Les origines symboliques de notre habitat

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Notre habitat n'est que le reflet de nous-mêmes : il restitue nos craintes et nos joies qui ressurgissent du plus lointain de notre mémoire génétique, reflète des archétypes qui proviennent de la tradition primordiale. Ce symbolisme est d'abord celui d'une nature progressivement divinisée, dont les constructeurs initiés se transmirent les enseignements à travers les âges et le civilisations.
Publié le : dimanche 1 avril 2007
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EAN13 : 9782296170308
Nombre de pages : 274
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LES ORIGINES SYMBOLIQUES DE NOTRE HABITAT

@ L'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris

http://www.Iibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanl@wanadoo,[r ISBN: 978-2-296-03011-4 EAN : 9782296030114

Alain-Claude

VIVARA T

LES ORIGINES SYMBOLIQUES DE NOTRE HABITAT

L'Harmattan

Villes et Entreprises Collection dirigée par Alain Bourdin et Jean Rémy
La ville peut être abordée selon des points de vue différents: milieu résidentiel, milieu de travail, milieu de culture. Ceux-ci peuvent être entremêlés ou séparés. Il en va de même des groupes sociaux qui communiquent à travers ces divers types d'enjeux. La dimension économique n'est jamais absente, mais elle entre en tension avec la dimension politique. Ainsi peut-on aborder la conception urbanistique ou architecturale, l'évaluation des politiques sociales ou socioéconomiques et les formes d'appropriation par divers acteurs. Pour répondre à ces interrogations, la collection rassemble deux types de textes. Les premiers s'appuient sur des recherches de terrain pour dégager une problématique d'analyse et d'interprétation. Les seconds, plus théoriques, partent de ces problématiques; ce qui permet de créer un espace de comparaison entre des situations et des contextes différents. La collection souhaite promouvoir des comparaisons entre des aires culturelles et économiques différentes.

Déjà parus

Augusto CUSINA TO, La genèse d'une culture locale d'entreprise au nord-est de l'Italie, 2007. Sylvette PUISSANT, Les ségrégations de la ville-métropole américaine,2006. François HULBERT (sous la direction de), Villes du Nord, villes du Sud, 2006. Jean-Pierre FREY, Henri Raymond, paroles d'un sociologue, 2006. Jean-Louis MAUPU, La ville creuse pour un urbanisme
durable, 2006.

Catherine CHARLOT-V ALDIEU et Philippe OUTREQUIN, Développement durable et renouvellement urbain, 2006. Louis SIMARD, Laurent LEPAGE, Jean-Michel FOURNIAU, Michel GARIEPY, Mario GAUTHIER (sous la dir.), Le débat public en apprentissage, 2006. Alain BOURDIN, Annick GERMAIN, Marie-Pierre LEFEUVRE (sous la dir.), La proximité: construction politique et expérience sociale, 2005.

À mon père et à ma mère,

Remerciements

à mafille Emmanuelle Vivarat et à Torsten Pflaum pour leur aide précieuse en informatique.

Alors Salomon dit: « l'Éternel a dit habiter dans le brouillard, J'ai bâti une maison pour lui, L'assise de son siège en pérennité. .. » La Bible ( VIII, 1,2)

« J'ai découvert une grande vérité, à savoir que les hommes habitent des maisons et que le sens des choses change pour eux selon le sens de la maison... »
Antoine de Saint-Exupéry, La Citadelle.

« Une demeure est faite de murs percés, de portes et de fenêtres, mais c'est leur vide qui la rend habitable. Ainsi l'homme construit des objets, mais c'est le vide qui leur donne un sens. C'est ce qui manque qui donne la raison d'être ». Lao Tseu, Tao Té KinJ~.

«Réservoir de soma, place d'Agni, séjour et siège des épouses, siège des dieux, tu es tout cela, ô déesse, ô hutte»
Atha11laVéda.

