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Les femmes d'Europe dans le marché du travai

De
296 pages
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Ajouté le : 01 janvier 1994
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EAN13 : 9782296293823
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LES FEMMES D'EUROPE SUR LE MARCHÉ DU TRA VAIL

Collection "Logiques Sociales"
Dirigée par Dominique Desjeux et Bruno Pequignot

Dernières parutions: Robert Ph., Van Outrive L., Crime et justice en Europe, 1993. Ruby Ch., L'esprit de la loi, 1993. Pequignot B., Pour une sociologie esthétique, 1993. Pharo P., Le sens de l'action et la compréhension d'autrui, 1993. Marchand A. (ed.), Le travail social à l'épreuve de l'Europe, 1993. Ruby C., L'esprit de la loi, 1993. Bagla-Gokalp L., Entre terre et machine, 1993. Sironneau J.-P., Figures de l'imaginaire religieux et dérive idéologique, 1994. Albouy S., Marketing et communication politique, 1994. Collectif, Jeunes en révolte et changement social, 1994. Salvaggio S.A., Les chantiers du sujet, 1994. Hirschhorn M., Coenen-Huther J., Durkheim-Weber, Vers la fin des malentendus, 1994. Pilloy A., Les compagnes des héros de B.D., 1994. Macquet C., Toxicomanies. Aliénation ou styles de vie, 1994. Reumaux F., Toute la ville en parle. Esquisse d'une théorie des rumeurs, 1994. Gosselin G., Ossebi H., Les sociétés pluriculturelles, 1994. Duyvendak J. W., Le poids du politique. Nouveaux mouvements sociaux en France, 1994. Blanc M. (ed.), Vie quotidienne et démocratie. Pour une sociologie de la transaction sociale (suite), 1994. Giraud C., Concepts d'une sociologie de l'action. Introduction raisonnée, 1994. Christen-Gueissaz E., Miroir social, estime de soi au temps de la retraite, 1994. Esquenazi J.-P., Film, perception et mémoire, 1994. Gagnon C., Lq. recomposition des territoires. Développement local viable, 1994. Desjeux D. (avec la participation de Taponier S.), Le sens de l'autre, 1994. Mayoukou C., Le système des tontines au Togo, 1994. Roux M.-A., Un micro-ordinateur à la maison, 1994. Erbes-Seguin S., L'emploi: dissonances et défis. Sociologues et économistes en débat, 1994. Costes L., L'étranger sous terre, 1994.

Robert

PLASMAN

(ed.)

LES FEMMES D'EUROPE SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

@

L'HARMATTAN,

1994

ISBN: 2-7384-2763-4

Avant-propos
Depuis le premier programme d'action pour l'égalité des chances, les services de la Commission ont mis en place un réseau d'experts ayant pour objectifs d'observer et d'analyser révolution de l'emploi féminin. Ce réseau est constitué de douze experts issus des milieux académiques, et leurs travaux sont coordonnés par l'un d'entre eux. Ils ont pour tâche principale d'examiner annuellement un thème. Depuis sa création, ce ré~ seau a produit ainsi des études qui concernent les sujets suivants: les changements dans l'activité et dans l'emploi des femmes dans la CEE (1986) : ce travail fut réalisé au cours du premier programme d'action pour l'égalité des chances; les indicateurs statistiques sur l'évolution de l'emploi féminin; les femmes migrantes dans la Communauté; le travail atypique des femmes; l'emploi féminin dans les secteurs textile et bancaire dans le contexte du marché intérieur; l'évolution de la position des femmes sur le marché du travail dans la Communauté Européenne entre 1983 et 1991; la ségrégation professionelle (1992); la détermination des rémunérations et discriminations fondées sur le sexe en matière d'emploi (1993). Ce livre est constitué de douze articles issus des recherches nationales qui ont été effectuées dans le cadre de l'étude sur l'évolution de la position des femmes sur le marché du travail en Europe après 1983.

Avant-propos

5

Les auteurs
Maria Pilar Alcobendas Tirado, sociologue, chercheur au Centro de Investigaciones Sociologicas à Madrid. Ses activités de recherche sont l'emploi féminin, les bases de données sociologiques, et les techniques d'investigation sociale. Ursula Barry, chargée de cours en économie et sociologie au Dublin Institute of Technology. Elle est spécialisée dans les domaines du marché du travail féminin. Francesca Bettio, économiste, professeur associé à l'Universita di Siena. Outre le marché du travail féminin, ses domaines de recherche sont les marchés du travail saisonnier et atypique et l'étude des taux d'activité, de la fertilité et du chômage dans les pays méditérannéens Makis Cavouriaris, économiste, enseignant à l'Université de Paris VIII. Auteur du rapport sur la Pauvreté en Grèce et membre du "European Antipoverty Clearing House dans Ie cadre du deuxième programme communautaire de lutte contre la pauvreté. Margarida Chagas Lopes, économiste, est professeur à l' Instituto Superior de Economia e Gestao de l'Universidade Técnica de Lisboa; elle coordonne le réseau portugais sur "Les femmes sur le marché du travail". Candida Ferreira, économiste, est assistante à l'Instituto Superior de Economia e Gestao de l'Universidade Técnica de Lisboa; elle était auparavant chercheur pour le réseau portugais "Les femmes sur le marché du travail". Karin Figge, politologue, est chercheur indépendant et journaliste; ses domaines de recherche sont: la politique du marché du travail, femmes et travail, la politique internationale. Annie Gauvin, économiste, est Maître de Conférences à l'Université de Paris I, SET-METIS Paris I et actuellement chargée de mission au Commissariat Général du Plan. Jane Humphries, Lecturer à la faculté d'économie de l'University of Cambridge et Fellow au Newhham College. Sigrid Quack, sociologue, est chercheur à l'Institut für Soziologie, Freie Universitat Berlin; ses domaines de recherche sont le marché du travail, dont l'emploi féminin, les emplois atypiques et l'internationalisation des marchés du travail dans le secteur bancaire. 6

