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Artistes africains du Québec

128 pages
Ce n’est pas sans mal que la diaspora du grand nord bouscule la société québécoise. Musiciens, écrivains, plasticiens, cinéastes, chorégraphes, cuisiniers etc l’aident pourtant à résister au rouleau compresseur de l’Oncle Sam. Une trentaine de prises de parole vivantes pour un franc état des lieux des Afriques et des Antilles au Québec : états d’âme et expériences dans un pays multiculturel.
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n° 16, mars 1999
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Couverture:

Lilison, peintre et musicien au Québec @ D.R.

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Africultures / Mars 1999

Editorial:

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Peinture rupestre Afrique du Sud

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" Ces paroles avant d'être les miennes appartenaient au Vent, à la Mer, aux fées, au Temps, au Rêve et à la Parole elle-même. A présent, elles vous appartiennent... " Joujou Turenne Joujou, amie du vent, contes (Editions du CIDIHCA)

Waalo Fendo. Là où la terre gèle... Le beau film de Mohamed Soudani est tourné en Suisse. Mais que diraient ces immigrés au Québec 7... Il faut que la nécessité économique ou politique soit forte pour pousser Africains et Antillais à s'enfoncer dans l'hiver nordaméricain! Voilà seulement trente ans que les frontières se sont entrouvertes. Et le Québec invité du Salon du Livre de Paris était une trop belle occasion d'aller y voir de plus près. Sur place à Montréal, la Québécoise Pascale Pontoreau a rencontré les artistes d'origine africaine ou créole. Que nous dit cette diaspora du grand nord à travers ses artistes de tous styles 7 Comment réagit une société dont les origines migrantes ne sont pas si lointaines que ça aux expressions étrangères 7 Surtout, les considèret-elle comme une richesse néces-

saire pour s'affirmer face au requin anglophone 7 La réponse est contradictoire, bien sûr. " Des efforts. Peut mieux faire. " dirait le professeur. Mais comme toujours, c'est moins la société d'accueil qui s'ouvre que les nouveaux venus qui viennent la bousculer. Des brèches se font jour dans les replis identitaires, des métissages sont en cours, des paradoxes voient le jour... Les artistes, eux, bien sûr, n'en finissent pas d'osciller entre la déchirure de l'exil et leur inscription dans leur nouvel environnement. Et d'éclairer notre propre quête en démêlant les fils complexes de l'identité. Ce n'est pas un hasard si les thèmes de ce dossier rebondissent largement sur ceux du précédent numéro, l'écrivain face à l'exil, dont l'excellent article de Bernard Magnier sur la littérature 3

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haïtienne avait déjà le Québec pour centre. Mais comme le dit Joujou Turenne, au Québec comme ailleurs, mais là plus clairement encore car dans un pays moins marqué par la perpétuation du rapport colonial, les artistes d'origine africaine offrent ce qu'ils ont de meilleur à quiconque veut bien les écouter: leur Parole.
Olivier Barlet
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par Pascale Pontoreau
Dans une société qui sort à peine d'une crise économique majeure et dont la culture demeure l'indéniable parent pauvre, comment les artistes d'origine africaine ou créole peuvent-ils obtenir, grâce à toutes leurs différences, mieux qu'une simple reconnaissance? Comment, dans une ville où le seul emploi d'une langue relève du combat quotidien, des créateurs aux codes méconnus peuvent-ils s'affirmer? Bien éloignée de celle de la ville Lumière, la réalité québécoise charrie son lot de freins endémiques au développement des cultures d'immigrants. Il y a quelques années, les Québécois découvraient Petro Guelfucci, le Corse, sur les ondes de la radio d'Etat. À peine quelques mesures plus tard, Cesaria Evora lui volait la vedette et plaçait son Cap Vert natal en haut des palmarès juste avant que Youssou N'Dour et Neney Sherry rafient, en anglais dans le texte, la ferveur éphémère mais populaire. Il n'en fallait pas plus pour qu'on parle de vague afrophile. L'Afrique était à nos portes et les magasins d'artisanat se multipliaient. La musique est indéniablement la discipline artistique la plus consommée au Québec. À elle seule, elle traduit certaines des réalités exclusives à ce coin d'Amérique, particularités à partir desquelles on peut évaluer la réalité des artistes d'origine africaine et créole en général. Ainsi, tandis que les festivals majeurs de la métropole programment enfin leurs spectacles sur les prestigieuses scènes estivales du centre-ville, les radios commerciales persistent à bouder le genre sous des prétextes faussement mercantiles. Le public, qui raffole pourtant d'exotisme gratuit, ne pose aucun geste qui génère l'achat de produits culturels du Sud. Du coup, à une époque où les organismes qui soutiennent ces arts et cultures commencent enfin à re-

