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VILLE ET IMMIGRATION, PRIÈRE D'INSÉRER

De
190 pages
Cet ouvrage, le troisième d’une série originale, propose des textes de différents auteurs étrangers et français sur la question de la ville et de l’immigration. Comme dans les deux ouvrages précédents parus à l’Harmattan “Pauvre et mal logé” et “Entraide, Participation et Solidarités dans l’Habitat”, une grande place est faite au rôle des associations et à leurs fonctions complémentaires mais indispensables, aux institutions publiques.
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VILLE ET IMMIGRATION, PRIÈRE D'INSÉRER.

@L'HARMATTAN, 1995 ISBN: 2-7384-3437-1

sous la direction de DAN HECRMANN

en collaboration

avec Rody Lahsinat

VILLE ET IMMIGRATION, PRIÈRE D'INSÉRER.

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Ce travail a bénéficié d'un soutien du FAS (Fonds d'Action Sociale pour les Travailleurs Immigrés et leurs Familles) pour la traduction des textes en langue étrangère et du CNRS (programme EUROPE).

SOMMAIRE

Présentation des textes
Présentation des auteurs

...................

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......

15

Jean-MichelBELORGEY :
Territoire urbain et phénomènes migratoires:
les spécificités françaises. . . . .. . . .. .. ... .. . .. .. . . . . . . .. . .. .
19

Dan BECHMANN : Citoyens étrangers dans la ville: prière d'insérer. . . . . . . Wim BLAUW :
La ville, espace naturel d'immigration. ..................

31

45

Luciano d'ANDREA et Renato d'ARCA : Une recherche en Italie du Sud. ... .......... Wiebe DE JONG : Contacts inter-ethniques dans les vieux quartiers:
théorie et pratique. .........................................

55

71

Ingrid BRECKNER : Conflits sociaux et immigration: des expériences de
stratégie d'intégration à Munich. .........................
85

Michelle CRUCY-SANS : Les conseils municipaux d'enfants, un outil
d'intégration. . .. . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . .. . . .. . . "

93

9

Jean-Pierre MASSE: L'accueil des réfugiés politiques

en France.

............

111

Anne GOLUB: Le FAS, un établissement public à caractère administratif et financier: ses évolutions vers un établissement de "mission" 131 Wim REIlNIERSE : Le SBWR : l'aide aux migrants; de la charité à la gestion 137 de projet ... '" Dan BECHMANN : Habiter, vieillir et mourir ailleurs: le déracinement? Habiter, vieillir et mourir ailleurs: l'enracinement?.. 153 Mohamed JAOUDAT :
Moktar et son oncle. ....................................... 167 174 Ali et le sage. . .. . . . . . ... . ... . . . . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . .. . . ..

ALAIN VERONESE : Immigrations et/ou Exclusions?

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PRÉSENT ATION DES TEXTES DAN BECHMANN

Ces textes sont en majeure partie issus d'un colloque qui s'est tenu à Rotterdam en avril 1993, à l'Université Erasmus. Des chercheurs confirmés et jeunes ou nouveaux dans la profession se sont réunis avec des praticiens et des représentants d'institutions privés et publics. Ce colloque était organisé par Dan Bechmann et Wim Blauw sous l'égide du programme Europe du CNRS dirigé par H.Bruhns et de l'Association Internationale de Sociologie (Comité de recherche habitat et environnement construit). L'Université Erasmus à Rotterdam a accueilli cette manifestation. L'Université de Paris 8 à Saint-Denis avait contribué à sa préparation. Il était présidé par JeanMichel Belorgey, conseiller d'Etat et président du FAS (Fonds d'Action Sociale pour les Travailleurs Immigrés et leurs Familles) qui accepta de couvrir les frais de traduction. Par la suite, nous avons choisi de proposer aux lecteurs deux textes supplémentaires: celui du groupe du CERFE, d'Andrea et d'Arc a et celui de M. Jaoudat. Le choix des textes se fit parce que nous n'étions pas assez riches pour en 11