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TIa été démontré depuis fort longtemps et notamment par l'anthropologue Amos Rapoport, que les facteurs climatiques, historiques, économiques ou culturels ne sont pas les seuls facteurs déterminants des formes de l'habitat construit. Je me suis attaché à rechercher et à redécouvrir le fil conducteur qui est à la base de la maîtrise de l'espace par l'homme, en particulier dans son habitat propre, c'est -à-dire l'ensemble des conditions, des faits relatifs au logement et aussi par quelques autres exemples hautement significatifs, à titre comparatifs eux, tels que les lieux de culte. r ai tenté de démontrer, en prenant pour exemple l'habitat méditerranéen, comment des origines de l'habitat construit à la production d'espace du XXe siècle, c'est bien la signification symbolique qui a orienté et déterminé la construction de l'homme dans l'élaboration de sa maison. «My home, sweet homme », telles sont les paroles de l'hymne national américain. Le pourquoi, est la cause de mon hypothèse. D'après Edouard T.Hall, «le reproche le plus sérieux que l'on puisse adresser aux nombreuses tentatives d'interprétation du passé de l'homme est qu'elles projettent sur le monde visuel du passé la structure du monde visuel contemporain ». D'après Henri Lefebvre, «l'espace est un médium, milieu et moyen, instrument et intermédiaire, plus ou moins approprié, c'est-à-dire favorable.» Cet espace des lieux est lié à la mémoire. Les lieux sont le cadre de la mémoire, d'une mémoire matérialisée dans l'espace. La particularité et la totalité de cet espace renvoient chaque individu aux lieux dans lesquels il vit. Du point de vue méthodologique, j'ai été inspiré par la méthode pratiquée en paléontologie, science qui est proche de l'archéologie et où on peut appliquer les mêmes principes. Expérimenter une hypothèse, c'est vérifier. Vérifier, c'est constater les faits que l'on a produits, provoqués ou que l'on a prédit. En physiologie, en chimie, en physique, on peut produire des faits. En paléontologie comme en archéologie, on ne peut les produire, on ne peut que les supposer, non pas en anticipant sur l'avenir mais en étudiant le passé.

TIfaut admettre certains principes, par exemple et en premier lieu celui des corrélations: étant donné un ensemble, on peut toujours le reconstituer à partir d'un seul élément. Le second principe est celui des connexions: retrouver la variété et établir des connexions. Et enfin le dernier principe est celui d'homologie, conséquence directe du premier où deux éléments appartenant à des ensembles différents sont homologues quand ils offrent les mêmes
conneXIOns.

Cette méthodologie a ses détracteurs, elle serait un cercle vicieux pour certains. Revenant à dire: «L'homme étant ce qu'il est, il fallait que les choses se passent comme elles se sont passées pour que l'homme pût devenir ce qu'il
est devenu ».

A cela J.Piveteau répond: «Il faut considérer la causalité, c'est parce que le bateau est en aval que l'on peut dire que sa position antérieure en amont est la cause de sa position présente ». Et cette démonstration me fait penser à la théorie de la relativité qu'Albert Einstein a si bien démontrée dans la démonstration suivante: un enfant qui drible avec un ballon à côté de vous, le ballon décrit dans l'espace des mouvements de haut en bas pratiquement à la même place, tandis que si on observe un enfant qui drible avec un ballon dans un train qui passe devant vous, le ballon décrit alors des courbes, car avec la vitesse du train, le point d'impact du ballon se déplace. Il en est de même quand on voit par la fenêtre bouger les wagons voisins: pendant un instant on hésite; est -ce notre train ou le train voisin qui roule? L'itinéraire logique de la causalité remonte nécessairement le temps. L'analyse philosophique du temps ne peut se faire qu'à l'échelle des durées humaines. Elle montre que le propre de la vie est d'innover, d'inventer et si le passé se continue dans le présent, celui-ci était imprévisible dans le passé. Le sens du passé vient donc du présent. Je me suis inspiré de la démarche maçonnique, opérative et initiatique dans le sens où elle donne une place particulière aux analogies entre des éléments apparemment de nature différente et dans l'étude et la recherche des symboles, pierre cachée de la signification profonde. Si on applique ces théories à notre habitat, peut-on dire que pour anticiper sur l'avenir, c'est-à-dire prédire des faits, il faut expérimenter, constater des faits en découvrant le passé? Je réponds oui, sans hésitation, car à l'analyse du passé et suivant les principes énoncés plus haut, on s'aperçoit que les analogies et les constantes de l'habitat nous ramènent toujours à des données de base, purement symboliques,

