Pas au format ?

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Avant de devenir écrivain Mathias Ollivier se fit la plume comme auteur de chansons. Il en écrivit des milliers, parmi lesquelles figurent quelques succ. En voici quelques-unes, sélectionnées pour tous les amoureux de chansons françaises. A la lecture de cet ouvrage on peut suivre l'évolution d'une écriture, la fréquence des sujets abordés et le rapport de l'auteur à son inconscient ou au social. Premières chansons maladroites, pathologiques, pathétiques, prémonitoires… L'auteur panse ses blessures en chanson qu'il met en musique pour tout transformer en lumière. Son manque de reconnaissance maternelle, ses révoltes, ses rêves de départ, d'absolu, ses déceptions sentimentales, tout est passé au crible. Fallait que cela sorte !
Publié le : vendredi 17 juin 2011
Lecture(s) : 259
EAN13 : 9782304017168
Nombre de pages : 905
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2 Titre
Pas au format ?

3Titre
Mathias Ollivier
Pas au format ?
Chansons Poèmes Pensées
et Maximes
Texte à chanson
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01716-8 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304017168 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01717-5 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304017175 (livre numérique)

6





« Je sais qu’un jour,
Les enfants des faubourgs,
Chanteront mes chansons,
Et connaîtront mon nom ». 8 Parcours de l’artiste

PARCOURS DE L’ARTISTE
Mathias Ollivier est né à Liège de père Belge
et de mère Française. Son père est prisonnier en
Allemagne durant la guerre et sa mère
Résistante, décorée de « l’armée secrète »
accompagne le Général Patton durant la bataille des
Ardennes pour libérer les déportés des camps de
concentration nazi.
Il poursuit ses études à Liège et souhaite
devenir archéologue, mais les difficultés familiales
le contraignent à travailler dans la Restauration.
Il se cultive en autodidacte et se passionne pour
l’histoire des civilisations et des religions. Il
quitte la Belgique à l’âge de dix-sept ans pour
naviguer comme steward sur les cargos. Quand
il débarque à Anvers en 1970, il monte à Paris.
Avant d’être écrivain Mathias Ollivier se fit la
plume comme auteur de chansons. Il en écrivit
des milliers. En voici quelques-unes,
sélectionnées pour tous les amoureux de beaux textes,
fruits de trente années de travail. A la lecture de
cet ouvrage on peut suivre l’évolution d’une
écriture, la fréquence des sujets abordés et le
9 Pas au format ?
rapport de l’auteur à son inconscient ou au
social. Premières chansons maladroites,
pathologiques, pathétiques, prémonitoires, les belles, les
bonnes… L’auteur panse ses blessures par
l’écrit, il les met en musique pour les
transformer en lumière. Il ne se sent « pas comme les
autres », rejeté… Son manque d’affection et de
reconnaissance maternelle, l’enfer familial, ses
révoltes, ses rêves de départ, d’absolu, ses
déceptions sentimentales, tout est passé au crible.
Fallait que cela sorte…
En arrivant à Paris, en 1970, Mathias est
remarqué lors d’une audition, par un directeur
artistique de chez Polydor où il enregistre son
premier disque 45 trs, sous le pseudonyme
d’Ollivier Laurent.
(Maxime Leforestier - Jean Michel Caradec -
Georges Moustaki étaient également artistes
Polydor à cette époque).
C’est alors qu’il fait ses premières télés.
Bientôt, Mathias obtient un rôle dans « Hair », puis
« Superstar », il joue au TNP, au Châtelet - à
l’Olympia…
Toutes les radios programment ses premiers
disques (Une fille en or - Je vais je vois j’espère
- Marie Trevor), mais les ventes ne décollent
pas. Il garde un très mauvais souvenir de sa
première télévision promotionnelle. En effet,
cet après midi là, Michel Sardou enregistrait lui
aussi sa première télé avec « Mourir de
plai10 Parcours de l’artiste
sir »… Concurrence à laquelle Mathias ne put
faire face… « Mourir de plaisir » était un titre
beaucoup plus fort, erreur de stratégie de la
boîte…
On lui reproche d’écrire de « trop belles
chansons »… Il se bat pour être un jour
reconnu comme un artiste dans la lignée des grands.
Il pense que pour y parvenir, il faut être crédible
et oser choisir la porte étroite. C’est pourquoi
lorsqu’on lui propose de chanter «
dadadirladada », il refuse estimant que cette chanson, ne
correspond pas au type de carrière qu’il
souhaite faire. Son contrat est donc rompu après
trois 45 trs.
En 1972, il signe avec Claude Carrere, qui lui
propose de composer quelque chose de
« commercial », de manière à apparaître dans les
Hits parade ; cette concession devant par la
suite, lui permettre d’enregistrer ses meilleures
chansons. Il accepte à contre cœur. Les trois
45 trs qu’il enregistre alors sous le nom de
Mathias, coup sur coup, deviennent des tubes. (Il
ne faut penser qu’à ça - Une fille en France -
Pas un jour sans une ligne). Il fait alors
plusieurs émissions de télé en prime time, les
podiums RTL, Europe N°1, etc…
Mathias souffre énormément des
manipulations, du chantage au « prêt à tuber » qu’il subit.
Quand il apparait en public, on le sent mal dans
sa peau… Il se plaint de n’avoir pas le droit
11 Pas au format ?
d’être lui-même. Après trois 45 trs, il décide de
sortir du cadre de la « chanson pour minettes »,
pour ne pas rester un petit « chanteur à
paillettes »… Son souhait est de se créer un vrai
répertoire, lui permettant de faire de la scène ;
cela passe par l’enregistrement d’un album
comprenant des œuvres de véritable qualité
artistique… Il fait entendre ses titres à ses
producteurs, mais ceux-ci refusent de les enregistrer
prétextant qu’il s’agit de « belles chansons pas
assez commerciales », s’opposant même à l’idée
que Mathias fasse de la scène… Il se sent alors
trahi. Il s’en suit un conflit, qu’il décrit dans son
ouvrage auto biographique : « l’Amour à
cappella » (à paraître).
En 1974/75, Mathias stop net sa carrière,
pour fuir l’image du chanteur aseptisé qu’on
voulait qu’il adopte. Fidèle à l’idée de donner au
public des œuvres authentiques, renonçant au
conformisme et à l’argent facile.
A la suite de cette rupture, Eddie Barclay, qui
comprenait son drame, lui propose un contrat
lui permettant d’enregistrer des œuvres qui lui
ressemble…
Mathias entreprend alors son virage et
enregistre trois 45 trs (15 ans - Ma gueule de Lion -
les autres), mais la promo se heurte au refus des
radios de le programmer : « pas au format » !
Eddie Barclay se bat pour développer sa
carrière, mais le directeur de production et les
pro12 Parcours de l’artiste
grammateurs de radios, refusent de le suivre.
Mathias se retrouve ainsi « entre l’enclume et le
marteau ». Les ventes ne suivent pas, il se voit
contraint d’accepter la lettre de licenciement qui
lui est adressée.
Après cela Mathias enregistre quelques
vinyles avec d’autres producteurs, comme Hubert
Ballay qui avec l’aide de Bruno Coquatrix,
Cloclo et Joe Dassin, se bat pour l’imposer. La
plupart des articles parus dans la presse sur le
parcours de ses tournées, décrivent Mathias
comme : « un acteur de chanson qu’il faut voir
chanter » et qui possède la justesse de
l’authenticité.
Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Les
programmateurs de radios lui reprochant
toujours de n’être « pas au format ».
Les pressions, la déferlante de la « new
wave » des années 80, l’oblige à faire retraite
jusqu’en 94, pour prendre du recul et travailler à
des productions plus authentiques, en étant
entièrement libre artistiquement. C’est dans cette
période qu’il travaille son écriture et se prépare
à une carrière littéraire.
Les producteurs s’imaginent qu’il a fait
fortune avec ses succès… La réalité est toute autre.
Les sommes qu’on lui doit ne lui seront jamais
versées. Sans le sou, les impôts sur ses talons, il
se voit alors contraint de chercher du travail
13 Pas au format ?
dans la restauration pour ne pas se retrouver à
la rue.
En 1994, il parvient à faire sortir son premier
album, dont les enregistrements avaient débutés
en 89. Après quelques mois de promotion,
plusieurs centaines de radios locales programment
ses chansons, mais les grands périphériques
quant à eux, font la sourde oreille. Xavier, son
nouveau producteur, a beau leur mettre sous le
nez les centaines de « cartes retour » positives
des fréquences de province, démontrant qu’il
faisait de l’audience ou les articles de presse
témoignant du succès qu’il remportait sur les
planches partout en France : rien à faire… Pour
ces Messieurs les parisiens, la province n’existe
pas !
Mathias, c’est très bien… C’est « un grand »,
une « pointure » et une « bête de scène »… Mais
achetez nous de l’espace publicitaire,
répondaient les programmateurs, sollicités pour la
diffusion d’un titre… Le mépris !
Mathias se marie, son épouse met au monde
une petite fille magnifique, mais se suicide peu
après. Il se retrouve seul avec un bébé en bas
âge. Il lange, il biberonne et survit à la misère en
s’inscrivant au Rmi…
En 1997 : Il produit un nouvel album : « au
Seuil de 2000 », dont la plupart des titres ont été
écrits entre 75 et 85… A cette époque, les
producteurs refusaient d’enregistrer ses chansons,
14 Parcours de l’artiste
les jugeant dérangeantes ou toujours : « trop
belles »…
Cet album est programmé partout en France,
sauf à Paris. Les distributeurs renoncent alors à
le mettre en place ; c’est un nouvel échec
commercial. Ce CD permet de juger des talents de
visionnaire de Mathias, qui fut toujours en
avance sur son temps.
Comme de nombreux artistes, Mathias veut
faire une œuvre de sa vie. Il y travaille
inlassablement, espérant figurer parmi les plus grands.
Il cherche, triture les mots et les rimes, nuits
après jours. Il sacrifie tout à son art. Mais le
show business est-il fait pour les artistes ?
N’est-il pas plutôt une usine à fric ! Composer
de « belles chansons », n’est pas tout à fait la
même chose que de « faire des tubes »… Faut-il
s’étonner alors qu’un auteur original, soit
méprisé et rejeté, autant que le fut Mathias ?
Préserver son authenticité tout en s’adaptant au
métier, sans pourtant tomber dans le
conformisme, est sans doute un des exercices les plus
périlleux qui soit ; dans ce milieu qui ne jure que
par l’argent et la mise au format de tout ce qui
est destiné au public.
(Claire Lascombes)
15 Extraits d’entretiens