traduire davantage mais aussi parce que les auteurs sollicités ne voulurent pas faire eux-mêmes cet effort.! Nous avons donné la place aux analyses historiques et théoriques, aux analyses de cas et aux descriptions d'institutions. Nous avons voulu parler des enfants comme des personnes âgées, des familles comme des célibataires. Rody Lahsinat s'est chargé de collecter, de traduire et de réécrire certains textes. François Chaumont traduisit le texte italien écrit en anglais à l'origine. Ce troisième livre, sous ma direction, après Pauvre et Mal logé (1989) et Entraide, Participation et Solidarités dans l'Habitat (1992), aborde après le thème de la pauvreté et des solidarités et de la participation, un autre thème difficile et qui n'est pas épuisé pour nos groupes de chercheurs du CESOL2. Depuis nous nous sommes lancés dans une recherche en partie sur ce thème en région parisienne (La Courneuve et Ménilmontant, étude CESOL/DAS) et participons à un travail sur la Corse. Cet ouvrage, le troisième d'une série originale, propose des textes de différents auteurs étrangers et français sur la question de la ville et de l'immigration. Jean-Michel Belorgey, Michelle Crucy-Sans, Anne Golub et Wim Reijnierse nous donnent à voir quelques exemples d'institutions et d'organisations privées et publiques qui accueillent les immigrés dans des dispositifs spécifiques ou de droit commun. Wim Blauw propose une réflexion historique et un retour à l'Ecole de Chicago, Jean-Pierre Masse analyse aussi avec un détour historique la question de l'accueil des réfugiés tandis que Dan Bechmann essaie de mieux définir les divers concepts utilisés. Quelle est la situation dans les différents pays et comment peut-on décrire les
1. Le français est langue morte. Si nous mêmes faisons l'effort de publier en anglais. nos amis européens sont moins friands d'être lus dans les pays francophones. 2. Centre d'Etudes des Solidarités Sociales dont le Président est François Durin. 12

réseaux et les relations interculturelles ? Luciano d'Andrea et Renato d'Arca en Italie, Wiebe De Jong aux Pays-Bas, Ingrid Breckner en Allemagne et Jean-Michel Belorgey en France répondent à cette question. Comment se transposent les cultures? Mohamed Jaoudat et nos collègues italiens analysent cette problématique. A. Véronèse se demande pourquoi les immigrés sont souvent les premières victimes de l'exclusion. Les Pays-Bas semblent un modèle de démocratie et de tolérance en difficulté malgré les luttes antiracistes et les conseils municipaux où siègent des immigrés. L'Allemagne, pays des immigrés invités, du droit du sang et du droit d'asile cache derrière ces mots des réalités plus brutales. Autour des jeunes se cristallisent la plupart des problèmes urbains mais la jeunesse tente de participer activement à la conduite de la cité, c'est ce que nous montre Michelle Cruey-Sans et, à l'autre bout de l'échelle des âges, les citoyens âgés décrits par Dan Bechmann s'adaptent et négocient souvent dans une double vie ici et ailleurs. Comme dans les deux ouvrages précédents, une grande place est faite au rôle des associations et à leurs fonctions complémentaires mais indispensables aux institutions publiques. Certains auteurs parlent de la pratique des acteurs, d'autres des groupes, des réseaux, des associations, des organisations et des institutions. Nous voyons quels sont les conflits et surtout les modes de sociabilité et de relations ou d'évitement. Nous voyons quelles sont les aides privées et publiques et les organisations qui les dispensent. Nous voyons en partie quels sont les processus d'intégration et d'exclusion, les stratégies individuelles et collectives. Nous ne voyons que ce que nous nous donnons à voir et à entendre, car les cultures parlent à ceux qui peuvent les voir. Elles sont invisibles pour l'étranger que nous sommes. Nous avons donc donné la parole à des auteurs venus de France, des Pays-Bas, d'Allemagne, d'Italie mais aussi du 13

Maghreb et nous avons croisé ces paroles. Les émigrés ont voix au chapitre et droit à notre écoute... mais une partie des écartèlements de cultures, des difficultés à vivre entre deux modes, entre deux traditions quand on est homme ou femme, jeune ou vieux est mal exprimée. Mon propre malaise est grand et mon insatisfaction est réelle mais ce livre a trop tardé, il ne sera qu'une étape. Le rejet quotidien ou l'ignorance, l'homogénéité sociale de certains quartiers pour ne pas dire de certains "isolats sociaux" ne transparaissent pas assez dans ces pages. De même, nous avons manqué de temps et d'espace pour donner la parole aux nouveaux militants associatifs, souvent des femmes bénévoles qui font vivre leurs quartiers, souvent des jeunes qui font du soutien scolaire ou qui encadrent des groupes de sport. L'Ecole de Chicago, F.Frazier surtout, L.Wirth aussi, sont la référence mais cette unicité de mémoire et de souvenirs cache probablement une absence de théories nouvelles.

