Les loubards

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Publié le : lundi 1 janvier 0001
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EAN13 : 9782296269330
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Collection "Logiques Sociales" Dirigée par Dominique DESJEUX
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LES LOUBARDS Une approche anthropologique

Collection

"Logiques Sociales"

(suite)

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@ L'Harmattan,
ISBN: 2

1992 -X

- 7384 - 1429

Jean-Yves BARREYRE

LES LOUBARDS Une approche anthropologique

Préface de Michel Maffesoli Professeur à la Sorbonne

L'HARMA'IT AN 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique 75005 PARIS

Préface
Il est des /ivres qui tout à la fois satisfont à ces exigences contemporaines que sont le temps, nécessairement long, de la reflexion et l'urgence des problèmes sociaux qui, eux, en appellent à une action immédiate. Le /ivre de Jean Yve~ Barreyre est du nombre qui, tout en proposant une analyse sur le long terme, ne manque pas d'induire quelques règles simples pour ceux qui sont en position d'agir. Et ce, bien sûr, quant à ce problème de société qu'est l'agrégation juvénile. D'une part, il fait une généalogie socio-historique de ce phénomène et il en montre la perdurance. D'autre part, grâce notamment, à une typologie rigoureuse, il montre bien les formes qu'elle revêt contemporainement. Quoiqu'il soit sans concession, ce livre se lit agréablement. De plus, hors des conformismes de pensée de la sociologie orthodoxe, et sans l'hypocrisie qui consiste à utiliser, en contrebande, des notions dont on feint d'ignorer l'origine, Jean- Yves Barreyre s'inscrit délibérément dans cette sociologie du quotidien et de l'imaginaire social, dont avec d'autres, j'ai dessiné les contours, et qui met essentiellement l'accent sur le fond archétypal et les conséquences contemporaines du vécu communautaire et la logique du domestique que cela induit. Il y a dans ce livre plusieurs manières de comprendre ce vécu communautaire. Parmi celles -ci, on peut privilégier celle qu'il est convenu d'appeler la violence. J'ai déjà montré à plusieurs reprises que la violence signifiait le refus de l'atomisation. En poursuivant cette réflexion, Jean-Yves Barreyre montre bien que pour partie,

celle-ci s'achève, s'épuise et aboutit dans ce qu'on peut appeler le collectif ou l'échange symbolique, ce qui revient à dire que la violence n'est en fait qu'une expression paroxystique du désir de communion. L'instinct acquisitif dont parle la psychologie sociale, l'instinct qui pousse l'homme à s'approprier des valeurs matérielles n'épuise en rien une socialité où l'échange prend des formes multiples et où la consumation joue un rôle non négligeable. Ainsi l'activité communicationnelle qui se médiatise par la parole, par le rire ou par l'orgie se retrouve et s'épanouit dans le délire et dans le collectif. Il ne faut pas oublier que la séparation entre aspects collectifs et aspects privés de la vie de l'homme est une invention très récente.. on était homme parce que l'on était membre d'une tribu, d'une famille, d'une cité, d'un clan. Et ainsi que le remarque Louis Dumont ''par opposition à la société moderne, les sociétés traditionnelles, qui ignorent l'égalité et la liberté comme valeurs, qui ignorent en somme l'individu, ont en leur fond une idée collective de l'homme". C'est cela même que Jean-Yves Barreyre met en valeur tant en ce qui concerne les figures historico-mythiques de "Mélanthos", de "Hellequin" ou de "Gavroche", que parla fine analyse qu'il fait des "Pingouin", archétype postmoderne de la tribu en banlieue. Par là, il montre que le sens du collectif, par bien des aspects anomique, est là, toujours présent dans nos sociétés. On peut même dire que par un processus de saturation, après la dominance d'un cycle axé sur l'individuation, sur le travail, sur le salut personnel, etc., la socialité, le symbolique, la communauté organique refoulés commencent à resurgir au sein de diverses situations et dans des représentations multiples. Car s'il est certain que, pour reprendre des analyses déjà anciennes, le développement des forces productives, l'essor de la science et de la technique ont séparé l'homme de son environnement naturel et ont permis l'atomisation forcenée, il n'en reste pas moins qu'un vouloir vivre collectif toujours présent, dans les fêtes, les révoltes, les petites effervescences banales et quotidiennes continue à

