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Traité de la perspective linéaire

De
61 pages
Agrémenté de schémas, ce texte expose la fameuse théorie dite des pyramides, ou comment transposer sur un plan en deux dimensions un effet tridimensionnel. Bien plus qu'un simple traité d'esthétique, il constitue une réflexion quant à notre appréhension du réel. Tant de clairvoyance et de perspicacité ne peuvent que saisir le lecteur moderne.
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Léonard

de Vinci

Traité de la perspective
Traduction de Vincent Gréby

linéaire

L'HARMATTAN

@ L'HARMATTAN,2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique;

75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-03720-5 EAN: 9782296037205

Introduction

Le présent texte est une traduction du traité de la perspective linéaire de Léonard De Vinci remis en forme par Jean Paul Richter dans une édition de 1881 sous le titre «The Literacy Work of Leonardo da Vinci». Ladite édition présente l'avantage d'avoir compilé prés de 1500 manuscrits. Allant du traité des ombres aux conseils pour l'agencement d'un atelier, cette somme de textes offre un panorama important des travaux du MaÎtre. Jean Paul Richter a retranscrit les manuscrits et les a traduits en anglais. Son entreprise ne s'est pas arrêté là. Les textes originaux de Léonard de Vinci sont difficilement appréhendables. Sa graphie se lit en miroir, son orthographe est très particulière, de plus lesdits manuscrits sont épars. Disséminés dans des bibliothèques européennes et dans les collections privées, la somme de textes redécouverts ne cesse de se régénérer de siècle en siècle. Dans les années1960 à Madrid furent mis à jour de nouveaux écrits,

répertoriés sous le nom « Madrid 1 et Madrid 2 », complétant la somme déjà extraordinaire des 5000 pages recensées sur les
13 000 estimées. Remarques, dessins, humeurs, conte, retour d'une idée à une autre ponctuent ce journal de bord d'un esprit chercheur. Cette entité offre au lecteur une prise directe sur la fermentation des concepts et des idées, la construction et la mise en forme de projets, et tout simplement le quotidien d'un homme de la Renaissance. Le traité de la perspective linéaire fait partie d'un ensemble constituant un manuel de peinture, y sont développés les problématiques d'ombres et de lumière, de perspective, mais aussi des aspects plus pratiques comme la construction d'un atelier, ou une série de conseils aux jeunes peintres. Au fil du temps, le texte va subir de nombreux aléas, il est édité quelques années après la disparition de Léonard de Vinci par son premier assistant Francesco Melzi en 1570. C'est à cette période que commencent aussi la dispersion des documents, et le morcellement des parties dessinées à valeur technologique et des

parties à valeur artistique. À cette même époque, une copie de certains manuscrits notamment du traité de la peinture est faite et déposée à la bibliothèque du Vatican. Ce texte servira de base à l'édition de 1847 de l'abbé Manzi dédiée au Rois Louis XVIII et plus tard à l'édition savante d'Heinrich Ludwig. De 1637 à 1796 une partie des textes se retrouvent à la Bibliothèque de Ambrosiana. Napoléon dans l'élan de ses conquêtes rapatriera de Milan ces manuscrits en France, ils seront déposés à l'Institut de France. Classé de la lettre L à M ce trésor de guerre regroupe une somme de notes traitant de la peinture aux problèmes hydrauliques, et notamment le Traité de la perspective linéaire. Mais bien avant, Raphaël Dufresne publie en 1651 un ensemble sous le titre Trattoria de la Pintura y de la mouvamente data la luce con la vita deI autor. Cette édition sera traduite quelques années plus tard en français par Friart de Chambray. Nombre d'initiatives émanant d'instituts, d'académies, vont tenter de présenter l'œuvre écrite de Léonard de Vinci. Les textes originaux n'auront de cesse au cours des siècles d'être présentés sous une forme fragmentaire, entremêlée de remarques et autres commentaires. Poser une datation sur ces écrits est très difficile, leur dispersion et l'aspect non chronologique des études rendant la tâche difficile. On dit que Leonard de Vinci a rédigé le traité de la perspective linéaire à Milan autour de ses quarante ans. Rien ne peut l'affirmer ni l'infirmer. Sa célèbre théorie des pyramides y est exposée. Proposant de découper l'espace en forme pyramidale -l'apex est le regardeur-, il définit ainsi la non-uniformité des objets en taille et valeurs. Transposer sur une surface plane un effet tridimensionnel suppose une mise en relief des objets aplatis. Cette approche de la perspective linéaire n'est pas propre à Léonard de Vinci; le peintre s'est inspiré de traités existants, la part originale réside plus dans le cheminement de la pensée. Avant de s'atteler à une recherche purement graphique, Léonard de Vinci a longuement étudié le fonctionnement de l'oeil. Au croisement de la physiologie et de la peinture, ce texte décortique le phénomène de la vue pour en extraire une théorie. 4