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cevoir des subsides officiels, les artisans de ces mêmes cultures survivent grâce à des petits boulots qui, s'ils n'affectent pas leur créativité, n'en demeurent pas moins des sapeurs potentiels de moral. Présence récente À part quelques privilégiés qui abandonnent leur douillette doudoune hivernale pour s'affaler sur les plages des Caraïbes, les cultures du Sud, si elles sont devenues familières, n'en sont pas plus établies. Même si Montréal, ville aux reflets cosmopolites, compte parmi les siens de plus en plus de citoyens issus des communautés haïtiennes et latino-américaines, ce flux migratoire a moins de trente ans. Dans l'absolu, cette présence multiethnique n'est pas encore légitimée. Et pour les Africains, la distance joue un frein majeur. D'ailleurs la plupart préfèrent la proximité parisienne malgré son climat social difficile. Quant aux autres, c'est l'Amérique économique plus que culturelle qui demeure souvent le pôle d'attraction. Face à ces récents mouvements migratoires, dans un pays où aucune colonie n'entache l'histoire, les arts africains et créoles s' établissent en paradoxe. D'un côté, des créateurs qui veulent enrichir leur terre d'adoption des fruits de leur imagination, de l'autre, des hôtes reconnus pour leur chaleur humaine qui transpirent toutefois l'individualisme érigé en culte dans cette partie du monde. Le résultat est limpide: le public est curieux mais refuse d'être dérangé dans ses habitudes de consommation culturel6

le, les producteurs sont craintifs et ne prennent aucun risque, quant aux média, ils suivent le train plus qu'ils ne le précèdent, et ne parlent des pays du Sud qu'en cas de guerre, de disette, d'élections ou de visite protocolaire. Une crise qui traîne En période de crise économique, tout le monde est logé à la même enseigne. De plus, avec toutes les

qualités dont elle dispose - tranquillité citadine et qualité de vie y brillent fièrement -, Montréal n'est pas ce qu'on peut appeler un phare culturel francophone en terre yankee. La ville aussi survit, économiquement surtout. Pas étonnant dès lors qu'elle se protège contre toute forme de différence. Et puis personne n'a jamais dit que le métier d'artiste était facile. Alors ils triment, toutes nationalités d'origine confondues! C'est là l'un des bâts blessants: les artistes, a fortiori ceux issus des communautés africaines ou caraibéennes, doivent se débrouiller tout seuls. C'était écrit en filigrane dans le bas du contrat! Il a fallu que le gouvernement adopte des politiques générales en matière d'intégration de ses immigrants pour que les ministères concernés s'intéressent enfin à la culture de ces mêmes immigrants. C'était il y a six ans. Il a fallu que des individus, des institutions privées se battent pendant des années, pour que l'élite affiche une certaine compassion à l'endroit des cultures ethniques locales. Lente émergence Difficile dans ces conditions de

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voir émerger du bassin des artisans qui exprimeraient, épanouis, leur dualité culturelle. Les musiciens, dont la discipline est pourtant plus facile d'accès, doivent devenir homme orchestre pour parvenir à se faire connaître. Les peintres s'escriment à flatter les galeries qui, un jour, peut-être, leur ouvriront les portes. Les comédiens se rabattent sur les métiers des communications s'ils veulent payer leur loyer. Et pourtant, malgré ces constats amers, les diffuseurs de spectacles aux distributions multiethniques se multiplient, des airs de wolof s'entendent sur les ondes de Radio Canada, Louise Forestier, interprète culte, se fait porte parole du plus vieux festival de musique africaine. Les clichés éculés s'étiolent. Si les Africains ne sont plus les seuls à jouer du tambour, ils doivent pouvoir maintenant intervenir aux différentes étapes administratives et stratégiques qui servent leur pairs, strates jusqu'alors réservées aux seuls Québécois de souche. Les artistes venus du Sud entendent jouer avec les règles du jeu du

Nord... et se démarquer. Petit à petit, ils acquièrent la crédibilité qui leur était jusqu'à ce jour refusée. Au même moment, les spectateurs ne sont plus simplement avides d'exotisme, ils ne se formalisent plus des seules différences. Ils recherchent une tonalité, un esprit qui leur ressemble, dans lesquels ils se retrouvent. Étrangement, les plus lents à suivre cette tendance sont les représentants du merveilleux monde des communications qui, submergés qu'ils sont des produits hollywoodiens au sens large, ne prennent pas le temps de sentir le vent tourner. Quelque soit l'évolution des cultures québécoises de souche ou d'adoption, il est clair que leur métissage devient essentiel aussi pour la survie d'une francophonie mythique qui, si nous y travaillons, pourrait devenir autre que diplomatique. Dans ce cadre, le Québec en général (et Montréal en particulier) se place en alternative harmonieuse pour pallier à une France honteuse de son passé et à un Oncle Sam générateur de culture populaire prémâchée. 0