tarauder de son exigence l'ensemble du corps social. Cela, on l'oublie trop souvent, à tout le moins jusqu'à ce qu'une nouvelle explosion vienne rappeler que l'on n'en a pas fini avec l'archétype de Dionysos le bruyant. Les barbares sont dans nos murs. Ils sont quelque peu inquiétants, mais ils peuvent, également, régénérer un corps social par trop languissant. Les "Loubards" nous rappellent ainsi qu'il est vain de nier ou de dénier la violence, et qu'à tout faire, il vaut mieux la ritualiser.. En effet, ne l'oublions pas, vivre ponctuellement la destruction, la mort et la cruauté, vivre sa mort de tous les jours, affronter avec courage le destin ou comme le dit Heidegger "l'inhabituel et l'incalculable", rendre à la dépense sa place dans le jeu archétypal de la perte et du surgissement, c'est participer à cette cœnesthésie nonconsciente qui permet d'une manière symbolique le développement de la perdurance sociale. Michel Maffesoli Professeur à la Sorbonne

Introduction Des formes exotiques

A l'orée des places publiques, des carrefours urbains ou des bals de village, en bandes exubérantes dans les couloirs du métro ou en groupes épars sur les bancs tristes des quartiers immobiles, les jeunes apparaîssent souvent à ceux qui ne le sont plus, comme des "drôles d'oiseaux",

des "formes exotiques" 1. Pour que jeunesse se passe, il
semble que les jeunes s'affichent anormaux, asymétriques ou difformes, à contretemps, toujours. en décalage, différents, étranges au quotidien. Ils se tiennent au centreville ou dans les halls d'entrée, à la croisée des chemins, dans le passage toujours, avec dans le regard une lueur "qui n'indiqzœ pas le détachement ou l'intérêt, mais résulte plutôt de la combinaison particulière de la proximité et de la distance, de l'attention et de l'indijférence"2. Ils ont sur eux les salissures du voyage, macules sensibles de l'extérieur : ils dansent sur des rythmes "nègres", écoutent des musiques "barbares", parlent franglais ou verlan, s'habillent américain, fument des drogues orientales. On devine à les voir la figure de l'étranger... Leurs manifestations sont bruyantes, excessives, dangereuses: le son de la musique, la turbulence de rue, le goût du risque, la contamination sexuelle, l'extravagance
1 exotique, du gr. exoticos, "étranger" 2 G. SIMMEL "digressions sur l'étranger" in [60]

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séductrice des corps,les records de forces, tout cela et plus encore est attribué à l'idée qu'on se fait de la jeunesse. La jeunesse intrigue, interroge, inquiète. Elle a dans ses manifestations sociales ce caractère dionysiaque du jaillissement, de la puissance chaotique, de la "pulsion épidémique" 1. Elle attire l'attention, capte l'intérêt, devient une préoccupation de chacun. Cette force de la jeunesse intéresse l'homme de la rue, le sociologue, le journaliste. Pour le sociologue, la jeunesse "n'est qu'un mot" sous lequel se cachent de multiples catégories et réalités sociales, qui diffractent son expression au sein d'entités plus grandes ou plus restreintes comme la classe, le lieu, le temps, la communauté. Cette procédure en gigogne de la pensée respecte les conditions d'élaboration théorique de l'objet jeunesse, en lui assignant des cadres déterminants qui chacun découvre une réalité partielle, construite, qui se cache sous "le mot jeunesse". Mais cette diffraction fige l'exotisme associé à cet objet dans les représentations que l'on s'en fait. Les émotions suscitées par cet étrangeté de la jeunesse "disparaîssent" dans sa construction objectale . Elles sont, dans la plupart des travaux, au mieux citées comme effets. La crainte, la peur, la colère, l'attirance, les fantasmes, le soupçon -bref l'intérêt dans sa dimension affectuelle-, sont analysés le plus souvent comme la conséquence d'une réalité, le "résultat" d'une combinaison de facteurs que le sociologue -grand prêtre!- va "débusquer", mettre à jour, expliciter. Mais le sentiment, tramé par les grilles de collecte des données; reconstruit par le concept, perd de son étrangeté. L'objet jeunesse (ou jeunesses) devient familier, domestique, apprivoisé 2, du fait même qu'on en connaît la genèse et la logique; il perd de son exotisme en s'objectivant. Le journaliste saisit, lui, les émotions de l'air du
1 VERNANT, DETIENNE [l08] p.98. Les chiffres indiqués entre crochets renvoient à la bibliographie 2 C'est Y.BAREL qui rappelait que "nous n'arriverons jamais à faire miauler le concept de chat"[4] 8