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qui s'affranchissent des facteurs historiques, climatiques ou culturels car ils se rattachent à la Tradition Primordiale. Plutôt que de faire référence sans cesse à une culture judéo-chrétienne, qui n'a pas de sens logique car elle ne fait référence qu'à deux religions, il conviendrait mieux de dire, il me semble, que nous sommes issus d'une culture « celto-helleno-Iatine ». En effet ce sont les Celtes qui sont nos ancêtres directs avec toute une culture druidique et animiste. Puis vient s'ajouter où enrichir cette première base, les principaux philosophes grecs, Aristote, Pythagore, Platon et Socrate et leurs écoles qui sont les fondements de notre pensée occidentale, eux-même d'ailleurs imprégnés de l'école égyptienne d'Alexandrie. La culture hébraïque est peu présente car elle-même influencée par la culture égyptienne et du monothéisme d'Akhenaton. Ensuite on peut greffer la culture latine et chrétienne et on peut ajouter l'enrichissement apporté par la culture musulmane, ne serait-ce qu'au travers des mathématiques, de la médecine et de l'astronomie. L'influence de toutes ces cultures est plus qu'évidente dans l'architecture de l'occident et en particulier de son symbolisme propre et c'est ce que je vous propose de découvrir. Terra-Amata, premier habitat construit par l'homme à Nice, a été le premier exemple qui m'ait incité à élaborer mon hypothèse. Le mythe urbain, c'est-à-dire le désir de vivre dans une communauté construite, fut certainement l'un des éléments majeurs et hautement symboliques pour le nomade préhistorique qui, un jour, après beaucoup d'aventures, las de ses errances, devint sédentaire quand il eut appris à cultiver la terre, à ne plus se contenter de la cueillette et de la chasse mais à devenir paysan et éleveur. Il devint alors pasteur, et ce fait prit une telle importance que les premières civilisations choisirent les insignes du pasteur du troupeau comme symboles du chef de la tribu. Des pharaons portant le fléau et la crosse du bouvier, aux rois bergers de la Bible portant l'agneau sur les épaules, du prophète Abraham à Jésus en passant par Moïse ou bien Civa, protecteur des bovins dans le panthéon hindouiste, pour symboliser leurs Dieux et leurs guides spirituels, tous se sont servis de la symbolique du pasteur. La maison, et plus tard le village, la ville, représente pour l'homme une modification de l'environnement de sa propre volonté, par opposition aux méfaits que la nature lui imposait et qu'il subissait en étant nomade. C'est en quelque sorte sa première manifestation d'être supérieur, doué d'une

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intelligence qui s'oppose aux éléments. Mais ce n'est pas pour autant qu'il va pouvoir effacer de sa mémoire toutes les vicissitudes et aussi les bonheurs qu'il a connus lorsqu'il était nomade, ou plus antérieurement primate, vivant dans les arbres, comme nos lointains cousins les singes. Bien au contraire, ces pérégrinations l'ont tellement marqué qu'elles se sont imprimées au plus profond de son être et qu'elles vont ressurgir à travers une symbolique dont il ne peut s'affranchir sans risquer d'être désorienté parce qu'il en perdrait ses repères. La signification est dans le contenu plutôt que dans le contenant ou mieux encore dans le symbolisme qui relie le contenu, l'homme, au contenant, l'abri, la maison, la cité, la ville. TIest certain que le premier habitat de l'homme primate fut l'arbre. Ensuite peut-être plusieurs arbres à moitié abattus par la foudre, retenus par leurs branchages emmêlés qui formèrent une hutte pyramidale et donnèrent aux hominiens l'idée de construire une pyramide. Et jaillit ainsi la toute première symbolique: le triangle dans la tête de nos ancêtres. Ceci n'est qu'une extrapolation sans aucune référence précise mais elle me semble très vraisemblable. On sait que l'accroissement de la capacité crânienne, le recul du trou occipital, la réduction de la mandibule ont marqué l'évolution des pongidés et les ont conduits à l'adaptation croissante, à la bipédie. L'outillage lithique nous montre que petit à petit l'australopithèque puis l'homo habilis, l'homo erectus, l'homo sapiens néandertalis et enfin l'homo sapiens sapiens, se sont servis des minéraux pour aider à conquérir la nature. TI était donc logique qu'ils se servent de la pierre, d'abord en trouvant refuge dans les grottes naturelles et ensuite pour élaborer et construire leur abri. Mais le végétal et le minéral resteront à jamais gravés dans leur mémoire comme des référents à une symbolique sécuritaire. La construction en pierre est un signe de pérennité, la construction en bois de sécurité. «A la symbolique des espaces domestiques, culinaires, artisanaux, nocturnes, la délimitation des fonctions religieuses va s'accentuer avec toujours plus de netteté, des grottes sépulcrales néandertaliennes, aux temples néolithiques, tout y procède par délégation, de plus en plus forte, de plus en plus évidente, jusqu'à nos cathédrales, nos mosquées et nos stupas » comme l'écrit le professeur Marcel Otte de l'université de Liège, et encore: «L'espace sacralisé s'affine et se diversifie au gré des célébrations culturelles. Ses agencements figent au sol la trace des pratiques et nous restituent la structure architecturale ». L'Antiquité a construit en observant judicieusement les lois de l'apesanteur, mais l'apesanteur ne s'exerce que verticalement. La civilisation 14