Rita Knudsen, économiste et statisticienne, a effectué des recherches sur les femmes dans la population active, sur les politiques familiales et la protection sociale dans les pays nordiques et la CEE. Danièle Meulders, économiste, est professeur ordinaire à l'Université Libre de Bruxelles, effectue des recherches dans les domaines des finances publiques et de l'économie du travail. Heloisa Perista, sociologue, chercheur au CESIS, Centre de recherche sur l'intervention sociale. Elle est membre du réseau portugais "Les femmes sur le marché du travail". Janneke Plantenga est assistant-professeur à l'Institut d'Economie I CIAV de l'Université de Utrecht. En 1993 elle a publié sa thèse sur l'histoire de l'emploi féminin aux Pays-Bas et en Allemagne. Elle est éditrice du Deutsh Journal on Women Studies. Olivier Plasman, sociologue, chercheur au DULBEA, Université Libre de Bruxelles. Ses recherches sont consacrées aux politiques d'emploi, le marché du travail atypique, les questions d'immigration. Robert Plasman, économiste, chercheur au DULBEA, Département d'Economie Appliquée de l'Université Libre de Bruxelles. Ses domaines de recherche sont l'économie du travail, notamment l'économétrie des données individuelles. Jill Rubery, économiste, Senior Lecturer à la Manchester School of Management de l'UMIST. Elle est spécialisée dans les questions de marché du travail Katrin Schiifgen, sociologue, assistante à l'Humboldt Universitiit Berlin; ses domaines de recherche sont: les femmes des "cinq nouveaux Liinder", les relations internationales. Rachel Silvera, économiste, est Maître de Conférences à l'Université de Paris X, SET-METIS Paris I. Outre l'emploi féminin, elle étudie notamment les politiques du marché du travail. Valérie Vander Stricht, économiste, chercheur au DULBEA, Université Libre de Bruxelles et au Services Etudes et Statistiques de la Région Wallonne. Elle est spécialisée en économie du travail. Paola Villa, économiste, professeur associé d'économie industrielle à la Faculté d'Economie de l'Universita di Trehta. Ses recherches portent sur la segmentation du marché du travail, le cadre institutionnel du marché du travail, les petites entreprises et les districts industriels, la position des femmes sur le marché du travail.
Avant-propos

7

Remerciements

Nos remerciements à Luis Fina de la Direction générale "Emploi, relations industrielles et affaires sociales" de la Commission des Communautés Européennes, à Agnès Hubert, Maria Stradigaki etEls Van Winckel de l'Unité Egalité des Chances qui ont permis la réalisation de ce livre. La dactylographie et la mise en page ont été assurées au Département d'Economie Appliquée de L'Université Libre de Bruxelles par Thérèse Mallé.

8

Introduction
La position des femmes sur le marché du travail au début du Troisième Programme d'Action Communautaire pour l'Egalité des Chances entre hommes et femmes est la résultante de l'évolution de trois groupes de facteurs. Le premier, de nature sociologique, concerne la capacité et la volonté des femmes à participer à l'activité économique. Il se mesure par les niveaux et structure de formation de l'offre de travail. Le second, de nature économique, est relatif à l'évolution tant quantitative que qualitative de la demande sur les marchés du travail, qui dépend des fluctuations conjoncturelles et structurelles de l'activité économique et du coût du travail dans la perspective d'une concurrence et d'une recherche de compétitivité accrue par l'achèvement du marché intérieur. Le troisième, de nature politique, regroupe les politiques d'emploi au sens large, menées par les différents niveaux de gouvernement et d'institutions communautaires, en matière de durée du travail, de protection sociale, de formation.... Le réseau d'experts '''Femmes dans l'Emploi" de l'Unité Egalité des Chances de la DGV de la Commission des Communautés Européennes a dressé un tableau complet de l'évolution de la position des femmes sur le marché du travail entre 1983 et 1990, en dégageant les convergences, comme l'accroissement continu des taux d'activité, l'imponance du travail à temps paniel pour l'activité féminine, les différences persistantes de rémunération, ou encore le poids considérable des femmes dans le chômage, mais aussi les spécificités nationales auxquelles ce livre est consacré. Il rassemble douze contributions réalisées par chacun des experts du réseau et dans lesquelles chaque auteur a choisi de développer les aspects qui lui semblaient les plus significatifs pour son pays.

.

Danièle Meulders et Valérie Vander Stricht mettent en évidence le rôle que les pouvoirs publics ont joué dans le développement du travail à temps partiel en Belgique. Le paiement d'allocations complémentaires de chômage aux chômeurs acceptant de travailler à temps partiel a directement contribué à la création de deux cents mille emplois à temps partiel, à 90 % féminins, soit environ 5 % de la populations active. Ce système comporte en outre le danger d'un enfermement dans le temps partiel. L'évolution de l'emploi féminin au cours des années 80 est considérée comme qualitativement négative. L'activité des femmes danoises atteint un niveau que n'égale aucun pays communautaire. Cette participation économique s'accompagne d'une meilleure représentation féminine au sein des organes politiques, juridiques ou sociaux. Rita Knudsen souligne l'importance du système danois de protection sociale pour l'égalité entre hommes et femmes mais montre cependant que beaucoup reste à faire afin que cette égalité soit attente. Les conséquences de l'unification allemande sont au centre des préoccupations de Karin Figge, Sigrid Quack et Katrin Schafgen. La disparition d'entreprises anciennes, la compression des coûts dans d'autres ont entraîné la disparition, ou en tout cas la diminution du réseau de garde d'enfant qui existait dans l'ex-RDA, et qui avait contribué aux forts taux d'activité féminine. Les auteurs montrent également que dans des secteurs traditionnellement féminisés dans les cinq Uinder comme les services financiers, la proportion de femmes qui y était de 9 à 1 tend actuellement à s'inverser du fait de l'afflux des hommes dans ces secteurs considérés auparavant comme improductifs et donc peu valorisants. Ces éléments, couplés à d'autres tout aussi négatifs, attestent de la vulnérabilité des femmes est-allemandes dans le processus de réunification. Selon Makis Cavouriaris, qui développe la dimension régionale de l'emploi féminin en Grèce, les inégalités, les déséquilibres et les disparités régionales relatives à l'emploi, à l'activité et au chômage féminins ne peuvent trouver une solution que dans le cadre d'une politique de promotion de l'emploi féminin, essentiellement au niveau régional. Il indique que la relative harmonisation des disparités régionales en terme d'activité féminine résulte plus d'un recul des régions auparavant plus développées que d'un progrès des régions en retard. Maria Pilar Alcobendas Tirado étudie dans sa contribution l'impact 10