temps et les donne à voir. Les faits sont tramés par les réseaux de communication qui les cadrent, les découpent et les montent. Le journaliste met en scène deux figures de la jeunesse: -celle issue des statistiques, des sondages et des questionnaires, qui "montrent" des tendances collectives, des attitudes, des styles censés figurer un portrait-robot de toute une classe d'âge: les jeunes sont alors affublés de noms d'oiseaux par la presse quotidienne: "la bof génération", "la génération perdue" etc...; -et celle de l'événementiel, celle qui fait ou qui peut faire événement. C'est la catégorie des jeunes de la rue. L'événement pour le journaliste est une émotion, qui se dissémine dans la rue par les affects. C'est un "fait notable" dont la valeur dépend de sa puissance émotionnelle. C'est pourquoi il sera sensible à l'émotion que suscitent les turbulences publiques, surprenantes et spectaculaires des zonards de banlieues. C'est ainsi que, périodiquement, la presse, au moins depuis 1950, titre sur "ces jeunes qui font peur", depuis les "blousons noirs"l jusqu'aux skins et zoulous. Les événements relatés ont toujours trait à une irruption turbulente ou étrange dans l'espace public. Le récit journalistique, comme celui qui circule dans la rumeur, insiste sur "l'exotisme" de ces manifestations publiques. Ces récits imagés soulignent les émotions qu'ils racontent et font appel souvent aux stéréotypes: il faut figurer les fauteurs de troubles, leur donner un "look", barbare quant à faire. Ces looks, qui prolifèrent dans la ville, relèvent aujourd'hui d'une socialité de rues qui fait partie du paysage; mais lorsque le masque est perçu comme l'indice de pratiques excessives, immorales ou dangereuses, il renvoie à une forme exotique, il devient étrange. On condamne une silhouette (un profil, un faciès) si elle rappelle des peurs profondes, si elle signale un danger pour
l "Alcibiade moderne" disait E.MORIN

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l'ordre établi, si elle suppose un franchissement des limites, si elle "monstre" une figure maudite. La presse, et l'opinion publique, ont une relation épidermique aux jeunes de la rue : les loubards sont de ceux qui font trembler parce qu'ils représentent le risque, la menace de l'exclusion. On tremble à la limite, là où les profils menacent de déborder. Le frisson à la vue des faciès crée des sueurs froides. Le fait divers et la rumeur publique, en figurant le risque sous le masque des loubards, activent ces émotions partagées et situent le danger, la zone à risques. "Les jeunes qui font peur" indiquent un lieu, une zone, un milieu. Ils situent le quartier "chaud", la "zone sensible", névralgique, qui réagit à de faibles excitations. Si les skins ou les zoulous font peur, c'est qu'ils sont rattachés à la zone qui les nourrit et à la ville qui leur permet d'exister. Les milieux cantonnés dans ces zones -ces classes dangereuses- sont vécus comme des zones d'ombre de la ville. Les jeunes de la rue , qui prennent les risques et font trembler, sont apparentés aux zones sensibles. Leurs comportements tumultueux, vagabonds, les formes particulières de leurs regroupements, sont moins le fait d'une culture juvénile que d'une violence localisée qui ainsi prend figure. n existe bien deux façons de voir les jeunes de la rue, selon ce qu'ils représentent dans l'imaginaire collectif ou selon ce qu'ils sont dans la réalité d'un milieu. Au quotidien, la fonction qu'ils occupent dans le monde des représentations rejoint la réalité concrète de leur existence sociale. "L'idée qu'on s'en fait" est une composition temporaire qui fluctue selon les événements plus ou moins proches qui ont impressionné notre stock de connaissances disponibles à leur égard. Plus les échanges quotidiens, les relations de proximité sont rares ou occasionnels et plus les typifications que l'on se fait d'eux passent par les représentations collectives (et donc médiatiques) à disposition. Plus l'information, les systèmes de communication passent 10