de la Grèce antique a été profondément marquée par la notion de « polis» qui ne s'identifie pas avec l'idée de groupement urbain. Ces éléments étaient d'ordre politique, moral et religieux. Elle pouvait regrouper un système d'habitat dispersé, rural ou agraire, sous une appellation «les synœcismes ». Seul le «Prytanée », la maison des premiers de la cité était commun, c'était là que brûlait le feu sacré, qui ne devait jamais s'éteindre. L'architecte était considéré comme le spécialiste des «phénomènes célestes» (météorologos) le savant des choses de la nature comme l'écrit Aristote. Aussi critiqua-t-ille contenu des écrits d'Hippodamos de Milet, parce qu'il y avait mêlé des notions philosophiques néanmoins ce dernier traça les plans du Pirée sur la demande de Thémistocle (Ir siècle av Je). Hippocrate étudie dans son Traité sur les airs, les eaux et les sites, les effets des éléments naturels sur la constitution et la santé des habitants d'une ville. Platon, quant à lui, dans « Les lois », fournit quelques indications plus précises sur l'installation matérielle et sur le cadre où doivent s'épanouir les principes de justice qui sont les fondements de la cité platonicienne. TI préconise que le choix de l'implantation d'une nouvelle ville doit s'écarter du site maritime, nécessaire pour le commerce, mais pernicieux pour les habitants. Le port et l'activité qu'il engendre sont néfastes au développement moral du parfait citoyen, mais il en reconnaît les avantages matériels et les profits économiques qui en résultent pour les populations. Dans «Les lois », il précise notamment: «la proximité de la mer pour un pays est un agrément de la vie quotidienne, mais c'est un voisinage saumâtre et nocif; en y introduisant le commerce et le trafic de détail, en implantant dans les âmes des mœurs instables et incertaines, elle rend la ville méfiante et inamicale à l'égard d'ellemême et aussi de tous les autres hommes ». Ainsi la ville grecque se présentera, dans toute la Méditerranée, avec un port, une acropole et une agglomération, nettement séparés les unes des autres. On le voit bien, les éléments naturels sont intensément présents dans l'élaboration d'une ville. Pour les Romains, le mot cité vient du latin civitas, qui peut se traduire par civilisation. Le tout premier sens, qu'on peut donner à la ville, est à rechercher parmi les hommes, et non dans les abris, les constructions ou les matériaux qui la composent. Mais les Romains ont été les premiers à inventer le mortier, c'est-à-dire une maçonnerie liant la brique, le moellon ou la pierre entre eux. Ainsi ont-ils pu établir des points d'appui, représentant par leur assiette et leur parfaite cohésion des masses solides et homogènes, pour résister au poids et à la poussée des voûtes, rétablir ces pesanteurs et poussées sur des piles fixes, dont la résistance inerte était suffisante.

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Les Grecs n'emploient que la plate-bande dans leurs constructions lithiques, les Romains ont pu employer l'arc et ensuite la voûte. TIs purent, grâce à cette méthode, construire dans tous les pays conquis, en employant leurs soldats ou les gens réquisitionnés sur place, n'exigeant qu'un nombre restreint d'ouvriers habiles et intelligents, éviter des transports lents et onéreux de matériaux, et des engins pour les élever. Ils purent transporter leurs habitudes, leurs modes de construction et surtout les symboles sur presque toute l'étendue du monde civilisé de l'époque, avec seulement un petit nombre d'initiés à la science de construire. Vitruve, notamment, dans son traité d'architecture, en fut le condensateur, qui influença l'architecture du monde entier occidental, bien au delà de la Renaissance et de la période classique. Les « collegias fabrorum» ancêtres des guildes de maçons libres, furent les propagateurs des traditions de constructeurs et des secrets de fabrication. Le ciment romain n'a pas encore été égalé en résistance dans la durée. Les barbares qui envahirent les provinces romaines n'ont pas apporté avec eux d'autres méthodes de bâtir. Les traditions furent en partie perdues sauf dans la zone orientale de l'empire romain. Ce n'est que bien après l'époque carolingienne que la tradition des architectes romains de Byzance, qui avait gardé intacte et même perfectionné la voûte hémisphérique portée sur pendentifs, dont Sainte Sophie de Constantinople est l'exemple, fut à nouveau transmise. Elle se véhicula au travers de la fulgurante conquête des convertis à l'islam d'une part et aussi par les croisades et les ordres de moines-chevaliers, tel que les Templiers qui se sont aussi bien occupés de guerroiement que de constructions. La construction islamique est donc le trait d'union entre l'empire romain d'orient et le nouvel essor de la période romane. L'essor du Roman, issu en grande partie de la construction romaine se développa dans le sud de l'Europe d'abord et subit l'influence islamique du pourtour méditerranéen et du Moyen Orient. On retrouve au Puy en Velay des ouvertures trilobées avec des alternances de pierres blanches et de briques rouges identiques aux arcades de la grande mosquée de Cordoue. Puis ce fut le gothique avec une nouvelle technique de construction, la croisée d'ogives qui s'affranchissant du murpoids, permit d'élancer vers le ciel des constructions de pierres diaphanes. Mais ce sont toujours grâce à des bâtisseurs libres, francs-maçons, que se sont transmis les arcanes de la construction. Je me propose donc de vous faire découvrir, en recherchant dans le passé, l'ordre symbolique qui nous guide dans notre habitat, qui nous relie à nos ancêtres pithécanthropes et à la nature qui nous entoure, et dont nous sommes indissolublement, inéluctablement et indiscutablement l'un des maillon.

