Dallas

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Dallas, c'est une ville du Texas, célèbre pour ses cow-boys et pour avoir été le théâtre de l'assassinat d'un président. Dallas c'est aussi la plus grande saga télévisée de l'histoire, avec ses 357 épisodes en treize ans de production. Tout le monde se souvient du générique et du fameux ranch, du sourire carnassier du méchant J.R. Ewing, de son gentil frère Bobby, de Sue-Ellen l'épouse bafouée, de la douce Pamela, des patriarches Jock et Ellie, de cette petite peste de Lucy et de l'ennemi intime de la famille, Cliff Barnes. Dans ce guide, le néophyte aussi bien que le fan averti pourra retrouver une présentation de la saga dans son contexte, le récit complet de la saga et des différents téléfilms, une brève présentation des principaux acteurs et une liste complète des épisodes.
Publié le : dimanche 8 juillet 2007
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EAN13 : 9782748195705
Nombre de pages : 205
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Dallas

3Claude J. Bobin
Dallas
L’Odyssée des Ewings du Texas
Essais et Documents
Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-9570-1 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748195705 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-9571-X (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748195712 (livre numérique)

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À mes parents, ma sœur Sylvie,
À Laurent et Jean-Michel, fans de Dallas,
Et à Denis…
. .
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Ton père devient le Robin des Bois du monde du
pétrole. Mais lui, il prend aux pauvres pour donner aux
riches, c’est plus intelligent !…
J.R.Ewing (ép. 117)

Je suis profondément touchée par ton intérêt pour les
enfants. Finalement ce que je regrette c’est que tu ne
m'aies pas adopté au lieu de m’épouser.
Sue Ellen Ewing (ép. 35)

Lucy, tu devrais demander au petit chirurgien que tu
as épousé de te faire une nouvelle tête… mais sans
bouche !…
J.R.Ewing (ép.89)
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INTRODUCTION – GENÈSE D’UNE LÉGENDE
Du soap-opéra
La télévision ne serait-elle qu’un substitut,
certes pratique et populaire, mais dont les buts,
à savoir informer et divertir, l’auraient
simplement mise à la place de la presse (écrite et
radiophonique) et des lieux de jeux et de culture
(cinéma, cirque, musées, voir école et voyage) ?
Dans ce cas, la télévision ne serait qu’une
copie qui, en cinquante ans de vie, aurait
dépassé tous ses modèles, au moins en terme
d’audience.
Évidemment, vu sous cet angle, la petite
lucarne ne serait pas un média de création ; tout
au plus de recréation.
Pourtant il existe une production qui,
trouvant son origine dans le cinéma d’avant
guerre et la bande dessinée, n’en est pas moins
un produit purement télévisuel : la série.
L’éventail des thèmes et des styles de séries,
qu’elles soient américaines, françaises ou autres,
est extrêmement large. Parmi elles, on peut
11 Dallas
opérer une première classification en deux
groupes :
– les séries
– les feuilletons
Les premières offrent aux téléspectateurs de
retrouver toujours les mêmes héros, mais au
travers d’une aventure entière et différente à
chaque épisode.
Les seconds déploient leurs intrigues sur des
dizaines ou des centaines d’épisodes. Chaque
épisode dépend de l’ensemble et ne constitue
pas d’unité à lui seul. Aux États-Unis, on
appelle cela un soap-opéra.

Aux origines, il y eut les feuilletons
radiophoniques des années 30. À leur venue sur
le petit écran, après la guerre, ils étaient
sponsorisés, voir directement produit par des
fabricants de lessives (en anglais, soap signifie
savon) et étaient construits de grands drames et
de grands sentiments (comme l’opéra).
Ainsi naquit le soap-opéra, diffusé
quotidiennement, généralement par tranche de
26 minutes, en cours de journée. Les tournages
se font presque exclusivement en décors de
carton, à un rythme qui ne permet pas de
tourner deux fois la même scène. Le public visé
est la femme au foyer, la fameuse
« ménagère… »

12 Introduction
Il existe ou a existé d’innombrables soap-
opera aux États-Unis, dont la plupart est
inconnue en France. On peut tout de même
citer :
– All my children (crée en 1970)
– Another world (crée en 1964)
– As the world turns (crée en 1956)
– Days of our lives (crée en 1965)
– General Hospital (crée en 1963, il est si
célèbre qu’un hommage discret lui fut rendu au
grand écran dans le film Tootsie, avec Dustin
Hoffman. Pourtant en France il ne rencontra
pas son public)
– The Guiding light (créé en 1952, il fait suite à
un feuilleton radiophonique né en 1937)
– One life to live (crée en 1968)

