrement cité, Tocqueville notait la pratique associative enracinée parmi les américains, habitués à rassembler leur détermination, leurs capacités et leurs ressources dans la poursuite des biens communs les plus divers: «Les américains de tous les âges, de toutes les conditions, de tous les esprits, s'unissent sans cesse. Non seulement ils ont des associations commerciales et industrielles auxquelles tous prennent part, mais ils en ont encore mille autres espèces: de religieuses, de morales, de graves, de futiles, de fort générales et de très particulières, d'immenses et de fort petites; les Américains s'associent pour donner des fêtes, fonder des séminaires, bâtir des auberges, élever des églises, répandre des livres, envoyer des missionnaires aux antipodes; ils créent de cette manière des hôpitaux, des prisons, des écoles. S'agit-il enfin de mettre en lumière une vérité ou de développer un sentiment par l'appui d'un grand exemple, ils s'associent. Partout où, à la tête d'une entreprise nouvelle, vous voyez en France le gouvernement et en Angleterre un grand seigneur, comptez que vous apercevrez aux États-Unis une association»2. Sans doute, les observations de Tocqueville décrivent le précédent historique de ce qui est devenu, politiques publiques aidant, un grand secteur d'organisations à but non lucratif délivrant tout genre de serVIces. Le recours des américains à la bienfaisance individuelle associations bénévoles pour prêter secours aux populations besoin ne date pas, sûrement, des temps de Tocqueville. auteurs ont ramené l'usage de ces institutions au XVIIIe siècle et aux dans le Certains et avant

Alexis de: De la Démocratie 1981,2 vol., 983 p.; Vol. II, p. 134-135. 2 Tocqueville, Alexis de: De la Démocratie

1 Tocqueville,

en Amérique, en Amérique,

Paris, Garnier-Flan1marion, op. cil., Vol II, p. 137.

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la révolution américaine (1775-1783)1, associant le développement d'un tel système parallèle de secours aux croyances religieuses et notamment au puritanisme2, de même que Tocqueville avait fait du puritanisme le point de départ de son étude de la démocratie américaine: «Le puritanisme n'était pas seulement une doctrine religieuse; il se confondait encore en plusieurs points avec les théories démocratiques et républicaines les plus absolues»3. Spécialement l'accent puritain sur l'appartenance à une même communauté d'égaux, la célébration de l'enrichissement individuel allié au service à la communauté, et l'approche de la philanthropie comme création d'institutions plutôt que comme simple charité4 sont des éléments qui appuient la thèse de l'influence puritaine fondamentale sur la formation du puissant secteur non lucratif américain. Que ce soit à la recherche de la meilleure efficacité des ressources croissantes investies parallèlement à l'essor des organisations de charité, ou bien en poursuivant des objectifs plus progressistes comme la participation et la démocratie, plusieurs innovations se sont produites parmi les organisations communautaires depuis le dernier quart du 1ge siècle: d'une part, la coordination et la professionnalisation des organisations de charité à l'aide des Charity Organization Societies. D'autre part, l'accent des Social Settlements, espèces de centres sociaux, sur les actions faisables et efficaces pour l'amélioration des conditions de vie des quartiers pauvres, ainsi que sur la démocratie et la participation pour développer les potentiels de chacun. Au début du 20e siècle, plusieurs types d'organisations apparaissent dans le but de rationaliser, coordonner et professionnaliser le secteur de l'aide sociale, sous l'impulsion surtout des grands

1 Pour une brève histoire des actions philanthropiques contre la pauvreté aux ÉtatsUnis voir: Nagai A. K., Lerner R. et Rothman S.: Giving for social change: foundations, public policy, and the American political agenda, Westport, CT, Praeger Publishers, 1994, 218 p.; Salamon, Lester M.: Partners in Public Service: GovernmentNonprofit Relations in the Modern Welfare State, Baltimore, London, The Johns Hopkins University Press, 1995, 310 p., spéc. Chap. 7, p. 83-99. Plus centré sur les questions de logement social: Dreier, Peter: "Philanthropy and the Housing Crisis: The Dilemmas of Private Charity and Public Policy", Housing Policy Debate, 8, 1, 1993, p. 235-293, spécialement pages 238-267. 2 Nagai A. K., Lerner R. et Rothman S.: Givingfor social change, op. cit. 3 Tocqueville, Alexis de: De la Démocratie en Amérique, op. cil., Vol I, p. 91. 4 Nagai A. K., Lerner R. et Rothman S.: Givingfor social change, op. cil.

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