Neiges d'Anges

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Décembre 2029Qui a tué le décorateur de l’émission phare de «La Chaîne Capitale»? Cette cyberTV est en deuil, elle qui truste les bandes passantes du NeTlight reconstitué par le district «Capitale Fédérale» après la catastrophe spatiale de 17! Production annulée! Electron libre de la police unique,l’inspecteur Spinrad ne croit pas au crime d'un réalisateur, ni à celui d'une présentatrice. Visionnaire, il voit d’autres implications dans les meurtres qui frappent le district. Certes, le «suspect» force un peu sur la neige qui le fait rêver d’anges parfaits. Mais les traces mènent à une piste faite de sectes sauvages et d’informaticiens fous qui ont des codes spéciaux. Peu d’espoir d’obtenir les moyens d’enquêter en ce sens: tous bloqués par une opération policière grand guignol, MAC/betH!
Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 247
EAN13 : 9782748118506
Nombre de pages : 263
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Neiges d’Anges
Andrachmes
Neiges d’Anges
LITTÉRATURE INTERACTIVE
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748118510 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748118502 (pour le livre imprimé)
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26 décembre 2029 District “Capitale Fédérale” Conurb @ Multi.Com/E.U.
Découpés au rasoir, de multiples yeux sombres in crustés au coeur de plans chaotiques envahissent les écrans plasmas d’une régie numérique dernier cri. Nombreux sont les axes caméras qui isolent ou si tuent ces regards étranges, selon la volonté du réa lisateur immergé dans un rythme musical exacerbé. Reliée au réseau H.F. par son microcasque, l’as sistantescripte pilote attentivement les techniciens de plateau en duo qui modifient à la demande les cadres de treize caméras automatisées. Les nerfs so lides, seule cette fille parvient à précéder les désirs de l’artiste audiovisuel qui mélange les images. De son poste de contrôle technologique, ce couple maî trise un monde peu commun qui se crée en temps réel. Tous deux ont imaginé un rêve insensé et le rendent possible, le réalisant même en direct, no blesse oblige. En studio, deux compères inattendus participent à la mise en scène : les cadreurs qui pro posent des visions surprises que personne n’atten dait. Excellentes images dont se servent les créa teurs pour enrichir l’univers qu’ils inventent, scien tifiquement découpé en tranches de vies calibrées au
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picogramme. Simplement, le spectateur doit ressen tir une fluidité dans l’écran de sortie antenne, celui qui mobilise toute l’attention. Les images digitales y sont envoyées avec une maestria d’enfer, celle du maître d’oeuvre, jusqu’à ce qu’il sélectionne une vue des plus larges, celle de la 13, soigneusement prépa rée par sa complice. Laquelle, sur ce signe convenu, lance un mouvement d’appareil très sophistiqué qui accompagne l’envol élégant d’un faucon trônant au centre du dispositif. Extrêmement bien dressé, l’oi seau quitte son perchoir au son d’une complainte désespérée. Figée au point chant, la vedette du show, synchrone, lance son cri amer : Mon ange disparu, jamais ne reviendra, et aucun souvenir, jamais ne le changera”. Mélancolique, le chanteur baisse les yeux dans le silence, il y a si longtempsFixée sur le gros plan de l’oeil sombre du rapace, la caméra sept suit son envol majestueux. L’ingénieur du son, lui, coupe calmement le disque optique du playback complet, tandis qu’il monte les curseurs des micros d’applaudissement au maximum, créant un délire or ganisé en bits sonores multipliés. À toute vitesse, la caméra volante arrive droit sur le présentateur, dé voilant la majesté des lieux amplifiée par l’optique en oeil de poisson. C’est une foule immense qui pa raît occuper les gradins, illusion du son multipho nique placé dans ce cadre dynamique. Stoppée en plein vol, la migration millimétrée de l’objectif mou vant s’arrête pile au gros plan du visage de l’anima teur. Mission accomplie, à vous le studio.
“Merci Florent, et bienvenue à tous dans Masca rade, l’émission masquée de “La Chaîne Capitale”.