sur le développement de l'activité féminine en Espagne des mesures de promotion de l'emploi adoptées en 1984. Si celles-ci ont favorisé l'entrée de la femme sur le marché de l'emploi et ont étendu le système de protection sociale, elles n'ont pas suffi à réduire le taux de chômage féminin très élevé et ont en outre favorisé l'instabilité de l'emploi féminin, au prix d'un coût social élevé. Annie Gauvin et Rachel Silvera soulignent l'accroissement considérable de l'activité des femmes françaises puisque plus de 7 femmes sur 10 entre 25 et 44 ans exercent ou cherchent un emploi. Si la contrainte familiale pèse encore sur les décisions d'activité ou de retrait d'activité, c'est l'arrivée du troisième enfant qui semble actuellement être le seuil, alors qu'auparavant, c'était plutôt l'apparition du premier ou deuxième enfant qui conditionnait le retrait du marché du travail. Les effets de découragement lié à une situation économique défavorable ou l'idée d'un effet additionnel lié aux situations de chômage dans les ménages ne sont pas mis en évidence par l'analyse chiffrée qui appuie au contraire l'idée de l'irréversibilité de la croissance de la participation féminine à l'activité économique. La femme irlandaise est restée longtemps confinée dans l'économie domestique, ce qu'atteste son faible taux d'activité. Cependant, comme le montre Ursula Barry, les besoins et les demandes des femmes irlandaises ont considérablement changé au cours des dernières années et cela malgré des conditions économiques peu favorables. La diminution du nombre d'enfant, facilitant la continuité de l'activité professionnelle, et le retour de plus en plus important des femmes sur le marché du travail après une interruption sont deux traits caractéristiques de cette évolution. Cependant, les possibilités d'emploi se sont fortement dégradées pour les jeunes femmes sortant de l'école, les poussant plus nombreuses à l'immigration, à l'inverse de ce qui a pu être constaté pour leur collègues masculins. Francesca Bettio et Paola Villa suggèrent que l'Italie suit une trajectoire d'intégration des femmes au marché du travail qui serait particulière aux pays du Sud de l'Europe, dans lesquels l'intégration des femmes s'est faite plus lentement et avec un certain retard. L'émancipation féminine s'y réaliserait essentiellement à l'intérieur, et souvent avec l'aide, de la famille. La tertiairisation encore relativement faible de l'économie italienne et sans doute des autres économies
Introduction

Il

méditerranéennes constitue un frein au développement plus rapide de l'activité féminine. Le Luxembourg, dont traitent Olivier et Robert Plasman, occupe sans aucun doute une place particulière au sein des pays de la CEE, et pas uniquement par sa taille. Le taux d'activité féminine y reste particulièrement bas, surtout si on le compare à celui des pays du Nord, et cela malgré un taux de chômage très faible et une croissance de l'emploi continue et importante. Ce sont essentiellement des travailleuses frontalières et étrangères qui contribuent à la croissance de l'emploi féminin au Luxembourg. Le niveau élevé de revenu par habitant est peut être un des éléments expliquant les difficultés de mobilisation de la population féminine sur le marché du travail. Janneke Plantenga aborde différemment le problème du travail à temps partiel aux Pays-Bas, qui peut être interprété comme un élément positif dans la mesure où il permet un maintien dans la force de travail là également les caractéristiques qualitatives qui différencient le temps partiel court du temps partiel long et considère que l'accroissement du nombre d'hommes travaillant à temps partiel pourrait être le signe d'un changement d'attitude général par rapport au travail et aux tâches domestiques. Les différences de rémunération au Portugal sont étudiées par Margarida Chagas Lopes, Candida Ferreira et Heloisa Perista. Elles montrent notamment qu'à égalité de formation et d'aptitude, la femme a en général une probabilité plus faible de progression dans la carrière et se voit attribuer des niveaux de classification presque systématiquement inférieurs. Le rôle des mécanismes économiques et institutionnels est particulièrement souligné. Jane Humphries et Jill Rubery indiquent que si les femmes britanniques ont participé au marché du travail de manière plus continue et plus permanente, les emplois auxquels elles ont eu accès se retrouvent dans les segments les plus flexibles du marché du travail. Les divergences en matière de qualité d'emploi féminin ont augmenté de telle sorte que dans les années 90 il sera essentiel d'examiner attentivement les différentes catégories de main-d'oeuvre féminine et de ne pas se contenter d'analyses globales.

12

Belgique: Hausse des taux d'activité et croissance de l'emploi atypique
Danièle Meulders et Valérie Vander Stricht

Introduction
La dynamique de l'évolution du marché du travail féminin en Belgique dans les années 80 est caractérisée par deux facteurs: la croissance soutenue des taux d'activité et le développement de fonnes atypiques d'emploi, principalement du travail à temps partiel. Tout se passe comme si, incapables de juguler dans cette période de chômage élevé l'offre de travail des femmes, les politiques d'emploi des gouvernements et de gestion de la main-d'oeuvre des entreprises visaient à canaliser cette offre vers des emplois de moindre qualité, peu qualifiés, mal rémunérés et moins protégés.
1: Commele rappelleM. VLEMINCKX "Il existeune conditionspécifi-

quement féminine sur le marché du travail différant profondément de la condition masculine" . Elle est étroitement liée à l'ampleur du rôle que la société confère à la femme dans l'entretien du ménage et l'éducation des enfants. De là découle une différence fondamentale entre hommes et femmes: le travail est une obligation pour les hommes et un "choix" pour
1

- Participation des femmes au marché du travail: oui, mais pas n'importe comment! - Aperçu économique trimestriel n° 1 - 1991,page 117.
M. Vleminckx

les femmes. Si elle "choisit" de travailler, la femme devra continuer à assurer son rôle domestique. " Le travail des femmes est aussi considéré par beaucoup, hommes et femmes, comme un travail d'appoint (appoint en cas de pénurie de main-d'oeuvre, appoint quand le mari est au chômage, appoint dans la cause à l'équipement matériel du ménage). L'idée que le travail constitue un besoin et un droit universel pour la femme n'est pas encore acquise" 1 . Dans le contexte du marché du travail, l'homme est considéré en tant qu'individu alors que la femme est presque toujours considérée comme mère potentielle ou effective et ce indépendamment de la façon dont elle souhaite être considérée. "Même si les chiffres montrent que la participation des femmes au marché du travail n'est pas sensible "quantitativement" aux facteurs économiques et que sa croissance est indépendante des aléas conjoncturels (crise économique, chômage) les conditions qui seront faites aux femmes sur le marché du travail seront, elles, étroitement dépendantes de l'environnement économique" 1. C'est ainsi qu'elles ont dû accepter des emplois précaires et qu'elles se sont retrouvées plus massivement au chômage que les hommes durant les années 80 et que l'amélioration conjoncturelle de la fin des années 80 a surtout profité à l'emploi masculin accroissant l'écart entre les taux de chômage masculins et féminins. 1. Evolution des taux d'activité féminins