Comme on le voit, il n’est pas rare que ce
genre de production, dont les épisodes se
comptent par milliers, soit produit durant
20, 30, 40 ans ou parfois davantage.
En France, le premier soap à s’être fait une
place fut Peyton Place (produit aux USA de
1964 à 1969). Mais ce fut vraiment Santa
Barbara qui donna le goût du soap au public
français.
Aujourd’hui, le succès des Feux de l’amour
(The Young and the Restless, crée en 1973) prouve
bien que ce type de production réponde à une
réelle attente du public.
13 Dallas
On peut également noter que les soap ont un
rôle social dans la mesure où ils sont souvent
les premiers à aborder ouvertement les tabous
de nos sociétés : le viol, l’inceste, la violence
conjugale, les relations interraciales,
l’homosexualité, la maladie, la souffrance,
l’avortement, les conflits de génération, le tout
dans un tourbillon de haine et de passions,
d’amour, de gloire et de beauté…
Du prime-time-soap
Jusqu’au milieu des années 70, aucun
producteur de télévision ne croyait que le
système du soap put fonctionner avec le large
public du début de soirée (en américain, cette
tranche appelée « Prime Time » se situe entre
20 et 22 heures, jusqu’à 23 heures le week-end,
et recueille la plus forte audience) jusqu’au
succès de deux minis séries, Le riche et le pauvre
de Irvin Shaw et Racines d’Alex Haley
De plus se développait vis-à-vis des soaps
une exigence grandissante de qualité, tant au
niveau des décors que de la réalisation, qui
nécessitait la mise au point d’un nouveau
format.
Un tournage en décor naturel, avec des
épisodes de 52 minutes destinés à une diffusion
hebdomadaire, permettait de répondre à cette
demande.
14 Introduction
Mais de cette constatation à la décision de
produire et de diffuser le tout premier prime-
time-soap, il y avait un pas que peu étaient prêts
à franchir, persuadés que les téléspectateurs
n’accrocheraient à une série de soirée à suivre
qu’a condition d’une distribution de prestige ou
pour l’adaptation d’un best-seller.
Le pari était risqué…
Et pourtant…
Du concept à la réalisation
En 1977, un certain David Jacobs, qui
travaillait depuis un an aux scénarios de la série
dramatique Family (inédite en France) ressent
l’envie d’écrire pour des héros qu’il aurait lui-
même crée.
Son idée était de créer une série ambitieuse,
tant sur le plan artistique et intellectuel que
dramatique. Son modèle est un film intitulé
Scène from a marriage .
Jacobs parle de son idée à Michaël Filerman,
employé à la compagnie de production
télévisuelle Lorimar. Celui-ci, davantage en
butte aux exigences de la production, penche
pour un autre exemple, No down payment , film
des années 50.
Il fallait trouver un juste milieu.

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Peu après, Jacobs et Filerman soumettent
leur idée, intitulée Knots Landing à la chaîne
C.B.S. , qui apprécie l’idée de base (l’histoire de
4 couples installés dans un même quartier et
dont les destins s’entrecroisent) mais trouve
l’intrigue un peu trop dans la « classe
moyenne ». C.B.S. voulait une intrigue plus
riche, plus éblouissante, plus facile à vendre.
Une saga moderne et flamboyante.
L’état, parmi les 50 de l’union, qui est le plus
grand, et qui sembla le plus approprié, était le
Texas. Une ville au Texas. Mais quelle ville ?
Houston était trop moderne, trop propre pour
abriter tous les secrets d’une grande saga. San
Antonio semblait trop exotique, trop mexicaine.
Jacobs et Filerman choisissent Dallas. À cet
endroit, les cow-boys, descendant des
pionniers, et les pétroliers assis sur leurs
millions, se côtoyaient et se croisaient. Quinze
ans s’étaient écoulés depuis l’assassinat de
J.F.Kennedy, cela n’interférerait donc pas. De
plus, l’équipe des Dallas Cowboys avait gagné la
finale du Superbowl la saison précédente.
La seule chose qui gênait David Jacobs était
de créer sa série sans avoir jamais mis les pieds
à Dallas. Mais il fallait faire vite, tant que la
chaîne CBS était prête à produire.
En une demi-journée, il avait crée ses
principaux personnages, des stéréotypes.

16 Introduction
En même temps, David Jacobs avait vendu
une autre série, Married , laquelle fut encensée
par la critique alors que Dallas eut à l’affronter.
Married fut arrêtée après seulement 4 épisodes.

Le 10 décembre 1977, la première ébauche
de scénario est achevée. 6 semaines plus tard,
l’équipe est à Dallas pour tourner, sous la neige,
les 5 premiers épisodes.

