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Penser les périphéries une expérience brésilienne

De
174 pages
"Les favelas dont tout le monde se fait une idée, synonyme de pauvreté, de mal logement et de misère généralisée, ont dans cet ouvrage une traduction réelle, concrète et positive, représentée par la Communauté du Parque Royal. Le lecteur se familiarise avec les habitants de cette favela, avec leur mode de vie, leur histoire, leur rêve, leur peine et leur joie et surtout leur mode d'action, social et politique, sur le plan de l'éducation, de la santé et de l'habitat". (Benyounès Bellagnech)
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Lúcia Ozório
PENSER LES PÉRIPHÉRIES UNE EXPÉRIENCE BRÉSILIENNE
P o u ru nn o u v e a ut y p ed ep o l i t i q u ep u b l i q u e d ec o n s t r u c t i o nd uc o m m u n
R E C H E RC H E S A M É R I Q U E S L A T I N E S N
Préface de Benyounès Bellagnech
PENSER LES PÉRIPHÉRIESUNE EXPÉRIENCE BRÉSILIENNE
Recherches Amériques latines Collection dirigée par Denis Rolland et Joëlle Chassin
La collectionRecherches Amériques latinespublie des travaux de recherche de toutes disciplines scientifiques sur cet espace qui s’étend du Mexique et des Caraïbes à l’Argentine et au Chili.
Dernières parutions Robert CABANES,Economie morale des quartiers populaires de São Paulo, 2014. Tamar HERZOG,Rites de contrôle et pratiques de négociation dans l’Empire espagnol. Dialogues distants entre Quito et Madrid (1650-1750), 2014. Guyonne BLANCHY,Le vignoble argentin de Mendoza et e e l’influence française, XIX -XXIsiècle, 2014. Jose Maria TAVARES DE ANDRADE,Une mythologie brésilienne, 2014. German A. DE LA REZA,En quête de la confédération. Essais e d’intégration des républiques hispano-américaines au XIXsiècle, 2014. Alexandra ANGELIAUME-DESCAMPS, Elcy CORRALES, Javier RAMIREZ, Jean-Christian TULET (dir.),La petite agriculture familiale des hautes terres tropicales. Colombie, Mexique, Venezuela, 2014. Marcio de Oliveira,Brasilia entre le mythe et la nation, 2014. Patrick HOWLETT-MARTIN,La politique étrangère du Brésil (2003-2010). Une émergence contestée, 2013. Denis ROLLAND, Marie-José FERREIRA DOS SANTOS et Simele RODRIGUEZ,Le Brésil territoire d’histoire. Historiographie du Brésil contemporain, 2013. César CARILLO TRUEBA,Plurivers. Essai sur le statut des savoirs indigènes contemporains, 2013. Aristarco REGALADO PINEDO,L’ouest mexicain à l’époque des e e découvertes et des conquêtes (XVI– XVIIsiècle),2013.
LÚCIA OZÓRIO PENSER LES PÉRIPHÉRIESUNE EXPÉRIENCE BRÉSILIENNE Pour un nouveau type de politique publique de construction ducommunPréface deBenyounès Bellagnech
© L’HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-04017-2 EAN : 9782343040172
PRÉFACE _________________________________________________ Réanimer le rêve pour enchanter les mondes. C’est par un rêve que l’on rentre dans cet ouvrage et ce n’est pas par hasard que cette posture se déploie dans le texte, car elle prolonge une tradition qui s’est installée dans le courant de la pensée institutionnaliste. René Lourau situe le rêve au centre de l’implication. En effet, après avoir transcrit certains de ses rêves dans ses journaux, lesquels font partie intégrante de ses ouvrages, R. Lourau a esquissé une nouvelle approche du rêve qui tente d’aller au-delà de l’approche interprétative de la psychanalyse. Georges Lapassade fait de même dansEssais d’analyse interne,2008. L’approche binaire, rêve –réalité ou encore inconscientconscient, se trouve ébranlée, dépassée lorsque le rêve transgresse son déroulement initial pour accompagner l’analyse et s’inscrire définitivement dansle texte. Ainsi Lúcia Ozório donne une nouvelle dimension à l’implication du chercheur dans la recherche et dans la restitution sous forme d’un ouvrage impliqué. D’entrée de jeu, les lecteurs rencontreront les hommes dumorroet l’épingle en guise d’introduction, et au fil des pages, ce rêve va fonctionner comme analyseur, sachant que l’analyseur guide le chercheur dans son terrain et lui sert de boussole. Si l’on songe à la place accordée au rêve dans la pensée classique, on se rend compte qu’elle le situe dans la périphérie par rapport au centre qui serait le conscient. Lúcia Ozório tente ici un dépassement dialectique de cette position en plaçant le rêve au centre du texte, afin de penser les périphéries. Une autre originalité de ce travail réside dans le traitement des périphéries. Rappelons que la question du centre et de la périphérie et de leur développement inégal, a été traitée d’abord par Samir Amin, dans une approche économique. Henri Lefebvre s’appuie sur ses analyses pour élargir la recherche sur le plan social et urbain et Lúcia Ozório prolonge la démarche en l’appliquant à la communauté. Pour l’auteur, il ne s’agit pas d’un centre et d’une périphérie au singulier, mais comme il est précisé dans le titre, il est question dans ce livre des périphéries au pluriel par rapport aux centres au pluriel également, car
