Trente ans de politique de la ville, et après ?

De
Publié par

Roubaix constitue un laboratoire urbain au carrefour de multiples enjeux économiques et sociaux. Pauvreté et exclusion s'y manifestent comme dans d'autres agglomérations françaises connaissant un chômage de masse. L'Etat a mis en place il y a trente ans la politique de la ville. A l'origine politique de redynamisation territoriale, elle s'est recentrée petit à petit pour ne concerner quasi exclusivement que les quartiers relégués. Quelles sont les limites de cette politique aujourd'hui ?
Publié le : samedi 1 juin 2013
Lecture(s) : 12
EAN13 : 9782296537361
Nombre de pages : 182
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
exclusion s’y manifestent comme dans plusieurs autres aggloméraIons
chez les jeunes, un senIment d’insécurité… En réacIon, l’Etat et ses partenaires locaux ont mis en avant une poliIque parIculière : la poliIque
territoires. A l’origine poliIque de redynamisaIon territoriale, elle s’est recentrée peIt à peIt pour ne concerner quasi exclusivement que les quarIers relégués. La mulIplicaIon des disposiIfs pourtant novateurs mis en place pour redynamiser ces quarIers de relégaIon n’a pas empêché l’ancienne capitale du texIle de remporter le triste palmarès de « la ville la plus pauvre de France » en 2010. D’où les interrogaIons traitées ici : Quelles sont les limites de ceTe poliIque aujourd’hui? Quels en sont les défis pour les prochaines années, à la fois pour les roubaisiens et les acteurs engagés sur le terrain ? C’est en donnant la parole aux acteurs du quoIdien que ceTe étude met exergue les ambiguïtés d’une en poliIque d’Etat et les réponses locales apportées à Roubaix, mais
analyste en poliîques publiques, spécialiste des problémaîques d’économie locale.
et économiste de formaîon, est professeur en Sciences Economiques et Sociales au lycée. Tous deux anciens de l’IEP de Lille, ils livrent une étude aux confins de l’économie, de la science poliîque et de la
l’impact local d’une poliîque d’Etat vieille de 30 ans.
Ahmed KHERRAZetSamir KESSILI
TRENTE ANS DE POLITIQUE DE L A VILLE, ET APRÈS?
Manquements d’une politique d’État, réponses locales. Exemple de la ville de Roubaix
et Samir KESSILI
Préface de Pierre DUBOIS et Pierre MATHIOT
Trente ans de politique de la ville, et après ? Manquements d’une politique d’État, réponses locales. Exemple de la ville de Roubaix
Ahmed Kherraz et Samir Kessili
TRENTE ANS DE POLITIQUEDE LA VILLE,ET APRÈS?
Manquements d’une politique d’État, réponses locales.
Exemple de la ville de Roubaix Préface de Pierre DUBOIS et Pierre MATHIOTL’Harmattan
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30161-7 EAN : 9782336301617
Remerciements Nos remerciements s’adressent tout particulièrement à ces « travailleurs de l’ombre » cités en partie dans cette modeste contribution. Naturellement, nous assumons l’entière responsabilité de ses insuffisances et de ses imperfections. Cet ouvrage aidera, nous l’espérons, à rendre hommage à leur travail au quotidien. À défaut de pallier les insuffisances d’une politique qui hélas encore aujourd’hui ne s’est toujours pas dotée des moyens à la hauteur de ses ambitions, il a au moins permis d’humaniser ses dispositifs. Des dispositifs qui ont paradoxalement été pensés à l’origine dans le but d’accorder une dignité pleine et entière à quiconque voulant occuper un emploi, preuve s’il en est qu’en réalité, que personne ou presque en France n’est opposé à sa propre intégration sociale par le travail.
C’est en 1982 que Roubaix a été choisie comme un des neuf sites éligibles aux interventions de la Commission Nationale pour le développement social des quartiers, présidée par Hubert Deboudret, Maire emblématique de Grenoble, mise en place au tout début de la Politique de la Ville. Depuis trente ans, Roubaix en a connu tous les dispositifs et procédures. La transformation urbaine a été réelle, celle-ci se renforce et s’élargit encore dans les quartiers concernés aujourd’hui par l’ANRU. Mais le bilan humain de la Politique de la Ville reste malgré tout en demi-teinte. Si de réelles avancées sont constatées dans les domaines de l’insertion, de la lutte contre les discriminations et de la citoyenneté, celles-ci restent malgré tout fragiles. Les constats dressés par Ahmed KHERRAZ et Samir KESSILI peuvent paraître sévères mais ils sont justes et posent le problème d’une Politique de la Ville conçue comme une variable d’ajustement. Ceci ne fait que renforcer la nécessité que les thématiques de l’emploi, de la sécurité, soient abordées au bon niveau. Si le niveau communal demeure plus que jamais pertinent en tant qu’échelon de proximité proche des réalités et de la connaissance des quartiers en difficulté, l’échelle de l’agglomération est incontournable, de façon à apporter plus de moyens en termes d’expertise et de lisibilité et permettre une meilleure égalité des chances. Pour cela, il faut du temps, éviter les effets d’annonce et l’accumulation de dispositifs et de procédures. Le droit commun et la stabilité des règles du jeu doivent être les fers de lance d’une Politique de la Ville.
7
Il y va de la crédibilité du discours public, c’est à cette condition que les habitants concernés pourront y croire. Pierre DUBOIS er 1 Adjoint au Maire de Roubaix
8
La Politique de la Ville a fait l'objet de beaucoup d'observations et d'analyses. Elle est depuis ses origines une politique particulière, dont les visées sont foncièrement égalitaires. Elle vise en effet à atténuer sinon à gommer les inégalités entre les territoires, et constitue à ce titre une belle illustration d'un pacte républicain qu'il est impératif de faire exister. Après 1970, les acteurs politiques ont impulsé une triple action de redynamisation des quartiers populaires : sociale, urbanistique mais également et surtout économique. En effet, l’un des buts avoués de la Politique de la Ville était de redonner sens et corps à une vie économique et de fixer des populations sur des territoires devenus souvent des territoires fantômes. La création du ministère de la Ville en 1991 et d’une politique dédiée a consacré en quelque sorte cette idée. Pourtant, dans ces mêmes quartiers, l’on s’est souvent limité à produire du « social » de première nécessité ou d'urgence, voire même à proposer des animations sociales a minimadestination des jeunes, des femmes, des à personnes âgées… Les Maisons de Quartiers et les MJC incarnaient souvent à elles seules une action publique effective et visible pour les habitants. L’urbanisme de ce que l’on allait bientôt prendre l'habitude d'appeler les « banlieues » était limité : le parc locatif vieillissait, les cités devenaient des lieux coupés des centres. Cette assertion est toujours d’actualité aujourd’hui. Les grands ensembles étouffants loin des villes existent encore, les infrastructures les desservant sont généralement mauvaises.
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.