EXTRAITS D’ENTRETIENS
« J’écrivais de trop belles chansons me
disaiton, pour qu’elles deviennent des tubes, trop
compliquées… J’avais plus qu’à aller les chanter
dans les pélargoniums. Eux, c’est tout de suite
qu’ils voulaient faire du blé. Avec moi ce n’était
pas possible parce que j’étais un « artiste à
carrière… Trop long à imposer », disaient-ils,
voilà… Ce genre de remarque n’avait pour moi
aucun sens. Que pouvait-on demander à une
chanson, sinon d’être belle ?
Entre 72 et 75 j’en eu marre de vivre enfermé
comme une « poule de luxe », avec mes beaux
pantalons, mes belles chemises et mes belles
chaussures, en attendant que l’on daigne
m’appeler tous les six mois, pour enregistrer en
studio ou passer chez Guy Lux.
On m’utilisait, comme une marchandise et
tout ce que je faisais pour évoluer dans ma
carrière était systématiquement réduit à néant.
Question salaire, on me faisait des avances sur
royalties, qui me permettaient juste de payer
mon loyer et me nourrir. Mais je ne savais
ja17 Pas au format ?
mais combien de disques je vendais réellement.
Ils me tondaient la laine sur le dos, ils signaient
mes chansons. Quand j’ai décidé de les quitter,
forcé et contraint, ils m’ont reproché de «
cracher dans la soupe “griller” dans tout le
métier ».
Il y a très peu de disques dont je suis fière, la
plupart des chansons que l’on y gravait
m’étaient imposées par mes producteurs. A
moi, il ne me semblait pas plus « risqué »
d’enregistrer de « belles » ou « bonnes »
chansons, plutôt que du prêt à tuber. Tout ce qui
m’importait était de respecter le public et de ne
pas galvauder mon talent. Je ne faisais pas ce
métier pour l’argent, mais pour donner au
public le meilleur de moi-même. C’était mon
éthique. Par orgueil aussi, sans doute, je voulais des
chansons qui restent, dont je pourrais être fier,
plus tard. Ils n’en avaient rien à secouer eux !
Dans les années 80, quand je me suis
retrouvé à la rue, on m’a proposé de faire un « come
back » en reprenant un de mes anciens tubes !
C’était reprendre des chansons pour «
minettes » que j’avais mis des années à faire oublier.
Pour eux c’était s’adapter, pour moi c’était ré
ouvrir mes plaies, j’ai refusé. Après ça ils sont
revenus à la charge avec mon enfance
malheureuse… qu’ils voulaient publier dans « France
Dimanche »… Moi, je ne voyais pas le rapport
avec le show business. Si d’autres artistes ont
18 Extraits d’entretiens
tiré sur cette ficelle pour se rendre populaire,
moi je ne voulais pas. C’eut été peiner
inutilement ma mère, à qui j’avais pardonné.
Voilà pourquoi je fus si souvent en lutte
contre mes producteurs, à l’exception de Eddie
Barclay, un grand homme et un Artiste s’il en
est, Bruno Coquatrix ou Hubert Ballay, les seuls
à s’être réellement battus pour m’installer dans
la carrière.
Quand je repris la route du succès en 94,
après le succès d’une tournée dans toute la
France… Fallait raquer à la pub, payer les
passages ! Autrement dit : dépenser les droits
d’auteurs que je n’avais pas encore reçus,
vendre la maison de ma mère pour payer ses
passages radio…
Aujourd’hui on fabrique des pseudo-stars,
des marchands de disques formatés en direct !
Ca chiale tant que ça peut en coulisse devant les
caméras, ça fait de l’audience et vendre des
magazines. Pour cela on utilise des jeunes ayant un
certain potentiel artistique, mais jamais très
originaux. On les médiatise à mort ! On les vend,
les exploite, les pressurise, jusqu’à ce qu’ils
n’aient plus rien dans le ventre et qu’ils aient
usé leur image. Cela ne dure généralement pas
plus d’un an. Seuls les plus forts s’en sortent.
Pour les autres, c’est la chute libre, sans
parachute… On les abandonne à leurs angoisses,
mortellement atteints par le virus du succès.
19 Pas au format ?
Quand on a goûté à l’ivresse des médias, on est
comme envoûté. On peut passer ainsi le reste
de sa vie à essayer de remonter la pente pour
tenter d’atteindre « l’impossible étoile »…
Certes ils sont assistés de psychologues pendant les
répètes, et pour les accompagner vers la sortie
en douceur. Or, moi je dis qu’à partir du
moment où l’on a besoin de psy’s sur un plateau
pour assister les « artistes », c’est qu’il y a
vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond.
Si ce n’est pas prendre des risques ça ? Un de
ces quatre ça va leur péter à la gueule aux
« chiennes de télé »… et aux PDG de boîtes de
disques, c’est sûr, suivez mon regard…
Ils se sont débarrassé des rebelles, or ce sont
ceux là les artistes. J’ai durement vécu tout cela.
Je ne suis pas passé loin de me fiche en l’air,
comme Joëlle, Mike Brant, ou d’autres moins
connus du public. Ce qui m’a sauvé c’est de
m’être sorti moi-même du système.
Je ne reproche pas aux Médias, aux
producteurs, d’avoir créé des « Star Académy » ou
« Nouvelle Star »… Je reproche à ce système de
tout monopoliser en n’offrant aucun espace aux
créateurs - ceux qui écrivent - disent des choses
- puisqu’ils n’y a place que pour des interprètes
qui ne « l’ouvre » que pour chanter ce qu’on
leur dit de chanter ! Aujourd’hui, on ne présente
plus un artiste en faisant l’éloge de son talent,
mais en annonçant le nombre de disque qu’il a
20 Extraits d’entretiens
vendu ! Dans les belles années du show
business on présentait des artistes exceptionnels
devenus populaires par l’unique force de leur
talent et de leur personnalité. Or, aujourd’hui de
cela les médias, les producteurs n’en veulent
plus, parce que lorsqu’on devient populaire, ils
perdent le contrôle, on leur échappe. L’artiste
doit rester demandeur.
Pour résumer mon histoire de chansons… Il
me fallut attendre 1994 pour sortir un premier
album qui me ressemble, libre de tout
engagement contractuel. Des musiciens comme
Christian Gulluni, Yann Benoist, Léonard Raponi,
Michel Perratout et d’autres, m’y ont aidé.
Sur « Intemporel » et « Au seuil de 2000 »,
figurent quelques-unes de ces « bonnes » ou
« belles » chansons, que les producteurs
refusaient de me laisser enregistrer dans les années
70. Si je ne subissais plus les pressions de
producteurs, je souffrais évidemment du manque
de moyens promotionnel. Je fus programmé
partout en France, sauf à Paris. Les
programmateurs refusèrent de me diffuser. J’étais
comme d’hab’toujours « pas au format » ! La
star c’est la pub, elle est devenue le passage
obligé pour tout qui tente une carrière
artistique. Il ne faut pas lui faire de l’ombre avec de
belles choses.
Or, l’artiste digne de ce nom est par essence
anticonformiste, rien à voir avec les formats
21 Pas au format ?
donc. L’art ne consistant pas à obéir aux règles
établies, mais à leur désobéir, même lorsqu’elles
sont acceptées par une majorité… Sans
désobéissance il ne peut y avoir création.
Vouloir formater les artistes pour les rendre
« conformes » revient à leur contester leur droit
à l’authenticité. Ils sont nombreux ceux qui se
recommandent des « droits de l’homme » et de
la démocratie pour justifier leurs actes dans la
société. Or, l’Artiste privé de son droit à
l’authenticité est-il un homme ? Imposer des
formats, n’est qu’une manière hypocrite de
pratiquer la censure, sans la nommer. Quant à
vouloir être malgré tout programmé, en achetant de
l’espace publicitaire cela s’appelle : la « sélection
par l’argent »…
Dans le contexte « démocratique », ou l’on se
trouve, ni l’une ni l’autre de ces pratiques ne
trouve grâce à mes yeux. En matière artistique,
cela n’est ni plus ni moins que la mort de
l’artiste, du droit à la différence, du pluralisme
et celle de la tolérance. C’est faire la part belle
aux affairistes, aux « fils de pub », aux créatifs
médiocres et aux « kings du marketing ». Voilà
pourquoi je dis qu’il faut livrer un combat
contre la conformité à la norme.
Si je parle de moi, c’est à titre symbolique,
car de nombreux artistes, moins persévérants
ou capables de résister aux pressions, meurent
des rejets qu’ils subissent, du mépris, de
22 Extraits d’entretiens
l’intolérance, de l’indifférence. Parce qu’on leur
conteste le droit à cette la différence et
l’autrement, qui sont le propre des êtres
uniques.
Mon obstination à vouloir faire de mon art
mon « gagne pain », à vouloir développer ma
vie d’homme parallèlement à ma carrière, me
rendit toujours la vie difficile, parce que cela
créait des rapports de pouvoir imbéciles.
Certains producteurs ne comprenant pas mon
attitude en concluaient que j’avais un fichu
caractère ! Or, j’entendais simplement exercer mon
droit à l’authenticité. Et puis, « avoir mauvais
caractère » c’est avoir du caractère. Certes nous
vivons dans un monde ou cela est pour ainsi
dire proscrit. J’attends de la franchise, de la
transparence, de la tolérance, de la part de ceux
que je rencontre, pour de vrais échanges ou un
partage. C’est cela la démocratie. Avis aux
amateurs !
A mes yeux, le plus important dans la vie, est
ce qu’on laisse derrière soi. Quitte à me
tromper, je voulais que cela soit avec mes idées, pas
avec celles des autres ! Je voulais bien risquer de
rater ma carrière, mais pas ma vie d’homme.
J’avance dans l’existence, habité de la
conviction intérieure, que l’homme doit être utile à ses
semblables. Cela se peut-il s’il vend son âme ? »
23
1960 À 1970 PREMIÈRES CHANSONS
*** Titres enregistrés
** Titres mis en musique