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Note:

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textes

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Bernard

Nguyen, Fo Niemi, Niquette Delage, Josette Oberson, Nancy Delva,
Zab Maboungou et Pierre Mc Duff sont leurs contributions au Colloque L'lnterculturalisme dans les pratiques culturelles. Enjeux et perspectives (Ville de Montréal / Ministère de la Culture et des Communications du Québec)

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Ministère

de la Culture et des
années. Depuis six ans, nous avons créé la table de concertation sur le dialogue des cultures, et chaque année nous amenons de nouveaux moyens pour soutenir l'interculturalisme et son application concrète. Mais il est vrai qu'il existe des différences notables par disciplines. Si la musique demeure le domaine le plus ouvert en matière d'intégration, la danse est un registre où les efforts se mesurent moins facilement. À l'heure actuelle, on ne reconnaît toujours pas les critères de formation autres qu' occidentaux. Donc tout danseur qui n'a pas reçu une formation dite classique n'est pas considéré comme professionnel; on dit qu'il pratique du folklore et, à ce titre, il n'a pas accès aux bourses des professionnels. Du côté du théâtre, là encore les institutions bougent peu. e' est un réseau très fermé malgré le nombre de comédiens d'origines diverses qui sortent du Conservatoire ou de l'École nationale. Ce n'est pas parce qu'on est Noir qu'on ne peut pas jouer du Shakespeare ; c'est la qualité de l'interprétation qui devrait primer. Des changements ont été amorcés mais il ne faut surtout pas baisser les bras, il faut travailler très fort parce que le moindre raté peut faire tom9
..... Q) Cf) Cf)

Communications
Un petit tour du côté du ministère : évolution des soutiens, vision de l'intégration culturelle, obstacles... " Depuis très longtemps les artistes africains et créoles sont connus et reconnus dans le milieu underground et par le public. Mais le gouvernement et l'industrie faisaient la sourde oreille et refusaient de leur accorder la reconnaissance officielle, c'est-à-dire de les intégrer au système officiel de production et de distribution. Et puis, le gouvernement, à son plus haut niveau, a pris position en faveur de l'intégration de ses communautés. À partir de ce moment là, tous les ministères ont reçu des directives très précises. Dans le cas du ministère de la Culture et des Communications, cela signifiait établir un plan d'accès aux bourses ou aux jurys d'évaluation pour les membres des communautés immigrantes. Puis, le Conseil des arts et des lettres du Québec a pris le relais pour venir soutenir les artistes, et nous avons conservé l'aide aux organismes. Bien sûr, il reste encore beaucoup d'efforts à faire pour rendre ces démarches systématiques, mais les artistes ont eux aussi du mal à reconnaître ce qui a été accompli au cours des dernières
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ber le fragile équilibre que nous tentons d'atteindre. Ainsi, quand une pièce de théâtre au sujet extra territorial avec une distribution multiethnique se plante et fait un fiasco, tous les efforts investis depuis lOans se plantent en même temps et sont rayés du même coup. Un autre problème repose sur l'image du professionnel. Il y a des prétendus pros et des professionnels. L'histoire du soi-disant décalage entre les réalités africaines et les réalités montréalaises est un faux problème. Si on décide de

vivre en Amérique du nord, il faut s'adapter et se conformer aux réalités nord-américaines. Cependant, il est vrai aussi qu'à l'inverse, les producteurs sont très frileux et n'osent prendre aucun risque. Quelque soit la discipline dans laquelle on s'affirme, les jeunes artistes ont tendance à oublier que Rome ne s'est pas faite en un jour. Il faut travailler fort et ne jamais lâcher. Cette remarque s'applique tout autant pour les institutions qu'elles soient gouvernementales ou privées! " D

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Asieco Communications
Ne pas être enfermé dans sa différence: c'est à cette condition que l'arti.~te, peu~ enrichir une societe qUI s'ouvre à sa pluralité.