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Le pourtour de la Méditerranée est certes un lieu privilégié, puisqu'il a vu naître les premières civilisations (égyptiennes, hittites, phéniciennes, hébraïques, mésopotamiennes, grecques et romaines) c'est-à-dire l'un des endroits particuliers que l'homme a choisis pour s'y fixer.

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On constate, par la datation, l'immigration vers les régions tempérées, à partir du plus ancien site connu, celui d'Olduvay en Afrique du Sud, par l'Egypte, une progression par Latamne en Syrie, puis Vertesszüllüs en Hongrie, Heidelberg en Allemagne et enfin Choukoutien en Chine; une autre progression par Temifine en Afrique du Nord, Terra-Amata à Nice et Ambrona en Espagne, puis de Latamne à travers la Mésopotamie, l'Indus, la Thaïlande et la Malaisie. (voir Fig. 1).

L'homme préhistorique est d'abord un nomade. On pense qu'il était noir de peau à l'origine, et que peu à peu sa peau a pâli au fur et à mesure de son acclimatation dans les zones tempérées et froides. Nice, bien avant d'être le point de rencontre de gens riches et célèbres, a été habité depuis l'aube de l'humanité, puisqu'on y a découvert dans les années 60, le premier habitat construit par l'homme, sur le site de Terra-Amata, sur les pentes du Mont Boron, à deux pas du port actuel. Le site de Terra-Amata semble avoir été occupé par l'homme, vers la fin de la glaciation de Mindel, et durant l'inter glaciation Mindel-Riss, soit environ
400.000 ans avant Jésus-Christ.

Dans les trois niveaux de plage retrouvés, le plus élevé correspond à une période chaude, ce qui explique que le niveau de la mer était à 28 mètres audessus du niveau actuel. A cette époque donc presque toute la superficie de la ville actuelle était sous l'eau, la colline du Château était une île et la vallée du Paillon une sorte de fjord jusqu'à La Trinité. L'embouchure du Paillon devait se terminer par une zone marécageuse dont on a encore quelques traces aujourd'hui. (Fig. 2). Les ossements découverts appartiennent bien à une faune chaude (élephas méridionalis, rhinocéros de Merck) et la flore déterminée par l'analyse de pollens fossilisés évoque un climat chaud par rapport au climat des zones glaciaires (chênes, pins, aulnes, frênes). Les méthodes de datation sont multiples et différentes.

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En complément à la synthèse faite par les informations directes de ce type reçues à la découverte du site, s'ajoutent les méthodes dites au carbone 14, limité à 150.000 ans, et depuis peu les recherches des acides aminés dans certains ossements et la radioactivité de certaines roches. C'est au cours de la construction d'un immeuble, alors que j'étais un jeune architecte (salarié) en 1966, que le site fut découvert, et cela m'a permis de voir à l' œuvre les paléontologues, en particulier le professeur Henri de Lumley, et ensuite de concevoir le musée préhistorique de Terra-Amata, qui recueillera tout ce qui a été trouvé. On trouva d'abord l'emplacement d'une cabane d'environ dix sur sept mètres, de forme oblongue. La présence de nombreux trous d'environ trente centimètres de diamètre laissent supposer que le toit de la construction avait été maintenu par plusieurs troncs d'arbres, recueillis en bord de mer, charriés par la mer, comme on en trouve fréquemment. Ces trous se trouvaient sur un sol de plage qui est resté intact peut-être des siècles avant d'être recouvert par une nouvelle couche de terre et ainsi de suite. (Fig. 3).

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Au centre de l'habitation, on trouve un foyer, révélé par une zone de sable cuit très dur et décoloré, une murette de galets l'entourait destinée probablement à protéger le foyer des coups de mistral Le fait que le foyer et donc la cabane furent soumis aux courants d'airs incita le directeur de recherches, M. de Lumley a supposé qu'elle était construite en rondins et branchages. Autour du foyer, une zone circulaire était nette de débris ou de pierres, ce qui indiquait que les habitants devaient s'étendre là pour dormir, autour du foyer protecteur en ayant soigneusement ratissé toutes les pierres pour avoir 19