Déposés au répertoire de la Sacem

Toute adaptation doit faire l’objet
d’un accord avec l’auteur

25 Pas au format ?
CHÂTEAUDUN **
(MA PREMIÈRE CHANSON - 1961)
De grand matin sonnant matines,
Hué des hulottes, partons pour Châteaudun.
Laissons nos femmes à leurs quenouilles,
N’emportons que nos vielles, un peu de vin.

DE VILLES EN VILLES JOFFROY,
PARTONS CE JOUR,
OUVRIR AU MONDE NOS COEURS DE
TROUBADOURS.

Par le chemin des Templiers,
Entre les chênes centenaires,
Il nous faudra beaucoup marcher,
Avant d’atteindre une chaumière.

SI LES SORCIERES JOFFROY,
N’EXISTENT PAS,
POURQUOI PRIES TU, POURQUOI NE
CAHNTES TU PAS ?

Voici venir de terre Sainte,
26 1960 à 1970 Premières chansons
Une croisade éreintée.
Voici venir un misérable,
Mendiant la main, une lippée.

LES CORBEAUX CROASSENT
JOFFROY, SUR LES DONJONS,
ILS VONT SE TAIRE JOFFROY, POUR
NOS CHANSONS.

Je sais l’histoire d’un prince noir,
D’un chevalier d’apocalypse,
Chevauchant dans tout le terroir,
Et partout rendant la justice.

LES CROIX DE MALTE JOFFROY, LES
ROSES CROIX,
SAVENT QUE DIEU NE LES
ABANDONNE PAS.

J’aperçois une tour grattant le ciel,
Nous n’avons plus à craindre les brigands.
Tu vois c’est la bonne nouvelle,
La ville est proche maintenant.

LEVE LE FRONT HÉ JOFFROY, LA VIE
EST BELLE,
ET RIS UN PEU VA JOFFROY, LA FIN
EST BELLE.

J’entends la cloche d’un lépreux,
27 Pas au format ?
Qui sonne sous la sarrasine.
Donne un écu à ce pouilleux,
Dieu te le rendra, j’imagine.

CHANTONS ENSEMBLE JOFFROY,
LES POLITIQUES,
ET LES AMOURS DE NOS ROIS,
RENDONS PUBLIQUES.

Cet homme en armes, sous la poterne,
Est né au bourg, d’où nous venons,
Sache Joffroy pour ta gouverne,
Que nous sans payer… Nous entrons…

ENTRONS ENSEMBLE JOFFROY, A
CHATEAUDUN,
CHANTONS ENSEMBLE JOFFROY,
LALA LONLA.
28 1960 à 1970 Premières chansons
LE BOSSU **
Mon copain le bossu,
Ce gars tout tordu,
Mais que j’aime bien,
Parce qu’il n’y peut rien.
A tous les méchants, il montre les dents,
Il offre le dos, à tous les braves gens.