Les années 80 sont marquées par une poursuite de la croissance des taux d'activité féminins alors que les taux masculins décroissent. Comme dans les autres pays, de nombreux facteurs explicatifs sont avancés qui
sont à interpréter avec prudence: Robert TOLLET
2

(1987) indique la

croissance des modes de consommation de plus en plus fondés sur l'acquisition de deux revenus par ménage, l'HIVA 3 (1990) cite aussi: la
2 ToIlet R. - Travail et chômage in : L'économie belge dans la crise, Bruxelles, Editions
LABOR, 1987.
3 Van Regenmortel Tine, Vandeloo Rita - Femmes rentrantes un groupe à risque pas comme les autres. Synthèse, Leuven, HIV A, 1990.

14

dénatalité, l'allongement des études, la tendance à se marier plus tard, le nombre croissant de personnes isolées ou vivant des types de relations qui impliquent une plus grande indépendance financière des deux conjoints, des changements sociaux résultant notamment de la deuxième vague d'émancipation des années septante.
L'examen de données détaillées selon l'âge, le statut familial et le niveau d'éducation éclaire quelque peu la question. GRAPHIQUE 1 - Taux d'activité et taux d'emploi 4
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taux d'activité des hommes .,:..,."'...:i:: ,::,".E~~..w.~'i :::::.." i:\""..w:,:;.".".~'f taux d'emploi des hommes

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1980198119821983198419851986198719881989 de "emploi et du travailt DULBEA

1.1 Le taux d'activité par âge

L'analyse par groupe d'âges de l'évolution des taux d'activité indique que la baisse des taux d'activité masculins s'explique par la baisse de l'activité des jeunes de 15 à 25 ans qui restent de plus en plus longtemps aux études et par la baisse de l'activité des personnes de 55 à 64 ans qui partent à la retraite de plus en plus tôt. Si l'allongement de la scolarité correspond à une volonté d'atteindre un niveau d'éducation plus élevé, il est dû aussi à la loi du 29 juin 1983 qui a
4

Il s'agit ici d'un taux d'activité et d'emploi calculé par rapport à la population de 14 ans et + et non par rapport à la population en âge de travailler, le taux d'activité des femmes est donc légèrement sous-estimé étant donnée la structure par âge. Hausse des taux d'activité et croissance de l'emploi atypiqUi! 15

porté l'âge de la scolarité obligatoire de 14 à 18 ans.

La diminution du taux d'activité de la tranche d'âge 50-64 ans est, quant à elle, largement imputable aux politiques de retraites anticipées développées par les gouvernements belges successifs. Les hommes et les femmes ont été touchés par ces politiques d'emploi de type passif visant à les faire sortir de la population active. Leur impact sur la population féminine a toutefois été supplanté par l'augmentation du taux d'activité des femmes de 25 à 50 ans, groupe d'âge pour lequel on enregistre une légère diminution du taux d'activité chez les hommes.
TABLEAU 1 . Taux d'activité, taux d'emploi et taux d'emploi à temps plein (chiffres de 89 et taux de croissance 83-89)
Taux d'activité

Taux d'emploi Hommes 30,05 89,42 90,32 49,67 1,9 -9,15 1,65 -0,10 -17,44 -33,34 Femmes 24,74 64,94 51,35 -9,31 12,28 19,77

Taux d'emploi à temps plein Hommes 28,68 88,06 89,62 48,82 -10.00 +1,65 0,54 -17,15 Femmes 19,22 48,08 38,68 11,41 0,36 -17,16 1,39 16,86 -15,32 -36,76

Hommes 14-24 25-34 35-49 50-64 65 et + 34,01 94,20 94,50 51,72 1,9 -17,44 -1,44 -0,68 -19,39 -34,26

Femmes 31,05 75,61 57,31 -19,39 6,55 16,76

16,44 -14,70 0,53 -43,13

15,29 -12,10 0,53 -40,23

1,49 -35,18

Source: INS - Enquêtes sur les forces de Travail - DULBEA.

L'examen des courbes d'activité féminines selon l'âge témoigne, comparativement à d'autres pays comme le Danemark et dans une moindre mesure, le Royaume Uni et la France, d'un profil peu évolué de type unimodal qui culmine aux environs de la trentaine. Ce profil a cependant tendance a s'aplatir entre 1983 et 1989 du fait de la hausse de l'activité des femmes de 25 à 49 ans.

Le taux d'emploi des femmes de 25 à 49 ans a également augmenté entre 1983 et 1989 et l'amélioration de la conjoncture s'est traduite pour ce groupe par une baisse du chômage. L'examen des courbes relatives au taux d'emploi à temps plein réduisent cependant l'optimisme de ce constat: la situation de l'emploi à temps plein des femmes ne s'est pas beaucoup améliorée, le taux d'emploi à temps plein n'a pratiquement pas augmenté dans la tranche d'âge 25-34 ans où le temps partiel, s'est substitué au chômage.
16

GRAPHIQUE 2

. Taux d'activité, taux d'emploi et taux d'emploi à temps plein des femmes en 1983

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taux d'activité
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GRAPHIQUE 3

Taux d'activité, taux d'emploi et taux d'emploi à temps plein des femmes en 1989

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Source:

INS

- Enquête

sur les forces de Travail - DULBEA).