une surface bien plane. A quelques pas du foyer l'équipe de M. de Lumley découvrit l'atelier du tailleur de pierres, une pierre plate semblait indiquer l'établi de l'artisan car des éclats et des outils gisaient alentour. Ces rochers n'existaient pas naturellement sur la plage de sable, donc il a fallu que quelqu'un les transporte à cet endroit pour une destination particulière. J'étais fasciné par la déduction logique que les paléontologues établissaient à partir de très peu d'éléments. Une fois, je doutais vraiment de leurs affirmations et comme je demandais aux chercheurs comment ils étaient sûrs que l'entrée de la cabane était là et pas ailleurs, ils me répondirent très simplement. Quand vous êtes en camping et que vous grignotez du poulet par exemple, dans votre tente, que faites-vous des os ? Je leur répondis que vraisemblablement je jetterais les os par l'ouverture de la tente. Avec un sourire ils me firent remarquer que l'emplacement présumé de l'entrée de la cabane était jonchée de petits ossements de volatils, rongeurs etc. C'était d'une logique irréfutable. Mais la découverte la plus étonnante fut celle de l'empreinte d'un pied humain d'environ 25 cm. On exhuma en tout 21 niveaux différents d'habitation. Les cabanes avaient été dressées en trois points: quatre sur le banc de plage, six sur la plage et onze sur la dune. Ces cabanes étaient toutes de forme ovale, de neuf à dix mètres de long sur quatre à sept mètres de large. Leurs contours ont tous pu être reconstitués grâce aux amoncellements de pierres et traces laissées par les rondins. La dimension des cabanes amène à penser que les occupants devaient être des groupes de quinze individus maximum. L'équipe de M. de Lumley en déduisit qu'il s'agissait seulement de chasseurs en expédition temporaire de chasse. Aucun ossement humain n'a été découvert. TI y avait un coin cuisine représenté par une sorte d'établi, portant de nombreuses entailles, qui avait servi à découper la viande. Plus loin des excréments fossilisés délimitaient une zone de toilettes. L'analyse de ces matières a permis de dater l'époque d'occupation des cabanes par l'analyse des pollens qui y étaient contenus. En effet certaines fleurs, comme les genêts par exemple répandaient leurs pollens sur tout ce que mangeaient les humains. Cette époque se situe donc à la fin du printemps et au début de l'été. Cette époque est encore confirmée par la présence de gibier abondant, d'où leurs expéditions de chasse. Outre les ossements de gibier, de nombreuses coquilles ont été trouvées sur le site, prouvant que les chasseurs étaient à l'occasion pêcheurs, où du moins agrémentaient leurs menus par des fruits de mer.

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On prouve aussi leur nomadisme par la présence d'outils lithiques, taillés dans une roche volcanique, provenant de l'Estérel à quarante kilomètres de là. La découverte d'ocre rouge, également absente sur le site, suggère l'idée que ces premiers hommes pratiquaient la décoration corporelle et qu'ils l'emmenaient avec eux. Elle avait donc une importance particulière, croyance ou début de religiosité liée à une pratique rituelle de peinture de guerre? L'une des découvertes les plus énigmatiques fut l'empreinte sphérique laissée dans le sable. M. De Lumley l'attribue à un récipient de bois pouvant contenir de l'eau. Les individus qui construisirent ces cabanes ne semblent pas y avoir séjourné longtemps car le sol se serait tassé sous leurs pieds, ce qui n'est pas le cas. Où les chasseurs du paléolithique de Terra-Amata émigraient-ils après leurs séances de chasse? Emmenaient-ils leurs femmes avec eux? Il est probable que non et que le reste de la tribu, femmes, enfants, vieillards, vivait ailleurs, dans un endroit plus sédentaire. On peut toutefois affirmer que des groupes de quinze membres vivaient en communauté, à l'aube de l'humanité, sous un même toit, et que leur mode de survie était la chasse, la pêche, la cueillette et qu'ils vivaient près des points d'eau et des endroits de regroupement de gibier. Mais surtout on observe déjà une répartition des espaces dans leur habitat en fonction des tâches: couchage, cuisine, fabrication d'outils, défécation, qu'ils éprouvent le besoin de décorer leur corps et qu'ils retournent aux mêmes endroits pour effectuer les mêmes tâches. D'après des avis partagés, il semble que le regroupement autour de foyers favorise la conscience individuelle. Certains pensent que la propension innée à l'agressivité est un héritage de nos ancêtres animaux. D'autres prétendent que le caractère de l'homme ne comporte aucune agressivité foncière, mais seulement un certain potentiel pour ce type de comportement, et que ce potentiel est formé par la société. Pourtant les anthropologues qui ont observé les tribus, comme les Bochimans dans le désert du Kalahari en Afrique du Sud et les Tasaday en Indonésie qui ont une forme de vie très proche des hommes préhistoriques, notent qu'ils ne manifestent ni sens territorial, ni agressivité mutuelle marquée. Peut-on conclure que la guerre, l'instinct de domination, l'âpreté et la cruauté constitue les acquisitions plus tardives?