Lui qui très souvent se voit bafoué,
Toute son enfance, il se vit moqué,
Il a vu les sept croix,
Des gens sans foi ni loi.
Croix de bois,
Croix de fer,
Si j’mens j’irais en enfer.

Mon copain le bossu,
Au parlé pointu,
Très original,
Mais s’en fiche pas mal.
Quand on le traite de polichinelle.
Il baisse les yeux doucement et pleure.

29 Pas au format ?
Il n’a pas fait de hautes études,
Mais peut déchiffrer les hiéroglyphes,
Ecrire en Grec ancien,
Compter en chiffre romains,
Croix de bois,
Croix de fer,
Si j’m’en j’irais en enfer.

Mon copain le bossu,
Ce sacré têtu,
Ce superstitieux,
Ce vilain curieux.
A lu ce matin dans son horoscope,
Qu’au fond d’une fosse, finira sa bosse,
Ca veut bien dire qu’il ira en terre,
Mais vers les cieux, ou vers les enfers ?
T’en fais pas va bossu…
Allez viens, n’y pense plus.
30 1960 à 1970 Premières chansons
MÉTAMORPHOSES **
L’évolution symptomatique,
Des jours, des heures claires,
Des nuits, des heures brèves,
Du jour la nuit s’approche.

Au long des métastases,
Automne, tombe les feuilles,
La chambre où tu t’effeuilles,
De façon méthodique,
Pour devenir ma reine.

En symbiose syllogistique,
Ma belle je te renverse,
Dieu que tu es bien faite,
Sous le ciel de ce lit,
A l’orée de la nuit.

Dans un métabolisme,
Le jour, le jour sombre,
La nuit, la nuit monte,
Dans tes bras, je succombe,
Et en amour on tombe.
31 Pas au format ?
Tu te métamorphoses,
Ma nymphe, mon ange rose,
A l’amour tu te prêtes,
Comme une fleur éclose.

Pénètre dans mes cases,
Passons de phase en phase,
Aimons jusqu’à l’extase,
Sortons-nous de la brume,
Ma belle tu me fumes,
Fume moi, fume, fume.
32 1960 à 1970 Premières chansons
APPRENDS A SOURIRE **
J’ai grandi dans une maison,
Qui ressemblait à une prison.
Mes yeux sont deux trous méfiants,
Qui n’ont jamais vu leurs parents.
Quand je ris ça fait du jaune,
Je n’y peu rien et c’n’est pas drôle.

APPREND A SOURIRE,
COMME TOUS LES ENFANTS,
LES GENS SERONT CONTENTS.
SOURIS A C’MONSIEUR,
IL AIMERAIT TANT,
VILAIN GARNEMENT.

Au dortoir nous étions trente,
On n’avait pas chacun sa chambre.
Faut avoir été dans l’cas,
Pour bien comprendre ces choses là.
Chaque soir la supérieure,
Me sermonnait avec ferveur.


33 Pas au format ?
APPREND A SOURIRE,
COMME TOUS LES ENFANTS,
LES GENS SERONT CONTENTS.
SOURIS A C’MONSIEUR,
IL AIMERAIT TANT,
VILAIN GARNEMENT.

Je n’sais pas ce qu’ils ont tous,
A me traiter comme un toutou.
Je n’suis pas d’mauvaise humeur.
J’pends pas la gueule, j’ai seulement peur.
Je voulais que vous l’sachiez,
Si un jour vous me rencontrez.
34 1960 à 1970 Premières chansons
ON T’AIMAIT BIEN **
Avec tes angoisses, tes mines tracassées,
Tes regrets et cris toute la sainte journée.
Et avec la bouteille d’éther sur la commode,
Afin qu’on te réveille quand tu tombes dans
les pommes.
Moi j’comptais les violons de mon premier
gala,
Où tu viendrais me voir un soir avec papa.
ON T’AIMAIT BIEN VA, IMAIT BIEN.

Avec tes poussières, tes vaisselles tes raclées,
Les sorts que tu jetais, quant tu étais mal
lunée.
Pour que la vie soit belle, fallait qu’la vie
nous crève,
C’était plus fort que toi, tu n’aimais pas que
l’on rêve.
ON T’AIMAIT BIEN VA, IMAIT BIEN.

JE REVAIS GRAND MOI,
35 Pas au format ?
POUR TOI QUI NE REVAIS PAS,
JE REVAIS GRAND MOI,
JE REVAIS HORS LA LOI,
ON T’AIMAIT BIEN VA,
PRESQU’AUSSI MAL QUE TOI.

ON T’AIMAIT BIEN VA IMAIT BIEN.

Je rêvais d’un ailleurs où faire le plein d’iode,
En dehors du présent, du monde et de ses
modes.
On aurait tant aimé te voir enamourée,
Plutôt que sur les nerfs comme une
enmacrâlée.
Qu’un plaisir, ou qu’un air te rassure le cœur,
Pour que ta prison s’ouvre sur un monde
meilleur.
ON T’AIMAIT BIEN VA IMAIT BIEN.

JE REVAIS GRAND MOI,
POUR TOI QUI NE REVAIS PAS,
JE REVAIS HORS LA LOI,
ON T’AIMAIT BIEN VA,
PRESQU’AUSSI MAL QUE TOI.

ON T’AIMAIT BIEN VA, IMAIT BIEN.
36 1960 à 1970 Premières chansons
Pour sûr c’est de ta faute si je suis un artiste,
Qui fait des chansons douces avec des
choses tristes.
Mais les gens comprendront que c’était pour
donner,
Un peu de lumière aux enfants mal-aimés.
Il n’y a dans la vie pour moi qu’un seul
métier,
C’est le métier d’aimer, quelque soit le métier.

JE T’AIME BIEN VA,
JE T’AIME BIEN.
37 Pas au format ?
JE SORS DEMAIN **
J’ai purgé ma peine, demain je serai libéré.
Je suivrai les bons conseils que l’on m’a
donnés.
Cette fois je me rangerai du bon côté,
Je fais le serment de vivre dans l’amour.
L’amour,
L’amour.
Who ho moi je sors demain.

Il faut tout d’abord que je me trouve un bon
métier.
Pour gagner mon argent plutôt que de le
piquer.
Demain, je m’écrierai, vive la liberté !
Je fais le serment de vivre dans l’amour.
L’amour.
Who ho moi je sors demain.

Au bout d’un mois, l’argent que j’aurai mis
de côté.
Servira à me rhabiller de la tête aux pieds.
38 1960 à 1970 Premières chansons
J’oserais inviter les filles à danser.
Je fais le serment de vivre dans l’amour.
L’amour.
Who ho moi je sors demain.

Et à celle qui voudra, j’avouerais mon passé.
Le coeur comme une pierre,
J’lui demand’rais de m’acquitter.
De bien réfléchir, avant de m’épouser.
Je fais le serment de vivre dans l’amour.
L’amour.
Demain… demain…
39 Pas au format ?
VIVRE SA VIE **
Pour toutes les fois qu’on a cassé ma tirelire,
Parce que j’avais brisé un carreau.
Pour toutes les fois que j’étais le point de
mire,
Des instituteurs et de mes rivaux.

JE VEUX VIVRE MA VIE,
MA VIE EMPORTÉE PAR LES
TORRENTS.
ET QUI CHERCHE EN VAIN UNE
BRANCHE,
A LAQUELLE POUVOIR
S’ACCROCHER.