(sont tramés) par les canaux médiatiques et plus les relations intersubjectives sont placées "sous influence" : dans la rencontre quotidienne entre un adulte et un groupe de jeunes sur un lieu donné, les typifications des acteurs issues des représentations collectives engagent et orientent la relation. L'impression première influe sur la position adoptée a priori dans la rencontre. A contrario, les images véhiculées par la rumeur peuvent être modulées par les relations de proxémie avec les jeunes de la rue. Il est même possible que ces deux sources d'information renvoient à des constructions de réalité différentes, antagonistes, contradictoires. Ces deux dimensions de la réalité sont à prendre en compte simultanément pour comprendre les relations multiples et complexes, qu'entretient un collectivité à l'égard de ce groupe spécifié. Un exemple illustre cet état de fait: dans une commune ou un quartier de banlieue, il n'est pas rare qu'une population associe les troubles de l'ordre public et les jeunes de la rue. Mais lorsqu'il s'agit d'identifier les fauteurs de troubles, il est très fréquent que les élus ou les habitants du lieu désignent les jeunes de la commune d'à coté: "Ce ne sont pas nos jeunes" mais ceux de tel autre quartier. Dans le même sens et à un autre niveau, les mères de jeunes délinquants ne reconnaîssent pas leurs fils dans les figures qu'en dressent les journaux. C'est dans le jeu subtil entre les typifications du sens commun et les relations domestiques que l'on peut approcher le phénomène des jeunes de la rue dans sa réalité quotidienne.

Il

Chapitre 1 Gueules de loubs
Les images d'EpinaI que les adultes se font de la jeunesse changent à chaque génération. Mais elles dégagent toutes une impression diffuse de turbulence, d'énergie désordonnée. Cette turbulence s'accentue lorsque la jeunesse est perçue comme déambulation, déviance, dérive, lorsqu'elle souligne un trait, un caractère qui inquiète dans ce qu'il a d'incontrôlable, de "sauvage". Les "jeunes qui traînent" effraient, en focalisant sur eux les menaces de la rue. Ils occupent ostensiblement les carrefours, les places publiques, sans raison précise. Leur présence sans raison dans le passage n'est pas légitime et déjà illégale. Il n'est pas étonnant dans ces conditions que l'opinion publique les associe à toute forme d'effraction, de dépassement de l'interdit.. Michel Foucault décrit ce phénomène comme un "illégalismè spécifié" [43 p.282], une sorte de forme monstrueuse de l'infraction, centralement contrôlée, "close, séparée, utile". L'utilité de la délinquance, c'est qu'elle localise l'infraction, qu'elle la spécifie en la séparant de la communauté, en en faisant une "dissidence spécifiée" [Maffesoli 78 p.31]. Les activités délictueuses apparaîssent d'autant plus "sauvages" qu'elles se donnent comme telles, qu'elles ne se cachent pas derrière des conduites de façade normalisées, légitimées. C'est une violence, réelle ou fantasmatique, qui s'affiche et attire le regard, une violence effrontée, qui se porte au front sans rougir d'elle-même, une violence horsnormes et immorale. 13

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