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PRÉSENTATION DES AUTEURS

lean-Michel BELORGEY Jean-Michel Belorgey est conseiller d'Etat, rapporteur général de la section du rapport et des études du conseil d'Etat, président du Fonds d'Action Sociale pour les Travailleurs immigrés et leurs Familles. Il a été député de l'Allier de 1981 à 1993, président de le commission des Affaires Culturelles, Familiales et Sociales à l'Assemblée nationale et rapporteur de la loi portant création du Revenu Minimum d'Insertion de 1988 à 1993. J.-M. Belorgey a publié un grand nombre d'ouvrages: Clé pour la Politique Sociale (1976), Le Social c'est Fini (1978), La Gauche et les Pauvres (1987), et le Parlement à Refaire (1992), etc. Dan BECHMANN Sociologue, professeur à l'université de Paris VIII, Responsable des recherches au Centre d'Etude sur les Solidarités sociales (CESOL) de Bénévolat et solidarité Syros Alternatives 1992, ainsi que de nombreux articles. Elle a dirigé les travaux de : Pauvre et mal logé, L'Harmattan 1990, et Entraide, participation et solidarité dans l'habitat L'Harmattan 1992. Dan Bechmann travaille actuellement sur 15

une recherche sur le développement social et le bénévolat mais aussi sur l'intégration des immigrés. Wim BLAUW Wim Blauw enseigne la sociologie urbaine et des organisations à l'Université Erasmus de Rotterdam. Il est coauteur d'un ouvrage sur l'immigration Emigreren (1983), et l'auteur d'un livre traitant des aspects sociaux de l'évolution des banlieues en 1986, Sociale contacten en suburbanisatie. Il a également dirigé deux autres ouvrages relatifs à la ségrégation urbaine: Soort bij soort en 1980 et Urban housing Segregation of minorities in Western Europe and United States ainsi qu'un ouvrage sur le service public "Ruimte voor Openbaarheid"" en 1989. Enfin, il a participé à la rédaction d'articles scientifiques en français et à celle de deux ouvrages sous la direction de Bernard Kouchner, Les nouvelles solidarités en 1989 et Pauvre et Mal Logé en 1990 (éditeur Dan Ferrand-Bechmann). Luciano d'ANDREA et Renato d'ARCA Sociologues et chercheurs au CERFE, à Rome ils ont publié de nombreux articles et rapports avec le CERFE sur la citoyenneté active. Ingrid BRECKNER Ingrid Breckner, sociologue, est spécialiste des questions urbaines et territoriales; depuis 1985, elle a axé sa recherche sur les politiques sociales, le marché du travail, la modernisation sociale, l'habitat, le développement urbain et le féminisme, le tout à l'échelon local et régional. Entre 1990 et 1994, elle fut responsable scientifique du projet IIWohnforum" à Munich. Elle a publié un certain nombre d'ouvrages: Wohnungsnot und Gewalt (Pénurie de logement et violence), Munich 1985 ; Armut im Reichtum (La pauvreté dans un environnement de richesse) Giessen 1989 (co-auteur), Leiden an der modern (Misère et vie moderne) Université de Bielefeld 1991 ; Armut und

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Wohnungsnot (Pauvreté et pénurie de logement), Münster 1994 (co-auteur). Wiebe de JONG Il est professeur associé de psychologie sociale à l'Université Erasmus de Rotterdam. Sa thèse a porté sur l'analyse des relations inter-ethniques dans un vieux quartier de Rotterdam. Il a en outre publié un certain nombre de livres et d'articles sur les facteurs qui influencent le cadre de vie, l'éducation et l'emploi des minorités ethniques aux Pays-Bas. Michelle CRUCY-SANS Enseignante, elle a travaillé comme bénévole à l'association des conseils municipaux d'enfants, et a fait une étude sur ce thème avec l'IDEF. (Institut de l'Enfance et de la Famille). Jean-Pierre MASSE Jean-Pierre Masse prépare un doctorat d'histoire et assure la direction du Centre d'Etudes et de Recherches sur les Réfugiés et le Droit d'Asile. Il est l'auteur de plusieurs articles sur la politique des quotas appliqués aux réfugiés du Sud-Est asiatique, l'accueil des réfugiés politiques en France ainsi que d'études sur la politique de la ville, le développement social urbain et les difficultés d'intégration de populations défavorisées. Il est aussi chercheur au CESOL et à travaillé avec Rody Lahsinat sur le répertoire des centres de formation, de recherche et de documentation sur le thème de "Ville et Immigration". Anne GOLUB Juriste de formation, chargée de mission au FAS depuis sa création et y ayant exercé diverses responsabilités, elle anime aujourd'hui le département d'Etudes au sein du pôle "Recherche et Développement".

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I J

Wim REIJNIERSE Wim Reijnierse travaille depuis 1988 au SBWR, où il est chargé de conseil en organisation et marketing. Diplômé de sociologie et d'économie, il participe en outre à divers événements culturels de Rotterdam tels que la Semaine du Théâtre Turc ou le Festival Afro-Caribe. Il a rédigé un certain nombre d'articles et d'ouvrages: "Les producteurs étrangers de théâtre sur le le marché de l'art" et "le théâtre des immigrés "en 1989 ; "La rénovation du système gouvernemental et la politique des minorités" en 1993 ; enfin, plus récemment, il a publié en collaboration avec Marcel Van Toorn une enquête sur la santé publique et les personnes âgées d'origine étrangère. Mohamed JAOUDAT Travailleur social d'origine marocaine, il a fait un travail de 3ème cycle très original dont nous produisons ici un extrait. Alain VERONESE C'est un animateur de théâtre militant.