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ces deux notions englobent l’espace-temps des communautés, leur lutte pour la vie contre les forces dominantes. Les favelas dont tout le monde se fait une idée, synonyme de pauvreté, de mal logement et de la misère généralisée, ont dans cet ouvrage une traduction réelle, concrète et positive, représentée par la Communauté duParque Royal. Par le biais de cet ouvrage, le lecteur se familiarise avec les habitants de cette favela, avec leur mode de vie, leur histoire, leur rêve, leur peine et leur joie et surtout avec leur mode d’action, social et politique, sur le plan de l’éducation, de la santé et de l’habitat. Pour le lecteur francophone, la notion de communauté telle que la développe Lúcia Ozório est salutaire à plusieurs titres. En effet en France, la notion de communauté est connotée et renvoie souvent au communautarisme pour désigner la division, la ségrégation, la séparation et l’opposition au centre. Bref, il s’agit d’une périphérie nuisible à la cohérence d’une société supposée homogène, d’une Nation unique et indivisible ne laissant aucune place aux différences. L’auteure apporte de l’air frais à cette posture vieillissante, en reprenant le sens initial de la communauté qui s’appuie sur l’en commun de base des humains, c’est-à-dire le vivre ensemble dans la praxis, dans la création, dans l’espérance et dans l’œuvre collective. Toute lecture est une interprétation à partir du su, du perçu et du conçu ;la mienne ne déroge pas à la règle. En effet, je peux affirmer ici que je me sens partie prenante dans la gestation de ce travail de recherche original ou du moins dans sa dimension épistémique. Je fais partie avec l’auteure de cet ouvrage de la même communauté de référence. Nous avons participé ensemble à la bataille contre certains gardiens et douaniers du savoir universitaire qui n’acceptent ni le contenu ni la forme du savoir produit par les communautés des favelas, par crainte de se sentir déstabilisés dans leur temple bureaucratique du savoir et de la pédagogie de l’impossible. A l’instar des habitants duParque Royal, notre lutte est passée par des alliances au sein et à l’extérieur de l’institution universitaire afin de faire valoir la validité de cette recherche, entre autres. Notre mouvement s’est traduit par la création de la revueLes IrrAIductiblesLúciaet la collection universitaire «Transductions ». Ozório participe activement à cette action et devient l’un de ses représentants internationaux au Brésil et ailleurs. L’implication présentée et analysée par l’auteure de ce livre nous renvoie à nos implications, d’où la singularité relative de son
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terrain LeParque Royalrapport à l’universalité des favelas si par l’on peut s’exprimer ainsi. Si Guy Berger fait la remarque suivante sur le nom des «favelas »,le comparant à la dénomination «La Cité »ou «Les cités» donnée par les banlieusards à leurs quartiers, je peux faire la même remarque sur les bidonvilles au Maroc où l’on retrouve le même procédé quant à la dénomination des quartiers. Ainsi, j’ai connu un quartier situé dans la périphérie de Meknès, un des bidonvilles de la ville dont le nom est Borj Moulay Omar, et Borj signifie citadelle d’un notable. On y retrouve la même volonté de valorisation du quartier dans ce cas précis qu’aux favelas du Brésil, face aux forces étatiques et sociales qui tentent de marginaliser ces quartiers en les criminalisant pour les exclure et les mettre au banc de la société. Dans cet ouvrage, les connaisseurs de l’analyse institutionnelle reconnaîtront la machine conceptuelle qui permet un certain type d’intervention et une socianalyse sans commande étatique ou financière, mais une implication permanente et durable sur le terrain de recherche. Il faut souligner que Lúcia Ozório est en contact permanent avec la communauté duParque Royal depuis plus de dix ans. Elle réussit ainsi à réaliser un des objectifs de l’analyse institutionnelle qui tend, entre autres, à ce que l’analyse soit faite et généralisée par les acteurs sociaux, en l’occurrence dans ce cas par les habitants des favelas. D’autres approches sont à l’œuvre dans ce livre telles que l’interculturel, les récits de vie, la narration, l’autogestion et la réflexion qui rejoignent dialectiquement l’action des habitants des favelas. Les étudiants, les chercheurs, les intellectuels, les curieux et les professionnels de santé, de l’urbanisme… trouveront làdes outils pour approfondir la connaissance des périphéries. L’un des souhaits des habitants duParque Royalque leur est vie et leur histoire soient connues partout. Cet ouvrage est un support permettant de transmettre ce message d’espoir et de le faire connaître aux autres mondes des favelas ou à leurs équivalents dans d’autres pays, autres que le Brésil. Ben ounèsBellagnech, Rédacteur en chede la revueLes IrrAIductibles,Université Paris 8 Directeur de la Collection "Transductions" Université Paris 8 Président de l'association Analyse institutionnelle sans frontière
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