Pour toutes les fois qu’on m’a poussé dans la
cave,
Parce qu’on ne voulait pas me croire.
Pour toutes les fois qu’on m’a retenu en
classe,
Parce que je n’avais pas fait mes devoirs.

JE VEUX VIVRE MA VIE,
40 1960 à 1970 Premières chansons
MA VIE EMPORTÉE PAR LES VENTS.
ET QUI CHERCHE EN VAIN UNE
BRANCHE,
A LAQUELLE POUVOIR
S’ACCROCHER.

Pour toutes les fois qu’on m’a pris mon
amour,
Parce que j’osais avec un retard.
Pour toutes les fois que j’ai raté mon tour,
Que j’allais sans un franc sur les champs de
foire.
41 Pas au format ?
HIER LA MER **
Les plages vierges sont désertes,
La nuit étend sont blanc manteau.
Dans la musique du silence,
Un bateau lointain se balance,
Avec la lune sur le dos.

Contre mon épaule,
Repose-toi,
En écoutant chanter la mer.
Sur les eaux turquoise,
Ombres chinoises,
Les fantômes des sirènes.
Nos âmes se frôlent,
Et c’est déjà,
Comme si l’on s’aimait hier.

Les vagues folles font la course,
Pareilles à des chevaux d’argent.
Mais le vent du nord les repousse,
Comme dans une éternelle joute,
Et presque tout est comme avant.
42 1960 à 1970 Premières chansons
QUAND TU AURAS LE TEMPS **
Quand tu auras le temps,
J’ne suis pas exigeant.
Viens frapper à ma porte,
Viens me dire bonsoir.
Si tu trouves le temps,
Une fois en passant.
Nous dormirons ensemble,
Comme dans le temps.
Et si tu as le temps,
Une fois par accident,
Dis-moi que tu m’aimes,
Comme auparavant.

Les femmes que l’on croise dans la rue,
Sont celles que l’on aime dans la vie.
C’est ainsi que je t’ai connue,
Tu passais et tu me tues.

Quand tu auras le temps,
Ca n’arrive pas souvent.
Viens jusqu’à ma chambre,
Je serais distant.
43 Pas au format ?
Si tu trouves le temps,
Rien que pour tuer l’temps,
Reviens mais pas sentiments,
Reviens je t’attends.
S’il en est encore temps,
C’n’est pas compromettant,
Accorde-moi une heure,
Une heure seulement.
Et si ce soir pourtant,
Tu voulais prendre le temps,
Tu me verrais partir,
Sortir de ton présent…
Tu me verrais mourir,
Mourir en t’attendant,
Si tu avais le temps.
44 1960 à 1970 Premières chansons
POURQUOI ?
Mon cœur est comme un désert,
Plein de sable et d’arbres morts,
Il y brûle comme en enfer,
Mes regrets mes amours mortes,
Dans un bain de sang amer.

J’aimais la regarder nue,
Elle aimait montrer son corps.
Elle se couvre à ma vue,
Elle enferme ses trésors,
Notre passion s’est pendue.

SON COEUR ET SON CORPS, SONT
PERDUS, POURQUOI ?

Ma vie est comme un verger,
Où je cueillais autrefois.
Mais tous les fruits sont tombés,
Et dans les jardins par ce froid,
Toutes les fleurs ont gelé.

Aussi loin que je regarde,
45 Pas au format ?
Je ne vois que l’océan,
C’est un océan de larmes,
Aucune voile dans le vent,
Seul un horizon qui crame.

SON COEUR ET SON CORPS, SONT
PERDUS, POURQUOI ?

Mon âme est un cimetière,
Depuis qu’elle n’est plus là.
Notre amour est sous la terre,
Nos nuits, nos gestes, nos joies,
Les cadavres de nos guerres.

J’aimais la regarder nue,
Elle aimait montrer son corps.
Je la croise dans la rue,
Elle sait que je l’aime encore,
Mais elle a ce regard qui tue.

SON COEUR ET SON CORPS, SONT
PERDUS, POURQUOI ?

46 1960 à 1970 Premières chansons
LIMA **
LIMA, LIMA,
Je t’aime aussi loin que tu sois.
Je voudrais mourir dans tes bras.

Les oiseaux de paradis,
Ne vont jamais plus loin.
Que Machupichu.

Comme eux je suivrais dans le ciel,
La course du soleil,
Jusqu’au Pérou.

POUR VIVRE ET MOURIR,
AU PIED DE TES MONTAGNES,
LIMA, OH LIMA.

LIMA, LIMA,
Je t’aime aussi loin que tu sois.
Oh terre des dieux Incas.

47 Pas au format ?
Si je déchire mes ailes,
En traversant le ciel,
De Machupichu.

Je tomberais cœur battant,
Epuisé mais content,
D’être au Pérou.

POUR VOIR DE MES YEUX NUS,
L’EMPIRE DU SOLEIL,
LIMA, OH LIMA.
48 1960 à 1970 Premières chansons
UNE FILLE EN OR ***
Mon cœur bat trop fort,
Une fille en Or,
Est passée ici,
A changé ma vie.

Mon cœur bat trop fort,
Au vu de son corps,
Nu, à mes côtés,
Pour se faire aimer.

L’aimerais-je moins,
Si c’était une autre,
Qui chaque matin,
Me disait je t’aime ?

L’aimerais-je moins,
Si c’était une autre,
Qui chaque matin,
Me disait… je t’aime.

Mon cœur bat trop fort,
Une fille en or,
49 Pas au format ?
M’a ouvert les yeux,
M’a rendu heureux.

Mon cœur bat si fort,
Si fort…
Que je me demande,
S’il battrait encore,
Sans ta présence…
50 1960 à 1970 Premières chansons
TU SAIS QUE JE T’AIME **
Un chat faisait sa toilette,
Au milieu de la rue,
Je guettais à la fenêtre,
Quand tu es venue.

Un oiseau de nuit s’échappe du coin d’un
toit,
Mais un oiseau bleu entrait chez moi.

MON POUSSIN MON PETIT CHOUX,
POUSSYCAT MON ENFANT DOUX,
TU SAIS QUE JE T’AIME,
QUE JE T’AIME COMME UN FOU.

Je n’ai jamais vu de seins,
Aussi ronds que les tiens.
Doux sous ma joue et coquins,
Dans la paume de ma main.

Un oiseau de nuit s’échappe du coin d’un
toit,
51 Pas au format ?
Un oiseau bleu glisse dans mes draps.

MON POUSSIN MON PETIT CHOUX,
POUSSYCAT MON ENFANT DOUX,
TU SAIS QUE JE T’AIME,
QUE JE T’AIME COMME UN FOU.
52 1960 à 1970 Premières chansons
MON RÊVE **
J’avais,
Dans mon rêve j’avais,
De l’or aux doigts,
L’habit d’un Roi.
Le ciel,
Etait tout de dentelle,
Les arbres riaient,
Les chevaux volaient.

Je marchais sur la tête des roses,
Déployant leurs crolles,
Poudrées d’or et d’argent,
Aux parfums délirants.

L’amour,
Nue, m’a dit bonjour,
Un chérubin,
Me fit boire du vin,
Et elle, m’a dit un poème,
Un poème, pour ceux qui s’aiment.

J’étais,
53 Pas au format ?
Dans mon rêve j’étais,
Sur le chemin,
Des clairs matins.
Les fleurs,
Faisaient battre leurs cœurs,
Les fauves chantaient,
Les poissons marchaient.

Je courrais dans un champ de cantiques,
Effet érotique,
De plus en plus troublant,
De plus en plus tentant.

L’amour,
Drapé de velours,
Me prit la main,
Et la posa sur son sein,
Et elle, m’a dit un poème,
Un poème pour ceux qui s’aiment.