Comme prévu, sous les ovations, le bateleur au ton badin s’apprête à accueillir la “star” qui achève son numéro. Mais le chanteur s’arrête net, éber lué. En quarante ans de carrière, jamais il n’a vu
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un tel cirque ! Reprendre, toutes les trois mesures, la pantomime sans son de sa chanson, c’est son mé tier, mais à ce pointPas content, l’invité vedette, ces répétitions techniques peuvent se faire sans lui. C’est comme s’ils n’avaient jamais entendu parler de doublure “lumière”, ici. Dans toutes les salles pres tigieuses, sur les cinq continents, les grands de ce monde l’ont applaudi. Dans le monde des réseaux, qui peut encore lui apprendre quoi que ce soit ? Pour être à la hauteur de son nouveau titre chaîne de ré férence du district “Capitale fédérale” cette “télé” provinciale a intérêt à revoir ses concepts. Ce jeu, présenté par une créature décolorée au look andro gyne, pistant un oiseau perdu dans le studio, c’est n’importe quoi. Et ce Lelord qui ne le salue même pas hors antenneQuant à leur dispositif scénique, il est beaucoup trop ambitieux. Ces gens n’ont ma nifestement pas les moyens de filmer les modules de plastique colorés disséminé partout, ils n’ont que treize caméras. Le temps de les coordonner et mieux, d’en synchroniser les effets, ils sont partis pour ré péter des heures. Jamais ils ne seront prêts pour ce faux direct de nouvel an qu’ils doivent absolument enregistrer aujourd’hui. Ce fatras pseudoartistique en trompel’oeil est composé pour ces horribles for mations “AcideJungle”, aux bruits désarticulés, pas pour un représentant de la bonne chanson à texte. Cette colère monstre interrompt brutalement l’ultime répétition, et, comme d’habitude, Georges Lelord ne répond rien. Il se contente d’un regard de mépris à l’artiste gesticulant. Irrité, le présentateur chéri de la chaîne demande en régie ce que l’on fait, mainte nant.
Le producteurdélégué se précipite. Il s’y atten dait. Jamais il n’aurait dû faire confiance à ce Cyrill Léger. Non sans une certaine faiblesse, il l’a laissé relifter l’émission phare de “l’access primetime”
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de la chaîne. Au moins espéraitil qu’il y apporte les dernières techniques artistiques enseignées dans les écoles semiindustrielles des arts audiovisuels. Puisque la chaîne lui a proposé la case “primetime” du réveillon pour développer son jeu, autant laisser ce jeune créateur ingénu expérimenter des nouveau tés sur le thème de la fête. En outre, il devrait lui en être très reconnaissantEt si le succès est là, le 31, à 21 heures, Calvin Hugues, l’étoile montante des réseaux, pourra installer un rendezvous men suel de “primetime”, en plus de son hebdomadaire classique de 18 h 30. En saison, il sera toujours temps de ne garder que les innovations à la portée du commun des mortels. Des réunions très “artis tiques” se profilent, qui ne laissent pas de glace cet organisateur de talents. Mais là, il a laissé un peu trop la bride sur le cou de son jeune réalisateur. Le quel s’est entouré d’une bande issue d’un monde ar tistique incontrôlable qui commence à horripiler son esprit responsable. Qu’on lui parle d’artistes décalés comme cet Andrachmes et son générique MultiD, de décorateurs de génie comme ce Leklee et ses dé cors constructivistes ou d’esprits forts comme cette scripte, efficace mais tellement sèche, rien n’y fait : la confiance vient à manquer. Sans insister sur ses sentiments personnels, il rassure le chanteur agacé. Tout sera prêt pour l’enregistrement. Délicatement, il amène son invité à sa loge où une bouteille de champagne l’attend au frais. Un millésime 17, ex cusez du peu ! Au passage, il glisse au régisseur qu’il faut reprendre l’entrée des candidats, c’est la dernière répétition et le temps avance, lui.
La tête couverte d’un casque multimédia, l’air un peu martien, le chef de plateau murmure au mi cro quelques mots incompréhensibles. Dénoncés par leurs rires, les techniciens reliés au réseau haute
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