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Par contre une certaine pratique rituelle se fait déjà jour. Près de TerraAmata, on a aussi découvert un autre site d'habitation, mais celui-ci aménagé dans une grotte naturelle, dite du Lazaret, de onze mètres de long sur trois mètres de large, daté de 200000 ans av JC. (Fig. 4). Une ceinture de pierres dessine ses limites. Des interruptions marquent les points de sortie. L'hypothèse est là aussi confirmée par des esquilles d'os entraînées hors de l'habitation par des pieds humains. On note la présence de foyers par de petites dépressions creusées dans l'argile, on note aussi une zone de couchage, déterminée par des litières et par de minuscules coquilles marines trop petites pour avoir un but alimentaire mais qu'on retrouve sur une espèce de varech recueillie par l'homme sur les plages voisines. Ce varech était recouvert de peaux de loup car on trouve aussi une répartition d'os des extrémités de ces carnassiers autour des litières.

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Par l'étude des ossements de mammifères trouvés dans la zone habitée et les analyses sédimentologiques, il a été établi que les hommes se sont installés là pour passer l'hiver avec leur famille. Quelques restes humains l'attestent: incisives et canines et un pariétal d'enfant. Au fur et à mesure de l'évolution de l'homme, on s'aperçoit que l'habitat évolue et que les structures de l'habitat du Lazaret sont devenues plus complexes, plus élaborées, présentent des compartimentages inégaux en dimension mais les fouilles ne permettent pas de dire à quoi cela correspond. A Tourrettes-sur-Loup, à quelques kilomètres de là, les premiers Homo sapiens vivent dans des grottes mais enterrent leurs morts, déposent des offrandes autour de la dépouille, décorent les cadavres de terre rouge et pratiquent peut-être une sorte de cannibalisme rituel. Nous sommes 50000 ans avantJc. Les structures sociales s'installent, l'art fait son apparition dans un but magique ou religieux. Le sol des aires de vie est saupoudré de terre rouge. On a retrouvé un petit dolmen près de cette zone. Plus tard, divers oppidums seront dénombrés dans la région, prouvant une installation de plus en plus sédentaire. Mais il est sûr que la domestication du feu engendra chez l'homme une tendance nouvelle à la sociabilité. Attirés par la chaleur du foyer protection que la flamme leur apportait contre les fauves, les d'hommes, de femmes et d'enfants pouvaient ainsi prolonger la journée tombée de la nuit. primitif et de la groupes après la

Groupés dans la sécurité du feu, ils pouvaient travailler à la fabrication d'armes et d'outils, cuire la nourriture, la manger puis dormir. Le foyer devint ainsi le centre autour duquel se cristallisa une existence de plus en plus vouée à la famille. En outre, l'obligation d'entretenir le feu en permanence renforça l'importance du camp de base qui représentait un lieu, même provisoire, où les femmes pouvaient soigner les enfants et vers lequel revenaient les chasseurs. A mesure que se développait le sens du foyer domestique, les membres du groupe durent être stimulés par leurs besoins et expériences mutuels à verbaliser davantage. Ainsi, ils accéléraient une évolution primordiale: le langage. Par contre, l'homo erectus naît avec seulement 30% de son cerveau, contrairement aux animaux qui ont, dès la naissance, 65% de leur capacité, ce qui entraîne une dépendance plus longue de l'enfant avec sa mère. Certaines structures sociales sont apparues à partir de cette dépendance et n'appartient qu'à l'homme. La dépendance de l'enfant en bas âge a suscité d'importantes modifications dans les liens entre les hommes et les femmes. Ceci explique le déplacement des chasseurs seuls, laissant les femmes et les enfants dans un camp de base et la relation tripartite: homme, femme, enfant. 24