MEME PAS L’ODEUR

Est-ce parce que j’ai mangé à moi seul,
Un jour de fausse faim, tout un plat de
lentilles,
Que vous me recevez en me faisant la gueule,
Comme un chien au milieu d’un jeu de quille.

CA VOUS NE L’AVEZ PAS DIGÉRÉ, EST RESTÉ SUR LE COEUR.
54 1960 à 1970 Premières chansons
CA VOUS N’ETES PAS PRETS DE
L’AVALER,
CA NE VOUS A PAS LAISSER REVEUR.

Rassurez-vous pourtant, j’ai déjà dîné,
Alors perdez ce teint ou se peint votre
angoisse,
Je prendrai juste un café, une tasse,
Ce soir, je ne vais pas manger comme quatre.

Avant vous mettiez les p’tits plats dans les
grands,
Je n’en demandais pas tant, pourtant je vous
l’jure,
Oui mais, avant, je ne mangeais pas encore
autant,
Tiens ! Vous êtes muets, au pied du mur…

CA VOUS NE L’AVEZ PAS DIGÉRÉ, EST RESTÉ SUR LE COEUR.
CA VOUS N’ETES PAS PRETS DE
L’AVALER,
CA NE VOUS A PAS LAISSER REVEUR.

Quand vous aurez faim, quand vous serez
gâteux,
Ne croyez pas glaner mon pain comme des
maraudeurs,
N’y pensez pas, vous n’en aurez même pas
l’odeur,
55 Pas au format ?
Ne pensez pas non plus m’attendrir par des
pleurs,
N’y pensez pas car vous n’en aurez même
pas l’odeur.
56 1960 à 1970 Premières chansons
LAISSONS-NOUS VIVRE MON AMOUR
Cherche la vérité à travers les sensations,
De tout ce qui bouge, tout ce qui vibre.
Cherche à travers moi, le mouvement,
l’émotion,
Puise l’énergie dans mon feu et mes fibres,
Cherche dans les ruisseaux de mon cœur.

J’aime être touché au milieu de mes sens,
Quand plus rien n’a de sens sous les voûtes
du temple.
Je veux que tu secoues mes arbres et mes
colonnes.
Que tu boives ma sève aux soudures de mon
âme,
Que tu me taquines et me cherche des puces.

Laissons-nous vivre mon amour,
Remplissons chaque cellule vide.
Il faut parcourir chaque ride.
Dans l’espace et le temps fluide,
57 Pas au format ?
Ferme la porte éteins le jour.

Cherche un nuage de moutons blanc,
Explorons nos rêves sur les voiles du vent.
Cherchons à nous envoler sur un cheval
courage,
Gagnons cette vallée où l’amour a son camp,
Où est l’arbre de vie.
58 1960 à 1970 Premières chansons
LE MÉTIER **
Les gens disent dans mon dos,
Que j’ai loupé mon baccalauréat.
Pour tenter une carrière,
Mais que je n’y arriverai pas.
Que j’ai tout laissé tombé,
Pour faire cavalier seul.
Que j’ai rompu mes amitiés,
Mes amourettes portent le deuil.
Mais je serais une étoile,
Dans le métier.

La fille qui croit en moi, dit ça…

On dit que j’ai sale caractère,
Et que je n’aime que moi.
Si j’ai tout largué là-bas,
C’est pour livrer mon combat.
Je prends des coups dans la bagarre,
Mais la voilà qui me sourit,
Et tendrement dans son langage,
Elle murmure au coin du lit,
Que je serais une étoile,
59 Pas au format ?
Dans le métier.

La fille qui croit en moi, dit ça…

Jusqu’à ce jour toutes les portes,
Que j’ai franchies dans la vie.
Menaient sur des culs de sacs,
Ou dans un cercle maudit.
Je m’endors sur ma guitare,
Et je pleure aussi.
Dur de tenir son idéal,
En chantant dans la nuit.
Mais je serais une étoile,
Dans le métier.

La fille qui croit en moi, dit ça…

J’irai lui chercher la lune,
Je lui offrirai de l’or.
J’accrocherai ma fortune,
A son cœur et à son corps.
Elle aura sa part de gloire,
Et de nuits sans sommeil.
Quand on connaîtra mon histoire,
De mon couché, à mon réveil.
Quand je serais une étoile,
Dans le métier.

La fille qui croit en moi, dit ça.
60 1960 à 1970 Premières chansons
REPROCHES **
Tu me reproches,
De t’aimer plus que tout.
Tu me reproches,
D’être à tes genoux.
Tu me reproches,
D’avoir besoin de toi.
Tu me reproches,
Mes faiblesses envers toi.

Avec tes reproches,
Je me demande parfois,
Ce que je fais dans ta vie, tu fais dans mes bras.
Pour tes beaux yeux,
J’ai traversé les flammes,
J’ai perdu mes jours,
Dans les cris et les drames.
Use tes griffes,
Sur un autre cœur,
Puisque ce sont les gifles,
Qui font ton bonheur.
Il me reste encore, assez de dignité,
61 Pas au format ?
Pour éloigner ton corps, quand je suis éveillé.

Tu me reproches,
D’être maladroit.
Tu me reproches,
D’aimer que tu sois là.
Tu me reproches,
Tu en a bien le droit,
Tu me reproches,
Que dois-je dire moi.

Avec tes reproches,
Je me demande parfois,
Ce que je fais dans ta vie, tu fais dans mes bras.
Pour tes beaux yeux,
J’ai traversé les flammes,
J’ai perdu mes jours,
Dans les cris et les drames.
Use tes griffes,
Sur un autre cœur,
Puisque ce sont les gifles,
Qui font ton bonheur.
Il me reste encore, assez de dignité,
Pour éloigner ton corps, quand je suis éveillé.

Tu me reproches,
De souffrir pour toi.
Tu me reproches,
De pleurer quelques fois.
62 1960 à 1970 Premières chansons
Tu me reproches,
D’aimer trop ton corps,
Tu me reproches,
De t’aimer encore…
63 Pas au format ?
MAMAN N’EST PLUS LA **
(COMPOSÉE POUR UN AMI À SA DEMANDE)
Depuis que maman n’est plus là,
Tout a bien changé ici bas,
Le samedi.
Elle préparait de bons repas,
Et l’on dînait avec papa,
Le samedi.

C’EST LE SAMEDI QU’ELLE AIMAIT
BIEN,
SE PROMENER EN ROBE BLANCHE.
C’EST LE SAMEDI QU’ELLE
ACHETAIT,
LE POULET POUR LE DIMANCHE.

On se rend pas compte de ce qu’on a,
On lui fait de la peine parfois,
Et le jour ou l’on perd sa mère,
On pleure.

Maman oubliait ses tracas,
Elle nous prenait dans ses bars,
64 1960 à 1970 Premières chansons
Le samedi.

Ca n’était jamais chacun pour soi,
Nous faisions partie de ses joies,
Le samedi.

C’EST LE SAMEDI QU’ELLE AIMAIT
BIEN,
SE PROMENER EN ROBE BLANCHE.
C’EST LE SAMEDI QU’ELLE
ACHETAIT,
LE POULET POUR LE DIMANCHE.

On se rend pas compte de ce qu’on a,
On lui fait de la peine parfois,
Et le jour où l’on perd sa mère,
On pleure.

Depuis que maman n’est plus là,
Tout a bien changé ici bas,
Le samedi.

Maman partit pour l’au-delà,
C’est arrivé…
Un samedi.
65 Pas au format ?
MA VALISE **
J’en ai fait des valises,
Par amour, par chagrin. es,
Je ne sais plus combien.
Sans valise, je ne suis plus rien.

J’emporte ma valise,
Vers une vie modèle.
Il faut bien qu’elle me suive,
Quand je change d’hôtel,
Sans valise, je ne suis plus rien.