Hausse des laux d'activité el croissance de l'emploi arypique

17

1.2 Taux d'activité

et charges familiales

Les seules statistiques disponibles établissant un lien entre l'activité et les charges familiales sont relatives à 1981; elles indiquent le taux d'activité des femmes mariées vivant avec époux en fonction du nombre et de l'âge des enfants. Ces statistiques ne mentionnent toutefois pas l'âge des femmes or le taux d'activité diminue avec l'âge puisqu'il ne s'agit pas ici de données en cohortes. Et donc, à leur lecture, on observe que le taux d'activité moyen des femmes dans les couples sans enfant (30,2%) est inférieur à celui observé pour les couples avec un, deux ou trois enfants (respectivement 50, 8%, 47,2% et 33,7%), puisque la moyenne d'âge des couples sans enfants est plus élevée que celle des couples avec enfants qui comprend des couples dont les enfants ont quitté le ménage. L'Institut National de Statistique (LN.S.) signale qu'à âge égal, le taux d'activité des femmes dans les couples sans enfant est supérieur à celui des femmes ayant un ou deux enfants, mais aucun chiffre n'est publié. Les différences de génération peuvent aussi expliquer pourquoi le taux d'activité de la femme dans les couples ayant un enfant de moins de 6 ans (75,6%) est plus élevé que dans ceux où l'enfant a de 6 à 13 ans (60,1%) et de 14 à 20

ans (36,7%).

.

Le gouvernement belge a développé différentes mesures dont l'objectif est de concilier vie de famille et travail: pause-carrière, congé sans solde, temps partiel. Ces solutions reproduisent les ségrégations traditionnelles que nous relevions dans l'introduction: c'est à la femme qu'il incombe de remplir ce double rôle, ses droits à l'exercice d'une activité professionnelle à part entière ne sont pas reconnus. Vouloir résoudre le problème de la garde et de l'éducation des enfants en cas d'activité professionnelle des deux parents par le renvoi d'un des deux parents, en l'occurrence la femme, au foyer, même partiellement ou pour une durée limitée, est vain. Les femmes qui optent pour de telles solutions sont pénalisées professionnellement par la suite. En cas d'interruption de carrière, l'étude de K. PAUWELS et alii 5 montre que la plupart des femmes qui sont redevenues femmes au foyer pour élever leurs enfants le sont restées, et cela d'autant plus que leur niveau d'éducation était faible. Ces solutions individuelles ne
5 K. Pauwels, W. Van Dongen, L. Deschamps et E. Bosman: de arbeidsparticipatie de vrouw en de gezinsopboun , Bevolking en Gesin n03, 1988. 18 van

favorisent pas l'intégration des femmes sur le marché du travail au contraire, elles les en écartent. Les solutions collectives sont préférables: équipements d'accueil des enfants, crèches publiques, activités de vacances. L'organisation de la garde des enfants est un soutien indispensable aux actions positives pour les femmes et aux politiques de formation.
1.3. Le taux d'activité par niveau d'éducation

Si globalement, le niveau d'instruction des femmes est équivalent à celui des hommes, particulièrement en ce qui concerne les jeunes générations, la répartition selon les filières est différente: les femmes ont plutôt des diplômes d'enseignement normal et supérieur non universitaire de type court, tandis que les hommes sont plutôt diplômés de l'enseignement non universitaire de type long ou universitaire et au sein des différentes filières, les filles s'orientent moins vers les branches scientifiques.

Un article du Nouvel observateur

6

montre comment les femmes

s'orientent. Dès l'école on dit aux filles: "orientez-vous toutes directions". Mais elles, elles entendent parler à tout moment du "travail des femmes" et de ses problèmes spécifiques. Elles ne sont pas comme tout le monde, elles font partie du groupe "femmes", elles ont un destin de femmes! Alors, elles font des choix de compromis pour concilier famille et travail, et préfèrent être institutrices plutôt qu'ingénieurs. Le taux d'activité des femmes dépend beaucoup de leur niveau d'éducation, alors que, pour les hommes, la différence n'est significative qu'au niveau primaire. Pour les 25-50 ans, le taux d'activité des femmes est supérieur à 80% dès que le niveau d'éducation dépasse. le secondaire supérieur et ces taux sont très proches des taux d'activitétnasculins, par contre pour les niveaux d'éducation inférieurs, primaire, secondaire infé6

A. Fohr, "L'école contre les filles, J'égalité des chances reste un mythe", Nouvel observateur, 17 au 23 janvier 1991, Paris, cité par M. Vleminckx, Participation des femmes au Marché du travail, in : Aperçu Economique trimestriel, n° 1-1991, BruxeJJes. llausse des laux d'activilé et croissance de l'emploi atypique 19

rieur et secondaire supérieur, les taux d'activité sont beaucoup plus faibles et la fonne des courbes redevient de type unimodal, témoignant d'une réduction de l'activité pour raisons familiales. Il paraît donc évident, en tennes d'offre, que le niveau d'éducation, plus que la situation familiale
GRAPHIQUE 4 . Taux d'activité des femmes selon le niveau d'éducation et l'âge, en 1989
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100

primaire f sec inférieur f sec supérieur! non univ te f non univ Il f
universitaire f

80

60

40

20

0 -25 ans Source: 25-40 ans 40- 50 ans 50 ans et +

INS - Enquête sur les forces de travail CIONEM- DULBEA.

détennine l'attitude des femmes sur le marché du travail et que les réductions et les cessations d'activité sont des phénomènes propres à des niveaux d'éducation peu élevés qui ne peuvent vraisemblablement prétendre à des emplois fort intéressants. Par contre, l'examen des taux d'emploi témoigne d'un phénomène de discrimination de la demande de travail alors que l'offre de travail des niveaux d'éducation les plus élevés est quasi identique pour les hommes et les femmes. L'écart entre les taux d'emploi est bien plus élevé témoignant d'une situation plus mauvaise des femmes en matière de chômage. Pour les femmes, avoir un diplôme n'est pas autant que pour les hommes une garantie d'accès à l'emploi. A niveau d'éducation égal, le taux d'emploi des femmes est presque toujours plus faible que celui des hommes. La différence est d'autant plus grande que le niveau d'éducation est faible et que l'âge est élevé.

20

GRAPHIQUE

5

Taux d'activité des hommes selon le niveau d'éducation et l'âge, en 1989
-Ir ... .. ... ..
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-

100

primaireh sec inférieurh sec supérieur h non univte h non univtl h
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Source:

25 -40 ans

40-50 ans

50 ans et +

INS - Enquête sur les forces de travail et ONEM- DULBEA.

GRAPHIQUE

6 - Taux d'emploi des femmes selon le niveau d'éducation et l'âge, en 1989

100

supérieur

non-universitaire enseignement normal

80

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Source:

INS

- Enquête

sur les forces

de travail

- DuumA. 21

Hausse des laux d'activile el croissance de l'emploi atypique

GRAPHIQUE

7

Taux d'emploi des hommes selon le niveau d'éducation et l'âge, en 1989

-

100

80

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secondaire sup.