Cette interdépendance est commune à tous les types de groupement ultérieur: responsabilité des hommes dans la recherche de la nourriture, dépendance des femmes et soins donnés aux enfants ainsi que la cueillette et plus tard l'élevage et soumission des enfants. La nécessité de se grouper pour chasser plus efficacement contribue à la naissance du groupe. On a calculé qu'il fallait un territoire de chasse de 25 kilomètres carrés par individu (soit 750 kilomètres carrés pour trente chasseurs). Cela représente des déplacements importants, incompatibles avec une famille. Des relations intergroupes se sont créées pour chasser le gros gibier, contribuant ainsi à l'exogamie (contraire à l'endogamie) et de la naissance du tabou de l'inceste. Le regroupement autour du foyer, au sein de son cercle de sécurité délimité, fit naître un sens nouveau de l'amitié et de la communauté. Les hommes purent ainsi commencer à réfléchir au-delà de toute préoccupation de survie, ébaucher de nouveaux concepts, développer un langage, améliorer leurs outils. D'après le professeur Marcel Otte de l'université de Liège: « le foyer a donc une valeur symbolique immense: c'est un lieu de ressourcement, de réconfort, d'échange et de protection il réunit tous les ingrédients de la sacralité, là où précisément la matière se transforme au service de la volonté humaine, sous une forme collective et ostentatoire ». TI semble bien que les conflits jailliront plus tard, quand les hommes possèderont des biens qu'ils ne voudront plus partager. Même si Terra-Amata ne fut qu'un campement provisoire de chasseurs, le fait qu'ils soient revenus plusieurs années de suite montrent que les hommes choisissent un site qui leur convient et s'y fixent. C'est le début de la sédentarisation qui va générer le village, la cité. Au paléolithique, la femme occupait, au sein du groupe, une place essentielle. L'art, témoin de l'épanouissement de la pensée symbolique, prend naissance dans le cadre eurasiatique, inspiré par la faune environnante et aussi par la femme, comme en témoignent de nombreuses figurines, stylisées ou très réalistes. Ces statuettes ont des formes stéréotypées, avec exagération du volume des seins, du ventre et des hanches et atrophie de la tête et des membres. Déjà les artistes dépassent le stade de la figuration objective; ils mettent en valeur ce qui est proprement féminin par nature ou par fonction: la région du bassin et les seins, représentations d'états physiologiques féminins se rapportant à la grossesse.

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L'importance accordée à ces parties du corps donne à l'œuvre d'art paléolithique une forme générale losangique que nous allons trouver, beaucoup plus tard, dans la forme du colombage des fermes alsaciennes. L'obésité est devenue synonyme de prospérité et, par la suite, idéal de beauté. Alors qu'on imagine des sociétés où l'homme assurait la survie, c'est l'image de la femme qui prédomine. Faut-il en déduire que la femme était vénérée comme une déesse? L'habitat permanent, qui précède celui de l'agropastoral, symbolise la protection de l'accouchement dans les meilleures conditions, c'est la survie de la femme et de l'espèce. Les « Vénus callipyges» obèses, aux flancs exagérément élargis, peintes ou sculptées, ne sont pas une manifestation de l'érotisme mais de la génétique et de la fécondité. La mère est donc associée à la terre et à l'eau, parce qu'elle représente la germination de la graine qui va produire un nouvel être humain comme les végétaux ont besoin de la terre et de l'eau. Par opposition l'homme quitte le foyer pour chasser, rapporter de la nourriture et le feu. Le feu source de chaleur et de lumière a des répercussions sur l'évolution psychique de l'homme. La lumière, entretenue la nuit par le feu, chasse les peurs ancestrales et protège des prédateurs. L'homme, le père, est donc associé au ciel et au feu. A l'âge du bronze, le premier plan passe au guerrier dans une société où l'on privilégie désormais l'inégalité et la violence. Dès lors, le culte de la force et des armes va s'affirmer jusque dans l'art rupestre et reléguer la femme à un rôle de second plan. La première analogie va naître: terre + eau

= mère.

ciel + air

= père.

D'après G. Bachelard et c.G.Jung une échelle descendante doit nous aider à descendre dans notre inconscient par des symboles équivalents: ventre, sein, utérus, eau, mercure, principe d'assimilation, principe de l'humidité radicale. « La délimitation des espaces habités manifeste, aux tout débuts, la socialisation des groupes humains: l'existence d'une aire protégée circonscrite par des pierres, restitue la séparation d'un espace culturalisé, opposé au chaos extérieur de la nature» écrit encore le professeur Marcel Otte. Les traces de l'habitat préhistorique dans les Alpes maritimes peuvent se définir ainsi:

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1.000.000 années avant JC : la grotte du Vallonet à Menton, 400.000 ans avant JC : 200.000 ans avant JC : 50.000 ans avant JC : 30.000 ans avant JC : 2.000 ans avant JC :

la cabane de Terra-Amataà Nice, la grotte du Lazaret,
les grottes de Tourettes-sur-Loup, les grottes de Grimaldi à la frontière italienne,

les peintures rupestres du Mont Bego.

L'art des civilisations magdaléniennes atteint son apogée avec, à nouveau, un développement de figurations féminines avec une grande variété, surtout dans l'art pariétal des grottes « sanctuaires ». Ces grottes sanctuaires sont un endroit privilégié, choisi pour y accomplir des rites liés à des croyances. Ces croyances vont se manifester par de nombreuses figures peintes ou gravées, réalistes ou abstraites, porteuses d'une valeur symbolique car « le sacré se manifeste toujours comme une réalité d'un tout autre ordre que les réalités naturelles» a écrit Mircea Eliade. Peut-être la période des dernières glaciations y est-elle pour quelque chose parce qu'à nouveau les hommes doivent se réfugier dans des grottes aménagées, mais la délimitation des fonctions religieuses s'accentue avec plus de netteté.

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