TOUT LE MONDE A CHEZ SOIS,
UNE VIEILLE VALISE.
D’AVENTURE ET DE SOUVENIR,
DANS UN COIN.
CETTE VIEILLE VALISE,
QUI ATTEND QU’ON LA PRENNE PAR
LA MAIN.

Quand je fais ma valise,
66 1960 à 1970 Premières chansons
Librement ou contraint.
Ce qui me terrorise,
C’est mon nouveau destin.
Sans valise, je ne suis plus rien.

Dans ma lourde valise,
Mon passé, mon futur,
Au milieu des chemises,
Me pèse et me rassure.
Sans valise, je ne suis plus rien.

Je défais ma valise,
Je la mets dans un coin.
Je sais où je l’ai mise,
Car peut-être demain,
Sans valise je ne suis plus rien.
67 Pas au format ?
KARMA
J’ai les yeux qui détaillent,
Le moindre pamoison.
Et les mains qui travaillent,
Les cellules d’ma prison.

On dirait un cancer,
Ou quelque chose d’à peu près,
Un jus vert et amer,
Dans un tableau abstrait.

J’ai la vie qui s’déphase,
En silex et bourgeons.
Le spleen est mon extase,
Y’a plus d’route, y’a plus d’pont.

On dirait un cancer,
Ou quelque chose d’à peu près.
Un séjour au désert,
Tout est fait de regrets.

J’ai le cœur qui transpire,
Des frissons des vapeurs.
68 1960 à 1970 Premières chansons
Plus rien ne m’inspire,
Le jour traine en longueur.

J’ai les lèvres qui ovulent,
Des ventouses et des souches.
Mes nerfs se coagulent,
Je n’sens rien quand je touche.

Je m’atomise, me désagrège,
Je m’estompe, m’abrège.
Je me brûle, désintègre
J’entre dans l’cul d’un nègre.

On dirait un cancer,
Ou quelque chose d’à peu près.
Alors à quoi ça sert ?
De vivre à peu près ?
Dites-moi que c’n’est pas vrai.
69 Pas au format ?
C’EST L’ART MONIE
Nous vivons tous deux en Art Monie,
Ton cœur et mon cœur en Art Monie.
Ta main dans ma main, sans autre lien,
Que l’harmonie qui nous tient.
Avec toi Monie, toute la vie,
Est comme un tour de magie.
Ho ho.

Nous vivons en harmonie,
Accordons nos vies en Art Monie.

Nos corps réunis, pour la nuit,
Sur les mêmes harmonies.
Jouent comme une symphonie,
Ho ho.

Nous aimons les harmonies,
Accordons nos vies, en Art Monie.

Nous irons tous deux en Art Monie,
Au pays où tout n’est qu’Art Monie.
Là où le soleil et la mer,
70 1960 à 1970 Premières chansons
Chanterons même l’hiver,
Là même où le vent doucement,
Couvrira nos cheveux blancs.
Ho ho.

Nous irons en Art Monie,
Accordons nos vies en harmonie.
71 Pas au format ?
JE T’AIME TOUT LE TEMPS **
Et tu dis bien souvent,
Que je dis trop souvent,
Je t’aime.
Souvent,
Souvent c’est beaucoup dire,
Peut-être qu’il ne faut pas dire,
Je t’aime.
Je t’aime,
Ca n’est pas un hasard.
C’est peut-être idiot d’ma part,
Je t’aime.
Je t’aime,
Peut-être faut-il penser,
Sans jamais l’avouer ?
Je t’aime.
Si je dis maintenant,
Que je pense souvent,
Je t’aime.
Souvent,
Ho souvent c’est peu dire,
De temps en temps te redire,
Je t’aime.
72 1960 à 1970 Premières chansons
Je t’aime,
Je le dis blague à part,
C’est vrai tu dois me croire,
Je t’aime.
Je t’aime,
Ca n’est pas bien méchant,
Puisque je pense vraiment,
Je t’aime.
Souvent,
Souvent c’est beaucoup dire,
Mais puisque tu m’inspires,
Je t’aime.
Trop souvent,
Ce serait mentir,
Peut-être qu’il ne faut plus dire,
Je t’aime ?
C’est vrai,
Je le dis très souvent,
Mais je t’aime tout l’temps,
Tout l’temps, tout l’temps.
73 Pas au format ?
LE BOUT DU ROULEAU **
Dans cette cité,
Je ne peux plus fermer l’œil,
Sans être éveillé,
Par les voisins qui s’engueulent.
Vers trois heures je m’endors sur le dos,
Les nerfs à fleur de peau.

Tôt le matin,
Je branche la radio,
Un speaker parle de guérilleros,
Des gangsters qui ont raflé le magot,
La nuit au casino.

Je me suis rasé,
J’attrape mon fricot,
En passant devant le kiosque à journaux,
En gros titre le voyage Apollo,
Et la grève du métro.

UNE ILE, VIVRE TRANQUILLE,
UNE ILE, QUELQUES OISEAUX,
UNE ILE, LOIN, DE CES VILLES,
74 1960 à 1970 Premières chansons
DU SOLEIL ET DE L’EAU.

Pour un petit trou,
Dans mon ticket de métro,
Les affiches m’emmènent à Rio,
Je rajuste mon mégot,
Et je vais au boulot.

De mon HLM je ne vois pas de fleurs,
Mais j’entends le ronflement d’un moteur,
Le moteur du bu bulldozer,
Qui change la face de la terre.

Pour rester en vie,
Faut respirer pollué,
Avaler des tas de trucs hormonés,
Condamné à m’faire des tonnes de
conserves,
Voilà ce qui fera ma perte.
75 Pas au format ?
LA FAMILLE **
DANS LA FAMILLE ON N’ÉTAIT PAS
D’ACCORD,
Y’AVAIT DES LARMES ET DU CORPS
A CORPS.
DANS LA FAMILLE C’ÉTAIT PAS
L’HARMONIE,
MAIS DANS LA PEINE NOUS SOMMES
UNIS, ÇA OUI.

On se battait souvent, oui mon frère,
Je brisais tes jouets, hey, hey.
Et je t’ai fait pleurer petite mère.
Quand j’ai quitté la maison de nos guerres,
Pour suivre mes rêves d’enfants.

DANS LA FAMILLE ON N’ÉTAIT PAS
D’ACCORD,
Y’AVAIT DES LARMES ET DU CORPS
A CORPS.
DANS LA FAMILLE C’ÉTAIT PAS
L’HARMONIE,
76 1960 à 1970 Premières chansons
MAIS DANS LA PEINE NOUS SOMMES
UNIS, ÇA OUI.

On s’amusait à lancer des pierres,
On cassait des carreaux ho ho,
Je rentrais les souliers pleins de terre,
Je tombais le nez dans les rivières,
Et les gens m’appelaient salaud.

DANS LA FAMILLE ON N’ÉTAIT PAS
D’ACCORD,
Y’AVAIT DES LARMES ET DU CORPS
A CORPS.
DANS LA FAMILLE C’ÉTAIT PAS
L’HARMONIE,
MAIS DANS LA PEINE, NOUS SOMMES
UNIS, ÇA OUI.

J’aimais les héros, j’étais Marcopolo,
Et Don Quichotte et puis Zorro,
J’aimais les héros, j’étais Montecristo,
J’étais Cambronne à Waterloo.

DANS LA FAMILLE ON N’ÉTAIT PAS
D’ACCORD,
Y’AVAIT DES LARMES ET DU CORPS
A CORPS.
ET PUIS, DEPUIS QUE JE GAGNE MA
VIE,
ON DIT, ON DIT, QUE JE SUIS GENIE.
77 Pas au format ?
LA FAMILLE DIT
QUE JE SUIS UN GÉNIE,
UN GÉNIE,
LA FAMILLE DIT
QUE JE SUIS UN GÉNIE, UN GÉNIE…
QUAND ON A QUE SON CŒUR

Quand on a que son cœur,
A serrer contre soi.
Et que l’on n’a rien que ça.