Jean Paul Richter a réussi avec brio à agencer de manière cohérente les articulations de ce raisonnement sans s'embourber dans un foisonnement d'annexes. Les paragraphes sont numérotés, posant ainsi une linéarité dans la lecture et le cheminement du raisonnement. Ce texte, selon l'agencement de Richter, se situe dans le premier volume de« The Literacy Work of Leonardo da Vinci» regroupant les traités d'optique et de peinture, le second volume s'attache à des problèmes plus techniques tels que l'architecture et la mécanique hydraulique. Le document, bien que retraduit du manuscrit original, propose une linéarité lisible, brute. Ce qui importe n'est pas l'historicité du texte ni la mise en relief de la théorie de la perspective linéaire, mais l'articulation d'un raisonnement ouvertement moderne. Loin de toute affirmation esthétique, ce traité dispense aussi une leçon de philosophie. La résonance de certaines phrases amène le lecteur à s'interroger sur son réel, et plus globalement sur le mécanisme d'appréhension et d'entendement des faits quotidiens.

Un objet posé face au regard n'est pas discernable dans ses contours. » Qu'est-ce qu'un objet dans le champ du vocabulaire
«

philosophique, qu'est-ce que la lumière, l'espace? Très vite il est aisé d'entendre ce discours non plus comme un traité de peinture mais comme une leçon de philosophie, de sagesse, de maîtrise de soi. Chose étonnante, les notions d'unité du monde se retrouvent

dans les écrits du peintre chinois Shin Tao dit
La comparaison

«

citrouille amère».
ou
«

des textes tend vers un point de convergence

le monde est monde, décrit comme un et unique

Le tout est dans

tout et dans chaque partie ». Vue taoïste d'un moine peintre de génie partagée par un confrère occidental! Les outils de réflexion et d'approche du réel sont identiques. La peinture ne se résume plus à une simple représentation du monde, car en soi elle est impossible, mais à poser un regard, à apporter, une réflexion sur le réel, sur soi. «Donc, peintre, remarque bien quelle est la partie la plus fruste de ta personne, applique-toi à la soigner dans tes

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œuvres car ce que tu as de bestial se reproduira en tes figures, lesquelles te ressembleront, l'esprit en moins». Cette corrélation de ces deux esprits chercheurs crée une passerelle entre deux civilisations antagonistes par tradition mais identiques par les hommes. Léonard de Vinci issu d'une tradition purement occidentale offre dans le traité de la perspective linéaire, une des clefs universelles de la compréhension du réel. Conjointement à la présente traduction, je me suis permis d'ajouter une poignée de conseils glanés ci et là dans les deux imposants

volumes du

«

The Literacy Work of Léonardo da Vinci.

»

de Jean

Paul Richter. Ils ne sont à mon sens, peut être pas indispensables, mais ils sont nécessaires à la bonne appréciation de ce Traité de la perspective linéaire. N.B. : Je tiens a remercier mademoiselle travail de correction et de relecture. Justine Léonard pour son

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