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Titre
Un Manet si bien caché
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Titre Jules Petroz
Un Manet si bien caché Histoire d’une découverte
Récit
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2009 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02598-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304025989 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02599-6 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304025996 (livre numérique)
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Petite biographie de l’auteur 8
LA DÉCOUVERTE
Le téléphone sonne. Des collectionneurs, des galeries, des musées, veulent acheter notre tableau. Des journalistes appellent du monde entier. Nous étions comme ces millions de gens qui espèrent voir leur destin changer. Pour nous, le rêve s’est réalisé. Les télévisions m’invitent : TF1, ABC, CNN, etc. C’est la gloire ! Je vais recevoir des milliers de lettres auxquelles je ne pourrai pas répondre. Des gens m’écriront de partout pour me demander mon avis sur un tableau, me raconter leur histoire. – Qu’allez-vous faire de toute cette fortune ? – Enfin, j’aurai les moyens d’exercer mon art. Certains veulent avoir de l’argent pour prendre leur retraite, eh bien moi, je veux en avoir pour travailler. Nous ouvrirons la plus belle galerie de Paris que nous remplirons de tableaux et d’objets qu’Aïcha arrangera avec goût, comme notre maison de Saint-Tropez.
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Jules Petroz
Pour nous reposer de toutes ces émotions, nous partirons en croisière à travers le dédale des îles grecques sur notre Swan, un yacht blanc de trente-cinq pieds et… Ava, ma fille, pleure. Elle appelle. Je me lève, il fait un froid humide. Aïcha se lève à son tour. J’ai dû rêver. Ava aussi. Elle sort d’un cauchemar. Dehors, une pluie battante tombe sans interruption depuis quatre mois. Le brouillard persiste dans le ciel de plomb. Le soleil a disparu. On se croirait sous terre. Je n’ai plus rien. Je suis à nouveau à sec ; j’ai dépensé tout l’argent de ma cliente. Elle m’avait donné des meubles à vendre en consignation, mais j’ai dû payer les huissiers. Je n’ose plus répondre au téléphone. Une fois de plus, j’ai le sentiment que je ne m’en sortirai pas. C’est oublier ma bonne étoile… L’année de ma naissance, en 1960, mes parents habitent un logement exigu à Carouge, ville sarde, sous les murailles genevoises. Une ville de réfugiés, de travailleurs immigrés, d’étrangers, d’artistes, bref, de tous les exclus de Genève. C’est à Carouge que les gens viennent se divertir le soir au « Chat Noir », au « Bar du Nord » ou à « l’Auberge Sarde » ; c’est un peu le Montmartre genevois. C’est à Carouge que, dans les années trente, s’installent mes arrières grands-parents, des
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