taines communautés, c'est presque être un parasite, un idéaliste, un rêveur : on lui dit, " amène l'argent, nourris ta famille et fais de l'art le dimanche quand tu as le temps! "
On se retrouve en porte-à-fau2' avec sa propre communauté. A moins qu'on ne devienne célèbre. À partir du moment où on :~t louangé sur une scène nord-am.encaine dès le retour, on se souvient qu'o~ est voisin et que l'on, fait partie de la mêm~ c?n:mu?aute. L'artiste est un mdlvldu a part entière qui doit trouver sa place dans la société. C'est une démarche personnelle qui définit sa propre identité. On peut y vivre un .isolem~~t qui peut procure; un sentIment,~ echec : difficulte de percer, d etre reconnu. Et puis on vit en Amé,rique du Nord ou l' indi vidualisme est à son paroxysme. Il y a une autre vision redéfinie par l'artiste qui se réclame de diverses expériences et qui revendique cha~ cun des groupes qUi se croisent en lui, ou diverses politiques de l'i~e~tité, u~ ratt~chement à une ongme ethmque, a une couleur de peau, à une orientation sexuelle. Dans une perspective future, autant les publics que les créateurs, dans le contexte montréalais avec des enfants porteurs de divers~s cultures, les publics vont se sentIr de moins en moins attachés à une culture unique ou être totalement insérés dans une culture plurielle. " 0

" Selon si on se situe dans un modèle d'intégration ou d'insertion, l'artiste, le créateur, veut de plus en plus être reconnu comme artiste plutôt que comme appartenant à une communauté culturelle. Il sait qu'il possède un bagage culturel différent de celui des autres mais en même temps, il est là pour en faire profiter les autres, la société québécoise dans son ensemble. Il va puiser dans ses réserves culturelles et les insérer dans une pratique contemporaine: on se pose en rejet face à des critères bien établis. Tant que dans le mode éducatif il n'y a pas d'ouverture vers la culture plurielle, on retombe malheureusement très vite dans les mêmes travers. Cette première définition de l'artiste est suivie par la définition de l'individu par rapport à sa communauté. <?n est artiste on est créateur, on est ISsu d'une' certaine communauté: est-ce qu'on parle nécessairement au nom de la communauté? La plupart du temps, non. Est-ce qu'on est peu représentatif de cette communauté ou bien est-ce parce que la communa~té re~t~ figée dans une vision tres tradItIOnnelle de l'art et lorsqu'on veut s'en démarque~, on entre dans un conflit qui peut être douloureux. Ensuite, être artiste, pour cerAfricultures

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Centre de recherches relations raciales
Pas de dialogue culturel sans partage des espaces culturels: c'est à cela que se heurte encore la société québecoise.
" Nous avons réalisé un sondage sur la représentation des minorités visibles au sein des radiodiffuseurs québécois. En huit ans, le taux de recrutement de minorités visibles ne dépassait pas 1% alors que ce groupe représente entre 9% et 12% de la population de Montréal. Un autre constat quand on regarde la programmation télévisuelle de cet automne, je vous invite à me parler d'un personnage de premier plan issu des minorités visibles raciales! Ce genre de situation résume assez bien la réalité: une résistance à la diversité! Une forme de racisme structurel et institutionnalisé au sein des industries de la culture et des communications. Les barrières sont systématiques et il faut trouver une autre façon de définir les enjeux de l'avenir. Après trente ans, on ne peut plus dire que la diversité est un phénomène nouveau, ni dire que le Québec n'est pas encore prêt avec la présence d'ethnies à l'écran des télévisions québécoises. Avec la mondialisation et les voyages, c'est faux. Il est essentiel de remplacer le

action sur les
concept du dialogue des cultures par celui du partage équitable des espaces culturels qui nécessite une redéfinition des rapports de pouvoir. Ce n'est pas un problème strictement québécois mais nordaméricain parce que jusqu'à maintenant on voit encore une sous-représentation ou des représentations biaisées, surtout quand on parle de définition de la culture et des critères de subvention culturelle. Dans le cadre du partage équitable, la culture est en soi un espace de plus en plus réclamé et contesté dans lequel les minorités et les peuples autochtones clament leur place juste et bien méritée dans la redéfinition des cultures canadiennes et québéCOIses. A vec ce genre de cadre conceptuel, peut-être pouvonsnous guider nos actions pour obtenir l'égalité raciale dans les arts. La notion d'antiracisme évoque les notions d'accès aux subventions, l'accès aux postes sur les conseils d'administration d'organismes tel que le Conseil des arts et des lettres du Québec, l'accès aux jurys de sélection. Il n'y a aucune intention de discriminer mais dans les faits, certaines agences créent l'exclusion des minorités. Après, si vous avez un bon produit à vendre, les consommateurs vont être là. " 0

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