40

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Source:

INS

- Enquête

sur les forces de travail - DULBEA.

2.

Développement

des formes

atypiques

d'emploi

Entre 1983 et 1989, l'emploi des femmes a fortement augmenté (11,5% de 1983 à 1989 d'après les chiffres du Ministère de l'Emploi et du Travail) alors que l'emploi des hommes a tendance à se stabiliser. Cette constatation doit cependant être interprétée avec prudence, il importe de s'interroger sur l'évolution de la qualité des emplois occupés par les femmes, car les statistiques globales masquent des différences qualitatives importantes en terme de temps de travail, de protection, d'horaires et de rémunération. Ainsi, si l'on exprime l'emploi en équivalent temps plein, la hausse de l'emploi féminin est nettement moins marquée. D'après les Enquêtes sur les Forces de Travail 7, l'emploi total féminin a augmenté de 12,5% de 83 à 89 alors que l'emploi en équivalent temps plein n'a cru que de 9,9%. Dans cette section nous nous intéressons plus particulièrement à deux formes d'emplois atypiques: le travail à temps partiel et le travail temporaire.
7 Seule source qui permet de calculer J'équivalent temps plein. 22

TABLEAU 2

. p ar t

I d e l' emplO i atypIque t
1989
Temps partiel Temporaire 2,5% 6,9% 4,8%

par sexe
Par équipe 13,7% 9,3%

e t par sec t eur
Différence enb'e 83 et 89 Temps Temp..à Tempopartiel temps raire partiel 0,0% -0,3% -0,6% 5,3% 0,1% 0,1% 0,0% 6,3% -0,2% -1,2% -6,0% -5,9% 0,0% -0,1% -0,7% 0,1% 7,4% -0,1% 0,0% 9,1% -0,4% 1,6% -3,5% -4,0% 0,2% -0,2% -0,1% 0,0% 0,0% -0,3% 0,5% -0,3% -0,3% 0,3% -0,2% -1,3% 4,2% 5,9% -2,2% 8,6% 5,7% 15,5% 0,0% -0,1% -0,1% 0,7% -0,2% -1,4% 2,4% -0,5% -2,2% 0,1% -0,2% -0,3% 2,2% 1,1% -0,2% 2,4% 0,6% -0,3% 0,0% -0,2% -0,1% 1,9% -1,2% -0,2% 3,6% 0,1% -0,6% 0,1% 0,1% -0,6% 2,0% 1,6% 2,8% 3,8% 3,0% 2,5% 0,0% -0,2% -0,1% 2,0% 0,4% -0,8% 3,6% 0,3% -0,1% 0,9% 0,0% -0,8% 4,5% -1,1% -1,6% 2,5% -2,1% -2,8% 0,1% 0,4% -1,3% 5,1% -1,3% -0,9% -0,6% -1,6% -1,9% 0,0% -0,2% -0,1% -1,1% -1,2% -1,4% 2,1% -0,2% -1,4% 0,1% 0,0% -1,6% 2,9% 13,5% 2,6% 3,1% 3,8% 16,3% -3,3% -1,3% -0,1% 6,5% 0,7% -0,6% 0,5% 7,7% -0,4% 0,0% -1,0% -0,4% 5,7% 0,2% -0,2% 0,0% 6,5% -0,4%

hommes femmes femmes mariées INDEPENDANTS hommes femmes femmes mariées SALARIES hommes femmes femmes mariées AlDANTS hommes femmes femmes mariées AGRlCUL1URE (fOTAL) hommes femmes femmes mariées ENERGIEErEAU hommes femmes femmes mariées EXTR. MIN., PROD.CHIM. hommes femmes femmes mariées MET.,MECA. DE PRECISION hommes femmes femmes mariées AUTRES IND.MANUF. hommes femmes femmes mariées BAllMENT Er GENIE CIVIL hommes femmes femmes mariées INDUSTRIE (TOTAL) hommes femmes femmes mariées COMMERCE, REST. hommes femmes femmes mariées TRANSPORTS ET COM. hommes femmes femmes mariées CREDIT, ASSURANCES hommes femmes femmes mariées ADMINISTRA 1l0N GEN. hommes femmes femmes mariées AUTRES SERVICES hommes femmes femmes mariées SERVICES (TOTAL) hommes femmes femmes mariées

lOTAL

1,7% 25,0% 28,2% 1,1 % 8,3% 9,7% 1,8% 28,0% 32,5% 3,5% 13,9% 13,9% 1,6% 17,0% 18,6% 0,5% 17,7% 20,0% 0,4% 13,6% 17,4% 0,6% 10,0% 11,0% 1,3% 9,9% 12,4% 0,7% 20,2% 25,6% 0,8% 11,1 % 13,5% 3,3% 26,4% 26,9% 1,0% 13,1% 15,4% 1,5% 23,8% 31,3% 0,5% 28,7% 33,7% 4,1% 30,5% 34,3% 2,3% 27,9% 31,4%

Temp.. à temps part 0,5% 2,9% 2,5%

3,1% 8,4% 6,0%

0,7% 3,6% 3,1%

0,7% 0,3% 0,0% 0,3% Il,3% 8,6% 1,6% 5,8% 1,2% 2,2% 3,8% 1,9% 2,2% 3,1% 1,6% 2,2% 4,6% 3,8% 2,0% 3,9% 2,0% 2,1% 3,4% 1,0% 0,8% 10,9% 4,1% 1,9% 4,6% 3,4% 4,9% 14,8% 12,1% 4,9% 8,9% 6,7% 3,0% 7,7% 5,5%

0,3% 0,0% 0,0% 0,0% 3,2% 5,7% 0,1% 0,8% 1,2% 0,3% 0,4% 0,0% 0,6% 0,3% 0,4% 0,4% 2,8% 3,8% 0,4% 0,6% 0,7% 1,0% 2,1% 0,8% 0,2% 1,1% 0,0% 0,2% 1,4% 1,1% 0,2% 5,6% 6,2% 1,3% 4,4% 3,7% 0,7% 3,5% 2,9%

2,0% 2,1% 16,6% 2,5% 37,1% 7,9% 26,6% 19,7% 22,8% 16,2% 3,1% 0,0% 21,7% 14,7% 3,4% 6,2% 21,7% 8,0% 3,0% 1,1%

8,7% 10,8% 8,8% 8,4%

Hausse des taux d'activité et croissance de l'emploi atypique

23

TABLEAU 3

. Emplois

atypiques situation et évolutions par sexe entre 1983 et 1989
Différences enlle hommes Evolution de 1983 il 1989

Situation
Travail il temDS Dartlel

et femmes Part de l'emploi à temps partiel dans l'emploi total beaucoup plus élevée pour les femmes 0,7% pour les hommes et 25% pour les femmes en 1989).

augmentation pour les femmes et stabilité pour les hommes.