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JEAN-MICHEL

BELORGEY

INTRODUCTION

Cet exposé introductif a pour vocation de fournir une toile de fond aux exposés plus particuliers qui vont suivre. Je ne puis cependant, mon expérience des pays autres que la France étant insuffisante, adopter d'emblée une approche comparative; tout au plus marquerai-je ce en quoi l'attitude française me paraît spécifique par rapport à celle de nos voisins. J'entends bien, en revanche, plutôt qu'immigration en général, parler de ville et immigration, c'est~à-dire projection sur le territoire urbain du phénomène migratoire, ainsi que des préoccupations qu'il alimente et des stratégies qui veulent y répondre. Les mouvements migratoires, même internes, ont toujours mis la ville au défi en la confrontant à la nécessité de répondre à la demande de travail et de services
- logements, commerces, soins, école - ainsi que de

sociabilité de vagues de population ne présentant pas des caractéristiques favorisant un ajustement spontané de cette demande et des réponses. Les migrants sont rarement recrutés - il existe des exceptions, mais elles sont limitées - parmi les couches 19

sociales les plus favorisées de leur milieu d'origine; ils sont presque toujours, par conséquent, économiquement, souvent aussi culturellement infériorisés. Les vagues de migration sont, de plus, souvent majoritairement composées, au moins dans un premier temps, ce qui est la source de problèmes spécifiques, d'hommes jeunes et célibataires, les familles suivant après, dans un second temps, ce à quoi correspond une seconde génération de problèmes. Il faut enfin, la plupart du temps, assurer à tout le moins la cœxistence, si possible l'entrée en relation harmonieuse

non seulement des vagues de migrants avec les citadins de
souche, mais encore entre elles, ce qui ne va pas de soi quand il s'agit de populations de provenances diversifiées. L'immigration pose des problèmes pour une large part identiques mais aggravés par un supplément d'hétérogénéité des apports, qui va fréquemment croissant avec le temps. Ainsi en France, aux Espagnols, aux Italiens, aux Polonais ont succédé les Africains du Nord, les Turcs musulmans, les Africains noirs et les ressortissants de vagues plus lointaines

encore -,- vrais et faux demandeurs d'asile originaires d'Asie
du Sud-Est, de Ceylan, du Pakistan, de rIle Maurice, etc. La question des ressortissants des Territoires d'OutreMer qui, pour être des nationaux, n'en sont pas moins, la plupart du temps, perçus comme des immigrants, ne se pose pas à cet égard dans des termes très différents. Le sort des Algériens n'était pas, après tout, plus enviable quand l'Algérie était sous souveraineté française. Certains analystes français, parmi les premiers, non pas de l'immigration en général, mais des rapports entre ville et immigration, notamment Michel Marié et José Rodrigues Dos Santos, au début des années 70, ont, avec un appareil

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d'analyse pour partie marxiste, fortement marqué comment, à la différence de l'usine et autres lieux de production, la ville, lieu de reproduction de la force de travail, était aussi un lieu d'autonomie par rapport au système dominant, mais d'autonomie toujours relative et sujette à reprise. Les deux termes de cette analyse demeurent vrais. Le premier a été s'affirmant avec l'arrêt, au moins de principe, de l'immigration des célibataires et le développement, au moins de principe, des regroupements familiaux. Le second s'est également vérifié: l'afflux de races différentes pratiquant non seulement des modes de vie différents mais des religions différentes, issues de parties du monde en proie au sous-développement, en même temps qu'à des problèmes politiques souvent aigus n'a cessé de nourrir les inquiétudes des autorités et des opinions des pays d'accueil et de pousser celles-ci, sous leur influence, à tenter de formaliser des stratégies. Ce phénomène s'est produit sous le signe d'une incontestable ambiguïté, que les récentes tentatives de mise en cohérence, dans le cadre d'interventions se réclamant plus que par le passé d'une logique proprement urbaine, des actions dispersées antérieures n'ont, elles-mêmes, pas vraiment levée. 1.- Les sociétés urbaines en proie à l'immigration, si elles n'ignorent pas l'apport de celle-ci au renforcement de la capacité productive, au maintien ou à la relance de l'essor démographique, au renouvellement des énergies et des cultures, ainsi qu'à l'ouverture à l'immigration, réagissent néanmoins, à titre principal, par inquiétude, inquiétude pour partie justifiée, pour partie fantasmatique. 1°) La première peur est incontestablement celle de la contagion du sous-développement - sous-développement économique, culturel des sociétés d'origine - ou l'idée qu'on s'en fait, mais aussi sous-développement des équipements et des services de la société d'accueil, dans les zones basses, les deux concepts étant souvent mal distingués. 21