Quand on a que son cœur,
Pour battre la mesure.
En connaissant par cœur,
Toutes ses déchirures.

Quand on a que son cœur,
Pour exploser les murs,
Qui masquent le bonheur,
Le soleil et l’azur.

Quand on a que son cœur,
Pour le mal et le bien
Quand on a que son cœur
On y tient, on y tient.

Quand on a sur le cœur,
Les pierres de son chemin.
Alors que l’on veut des fleurs,
78 1960 à 1970 Premières chansons
Pour border son destin.

Quand on a dans le cœur,
Des oreilles et des mains,
Pour éplucher les heures,
Où l’on rêve d’être bien.

Quand on a que son cœur,
Pour le mal et le bien
Quand on a que son cœur
On y tient, on y tient.

Quand on a dans le cœur,
Quelque chose de mieux,
Que le monde extérieur,
Qui n’est pas vraiment bleu.

Quand on a dans le cœur,
Une musique en majeur,
Qu’on fait parfois saigner,
Pour ne plus avoir peur.

Quand on a dans le cœur,
Quelque chose d’humain,
Qu’on n’est pas prédateur,
Qu’on ne s’appelle pas : combien.

Quand on a dans le cœur,
Quelque chose de Dieu,
Quelque chose de meilleur,
79 Pas au format ?
Que notre monde odieux.

Quand on a qu’un seul cœur,
Pour le mal et le bien.
Quand on a que son cœur
On y tient, on y tient.

Quand on traîne son cœur,
Chaque jour, écœuré.
Sans garder de rancœur,
Pour tout recommencer.

Quand on a dans le cœur,
Le corps d’une infidèle,
Qui n’avait pas de cœur,
Et qu’on l’aimait quand même.

Quand on a que son cœur,
Pour le mal et le bien.
On y tient, on y tient.

Quand pas le cœur,
Quand on a le sang lourd,
Que l’amour est un leurre,
Mais que l’on reste pour.

Quand on a tout son cœur,
Collé sur la figure.
Quand on a que son cœur,
80 1960 à 1970 Premières chansons
Et qu’on n’en est pas sûr.
Quand on a que son cœur,
Pour le mal et le bien.
Quand on a que son cœur
On y tient, on y tient.

On a des coups de cœur,
Et on court, et on court,
Comme un loup, comme un chien,
On est un fou d’amour.

Quand on a qu’un seul son cœur,
Pour le mal et le bien.
Quand on a que son cœur
On y tient, on y tient.
81 Pas au format ?
QU’ELLE ME PARDONNE **
J’ai longtemps cherché de toute mon âme,
Un peu de bonheur,
Et longtemps désiré cette femme,
Qui est dans mon cœur.

Elle est dans un pays,
Qui est loin, bien trop loin d’ici.
Elle est toute ma vie,
Et mon ombre lui tient compagnie.

Partout elle me poursuit,
Le jour et la nuit,
Jamais je n’oublie.

Tout là-haut sur son pied d’estale,
Elle s’amuse à me faire mal.
Mes épaules porte le sort,
Faut que j’oublie son corps.

FAUT QU’ELLE M’ÉCRIVE, U’ELLE ME DISE,
JE T’AIME TOUJOURS,
82 1960 à 1970 Premières chansons
ET QU’ELLE ME PARDONNE.
OH ME PARDONNE,
ET SE DONNE, DONNE, DONNE.

J’ai longtemps cherché une ville,
Au sud et au nord.
Mais je ne pourrai jamais vivre tranquille,
Avec mes remords.

Je n’ai plus de patrie,
Je suis un pauvre aventurier.
Le dernier chevalier,
D’une race à jamais finie.

Je suis un vieux condor,
L’héritier du sort,
Des conquistadors.
83 Pas au format ?
AU MONDE **
Avant de venir au monde,
Moi, je ne savais pas,
Qu’il y poussait des ronces,
Non, je ne savais pas.

J’avais rêvé d’un monde,
Autre que celui là.
Sans serpent, sans Judas.
Où l’amour était là.
J’avais rêvé d’un monde,
Autrement plus sympa.

Avant de venir au monde,
Non, je ne savais pas.
Qu’on y faisait des bombes,

J’avais rêvé d’un monde,
Sans boucan, sans fracas.
84 1960 à 1970 Premières chansons
Sans portes, sans cadenas.
J’avais rêvé d’un monde,
Où l’amour était là.
Autrement plus sympa.
85 Pas au format ?
LE MÉCANO **
Je travaille aux USA,
A la base Nasa.
Je n’suis qu’un petit mécano,
Qui construit des ap’. .pollos.

Je construis des mariners,
Des lems et des. . rangers.
Je boulonne des modules,
Je graisse des capsules.

JE M’ENDORS SUR ORBITE,
DANS LE CIEL.
JE REVE DE SATELLITES,
DE MARS, DE VÉNUS,
DANS LE CIEL.
DE FUSÉES OMNIBUS,
MAIS JE NE SUIS QU’UN P’TIT
MÉCANO.

Je n’suis qu’un petit mécano,
86 1960 à 1970 Premières chansons
Qui monte des ap’. .pollos.
Le matin je me lève tôt,
Pour aller au boulot.

Je travaille à la chaîne,
Pour une maison Amé’. .ricaine.
Et dire qu’il y’en a des,
Qui vont dans l’atmosphère.

REFRAIN

J’ai vu partir des Gemini,
Des fusées, des. . spoutniks.
Pour l’interplanétaire,
Et moi je rampe à terre.

Mais quelquefois je me dis,
Le matin en sautant. . du lit,
A quoi bon quitter la terre,
Si là-haut y’a qu’des. . Cratères.
87 Pas au format ?
SI TU T’EN VAS **
Lorsque je n’étais encore qu’un enfant,
Et qu’il venait mon copain le gitan.
Il me disait moi quand je serai grand.
Je m’en irai courir aux quatre vents.

SI TU T’EN VAS,
EMMENE MOI,
DANS TA GUITARE,
EMMENE MOI.
SI TU T’EN VAS,
EMMENE MOI,
PAR CI PAR LA,
EMMENE MOI.
SI TU T’EN VAS,
EMMENE MOI,
VERS UN PAYS QUI BORDE LA MER.

Ta mère t’a mis au monde en chantant,
Au pays où vont les chevaux blancs.
Le cœur content que soleil ou que pluie,
Dans ta roulotte, quand le jour s’enfuit.

88 1960 à 1970 Premières chansons
SI TU T’EN VAS,
EMMENE MOI,
DANS TA GUITARE,
EMMENE MOI.
SI TU T’EN VAS,
EMMENE MOI,
PAR CI PAR LA,
EMMENE MOI.
SI TU T’EN VAS,
EMMENE MOI,
VERS UN PAYS QUI BORDE LA MER.

Tu as la chance d’être né gitan,
Mais dans les villes faut se méfier des gens.
Tourne tourne l’orgue de barbarie,
Demain matin, tu referas ta vie.
89 Pas au format ?
LES MACHINES ** (CHANSON VISIONNAIRE)
Non les machines ne pourront jamais tout
faire.
Engendrer la vie, s’accoupler pour peupler
l’univers.
Quand les machines seront détraquées ou
usées,
Nos mains seront toujours là, prêtes à
recommencer.
Dalelaï,
Dalelaï.

Réunissez les robots et les ordinateurs,
Demandez leur d’exprimer ce qu’ils ont dans
le cœur ?
Dans la cervelle des moineaux, il y a plus
encore,
Que dans les circuits intégrés, de ces engins
de mort.
Dalelaï,
Dalelaï.

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