...................................

par âge

.i;;;p;;;l~.~...d~..l;~~~iï..à. temps partiel dans les tranches d'âges extrêmes (- 20 ans et + de 60 ans).

.

L~...p~~t...d~..ï;~;;;pï~i..à temps paniel reste élevée 'dans toutes les tranches d'âges pour les femmes. Part de l'emploi à temps partiel plus élevée en Wallonie pour les femmes et dans la région bruxelloise pour les hommes.

.A~g;;;;;;;Ü;ti;;;;.d;;.i~.p;;nd.~ l'emploi à temps partiel accepté à défaut d'un temps complet surtout pour les femmes de 20-25 ans.
Augmentation de la part de l'emploi à temps partiel dans l'emploi total en Wallonie pour les hommes et les femmes. et en Flandre pour les femmes; diminution dans la région bruxelloise pour les hommes et les femmes et èn Aandre pour les hommes.

par régions

par secteurs

Importance du travail à temps paniel dans les secteurs oil le lIavail est souvent IIOppénible pour êlIe exercé à temps plein (hygiène publique. santé) et oil le personnel ne doit être disponible qu'aux heures de pointe (commerce de détails. restaurations ).

La part de l'emploi à temps partiel dans l'emploi total par sexe et par secteur est toujours beaucoup plus élevée pour les femmes.

Dans la, plupart des secteurs la part de l'emploi à temps partiel dans l'emploi total par sexe et par secteur augmente pour les femmes et diminue pour les hommes. Dans le secteur du commerce et de la restauration. elle augmente pour les hommes et pour les femmes.

Plus de 8 hl moins de 8 h/semaine

La pari de l'emploi à Stabi Iité temps partiel de moins de 8 h.semaine dans l'emploi total est dix fois plus importante pour les femmes. (0.08% pour les hommes et 0.8% pour les femmes). Inférieur pour les femmes (à temps plein et à temps paniel). Stabilité

Nombre' moyen d'heures de lIavail

24

1J:aWl
temDoralre

Part de l'emploi temporaire plus élevée pour les femmes que pour les hommes.

Augmentation (mais légère baisse par rapport à 85) de la part de l'emploi temporaire pour les femmes, diminution pour les hommes et les femmes mariées. Augmentation de la part de l'emploi temporaire pour les femmes dans les tranches d'âges comprises entre 14 et 24 ans diminution pour les hommes mais augmentation pour les hommes et les femmes dans presque toutes les tranches d'âges si on ne retient que l'emploi temporaire accepté faute d'avoir trouvé un emploi permanent.

par âge

La part de ('emploi temporaire dans l'emploi lotal est plus importante pour les jeunes (14-24 ans).

Elle est plus importante pour les femmes que pour les hommes, sauf dans les classes d'âges supérieures à 55 ans.

par régions

Part de l'emploi temporaire dans l'emploi est plus importante en Wallonie.

Différences enlre hommes et femmes un peu plus marquée en Flandre.

Augmentation en Wallo nie pour les hommes et les femmes et dans la région bruxelloise pour les femmes. Augmentation de la part de l'emploi temporaire dans l'emploi des jeunes femmes dans les 3 régions.

par secteurs

Importance de l'emploi temporaire dans le secteur de l'administration générale et le secteur des" aulres services" .
Part de l'emploi par équipe dans l'emploi par sexe et par âge plus importante entre 20 et 29 ans.

La part de l'emploi tem- Augmentation de la part de poraire dans l'emploi par l'emploi temporaire pour sexe et par secteur est loU- les femmes dans certains jours inférieur pour les secteurs industriels très hommes sauf dans l'agri- masculinisés et le secteur culture. de l'administration.

Travail

Dar

~

Part de l'emploi par équipe dans ('emploi total plus élevée pour les hommes globalement mais plus élevée pour les femmes dans les secteurs du commerce et de la restauration et dans le secteur des
"autres services".

La part de l'emploi par équipe dans l'emploi lotal augmente plus fortement pour les femmes que pour les hommes.

Hausse des taux d'activité et croissance de l'emploi atypique

25

2.1 Le travail à temps partiel La part de l'emploi à temps partiel a fortement augmenté dans l'emploi des femmes alors qu'elle est restée assez stable chez les hommes, c'est principalement dans l'emploi salarié que l'emploi à temps partiel a augmenté, les statistiques administratives belges montrent même une plus forte progression que les enquêtes. Le taux d'emploi à temps partiel féminin reste toujours très supérieur à celui des hommes, sur toute la période étudiée. L'évolution de la durée du temps de travail ne semble pas expliquer l'augmentation du travail à temps partiel en Belgique. La durée moyenne du travail à temps plein n'a pas augmenté (ce qui aurait pu pousser les femmes à recourir au temps partiel), elle est restée très stable sur la période étudiée (tout comme la durée moyenne du travail à temps partiel). Comme en témoigne le graphique 8, la forme des courbes exprimant le lien entre la part de l'emploi à temps partiel dans l'emploi total par âge est très différente selon le sexe: courbe en U pour les hommes alors que pour les femmes il s'agit presque d'une horizontale. Car si la part de l'emploi à temps partiel dans l'emploi total par âge est plus élevée dans les tranches d'âges extrêmes (moins de 20 ans et plus de 60 ans) aussi bien pour les hommes que pour les femmes, pour ces dernières la tendance est moins marquée, la part du temps partiel est élevée dans toute les tranches d'âges. La part de l'emploi à temps partiel dans l'emploi total a augmenté, pour les femmes, dans toutes les classes d'âges (sauf pour les plus de 60 ans) alors qu'elle n'augmenté que dans les classes d'âges jeunes (14 à 24 ans) pour les hommes. Pour les jeunes. l'emploi à temps partiel se conjugue généralement avec la poursuite d'une.formation (71.1 % des hommes et 40,4% des femmes de 14 à 24 ans ayant un emploi à temps partiel suivaient une formation en 1989).