Et le 2 avril suivant, Dallas est pour la
première fois diffusé sur les écrans américains.
C’est un dimanche soir. Une page de l’histoire
se tourne.

Après bien des hésitations, Lorimar, face au
succès grandissant de la saga, donna
l’autorisation d’en faire un véritable soap, avec
une intrigue répartie sur plusieurs épisodes.
Cette décision intervient dans les 10 derniers
épisodes de la première saison.
Il faut savoir qu’a l’origine, Bobby devait
emourir à la fin du 5 épisode. L’histoire se serait
alors développée entre Pamela et J. R.
Mais tel ne fut pas le cas…
Devant le succès de Dallas, C.B.S. cherche à
exploiter le filon. Il est tout d’abord question de
donner à Lucy Ewing – Charlene Tilton sa
propre série. Mais l’idée est abandonnée. On
demande alors à David Jacobs de ressortir son
17 Dallas
premier projet, Knots Landing, et de l’adapter
afin d’en faire un spin-off de Dallas.
Du spin-off aux copies
Définition
Le terme Spin off désigne, à la télévision
américaine, une série dérivée d’une autre série
dont le succès est censé assurer celui de la
nouvelle production. Avant l’adoption du terme
anglais, on parlait en France de feuilleton frère.
Le principe est toujours le même : un ou
quelques personnages de second plan de la
première série devient le héros d’aventures
construites en parallèles dans un autre quartier
ou une autre ville. Certains personnages vont de
l’une à l’autre. Il est cependant assez rare qu’un
spin-off dépasse en succès la série dont il est
inspiré.
Ce fut pourtant le cas concernant Dallas et
Knots Landing.
Un second prime-time-soap
Dallas connaît de plus en plus de succès. Au
terme de la première saison, les scénaristes ont
laissé Sue Ellen et son bébé à l’hôpital, entre la
vie et la mort. Laisser les téléspectateurs ainsi,
dans l’expectative, ne s’était encore jamais fait
pour une émission de soirée. Les courriers
18 Introduction
affluèrent à la production. Et à la rentrée, le
public était encore plus nombreux devant
l’écran.
Au 43ème épisode, on ressort Gary, le fils le
moins considéré du clan Ewing, avec un
nouveau visage, ainsi que Valène. On les marie
à nouveau, et dés la semaine suivante, le
20 décembre 1979, les jeunes époux s’installent
en Californie dans une petite maison offerte par
Ellie, au fond d’une impasse d’une ville
imaginaire appelée Knots Landing.
Durant les 59 premiers épisodes de Knots
Landing, Patrick Duffy, Larry Hagman, ainsi que
Charlène Tilton et Mary Crosby, firent quelques
apparitions afin de soutenir la nouvelle série,
qui trouva assez rapidement son rythme et sa
propre audience.
Un second prime-time-soap venait de naître,
sur C.B.S. également.
La recette et ses émules
Évidemment, un succès comme celui des
créations de David Jacobs fait des envieux. La
recette est trop fameuse pour ne pas être
copiée.
Le 12 janvier 1981, sur A.B.C., apparaît une
nouvelle production Aaron Spelling, déjà
producteur de Drôles de dames, La croisière s’amuse,
l’île fantastique, l’amour du risque et bien d’autres
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succès. D’abord intitulée Oil, la série, qui
raconte les aventures d’une richissime famille de
pétroliers installés à Denver, dans le Colorado,
est rebaptisée Dynastie.
Le but avoué est de concurrencer Dallas, sur
le terrain des intrigues pétrolières et
sentimentales, avec quelques plus : des acteurs
et actrices plus beaux, un luxe omniprésent
frôlant tour à tour le ridicule et l’indécent, et un
rôle de méchant confié à une femme, la vénale
Alexis.
On notera d’ailleurs que Joan Collins, qui
l’interprète, a connu dans sa jeunesse
londonienne une aventure avec un certain Larry
Hagman.
Brusquement, ils se trouvaient concurrents.

Le 4 décembre 1981, une autre production
fait son apparition sur les écrans américains.
Toutes proportions gardées, Falcon Crest est au
vin californien ce que Dallas est au pétrole
texan.
Crée par Earl Hamner, l’histoire, celle d’une
famille de puissants viticulteurs d’une vallée
proche de San Francisco, va connaître un
succès comparable à l’épopée des Ewing, même
si la France a boudé cette saga.
Si le luxe est la principale caractéristique de
Dynastie, celle de Falcon Crest est d’avoir accueilli
une distribution éblouissante. L’incontestable
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