26

GRAPHIQUE
40

8

dans

- Part

l'emploi

de l'emploi à temps total par âge.

partiel

30
femmes 1989

20

~
hommes 1989

o
14-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-6465ET+

Source:

Enquêtes

sur les Forces de Travail - INS. DULBEA.

La part de l'emploi plus importante, chez est importante à tous pour les jeunes de 20

à temps partiel "non voulu" dans l'emploi total, est les hommes, parmi les jeunes. Chez les femmes elle les âges, le pourcentage le plus élevé étant observé à 24 ans.

La moitié des femmes de 30 à 39 ans travaillent à temps partiel pour des raisons familiales et un cinquième d'entre elles parce qu'elles n'ont pas trouvé un emploi à temps plein. La part de l'emploi à temps partiel "non voulu", c'est-à-dire accepté à défaut d'un emploi à temps plein, est en augmentation dans presque toutes les classes d'âges pour les deux sexes. L'emploi à temps partiel n'est donc pas seulement né de la volonté des femmes incitées à concilier vie familiale et vie professionnelle, mais aussi de la volonté des entreprises de disposer d'une main-d'oeuvre plus flexible et cette image est renforcée par la concentration sectorielle du travail à temps partiel. La proportion d'emplois à temps partiel est plus importante dans le secteur du commerce restauration et hébergement, réparations (NACE 6), le secteur des Institutions de crédit, assurances serHausse des laux d'activité el croissance de l'emploi atypique 27

vices fournis aux entreprises. location (NACE 8). et le secteur des "autres services" (NACE 9). C'est aussi dans ces secteurs qu'il a le plus augmenté. TABLEAU 4 - Emploi à temps partiel "non-voulu" et pour raisons familiales
Pan de l'emploi à temps paniel "non voulu(l)" dans l'emploi à temps partiel total HOMMES 89 89-83 13,4 -4,7 53,0 -0,3 58,4 +17,4 41,S +19,9 32,S +23,2 50,4 +42,0 23,1 +7,2 30,4 +26,7 22,4 +15,1 0 -5,5 0 0 343 +145 FEMMES 89 89-83 32,3 -35,3 56,6 +6,4 32,8 +6,4 20,4 +5,7 20,1 +4,0 20,3 +5,8 16,3 +1,1 15,3 +1,6 11,9 +2,2 5,3 +2,7 43 +43 259 +42 Part de l'emploi à temps partiel pour raisons familiales HOMMES 89 0 6,0 0 5,5 11,4 5,2 0 12,2 5,8 0 37 41 FEMMES 89 4 16,9 39,9 53,7 48,6 43,9 37,8 36,3 27,1 19,3 219 403

14-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65ET+ TOTAL

(1) La personne a un emploi à temps partiel car elle n'a pas pu trouver un emploi à temps complet. Sources: INS, Enquêtes sur les Forces de Travail, tableau 1810, 1983, 1989, Calculs DULBEA.

L'emploi à temps partiel est particulièrement important dans le secteur des services d'hygiène publique (NACE 92). où il représentait 60.83% (5.1 %) de l'emploi féminin (masculin) en 89 et 59,20% (5.68%) en 83. Comme le souligne la Commission du Travail des Femmes 8, certains emplois sont tellement pénibles qu'ils sont conçus pour être effectués quelques heures par jour, donc à temps partiel. C'est typiquement le cas des travaux de nettoyage, dès lors la part importante du travail à temps partiel dans le secteur NACE 92 s'explique aisément. Il y a là une grande injustice pour des travailleuses dont le salaire (à temps plein !) est souvent déjà très faible.

Dans plusieurs autres secteurs les emplois sont également souvent trop pénibles tant physiquement que mentalement que pour être exercés à temps plein. C'est le cas notamment du secteur de la restauration et héber8 Commission du Travail des femmes de travail- 1991. 28

- Ministère

de l'Emploi et du Travail

- Document

gement (NACE 66), du secteur de la santé et des services vétérinaires (NACE 95) dans lequel travaille la très grosse majorité des infirmières, du secteur des autres services fournis à la collectivité (NACE 96) qui comprend les associations d'aide sociale, des services récréatifs et autres services culturels (NACE 97) et des services domestiques (NACE 9A). La part de l'emploi à temps partiel dans l'emploi total des femmes (et des hommes) dans ces secteurs est toujours très importante (respectivement 29,2% (7,8%); 33,9% (2,1 %); 34,9% (6,7%); 39,6% (5,9%) et 35,9% (7,5%) en 1989) et renvoie une image particulièrement négative de l'emploi à temps partiel. Dans certains secteurs le personnel ne doit être disponible qu'aux heures de pointe, c'est le cas dans le secteur du commerce de détail (NACE 64/65) et le secteur de la restauration et hébergement (NACE 66). Dans ces secteurs l'emploi à temps partiel représente respectivement 28,3% (3,4%) et 29,2% (7,8%) de l'emploi total des femmes (des hommes). Dans ce cas, le travail à temps partiel ne permet pas à la femme de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle puisque les horaires sont souvent variables et imprévisibles. C'est en Wallonie, région où le taux de chômage est le plus élevé, que la part de l'emploi à temps partiel dans l'emploi des femmes est la plus élevée (26,5% en 1989), c'est aussi dans cette région qu'elle a le plus augmenté depuis 1983. La part de l'emploi à temps partiel des jeunes femmes (14-24 ans) est aussi nettement plus élevée en Wallonie (28,5% en 1989). La répartition est différente pour les hommes, puisque c'est dans la région bruxelloise que la part de l'emploi à temps partiel est la plus importante (2,4% en 1989) et principalement chez les jeunes hommes (11,3% pour les 14-24 ans et 2,1 % pour les 25-34 ans). La part de l'emploi à temps partiel a diminué dans la région bruxelloise et en Aandre pour les hommes.

Les nouvelles directives européennes concernant la protection du travailleur à temps partiel ne seront applicables que s'il travaille plus de 8 heures par semaine. En Belgique, le pourcentage d'emplois à temps partiel de moins de 8 heures par semaine est resté stable entre 83 à 89. Il
Hausse des taux d'activité et croissance de l'emploi atypique

29